Guerres de Silésie

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Ne doit pas être confondu avec Insurrections de Silésie.
Guerres de Silésie
Description de cette image, également commentée ci-après
L'attaque des Grenadiers de la Garde prussien
à la bataille de Hohenfriedberg le ,
peinture historique de Carl Röchling (1855–1920).
Informations générales
Date 17401763
Lieu Silésie, Royaume de Bohême, Électorat de Saxe
Issue Traité de Hubertsbourg (1763)
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de PrusseFlag of the Habsburg Monarchy.svg Monarchie de Habsbourg (Autriche)
Commandants
Flag of Prussia (1466-1772).svg Frédéric II de PrusseDrapeau du Saint-Empire Marie-Thérèse d'Autriche
Drapeau du Saint-Empire François Ier du Saint-Empire

Guerres de Silésie

Batailles

1re guerre de Silésie 1740-1742
Succession d'Autriche
Mollwitz · Chotusitz
Traité de Breslau


2e guerre de Silésie 1744-1745
Succession d'Autriche
Hohenfriedberg · Soor · Kesselsdorf
Traité de Dresde


3e guerre de Silésie 1756-1763
Guerre de Sept Ans
Lobositz · Reichenberg · Prague · Kolin · Moys · Rossbach · Breslau · Leuthen · Domstadtl · Zorndorf · Hochkirch · Kunersdorf
Traité de Hubertusburg

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Les guerres de Silésie sont un ensemble de trois conflits opposant de 1740 à 1763 la Prusse des Hohenzollern et l'Autriche des Habsbourg principalement au sujet de la domination de la province de Silésie qui faisait partie des pays de la couronne de Bohême. La première (1740–1742) et la seconde guerre de Silésie (1744–1745) se déroulaient au temps de la guerre de Succession d'Autriche ; le roi Frédéric II de Prusse ayant décide d'attaquer la Silésie en comptant entre autres sur l'hostilité grandissante qui existait au sein de la population entre la majorité de la population luthérienne et les souverains catholiques des Habsbourg. La troisième guerre de Silésie est plus connue sous le nom de guerre de Sept Ans (1756–1763).

Déjà par la paix de Breslau qui mit fin à la première guerre de Silésie en 1742, la plus grande partie de la province ainsi que le comté de Glatz ont été attribués à la Prusse. Les guerres se terminent par le traité de Hubertsbourg en 1763 confirmant définitivement les conquêtes de Frédéric II. Grâce à cette annexion, la population prussienne double et obtient une région riche devenant ainsi la cinquième grande puissance du Concert européen.

1re guerre de Silésie 1740–1742[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Frédéric II vers l'an 1740, portrait d'Antoine Pesne.

À la mort de son père le , Frédéric II est couronné roi en Prusse. Seulement quelques mois plus tard, le , l'empereur Charles VI est décédé à Vienne sans descendance mâle. Face à ce cas, Charles avait déjà édicta en 1713 la Pragmatique Sanction autorisant ses filles à lui succéder dans ses domaines patrimoniaux, notamment l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche née en 1717.

Les princes y acquiescèrent et les différentes puissances européennes finirent par donner leur accord ; néanmoins, la mort de l'empereur et la succession par sa fille apparement faible excita leurs convoitises déclenchant la guerre de Succession d'Autriche. Il est formé une alliance européenne de la Prusse avec l'électorat de Bavière, la France, l'électorat de Saxe, l'électorat de Cologne, le royaume d'Espagne, la Suède et le royaume de Naples. L'héritière du trône autrichien, Marie-Thérèse, par ailleurs, a réussi à s'allier avec la Grande-Bretagne, le royaume de Sardaigne les Pays-Bas et l'Empire russe.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Alors que l'électeur Charles Albert de Bavière revendiquait le trône impérial, Frédéric II de Prusse a ordonné la mobilsation de l'Armée prussienne. Le , il lança un ultimatum à la cour de Vienne pour céder la Silésie à la Prusse. Comme prétexte, il invoquait un contrat conclu il y a plus de deux cents ans, en vertu duquel le duché silésien de Liegnitz avec Wohlau et Brieg après l'extinction des ducs Piast devrait être transféré aux margraves brandebourgeois de la maison de Hohenzollern. Toutefois, déjà l'empereur Ferdinand Ier avait avait rejeté cet accord et en 1686 le « Grand Électeur » Frédéric-Guillaume de Brandebourg avait renoncé à tous les droits. Donc sans attendre de réponse, Frédéric avec deux corps d'armée, de 27 000 soldats au total, envahit la province autrichienne faiblement defendue cinq jours plus tard.

Jusqu'à la fin , la plupart de la Silésie est occupée par les troupes prussiennes ; les forces autrichiennes se sont retirées dans les forteresses de Glogau, de Brieg et de Nysa. Lors de la campagne du printemps, le général prussien Léopold II d'Anhalt-Dessau a conquis Glogau le pendant qu'une armée autrichienne sous le commandement du maréchal Wilhelm Reinhard de Neipperg se rapproche. Les Prussiens sous Frédéric II et son feld-maréchal Curt Christophe de Schwerin gagnent difficilement la sanglante bataille de Mollwitz près de Brieg le . La France s'allie à la Prusse en juin et son armée pénètre en Bohême pour s'avancer vers Prague. Pour diviser ses adversaires et isoler les Français, Marie-Thérèse d'Autriche passa un accord secret avec Frédéric II le  ; elle lui céda la Basse-Silésie jusqu'à la rivière Neisse et en contrepartie celui-ci dut se retirer de la guerre. Néanmoins, l'armée prussienne envahit la Bohême et conquiert la forteresse de Olmütz le . L'année suivante, la bataille de Chotusitz qui eut lieu le a conduit la Prusse à remporter la victoire décisive contre les forces autrichiennes sous leur commandant Charles-Alexandre de Lorraine.

Paix de Breslau[modifier | modifier le code]

La Silésie divisée entre la Prusse et l'Autriche par la paix de Breslau en 1742 : la partie vert foncé montre la partie conquise par la Prusse ; la partie marron montre la partie conservée par les Autrichiens.

C'est la paix de Breslau du qui a mis fin aux combats. Les conditions de cette armistice sont confirmées par un traité signé par les représentants de la Prusse et de l'Autriche à Berlin le , qui conclut la première guerre de Silésie : la plus grande partie de la Silésie jusqu'à la rivière Oppa au sud-est ainsi que le comté bohémien de Glatz sont tombés aux mains de la Prusse. Seulement la partie sud avec les duchés de Teschen, de Jägerndorf et de Troppau resta sous le contrôle des Habsbourg et fut appelée Silésie bohémienne, puis en 1849 la Silésie autrichienne. En échange, la Prusse s'est engagée à quitter l'alliance contre les Habsbourg et a repris la dette de l'Autriche envers la Grande-Bretagne ; le roi George II a approuvé le traité en tant qu'État garant. Les anciens duché silésiens d'Auschwitz (avec le pays de Żywiec), de Zator et de Sievers qui depuis le XVe siècle faisaient partie de la couronne du royaume de Pologne n'étaient pas concernées par ces dispositions.

La France et l'impuissant Charles Albert de Bavière ont fait part de leur déception face à la retraite de Frédéric de leur alliance. La paix était seulement apparente: de fait, deux ans plus tard, la guerre éclatait à nouveau.

2e guerre de Silésie 1744–1745[modifier | modifier le code]

Après les accords de paix, Marie-Thérèse d'Autriche a pu passer tout sa temps à lutter contre Charles Albert de Bavière, couronné empereur le , et à assurer la succession de son époux François de Lorraine au trône impérial. En , des troupes autrichiennes ont envahi la Bavière et l'archiduchesse conclut de nouvelles alliances stratégiques avec la Grande-Bretagne et le royaume de Sardaigne.

Frédéric II, inquiet des succès autrichiens et poussé par son désir d'assurer la possession de la Silésie, s'est employé à gahmer le soutien des alliés européens. Le , il a rejoint une alliance de la Bavière, la France et l'Espagne, auquel également la Saxe, la Suède, le royaume de Naples, l'électorat de Cologne et le Palatinat du Rhin sont parties. Un pacte de défense mutuelle avec la Russie, par contre, n'a pas résisté longtemps.

Léopold d'Anhalt-Dessau.

En , 80 000 soldats de l'Armée prussienne envahissent la Bohême et s'emparèrent de Prague en l'espace de deux semaines. L'année suivante, la situation est devenue difficile pour la Prusse avec la conclusion de la paix de Füssen entre l'Autriche et la Bavière le . Néanmoins, les forces prussiennes écrasèrent les Autrichiens à la bataille de Hohenfriedberg () et à Soor (). En , le maréchal prussien Léopold Ier d'Anhalt-Dessau conduisit ses troupes en Saxe ; il bat l'armée des alliés à la bataille de Kesselsdorf et occupait Dresde, la capitale.

Après cela, des pourparlers de paix ont commencé, poussés par le roi George II de Grande-Bretagne combattant la rébellion jacobite de 1745. En outre, les finances du royaume de Prusse ont presque été épuisées et l'Autriche doit conserver sa liberté d'action contre la France et l'Espagne. Les conditions sont réunies pour que Frédéric II et Marie-Thérèse concluent le traité de Dresde, le  : Frédéric conserve definitvement la Silésie et reconnaît François de Lorraine comme empereur. La Saxe, le véritable perdant, a dû verser un énorme tribut à la Prusse. La cantate Gloria in excelsis Deo (BWV 191) de Johann Sebastian Bach a été jouée pour la première fois en un service de Noël 1745 pour célébrer le traité qui mit fin aux épreuves imposées à la région. par la guerre.

3e guerre de Silésie 1756–1763[modifier | modifier le code]

Cette guerre fait partie du conflit plus large de la guerre de Sept Ans entre :

Les Autrichiens tentèrent de reprendre la Silésie pour la deuxième fois, Frédéric II choisit de mener une attaque préventive, en août 1756, sans déclaration de guerre, il envahit la Saxe et vainc les Saxons à Pirna. Puis il attaque la Bohême et prend Prague en mai 1757, mais peu après les Autrichiens lui infligent une défaite à Kolin, il doit évacuer la Bohême et ses ennemis se déploient en Silésie.

Frédéric Il parvient à se rétablir en remportant d'abord la bataille de Rossbach sur les Français le 5 novembre 1757, puis avec celles de Leuthen et de Luna sur les Autrichiens en décembre, il reprend la Silésie. Mais les Russes atteignent l'Oder en juin 1758 et les Autrichiens battent les Prussiens à Hochkirch (14 octobre 1758) et surtout à Kunersdorf (12 août 1759), et ils occupent la Saxe.

Frédéric se rétablit avec les victoires de Leignitz et Torgau sur les Autrichiens. En regroupant ses forces contre l'Autriche, Frédéric reprend la Silésie et oblige Marie-Thérèse à signer le traité de Hubertsbourg, le 15 février 1763. La Prusse conserve à nouveau la Silésie et ce, jusqu'en 1945.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Silesian Wars. (2006). Dans Encyclopædia Britannica.