Guillaume Bautru

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Guillaume Bautru
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Guillaume Bautru II, comte de Serrant, né à Angers en 1588 et mort à Paris le , est un poète satirique français, favori et agent diplomatique de Richelieu.

Il est fils de Guillaume Bautru Ier, conseiller au Grand Conseil et grand rapporteur en la chancellerie de France. Son frère puiné est Nicolas Bautru (mort en 1661), comte de Nogent, marquis du Tremblay-le-Vicomte[1]

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Guillaume Bautru II est seigneur de Louvaines, conseiller d'État sous Louis XIII et sous Louis XIV, introducteur des ambassadeurs chez le roi, conseiller d'État, ministre plénipotentiaire et ambassadeur auprès de l'archiduchesse de Flandre, envoyé du roi en Espagne, en Angleterre et en Savoie. Il est l'un des membres fondateurs de l'Académie française, à laquelle il est élu en 1634.

Protégé de Richelieu, il se fait construire cette année-là un hôtel par l'architecte Louis Le Vau et le maître maçon Michel Villedo, au moment où le cardinal fait aménager à Paris la rue Croix-des-Petits-Champs. Ce bâtiment deviendra plus tard l'hôtel Colbert et abrite actuellement l'Institut national du patrimoine et l’Institut national d'histoire de l'art. Deux ans plus tard, Guillaume Bautru achète le château de Serrant, en Anjou, qu'il achève de faire bâtir en suivant les plans de Hercule de Rohan et dont les terres lui sont données en baronnie par Richelieu.

C'est un personnage haut en couleurs, connu pour son libertinage et sa verve bouffonne. Il reste de lui quelques satires, telles que L'Ambigu, paru en 1616, et L'Onozandre ou la croyance du grossier, paru en 1620 :

Je veux quitter Parnasse et l’onde Pégasine
Pour aller faire un tour jusques à Terrassine,
Désireux de chanter les bufles au col torts
Ou siffler dans un jong le Prince des Butors,
Buses, Buses et Ducs, tenez-moi lieu de Muses...

Pierre Bayle a dit de lui : « Il a été un des beaux Esprits du XVIIe siècle. Il se faisoit sur-tout admirer par ses bons mots, & par ses fines réparties ; & l'on trouve dans les Écrivains de son tems mille marques de la belle réputation où il étoit. C'est un homme, disoit l'un d'eux, qui met une partie de sa Philosophie à n'admirer que très-peu de choses, & qui depuis 50 ans a été les délices de tous les Ministres, de tous les Favoris, & généralement de tous les Grands du Royaume, & n'a jamais été leur Flateur[2]. » A l'appui de son estime pour l'esprit de Bautru, Bayle cite également Saint-Amant, qui se moquait de ceux qui confondaient « les turlupinades et les pointes » avec les bons mots de Bautru :

Si vous oyez une équivoque,
Vous jetez d'aise vostre toque,
Et prenez son sens malautru
Pour un des beaux mots de Bautru.[3]

Postérité[modifier | modifier le code]

Guillaume Bautru II épousa Marthe Bigot, fille de Louis Bigot, sieur de Gastine, maître des comptes. De mœurs plutôt légères, elle était reçue au Palais-Royal et son nom prononcé d'une certaine façon par Anne d'Autriche, avait le don de mettre en joie toute la cour[4]. Elle lui donna un fils qui ne sera reconnu par son père qu'à l'âge de dix-huit ans[5]:

  • Guillaume Bautru III, comte de Serrant (mort en 1711)

Guillaume Bautru II est l'arrière-grand-oncle du maréchal Louis Antoine de Gontaut-Biron.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Moreri: Le grand dictionnaire historique : ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane …, Jean Brandmuller, 1731, p. 128. Lire en ligne.
  2. Article : Bautru (Guillaume), Dictionnaire historique et critique (1697). Texte en ligne : [1]
  3. Le Poète crotté (1629).
  4. Nouveau dictionnaire historique de Paris de Gustave Pessard et Charles Normand
  5. René Kerviler: Guillaume Bautru, comte de Serrant, l’un des quarante fondateurs de l’Académie française (1588-1665), Librairie Menu, Editeur du Cabinet Historique, 1876, p. 9ff. Lire en ligne

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