Guillaume Guillon Lethière

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Guillaume Guillon Lethière
Guillaume Guillon Lethière by Louis-Léopold Boilly.jpg
Julien Léopold Boilly, Guillaume Guillon Lethière (1822),
lithographie, New York Public Library.
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Paris (France)
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Parentèle
Mélanie Hahnemann (fille adoptive)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Second prix de Rome en peinture de 1784

Guillaume Guillon Lethière né à Sainte-Anne (Guadeloupe) le et mort à Paris le est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant naturel de Marie-Françoise Dupepaye, une esclave affranchie de la Guadeloupe, et de Pierre Guillon, notaire royal à Saint-Pierre de la Martinique et procureur du roi en Guadeloupe, qui le reconnut à Paris le , ainsi que sa sœur Andrèze, ne pouvant les reconnaître plus tôt à cause du Code noir, Guillaume Guillon Lethière présenta dès l’enfance des dispositions pour la peinture qui décidèrent son père à l’emmener en France en à bord de L'Éveillé, où ils accostèrent en à Bordeaux.

Il fut d'abord, placé sous le nom de « Letiers » (étant le troisième fils de la famille), chez le peintre Jean-Baptiste Descamps, professeur à l’école publique gratuite de dessin, nouvellement fondée à Rouen, où il fit en trois ans des progrès rapides. Il changea plus tard son nom en « Lethiers », ensuite en « Lethière » qu'il conservera finalement, même si de nombreuses œuvres étaient signées « Le Thière ». Il vint ensuite à Paris en 1777 et entra chez le peintre du roi, Gabriel-François Doyen, chez qui il resta jusqu’en 1786. Il fréquente l'atelier de David, chez qui il ne fut jamais élève, où ses camarades le rebaptisèrent en « Lethière »[réf. nécessaire].

Le prix de Rome[modifier | modifier le code]

Erminie et les Bergers (1795), huile sur toile, 102 × 119 cm, musée d'Art de Dallas.

Ayant remporté le second prix de Rome en 1784, dont le sujet était La Cananéenne aux pieds de Jésus-Christ, il partit pour Rome. En 1787, il a un fils naturel, Alexandre, avec Marie-Agathe Lapôtre.

De retour à Paris en 1792, il consolida sa réputation par de grands ouvrages, qui lui valurent d’être choisi en 1811 par la quatrième classe de l’Institut comme directeur de l’Académie de France à Rome. Son mandat lui ayant été renouvelé à l’expiration de son exercice, il y resta dix ans. Il s’y trouvait en 1818 lorsqu’il fut nommé membre de l’Académie des beaux-arts. Le roi refusa d’abord son approbation, mais il finit par l’accorder. Il reçoit les insigne de chevalier de la Légion d'honneur en 1818[1],[2]. Il prit en 1792 le parti de La Révolution et traça sur le papier et la toile les exploits du général Dumas[réf. nécessaire].

Le , il épouse Zélie van Zen, née en 1763 aux Pays-Bas. Elle lui donnera un fils, Auguste, en 1796.

En 1799, Pierre Guillon a pu légitimer son fils Alexandre et en faire son héritier. Celui-ci mourra jeune des suites de blessures reçues sur un bateau engagé contre les Anglais pour libérer la Martinique, laissant lui aussi un enfant en bas âge que Lethière va élever. À partir de ce moment, il a ajouté Guillon à son nom de famille, mais a continué à utiliser le nom de Lethière, qu'il avait adopté à son arrivée en France[3].

En 1800 et 1801, Guillon Lethière accompagne Lucien Bonaparte, le frère de Napoléon, fraîchement nommé ambassadeur en Espagne, où il travaille à constituer une collection d'art pour le prince impérial.

L'enseignant[modifier | modifier le code]

Au début de l'Empire, Lethière ouvre un atelier à Paris près de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au 9, rue Childebert, que les élèves surnomment « La Childebert », un endroit où l'on pratique à la fois l'escrime et la peinture, et où l'on refait le monde et la mode. En 1803, une rixe éclata au Café militaire de la rue Saint-Honoré, le conflit dégénéra. Lethière tue un des officiers et blesse les autres. Son atelier est fermé et il part en exil en Allemagne avec Lucien Bonaparte.

Ce dernier insiste pour qu'il soit nommé à la tête de l'Académie de France à Rome. Il le fut par décret du , puis renouvelé jusqu'à , pour être remplacé par Pierre-Narcisse Guérin, par une ordonnance du roi[4].

De retour de la villa Médicis en 1816, il rouvre son atelier dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, au 9, rue Childebert, d’où sortirent nombre d'artistes, tels que le guadeloupéen Jean-Baptiste Gibert (1803-1889), premier prix de Rome de paysage historique en 1829, et le célèbre peintre français de l'école de Barbizon, Théodore Rousseau (1812-1867).

Il est nommé professeur de l’École des beaux-arts de Paris le en remplacement d'Étienne-Pierre-Adrien Gois[5]. Il fit quatre fois le voyage d’Italie, d’Angleterre et d’Espagne. Il termine sa carrière universitaire en tant que membre de l'Institut de France[3].

Élèves[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ayant été témoin des efforts tentés par d’éminents artistes pour ramener la peinture à l’étude de l’antique, il était décidé à suivre cette voie. Ses succès furent grands à Rome et ses études très remarquées en France. On distingua surtout son Brutus dont il présente l'esquisse au Salon de 1793.

En 1795, s'éloignant du néo-classicisme, il présente au Salon un tableau qui peut-être considéré comme l'un des premiers témoignages du style troubadour, Herminie et les Bergers (musée d'Art de Dallas) qui trouvera quelques années plus tard un véritable épanouissement dans les milieux proches de l'impératrice Joséphine.

Le Serment des Ancêtres
Le Serment des Ancêtres (1822), Port-au-Prince, Palais national.

Premier homme de couleur à s’imposer dans le monde de la peinture occidentale, Lethière a peint un tableau représentant Alexandre Pétion et Jean-Jacques Dessalines, intitulé le Serment des ancêtres et signé « Lethière, né à la Guadeloupe », qu’il offrit à la nouvelle République d’Haïti.

L'Empire[modifier | modifier le code]


Dessins[modifier | modifier le code]

  • Ensemble de douze études pour le tableau La Mort de Virginie, Musée du Louvre
    • Étude d’ensemble pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), plume, encre brune, papier, 20 × 38 cm[34]
    • Étude d’ensemble pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), plume, lavis brun, gouache, 29 × 54 cm[35]
    • Étude d’ensemble pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), fusain, craie, 32 × 54 cm][36]
    • Étude du groupe de Virginie, pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), 31 × 45 cm, Crayon graphite[37]
    • Étude du groupe de Virginie, pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), 27 × 24 cm, Graphite[38]
    • Étude du groupe de Virginie, pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), 29 × 22 cm, pierre noire, estompe, craie blanche[39]
    • Étude du groupe de Virginie, pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), 32 × 36 cm, graphite, craie[40]
    • Étude d’homme nu, un poignard à la main, pour le tableau La Mort de Virginie (1795-1828), graphite, 34 × 24 cm[41]
    • Étude d’armes en faisceau (1795-1828), fusain, 32 × 54 cm[42]
    • Groupe de personnages autour d’un oiseau sur un perchoir, pierre noire, 29 × 21 cm[43]
  • Académie d’homme, de profil à droite, assis, la jambe gauche repliée (Salon de 1831), pierre noire, 29 × 54 cm, musée du Louvre[44]
  • Paysage avec des rochers et des arbres, craie blanche, mine de plomb, 137 × 210 cm, musée du Louvre[45]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Estampes d'interprétation[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Descriptive synopsis of the Roman gallery, (in the Egyptian Hall, Piccadilly,) with its magnificent decorations; consisting of antique marbles, jasper, agate, &c. in vases, tablets, and tazzas; and superb pictures of the ancient and modern masters; including the great and celebrated picture of The judgment of Brutus upon his sons; painted by the president of the academy at Rome, Paris, London Museum, (OCLC 4525794).
  • Séance publique […] du 1er octobre 1831, Paris, Firmin-Didot, (OCLC 799689650).
  • Le Médicament, Paris, A. Parent, (OCLC 432155958).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Digital Collection-Lethière, [Guillaume, Guillon ; Membre de la Légion d'honneur.
  2. « Cote LH/1621/27 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  3. a et b Biographie Detroit Museum
  4. François Fossier, Les directeurs de la Villa Médicis au XIXe siècle. Correspondance de Guillaume Guillon-Lethière (1807-1816), Paris, L'Harmattan, 2018, 466 p. (ISBN 9782343147093).
  5. François-Joseph Heim lui succèdera (cf. Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », Romantisme , no 93, 1996, pp. 95-101).
  6. Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936
  7. Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle, Paris, Madame Vergne, 1831, 709 p.
  8. Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936, sur Wikisource.
  9. Musée des peintres de Barbizon : Théodore Rousseau et la critique.
  10. Camille, Rhode Island
  11. (en) Brutus, Clark Institut
  12. Croix, Toulouse
  13. Déposition, Dijon
  14. Erminie, Dallas
  15. Caton, Ermitage
  16. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p.
  17. Philoctète, Pointe-a-Pitre
  18. J. Femme, Worcester
  19. Pascal DUPUY, « La patrie en danger », Histoire par l'image, consulté le 28 mai 2020
  20. Victoire, Louvre
  21. Virginie, Los Angeles
  22. Préliminaires paix, Versailles
  23. Leoben, Versailles
  24. Danube, Versailles
  25. Elisa B. Versailles
  26. Joséphine de B. Versailles
  27. Brutus, huile base Joconde
  28. Serment, Haïti
  29. St Louis, Bordeaux
  30. St Louis Abbeville
  31. St Louis, Versailles
  32. Virginie, Louvre
  33. Virginie, Lille
  34. Virginie ensemble, Encre, Base Joconde
  35. Virginie ensemble, Lavis, Base Joconde
  36. Virginie ensemble, fusain, Base Joconde
  37. Groupe Virginie, graphite 1, Base Joconde
  38. Groupe Virginie, graphite 2, Base Joconde
  39. Groupe Virginie, Pierre noire, Base Joconde
  40. Groupe Virginie, Grphite, craie, Base Joconde
  41. Poignard, dessin, Louvre
  42. Faisceau, dessin, Louvre
  43. Oiseau, dessin, Louvre
  44. Académie, Louvre
  45. Paysage, Louvre

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Fossier, Les directeurs de la Villa Médicis au XIXe siècle. Correspondance de Guillaume Guillon-Lethière (1807-1816), Paris, L'Harmattan, 2018, 466 p. (ISBN 9782343147093).
  • François Debret, Funérailles de M. Guillon Lethière : le mardi 24 avril 1832 (discours), Paris, Institut royal de France, (OCLC 879777151).
  • Quatremère de Quincy, Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. Lethière, Paris, 1837? (OCLC 28658631).
  • Alexandre Privat d'Anglemont, « La Childebert », in Paris anecdote, Paris, P. Jannet Libraire, 1854, pp. 171 à 198.
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 30, Paris, Firmin-Didot, 1859, p. 1011-1012.
  • Charles Lefeuve, Histoire de Paris, rue par rue, maison par maison, Paris, 1875.
  • Bruno Foucart (introduction), Geneviève Capy et G.-Florent Laballe (texte), Guillaume Guillon Lethière, peintre d'histoire 1760-1832, Savigny-sur-Orge, Association des amis de Guillaume Guillon Lethière, (OCLC 28737394).
  • Geneviève Capy et G.-Florent Laballe, "Le Serment des ancêtres" de Guillaume Guillon-Lethière, peintre d'histoire, 1760-1832 : Fort-Delgrès, Basse-Terre, 18 avril au 28 mai 1998 (exposition), Savigny-sur-Orge, Association des amis de Guillaume Guillon Lethière, (OCLC 586307795).
  • Arlette Sérullaz, Guillaume Guillon dit Lethière, suite de douze dessins inédits pour La Mort de Virginie[réf. non conforme].

Liens externes[modifier | modifier le code]