Guido Verbeck

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Guido Herman Fridolin Verbeck
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Guido Herman Fridolin Verbeck.
Nom de naissance Verbeek
Naissance
Flag of the Netherlands.svg Zeist, Pays-Bas
Décès (à 68 ans)
Flag of Japan.svg Tokyo, Japon
Nationalité Flag of the Netherlands.svg Néerlandaise
Profession
Missionnaire, ingénieur, conseiller étranger au Japon
Distinctions
En 1868.

Guido Herman Fridolin Verbeck (28 janvier 1830 – 10 mai 1898), né Verbeek, est un missionnaire et ingénieur néerlandais qui fut conseiller étranger au Japon pendant l'ère Meiji.

Biographie[modifier | modifier le code]

Natif de Zeist, Verbeck est issu d'une famille de confession moravienne. Il est le sixième d'une fratrie de huit enfants. Il étudia à l'institut polytechnique d'Utrecht dans l'espoir de devenir ingénieur. Il grandit à Zeist en parlant néerlandais, allemand, français et anglais.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

À 22 ans, sur l'invitation de son beau-frère, il partit pour les États-Unis pour travailler dans une fonderie à Green Bay dans le Wisconsin, qui s'était développée grâce au travail de missionnaires moraviens qui concevaient la machinerie des bateaux à vapeur. Verbeck resta en Amérique pendant presque un an, durant lequel il changea son nom de "Verbeek" en "Verbeck" pour que les Américains puissent mieux le prononcer. Il voulait néanmoins en voir plus de ce pays et déménagea à Brooklyn où sa sœur avait auparavant vécu. Puis il travailla comme ingénieur civil en Arkansas, et conçu des ponts, des structures de bâtiments et des machineries. Il fut alors profondément marqué par la vision de la vie des esclaves dans les plantations du sud, et par l'enseignement de H.W. Beecher, un prêcheur frère de Harriet Beecher Stowe, l'auteur de la Case de l'oncle Tom. Après être tombé gravement malade du choléra, il jura de devenir missionnaire s'il se rétablissait. En 1855, il entra en séminaire à Auburn dans l'État de New York, où beaucoup d'immigrants néerlandais s'étaient installés.

Au Japon[modifier | modifier le code]

Verbeck partit à Nagasaki au Japon en 1859, où il fut missionnaire pour l'église réformée néerlandaise. Il habita premièrement au temple de Sofukuji, où Ranald MacDonald avait précédemment séjourné.

En 1862, Murata Wakasa, un serviteur de Kanso Nabeshima, le daimyo (gouverneur) du domaine de Saga, envoya trois jeunes hommes pour étudier le christianisme auprès de Verbeck, ce qui fut les prémices d'une longue relation entre le missionnaire et le domaine.

Verbeck enseigna aussi les langues étrangères, la politique et les sciences à la Yougakusho (école de l'Occident) de Nagasaki à partir d'août 1853. En 1854, l'école fut renommée Seibikan et comptait plus de cent étudiants. Parmi les élèves célèbres de Verbeck se trouvaint Shigenobu Ōkuma, Hirobumi Itō, Okubo Toshimichi et Taneomi Soejima. Il enseigna à ces étudiants la déclaration d'indépendance des États-Unis et la constitution américaine plus que la langue anglaise.

Verbeck coopéra avec Shinkichi Takahashi dans la réalisation du dictionnaire de Satsuma, le premier dictionnaire Anglais-Japonais imprimé au Japon.

En 1869, recommandé par Ōkubo, Verbeck devint enseignant à l'école Kaisei (qui deviendra l'université impériale de Tokyo). Le futur premier ministre du Japon Korekiyo Takahashi logea temporairement au domicile de Verbeck.

Verbeck fut aussi conseiller pour le gouvernement de Meiji auprès de Sanetomi Sanjō. Il recommanda que le gouvernement japonais adopte l'usage de l'allemand dans la médecine, et il fut souvent consulté sur l'établissement du système des préfectures dans l'administration locale. Il encouragea l'envoi de la mission Iwakura, la première mission diplomatique en Occident.

En 1871, Verbeck amena au Japon William Elliot Griffis de l'université Rutgers pour enseigner à l'école Meishinkan du domaine de Fukui sur l'invitation du daimyo Norinaga Matsudaira.

En septembre 1871, le ministère de l'Éducation fut fondé et Verbeck y devint conseiller, inspirant notamment le modèle du système éducatif en 1872 et l'ordonnance sur la conscription en 1873.

Comme l'interdiction du christianisme au Japon fut levée en février 1873, Verbeck fut autorisé à reprendre son travail de missionnaire.

Verbeck fit ensuite un voyage de six mois en Europe, où il rencontra la mission Iwakura. À son retour au Japon, il démissionna de l'université, et travailla penant les années suivantes en tant que traducteur anglais-japonais de textes juridiques.

En 1877, il enseigna à la Gakushūin, et devint le premier administrateur de l'université Meiji Gakuin en 1886.

En 1889, Verbeck traduisit le livre des Psaumes et celui d'Isaïe de l'Ancien Testament en japonais, ce qui aura une influence dans la littérature japonaise.

Verbeck voulut retourner aux États-Unis avec sa fille en 1890, mais il fut refoulé par le gouvernement américain car il ne pouvait prouver qu'il était bien de nationalité néerlandaise, tandis que sa demande de naturalisation américaine fut refusée. Le gouvernement japonais répondit en donnant à Verbeck un passeport et le statut de résident permanent.

Verbeck mourut à Tokyo d'une crise cardiaque en 1898. Il y est enterré dans la section des étrangers du cimetière d'Aoyama.

Son fils, Gustave Verbeck, émigra aux États-Unis et devint un célèbre dessinateur de BD pour journaux. Son autre fils, William, devint adjudant général de l'État de New York, et dirigea la Manlius Pebble Hill School à Syracuse (New York). Son arrière-petit-fils, Guido Verbeck IV, est actuellement professeur de chimie à l'université de North Texas.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]