Guerre des couteaux

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La guerre des couteaux est un conflit qui opposa deux chefs de guerre de la Révolution haïtienne, le Noir Toussaint Louverture et le mulâtre André Rigaud, pour le contrôle d'Haïti, une fois indépendante.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

En août 1798, Toussaint Louverture obtient la reddition des Britanniques occupant encore l’Ouest de l’île. L’accord signé entre les deux parties prévoit notamment l’ouverture des ports de Saint-Domingue aux navires de commerce britanniques, alors même que la France est encore en guerre contre la Grande-Bretagne[1]. Le général Hédouville, supérieur hiérarchique de Toussaint en poste depuis mars 1798, furieux d’une telle insubordination, s’émeut plus encore par le contenu de l’accord. La dégradation de leur relation est telle que Toussaint organise, en octobre 1798, une révolte populaire forçant Hédouville à quitter l’île. La veille de son départ forcé, Hédouville décharge le général André Rigaud contrôlant le Sud de l’île, de toute sujétion à l’égard de Toussaint Louverture.

La guerre des couteaux[modifier | modifier le code]

En juin 1799, Toussaint entre en guerre contre Rigaud. Toussaint reçoit le soutien de Jean-Jacques Dessalines, alors que Rigaud, chef des gens de couleur libres, reçoit le soutien d'Alexandre Pétion qui considère que Toussaint trahit la Révolution haïtienne au profit des français ainsi que le ralliement de l'officier, d'origine africaine, Lamour Desrances, un des rares Noirs à rejoindre le camp des mulâtres. C'est la « guerre du Sud », vue comme un conflit entre la "caste" des Noirs (représentés par Toussaint) et la "caste" des Mulâtres (représentés par Rigaud). Le conflit entre les deux hommes n’est pourtant pas une question de couleur, mais une véritable lutte pour le pouvoir et le contrôle du territoire[2]. Il n’empêche qu'une véritable guerre d’extermination est menée contre les mulâtres du Sud ; près de 10 000 d’entre eux périssent malgré l'intervention de l'officier supérieur Magloire Ambroise qui sauva la vie de centaines de familles respectées à Jacmel et fut considéré comme un héros par la population de cette ville à cette époque et qui sera nommé commandant de Jacmel en 1802 par Jean-Jacques Dessalines. En mars 1800, après la prise de Jacmel par les troupes de Toussaint Louverture, André Rigaud s'embarque pour la France et ne reviendra à Saint-Domingue que trois ans plus tard. Toussaint sort vainqueur de la guerre des couteaux[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Régent, op. cit., p. 257
  2. Frédéric Régent, op. cit., p. 256
  3. Frédéric Régent, op. cit., p. 258