Guerre djibouto-érythréenne

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Guerre djibouto-érythréenne
Description de cette image, également commentée ci-après
Forces djiboutiennes avec des Panhard AML à la frontière et un Humvee au premier plan.
Informations générales
Date juin 2008
Lieu Frontière entre Djibouti et l'Érythrée
Issue Victoire djiboutienne, retrait érythréen.
Belligérants
Flag of Eritrea.svg ÉrythréeFlag of Djibouti.svg Djibouti
Commandants
Flag of Eritrea.svg Isaias AfwerkiFlag of Djibouti.svg Ismaïl Omar Guelleh
Forces en présence
Flag of Eritrea.svg ?Flag of Djibouti.svg ?
Pertes
100 morts (revendication djiboutienne)

200 blessés.

21 déserteurs.
Flag of Djibouti.svg 12 morts
60 blessés
~ 20 prisonniers
Coordonnées 12° 42′ 30″ nord, 43° 08′ 00″ est

La guerre djibouto-érythréenne a opposé l'Érythrée à Djibouti du 10 au autour du cap (ras) Douméra.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les relations se sont tendues entre l'Érythrée et Djibouti pour plusieurs raisons :

Des tensions ont déjà eu lieu en 1994, lorsque l'Érythrée a semblé revendiquer cette zone[1].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 16 avril 2008 : Djibouti accuse Asmara d'avoir installé des fortifications à la frontière des deux pays, au cap Douméra, et d'avoir édité des cartes indiquant ce lieu en territoire érythréen. Djibouti porte plainte auprès de l'ONU.
  • Nuit du 9 au 10 juin : Désertion de soldats érythréens vers Djibouti.
  • Du 10 au 13 juin : Douze soldats djiboutiens sont tués et soixante blessés par l'armée érythréenne, qui aurait également subi des pertes (cent morts selon l'armée djiboutienne).

La France, sollicitée au nom de l'accord de défense, refuse une intervention directe de ses troupes stationnées sur le territoire djiboutien. Elle met cependant à la disposition des forces djiboutiennes des moyens logistiques (transport de troupes et de matériel, évacuation de blessés, etc.) et de renseignements (imagerie satellitaire, survols aériens, etc.).

Suites[modifier | modifier le code]

En janvier 2009, par la résolution 1882, le Conseil de sécurité des Nations unies impose des sanctions contre l'Érythrée.

À la suite d'un accord entre les deux pays, des troupes du Qatar s'interposent à Douméra en juin 2010, en attendant l'issue d'une médiation par le même État. Elles se retirent à partir de juin 2017[2].

Djibouti reconnaît détenir des prisonniers de guerre érythréens[3]. En revanche, l'Érythrée dit ne pas détenir de prisonniers djiboutiens, alors que deux se seraient évadés en décembre 2011 de la prison de Sabay-Mandar où il s'en trouveraient encore dix-sept[4]. En mars 2019, le chiffre de treize prisonniers djiboutiens est avancé[5].

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité une résolution élaborée par le Royaume-Uni et levé l'embargo sur les armes, toutes les interdictions de voyage, les gels d'avoirs et les autres sanctions visant l'Érythrée. Le texte appelle aussi Asmara et Djibouti à poursuivre les efforts en vue de régler leurs différends.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la déclaration française au conseil de sécurité de l'ONU du 24 juin 2008, consultable sur le site du ministère des affaires étrangères.
  2. « Le Qatar retire ses troupes de la frontière entre l’Érythrée et Djibouti », sur Radio France International, (consulté le 18 juin 2017).
  3. Entretien d'Ismaïl Omar Guelleh à Jeune Afrique.
  4. Déclaration d'Ismaïl Omar Guelleh, sur le site de Djibtalk.
  5. Patrick Forestier, « France-Éthiopie : ce que contient l'accord de défense signé par Macron et Ahmed », sur Le Point, (consulté le 13 mars 2019).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Simon Imbert-Vier, «Retour sur Douméra», Human Village, n° 21, septembre-octobre 2013, p. 46-52, voir en ligne
  • (fr) Jean-Pierre Turquoi, «Un différend territorial menace de tourner au conflit armé entre Djibouti et l’Érythrée», Le Monde, 13/5/2008
  • (fr) Jean-Pierre Turquoi, «Conflit frontalier entre l’Érythrée et Djibouti : l’ONU appelle au dialogue», Le Monde, 19/9/2008

Articles connexes[modifier | modifier le code]