Guerre de Somalie (depuis 2006)

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Guerre civile somalienne
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Situation en Somalie

La guerre de Somalie en cours depuis 2006, est un conflit armé qui oppose principalement le gouvernement fédéral, présidé de 2004 à 2008 par Abdullahi Yusuf Ahmed, à divers groupes, islamistes ou claniques. Elle a opposé un temps le gouvernement fédéral de transition à l'Union des tribunaux islamiques, dans un cadre d'affrontements claniques qui a cours depuis le début de la guerre civile somalienne en 1991. Cette dernière, qui a conduit à la fragmentation du pays et à l'autonomie voire l'indépendance autoproclamée de plusieurs régions (Puntland, Somaliland), a abouti en 2003 à la proclamation d'une Charte prévoyant un État fédéral, et à la mise sur pied d'institutions fédérales de transition, visant à reconstruire l'État somalien.

L'Éthiopie a elle-même officiellement envahi la Somalie le afin de rétablir l'ordre et lutter contre les divers groupes islamistes, l'Union des tribunaux islamiques n'étant que la fédération la plus organisée de ces groupes. Toutefois, cette union, hétérogène, inclut aussi bien des radicaux, tels que Hassan Dahir Aweys, que des modérés, dont Sharif Ahmed, qui a été élu président du gouvernement de transition en janvier 2009. Depuis 2007, Al-Shabaab, qui a introduit la tactique des attentats-suicides en 2008, est le principal groupe radical qui lutte contre les institutions de transitions. Il est allié à la coalition Hizbul Islam, formée en février 2009 et qui comprend l'Alliance pour la relibération de la Somalie de Hassan Dahir Aweys, et qui a déclaré la guerre au gouvernement de Sharif Ahmed.

La détérioration de la situation en Somalie, dont les institutions sont décrites comme symptomatiques d'un État en déliquescence, a aussi conduit à l'aggravation de la piraterie autour de la Corne de l'Afrique, affectant le commerce international. Depuis le coup d'État de 1991 ayant déposé Siad Barre, la Somalie est en effet la proie de conflits internes et des seigneurs de guerre. Un ordre relatif avait été établi en 2006 par l'Union des tribunaux islamiques, mais les dissensions internes dans cette coalition, la guerre déclarée au gouvernement transitionnel par les islamistes radicaux, et les conflits inter-claniques ou entre seigneurs de guerre ont depuis repris. Depuis 2007, l'Union africaine a mis en place une force de maintien de la paix, appelée AMISOM.

La mise sur pied de nouvelles institutions fédérales de transition[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre civile somalienne.

Après l'échec de l'opération Restore Hope en 1992, les Américains se sont retirés, suivis des Français [3]. L'ONU mit alors en place l'opération des Nations unies en Somalie (ONISOM) jusqu'en 1995 afin de convoyer l'aide alimentaire pour lutter contre la famine; celle-ci échoua. Les 8 000 derniers Casques bleus s'en vont en mars 1995, alors que le pays est divisé en plusieurs factions en guerre les unes contre les autres [3]. Le centre et le sud est contrôlé par Hussein Mohamed Aidid (en); le nord-ouest par Mohamed Ibrahim Egal, élu de la République autoproclamée du Somaliland en 1997 et mort en 2002. En janvier 1997, un accord de gouvernement, patronné par l'Éthiopie et le Kenya, échoue à régler le problème du désarmement et de la reconstruction de l'État [3]. Le nord-est se déclare autonome en 1998 sous le nom de Puntland. Après divers tentatives infructueuses de conciliation, une conférence de réconciliation aboutit en juillet 2003 à un projet de charte nationale prévoyant le fédéralisme et mettant sur pied des institutions fédérales de transition [3].

En 2004, le Parlement fédéral de transition de la République de Somalie, exilé au Kenya en raison des affrontements entre seigneurs de la guerre à Mogadiscio, et formé en nombres égaux de représentants de chacun des quatre grands clans somalis, a élu en tant que président intérimaire Abdullahi Yusuf Ahmed, président du Puntland. À la tête du Gouvernement fédéral de transition, celui-ci a nommé Ali Mohamed Gedi, un vétérinaire de profession, en tant que Premier ministre.

2006-2007 : intervention éthiopienne, déploiement de l'AMISOM et intervention américaine[modifier | modifier le code]

Positions occupées fin décembre 2006, offensive contre les Tribunaux islamiques maîtres de Mogadiscio depuis juin de la même année; au nord, Somaliland et Puntland.

En février 2006, des seigneurs de la guerre se sont alliés à Mogadiscio dans l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme, soutenue par Washington [3], pour combattre l'Union des tribunaux islamiques. Les deux coalitions rivales se sont combattus à Mogadiscio (en) durant l'année 2006. En juin 2006, les tribunaux islamiques s'emparent de la capitale puis du dernier bastion de l'alliance des chefs de guerre, Jowhar, à 90 km [3].

Après un accord trouvé entre les institutions fédérales de transition (en) et l'Union des tribunaux islamiques, à Khartoum, en septembre 2006, la situation s'est aggravée. Le , les Tribunaux islamiques ont déclaré « la guerre sainte » contre le gouvernement et l'Éthiopie, accusée d'ingérence militaire [3]. Dès novembre, les ponts sont définitivement coupés entre les Tribunaux islamiques et les institutions fédérales de transition [3]. Le Puntland, qui avait été touché par le tsunami de décembre 2004, et présidé depuis 2004 par Mohamud Muse Hersi (alias « Adde »), fait face à une offensive des Tribunaux islamiques, refoulée avec succès.

Début décembre, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le déploiement d'une force de maintien de la paix, composée de 8 000 hommes, sous l'égide de l'Union africaine (résolution 1725) [3].

Le , le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a annoncé que son pays était en guerre contre les islamistes somaliens, officialisant l'intervention déjà en cours depuis plusieurs semaines.

En quelques jours, les forces de l'Union des tribunaux islamiques furent mise en déroute: les troupes éthiopiennes, alliées au gouvernement de transition, entrèrent dans Mogadiscio (en) le 28 décembre 2006, boutant dehors les tribunaux islamiques. Des combats à Baidoa (en), dans le sud-ouest, firent aussi plus d'un milliers de morts au même moment. Cependant, depuis 2007, une guérilla et des actes de terrorisme ont lieu contre le gouvernement de jure de la Somalie et les forces éthiopiennes.

Le , le président Abdullaï Youssouf Ahmed réclama « l'application immédiate du déploiement d'une force de paix africaine » dans son pays, lors de la réunion à Nairobi (Kenya) du Groupe de contact international sur la Somalie. Il s'appuyait pour ceci « sur les bases » de la résolution 1725, qui autorise le déploiement d'une « mission de protection et de formation en Somalie » par les États membres de l'Union africaine et de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, qui regroupe la Somalie, l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Soudan, l'Érythrée et Djibouti) pour « protéger les membres des institutions fédérales de transition », former leurs forces de sécurité et « suivre les progrès réalisés par les institutions fédérales de transition et l’Union des tribunaux islamiques dans l’application des accords issus » de la déclaration de Khartoum de septembre 2006 [4]. De plus, la résolution « approuve les dispositions du plan de déploiement de l’IGAD selon lesquelles les États limitrophes de la Somalie ne déploieraient pas de troupes dans ce pays » [4], excluant de fait les forces éthiopiennes.

Le , un AC-130 de l'armée américaine est intervenu en Somalie pour bombarder ce qu'il désignait comme un bastion de terroristes affiliés à Al-Qaida. Washington a reconnu officiellement cette première intervention sur le territoire somalien depuis son départ de 1993. Celle-ci visait des combattants islamistes soupçonnés d'avoir participé aux attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998.

Le 19 janvier, l'Union africaine a décidé de déployer une force de maintien de la paix d'environ 8 000 hommes : l'AMISOM. Le premier avion de troupes a été touché par une roquette et le déploiement des troupes de l'UA s'est arrêté [réf. nécessaire].

Le Washington Post rapporte une autre attaque aérienne dans le Sud de la Somalie par un AC-130 américain le 22 janvier [réf. nécessaire].

Le , les troupes éthiopiennes ont officiellement commencé leur retrait de Somalie. Mais la reprise des attaques dans Mogadiscio, tombée aux mains des insurgés, a conduit au maintien en place de l'armée éthiopienne. En mars-avril 2007, celle-ci s'est battue contre les islamistes d'Al-Shabaab, alliés à des combattants du clan Hawiye (en). Si le gouvernement de transition, appuyé par l'Éthiopie, fut victorieux, les combats (en) firent un millier de morts. Les combats ont également poussé à l'exode un tiers de la population de la ville [réf. nécessaire]. La ville elle-même a beaucoup souffert des tirs d'artillerie échangés entre les belligérants.

Une conférence de « réconciliation nationale », à Mogadiscio, rassemble sans succès plus d'un millier de chefs de guerre et représentants de clans en juillet 2007 [3]. Le refus des islamistes d'y participer lui enlève en effet toute force [3]. Le même mois, une nouvelle région, le Maakhir, situé dans le nord entre le Somaliland et le Puntland, s'autoproclame indépendant.

En septembre 2007, lors d'une rencontre en Érythrée, des leaders de l'opposition au gouvernement soutenu par l'Éthiopie se sont alliés aux chefs des Tribunaux islamiques pour former l'Alliance pour la nouvelle libération de la Somalie [5]. Outre le leader de l'Union des tribunaux islamiques, le sheikh Hassan Dahir Aweys, et le modéré Sharif Ahmed, la coalition incluait Sharif Hassan Sheikh Aden (en), l'ancien président du Parlement transitionnel, et Hussein Mohamed Farrah (en), fondateur du Conseil somalien de réconciliation et de restauration (en), formé en 2001 pour s'opposer aux institutions fédérales de transition, que Farrah accusait d'abriter des islamistes. L'Alliance obtint du parlement de transition d'étendre sa composition et de lui accorder des sièges.

En novembre 2007, une nouvelle irruption de violence (en) fit 91 morts à Mogadiscio.

Depuis l'automne 2007[modifier | modifier le code]

Sharif Ahmed, président du gouvernement de transition depuis janvier 2009, lors du XIIe sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba. Ancien leader de l'Union des tribunaux islamiques, il est considéré comme un modéré.

Depuis, la guerre civile ne s'est jamais vraiment arrêtée, avec une violente reprise des combats à l'automne 2007. Une nouvelle explosion de violence (en) eut lieu à Mogadiscio les 19 et , faisant de cent à deux cents morts.

Peu fréquents auparavant, les attentats-suicides s'y sont multipliés à partir de 2008 [6]. Une bonne partie d'entre eux ont été revendiqués par le groupe islamiste al-Shabaab. Ainsi, cinq attentats-suicides ont eu lieu le , qui ont été attribués au groupe al-Shabaab. L'un des kamikazes, Shirwa Ahmed, était un étudiant américain de 27 ans, venant de Minneapolis [7]. Un autre attentat-suicide a eu lieu le à Mogadiscio, faisant 14 morts [8]. L'attentat, qui échoua, visait les forces de l'Amisom (force africaine de la paix) [8],[9]. Les shebab en ont revendiqué un autre, le , qui a fait au moins 7 morts (dont six soldats et un civil) [10]. Le kamikaze visait une caserne militaire près de Mogadiscio [10].

Les prises d'otage (en), revendiquées par des groupes divers, islamistes ou mafieux, se sont aussi répandues à ce moment. Parmi celles-ci, on peut citer:

  • le journaliste Gwenlaouen Le Gouil enlevé par des miliciens d'un clan du port de Bosasso, dans le Puntland, en décembre 2007. Il a été libéré au bout de huit jours [11]; le ministère des Affaires étrangères français remercia pour l'occasion le président du Puntland Mohamud Muse Hersi [12];
  • deux employées de Médecins sans frontières, moins de 48 heures après la libération de Le Gouil, en décembre 2007 [13];
  • deux employés travaillant pour les Nations unies en avril 2008 (toujours disparus);
  • trois journalistes en août 2008 (dont la canadienne Amanda Lindhout (en); le somalien Abdifatah Mohamed Elmi a été libéré en janvier 2009 [14]) ;
  • quatre employés d'Action contre la faim en novembre 2008;
  • deux conseillers du gouvernement français en juillet 2009, peut-être membres de la DGSE, qui s'étaient présentés comme journalistes [15]. Un de ces otages était détenu par le groupe Hezb al-Islamiya (en) du cheikh Hassan Dahir Aweys, l'autre par le groupe des shebab, mais finalement ces derniers ont réussi à obtenir la garde des deux agents [16]. Selon le ministre somalien des Affaires sociales, Mohammed Ali Ibrahim, « la raison principale de l'enlèvement est que certains shebab ont des proches emprisonnés en France, les pirates » [17]. La France détient en effet quinze pirates somaliens, dont certains arrêtés lors de la prise d'otages du Ponant, en avril 2008 [17].

Le [18], l'Alliance pour la nouvelle libération de la Somalie a signé un accord à Djibouti avec les institutions de transition, établissant une trêve de 90 jours et prévoyant le retrait des forces éthiopiennes. Mais dès le 20 août, le groupe al-Shabaab s'empare de Kismayo (en), instaurant la sharia dans sa version la plus radicale dans la troisième ville du pays, située au sud, près de la frontière du Kenya [19]. Al-Shabaab a aussi détruit des sites religieux (chrétiens et soufis) à Kismayo [20].

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une nouvelle résolution, au titre du chapitre VII, renforçant l'embargo sur les armes et s'inquiétant de la piraterie qui permettrait de contourner cet embargo [18]. Cet embargo, en vigueur depuis 1992, est supervisé par le Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies mis en place par la résolution 751 concernant la Somalie [21].

Évolution de la situation[modifier | modifier le code]

Épuration religieuse contre les chrétiens : de 2006 à 2009, les shebabs, issus des tribunaux islamiques, ont éradiqué totalement la petite communauté chrétienne de Somalie, essentiellement des italo-somaliens, et ont rasé tous les édifices de culte chrétien, la communauté chrétienne représentant aux yeux des djihadistes armés un relais de l'occidentalisation. Un fidèle a été décapité sous l’accusation d’espionnage au service de l’étranger[22].

Depuis l'élection à la présidence de Sharif Ahmed (janvier 2009)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Somalie (2009-).

Le , le président du gouvernement de transition Abdullahi Yusuf Ahmed force à la démission son premier ministre Nur Hassan Hussein Adde, suscitant les protestations de la présidence du Conseil de l'Union européenne[23]. À la suite de ces conflits internes au gouvernement de transition, le président lui-même démissionne le [24]. L'islamiste modéré Sharif Ahmed, qui fut président de l'Union des tribunaux islamiques, est élu fin janvier 2009 (en) par le parlement réuni à Djibouti. Il l'emporte face à Maslah Mohamed Siad Barre, fils de l'ancien président Mohamed Siad Barre, et au Premier ministre sortant Nur Hassan Hussein[25].

Dès février 2009, divers groupes islamistes fusionnèrent au sein du Hizbul Islam et déclarèrent la guerre au gouvernement de Sharif Ahmed. Cette coalition inclut l'Alliance pour la nouvelle libération de la Somalie, dirigée par Hassan Dahir Aweys, l'un des chefs radicaux de l'Union des tribunaux islamiques, Hassan Abdullah Hersi al-Turki (en), un autre commandant de l'Union des tribunaux islamiques et leader des brigades de Ras Kamboni (en) et le groupe Muaskar Anole (en). Cette nouvelle coalition islamiste est, avec le groupe al-Shabaab, la plus active dans le conflit. De plus, en mars 2009, Ben Laden appelait dans un enregistrement au renversement de Sharif Ahmed[26].

Cheikh Hassan Abdulahi al-Turki serait décédé en mai 2015 des suites de maladie selon les shebab[27].

Depuis 2009[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, les soldats éthiopiens se retirent de Somalie laissant derrière eux un contingent de l'Union africaine, la Mission de l'Union africaine en Somalie dit AMISOM, composé de 3 400 soldats burundais et ougandais pour aider le fragile gouvernement fédéral de Transition somalien[28]. Après le retrait éthiopien de Somalie, la moitié sud du pays chute rapidement dans les mains des rebelles islamistes radicaux. La charia est par conséquent appliquée dans les zones sous le contrôle des miliciens d'Al-Shabaab.

Le , les Shebab attaquent Mogadiscio, capturant la plupart des quartiers de la ville[29] mais à défaut de renverser le gouvernement, qui maintient son contrôle sur quelques kilomètres carrés de la capitale. Ainsi, on assiste depuis cette date à des combats dans les quartiers de la capitale et à des attentats perpétrés par Al-Shabaab.

Parallèlement à ce conflit, on assiste également à des tensions entre les territoires semi-autonomes de facto indépendants, le Somaliland (anti-GFT) et le Puntland (pro-GFT) dans le nord du pays, dégénérant parfois en affrontements armés.

Ainsi en octobre 2007, des combats entre les forces armées somalilandaises et puntlandaises font entre 10 et 20 morts à Las Anod, une ville disputée à la frontière des deux pseudo-États[30],[31]. Par ailleurs, le , des affrontements entre le Somaliland (soutenu par l'Éthiopie) et un clan armé fidèle aux autorités du Puntland, font 13 morts et 33 blessés à Ayn, une localité du village de Buuhoodle, alors qu'une élection présidentielle devait avoir lieu au Somaliland[32].

Le , les troupes du Gouvernement fédéral de transition, aidées par le groupe islamiste modéré Ahlu Sunna wal Jamaa (fidèle au GFT) et des soldats de l'AMISOM, parviennent à reprendre le contrôle de l'ensemble de Mogadiscio et d'en chasser les rebelles, débloquant ainsi partiellement l'état de siège sur la ville et cherchent à présent à reprendre le contrôle du sud du pays[33].

En octobre 2011, l'armée kényane intervient dans le conflit, lançant l'opération Linda Nchi (« protéger le pays » en swahili) contre les positions d'Al-Shabaab.

En janvier 2012, les shebabs perdent la ville de Beledweyne[34].

Article détaillé : Prise en otage de Denis Allex.

Le , l'armée française lance une opération militaire afin de libérer l'otage Denis Allex de la DGSE détenu par les Al-Shabbaab à Buulo Mareer (sud de la Somalie) depuis 2009 mais celle-ci échoue[35].

Le , la marine américaine lance un raid à l'encontre d'un chef islamiste d'Al-Shabbaab à Brava au sud de la capitale somalienne. D'après un responsable américain le chef visé n'a été ni capturé ni tué[36].

Fin , les forces du gouvernement somalien et de la Mission de l'Union africaine en Somalie reprennent le village de Buulo Mareer, jusqu'à alors occupé par les islamistes des Al-Shabbaab[37].

Fin août 2014, la grande majorité des villes somaliennes sont sous contrôle de l'UNISOM et de l'armée somalienne qui ont repris Buulo Mareer le 30 août et déclarent vouloir capturer Brava. Des attentats et attaques-suicides de la part des Shebabs sont néanmoins toujours en cours[38].

Le 3 octobre 2014, les shebabs abandonnent leur base de Brava et se replient à l'intérieur des terres[39].

Le , les shebabs attaquent subitement une base de l'AMISOM à Lego, et tuent plus de 50 soldats burundais[40]. Le 17 juillet, les forces kényanes, éthiopiennes et somaliennes de l'AMISOM lancent alors une offensive contre les djihadistes dans les régions de Gedo et Bay, baptisée « Jubba Corridor »[41]. Dés le 22, elles prennent sans combattre la ville de Bardera, tenue depuis sept ans par les djihadistes[42],[43]. Puis le 24, Dinsor tombe à son tour aux mains des forces somaliennes et éthiopiennes[44]. Le 6 août, le chef de l'AMISOM déclare que plus de 300 combattants d'Al-Shebab ont été tués depuis le début de l'offensive[45]. Cependant le 1er septembre, les shebab prennent d'assaut la base de Janale et tuent une cinquantaine de soldats de l'armée ougandaise[46]. Puis ils reprennent plusieurs villes sans combattre ; El Saliindi le 4 septembre, Kuntuwarey le 5 et Buqda le 6[47]. Le 16 janvier 2016, ils prennent ensuite d'assaut la base d'Al-Adde, où des dizaines de soldats kényans sont tués[48]. Le 5 février, l'AMISOM abandonne le port de Merka, qui est pris sans résistance par les shebabs le même jour[49]. Cependant, les troupes somaliennes et l'AMISOM reprennent Merka le lendemain, les shebabs se retirent après n'avoir opposé qu'une légère résistance[50].

Le 5 mars, l'aviation américaine mène un raid massif contre un camp shebab, le camp Raso, situé à 200 kilomètres au nord de Mogadiscio. Selon les États-Unis, environ 150 shebabs sur 200 sont tués par les frappes des avions et des drones[51],[52]. Mais selon les shebabs, ce bilan est exagéré, le porte-parole du groupe djihadiste déclare : « Pour des raisons de sécurité, nous ne réunissons jamais 100 combattants en un seul lieu »[53].

Le 14 mars 2016, les shebabs font pour la première fois une incursion au Puntland[54].

Article détaillé : Bataille d'Halgan.

Le 9 juin, les shebabs mènent une nouvelle attaque contre un camp militaire de l'AMISOM à Halgan, mais cette fois l'attaque est repoussée par l'armée éthiopienne[55],[56]. Le 17 juillet, un combat entre Éthiopiens et shebabs a encore lieu dans le village de Wardinle, près de Baidoa, faisant au moins 17 morts, dont 14 civils[57].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Somalie: les shebab reprennent le contrôle du port stratégique de Merka sans combattre, Mali Actu avec AFP, 5 février 2016.
  2. a et b (en) Associated Press, « Fighting erupts in northern Somalia as peace talks falter, says Islamic official », International Herald Tribune,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k La Somalie, cinquante ans de violence et de guerre, Le Monde
  4. a et b Résolution 1725 du Conseil de sécurité de l'ONU
  5. New Somali alliance threatens war, BBC, 12 septembre 2007
  6. Recrudescence des violences, RFI, 25 mai 2009
  7. Somali Americans Recruited by Extremists, Washington Post, publié le 11 mars 2009; Page A01
  8. a et b Un attentat-suicide fait 14 morts à Mogadiscio, Journal du dimanche, 24 janvier 2009
  9. Jean Ping condamne l'attentat-suicide contre les Casques bleus en Somalie, Xinhua, 25 janvier 2009
  10. a et b Attentat-suicide meurtrier contre une base militaire de Mogadiscio, France 24, 24 mai 2009
  11. Le journaliste Gwen Le Gouil est rentré à Paris, AFP sur Libération, 25 décembre 2007
  12. Somalie : libération du journaliste Gwen Le Gouil. Communiqué du ministre des affaires étrangères. (24 décembre 2007), communiqué du Ministère des Affaires étrangères de France
  13. C.J., Deux employées de MSF kidnappées en Somalie, Le Figaro (avec AFP et AP), 27 décembre 2007
  14. Captors free Somali journalist but no word on Canadian colleague, CBC News, 16 janvier 2009
  15. Arnaud Aubron, Somalie : les journalistes irrités par l'affaire des agents enlevés, Rue 89, 15 juillet 2009
  16. Les Shebab jugeront les deux otages français "selon la loi coranique", France 24 (avec AFP), 18 juillet 2009
  17. a et b « Les deux agents français seront « jugés selon la loi coranique » », Libération (avec AFP), 18 juillet 2009. [lire en ligne]
  18. a et b Voir Résolution 1844 du Conseil de sécurité des Nations unies, adopté le 20 novembre 2008 sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies
  19. Voir la Proposition de résolution commune déposée au Parlement européen le 19 novembre 2008
  20. Somali fighters destroying shrines, Al Jazeera, 20 décembre 2008
  21. Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies mis en place par la résolution 751 concernant la Somalie
  22. Un chrétien somalien converti décapité par des islamistes
  23. L’UE préoccupée par les derniers développements politiques en Somalie (15 décembre 2008), déclaration de la présidence du Conseil de l'Union européenne sur le site du Ministère des Affaires étrangères français.
  24. La Présidence du Conseil de l’UE appelle à la mise en œuvre des accords de Djibouti (29.12.08), sur le site du Ministère des Affaires étrangères français
  25. "Un islamiste modéré, Sharif Cheikh Ahmed, élu président", France 24, 31 janvier 2009
  26. Somalie : appel de Ben Laden, AFP sur le site du Figaro, 19 mars 2009
  27. AFP, publiée par le journal libanais francophone L'Orient-Le Jour le 27 mai 2015.
  28. (fr) L'armée éthiopienne commence à se retirer de Somalie, Le Monde, 2 janvier 2009.
  29. (fr) Plus de 400 morts et 18 000 déplacés à Mogadiscio en une semaine, Le Monde, 15 mai 2009.
  30. (en) Somalia: Over 20 People Killed in Fresh Fighting Between Somaliland And Puntland States, allAfrica.com, 15 octobre 2007
  31. (en) Puntland and Somaliland Clashing in Northern Somalia: Who Cuts the Gordian Knot?*, 7 novembre 2007.
  32. (en) SOMALILAND: Ethiopian troops clash with local militia, Somalilandpress, 21 mai 2010.
  33. (en) Somali Government Says al-Shabaab Withdraws, Bloomberg, 6 août 2011.
  34. Somalie: la ville de Beledweyne, symbole de la résistance des shebabs, RFI, 26 novembre 2013.
  35. (fr) EXCLUSIF. Somalie : le raid pour libérer Denis Allex a été conduit depuis le Mistral, Le Point, 13 janvier 2013.
  36. (en) http://www.theguardian.com/world/2013/oct/05/somalia-kenya-al-shabaab-westgate-mall, Le Guardian, 5 octobre 2013
  37. (en) Somali Troops Oust Militants From Southern Town, ABC News, 30 août 2014
  38. « L’opération Océan Indien inflige un revers aux shebabs somaliens », sur rfi.fr,‎ (consulté le 31 août 2014).
  39. « Somalie: les shebab perdent du terrain et quittent Barawe », sur Radio France internationale,‎ (consulté le 5 octobre 2014).
  40. Somalie: les shebabs visent une base de l’Amisom, RFI, 26 juin 2015.
  41. Somalie: offensive anti-shebab avant la venue d'Obama dans la région, RFI, 21 juillet 2015.
  42. Somalie: l'Union africaine regagne du terrain, Le Figaro avec AFP, 22 juillet 2015.
  43. L’Amisom et l'armée somalienne reprennent Bardhere, un bastion shebab, RFI, 22 juillet 2015.
  44. Somalie : l’armée et l’Union africaine s’emparent d’un nouveau bastion des Chabab, Le Monde avec AFP, 24 juillet 2015.
  45. UA: "300 islamistes Shebab tués", BBC, 6 août 2015.
  46. Somalie: les shebab s'emparent temporairement d'une base de l'UA, AFP, 1er septembre 2015.
  47. Les islamistes Chabaab reprennent la ville somalienne de Buqda, Reuters, 6 septembre 2015.
  48. Des dizaines de morts dans une attaque des Chabab somaliens contre une base militaire, Le Monde avec AFP, 15 janvier 2016.
  49. Somalie: les shebab reprennent le contrôle du port stratégique de Merka sans combattre, Mali Actu avec AFP, 5 février 2016.
  50. Somalie: le port de Merka repris aux shebab, Le Figaro avec AFP, 6 février 2016.
  51. Somalie: les États-Unis annoncent avoir tué "plus de 150" islamistes shebab, AFP, 7 mars 2016.
  52. Des bombardements américains éliminent environ 150 shebabs en Somalie, RFI, 7 mars 2016.
  53. Somalie: les islamistes contestent le bilan du raid américain, Le Figaro avec Reuters, 8 mars 2016.
  54. Somalie: des dizaines de Shebabs effectuent une percée dans le Puntland, RFI, 15 mars 2016.
  55. Somalie : les Shebab attaquent une base éthiopienne de l’Amisom, Jeune Afrique avec AFP, 10 juin 2016.
  56. Armelle Nga, Somalie : l'Amisom annonce avoir tué 140 shebaab, Reuters, 11 juin 2016.
  57. Somalie: affrontements meurtriers entre soldats de l'Amisom et shebabs, RFI, 19 juillet 2016.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Entre deux bombardements, la population de Mogadiscio tente de fuir les zones de combat », Le Monde du 2 avril 2007.
  • « Dans la capitale somalienne dévastée sévit une guerre sans front et sans règles », Le Monde du 14 novembre 2007.
  • « Deux explosions en Somalie font une vingtaine de morts, pour la plupart éthiopiens », Le Monde du 6 février 2008.