Guerre polono-cosaque-tatare

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Europe de l'Est au début du XVIIe siècle. République polono-lituanienne (violet). Russie (vert). Empire ottoman (rouge) et ses vassaux : Moldavie et Valachie (cramoisi), Crimée (rose), Tcherkesses (beige).

La guerre polono-cosaque-tatare est un conflit qui se déroule de 1666 à 1671 sur le territoire de l'actuelle Ukraine. Les belligérants sont l'hetmanat cosaque d'Ukraine, vassal de la République polono-lituanienne, et le khanat tatar de Crimée, vassal de l'Empire ottoman, avec une implication limitée de leurs métropoles respectives.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le retour des vainqueurs : cosaques portant l'étendard, toile de Józef Brandt (1841–1915)

Depuis la révolte de Bohdan Khmelnytsky (1649-1657) et la guerre russo-polonaise de 1654-1667, l'Ukraine est partagée entre les zones d'influence du tsarat de Russie (Ukraine de la rive gauche du Dniepr) et de la Pologne-Lituanie (Ukraine de la rive droite). Les cosaques ukrainiens gardent cependant leur autonomie et le droit d'élire leurs hetmans. En 1666, l'hetman Petro Dorochenko tente de faire reconnaître son pouvoir sur les deux rives, mais il se heurte à l'opposition de la Russie et de la Pologne. Il fait appel au sultan ottoman Mehmed IV et se reconnaît comme son vassal.

Conflit[modifier | modifier le code]

Les Tatars de Crimée, vassaux largement autonomes du sultan, pratiquaient habituellement des razzias en territoire polono-lituanien pour en ramener du butin et des esclaves. Ils entrent en Ukraine pour soutenir Petro Dorochenko, mais sont battus à plusieurs reprises par le général polonais Jean Sobieski (futur roi de Pologne). Un armistice est conclu après la bataille de Pidhaïtsi (en) (6-16 octobre 1667).

En 1668, à Constantinople, le sultan Mehmed IV est en mesure de dicter ses conditions aux envoyés du tsar Alexis Ier et à ceux des cosaques et de la Diète polono-lituanienne (en), le trône de Pologne étant vacant après l'abdication de Jean II Casimir Vasa. Le sultan déclare ne pas s'inquiéter du traité d'Androussovo signé entre Polonais et Russes car, dit-il, l'Empire ottoman est beaucoup plus fort que n'importe quelle puissance chrétienne. Le texte de l'accord polono-ottoman renouvelle, pour l'essentiel, les conventions antérieures[1] :

« 1° Un voile était jeté sur tout le passé ; 2° Les griefs mutuels seraient produits par des ambassades ; 3° les amis et les ennemis seraient communs ; 4° la Pologne serait mise à l'abri des attaques des Tatars Nogaïs du Boudjak et d'Akkerman, soumis au khan de Crimée ; 5° sur les instances du kalgha [ministre du khan de Crimée], les cosaques déserteurs de la cause polonaise étaient reçus en grâce ; 6° les esclaves seraient remis en liberté ; 7° il devait être mis fin à toute irruption[2]. ».

Les hostilités reprennent en 1670 lorsque Petro Dorochenko fait une nouvelle tentative pour reprendre le pouvoir en Ukraine. En 1671, le khan de Crimée Adil Giray, favorable à une alliance avec la Pologne-Lituanie, est destitué sous la pression du sultan ottoman et remplacé par Sélim Ier Giray. La petite guerre frontalière entre cosaques et Tatars débouche rapidement sur un conflit ouvert avec intervention des forces principales des deux États, la guerre polono-turque de 1672-1676 qui entraîne la perte de la Podolie (sud-ouest de l'Ukraine) par la Pologne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. de Hammer, Histoire de l'Empire Ottoman depuis son origine jusqu’à nos jours, t. 3, 1842, p. 110-111
  2. J. de Hammer, Histoire de l'Empire Ottoman depuis son origine jusqu’à nos jours, t. 3, 1842, p. 110-111

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]