Guerre de Succession de Pologne (1733-1738)

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Guerre de Succession de Pologne (1733-1738)
Description de cette image, également commentée ci-après

Le siège de Gdańsk en 1734

Informations générales
Date 1733 - 1738
Lieu Pologne - Rhénanie - Nord de l'Italie
Issue Victoire des alliés de Stanislas Leszczyński, mais Auguste III monte sur le trône de Pologne
Belligérants
Partisans de Stanisław Leszczyński
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau du Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Partisans de Auguste III

Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche
Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe

Batailles

Kehl · Pizzighettone · Gdańsk · Bitonto · Trarbach · San Pietro · Philippsbourg · Gaeta · Capoue (en) · Guastalla · Clausen

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La guerre de Succession de Pologne eut lieu de 1733 à 1738. À la mort d’Auguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas Ier, ancien roi de Pologne déchu en 1709, beau-père de Louis XV, se disputent le trône.

Contexte[modifier | modifier le code]

L’autorité royale, perdue depuis Le Déluge, (une expression très commune à l’Histoire de la Pologne pour nommer une série des guerres qui éclatèrent avec la Révolte des Cosaques (1648-1667), l’invasion de la Moscovie des terres à l’est du fleuve Don (1655-1662) et l’invasion des suédois (1655-1657), dont le roi Charles X Gustave réclame la couronne de Pologne et Lituanie), ne permet plus au pays de bien fonctionner. L’anarchie règne jusqu’à Jean III Sobieski (1674-1696) qui, malgré des victoires militaires, n’arrive pas à redresser le pays.

La Pologne est un pays de plaines qui n’a pas de frontières naturelles. Dans ce pays, la majorité de la population est paysanne à 85 %, et le servage est encore très répandu. La bourgeoisie demeure assez peu nombreuse et limitée aux quelques grandes villes, le commerce étant entre autres en grande partie aux mains des juifs. Il n’y a pas d’unité de langue : on parle polonais, ukrainien, biélorusse, lituanien, russe, letton ou allemand. Il n'y a pas non plus d'unité religieuse : la moitié de la population est catholique, l'autre moitié est orthodoxe, protestante ou juive.

Le roi est élu par la diète, formée du Sénat et de la Chambre des Nobles, ce qui affaiblit son autorité. Le principe du liberum veto exige un vote unanime. Il arrive souvent que la diète ne parvienne pas à prendre une décision. Malgré une population nombreuse, la Pologne ne compte que 24 000 soldats.

Cette situation fait de la Pologne une proie facile pour les États limitrophes.

Ceux-ci tentent donc d’imposer un souverain qui les avantage. L’électeur de Saxe Auguste II (1697-1733) est soutenu par le tsar. Mais Charles XII de Suède le chasse au profit de Stanislas Ier Leszczyński (1704-1709). Auguste II s’allie alors au tsar Pierre le Grand et au roi du Danemark Frédéric IV.

Alors que les querelles des partisans d'Auguste II qui a le soutien des magnats de Lithuanie et ceux de Stanislas appuyé par les Czartorisky divisent le pays[1] la mort d’Auguste II en 1733 vient déchainer les passions. Son fils, Auguste III, et Stanislas Ier se disputent le trône. La crise se transforme en guerre de succession.

Avec l’aide d’une armée de 2 000 hommes faisant pression sur les nobles, et fort du soutien de la France, Stanislas Ier se fait réélire. Mais la tsarine Anna Ivanova envoie une armée de 20 000 hommes pour le chasser au profit d'Auguste III.

Les belligérants[modifier | modifier le code]

Louis XV, qui soutient son beau-père Stanislas Ier, déclare aussi la guerre à l’empereur germanique, influencé par le parti anti-autrichien animé par le maréchal de Belle-Isle qui était mécontent du soutien de Vienne à Auguste III.

Bien qu'hostile à la guerre, le cardinal Fleury, premier ministre français conseillé par le secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Chauvelin, réalise l'alliance avec l'Espagne et la Sardaigne afin de libérer l'Italie du joug autrichien.

La Bavière soutient également Stanislas Leszczyński.

Auguste III est soutenu par la Russie, l’Autriche, et le Saint-Empire. Charles VI de Habsbourg prévoyant que les territoires des Habsbourg (archiduché d'Autriche et royaumes de Bohême et de Hongrie), reviendraient un jour à sa fille, Marie-Thérèse, voudrait que la France signe la Pragmatique Sanction.

Déclenchement[modifier | modifier le code]

La France déclare la guerre à l'empereur Charles VI en septembre 1733. L'armée française commandé par le maréchal de Belle-Isle envahit la Lorraine dont la régente décréta aussitôt la neutralisation si bien que les opérations se déroulèrent essentiellement en Rhénanie[2], les autres théâtres d'opérations étant la Pologne naturellement et l'Italie.

Vue générale du siège de Philippsbourg en 1734 (estampe anonyme).

Grâce au soutien de la France, Stanislas Leszczyński est élu. Tandis qu'un sosie prend ostensiblement la mer à Brest sur un navire français, il traverse secrètement l'Allemagne et arrive à Varsovie le 8 septembre 1733. Le 12 septembre, il est reconnu par la diète, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Mais les partisans d'Auguste III, soutenus par la Russie, l’Autriche, et le Saint-Empire, ont déjà pris les armes.

Stanislas se réfugie dans la forteresse de Dantzig (Gdańsk actuellement) immédiatement assiégée. Une expédition navale est envoyée par le roi de France en mer Baltique, mais elle échoue. Déguisé en matelot, Stanislas parvient à s'échapper et se réfugie à Königsberg puis en France.

Les forces franco-piémontaise envahissent tour à tour la Lombardie et le duché de Parme.
Le 29 juin 1734, Français et Piémontais s'opposent aux Autrichiens à la bataille de San Pietro. Le combat est sanglant. Des milliers de soldats et le commandant suprême de l’armée autrichienne périssent. Les deux camps s'affrontent encore le 19 septembre à la bataille de Guastalla.

Les Espagnols s’engagent contre Charles VI dans la région du Rhin et la Lorraine. Sur le front italien, les troupes espagnoles conduites par Charles Ier de Bourbon-Anjou (1716-1788), envahissent le royaume des Deux-Siciles. Vainqueur à la bataille de Bitonto, le 25 mai 1734, l'armée espagnole qui comprend aussi, des Wallons, des Irlandais et des Italiens, est maîtresse du Sud de l'Italie. Le Prince Eugène, âgé et affaibli physiquement et mentalement, mais qui reste le commandant en chef des armées autrichiennes, recommande à l'Empereur de négocier[2]. Les opérations militaires sont suspendues dès la fin de 1735 et la place est laissée aux diplomates.

Conclusion[modifier | modifier le code]

La guerre prend fin par le traité de paix de Vienne négocié en secret en 1735[1] et ratifié en 1738 après des échanges de territoires. Stanislas renonce au trône et devient duc de Lorraine et de Bar. Envahis durant la guerre, ces duchés reviendront à la France à sa mort.

Don Carlos d'Espagne, obtient la Sicile et Naples, conquises à la tête de sa cavalerie, qui forment alors le royaume des Deux-Siciles, en compensation de la Toscane que récupère François-Étienne en dédommagement de la Lorraine. En compensation de Naples et de la Sicile, les Habsbourg reçoivent les duchés de Parme et de Plaisance, possession espagnole depuis 1731.

La guerre, bien que moins dévastatrice et moins longue que celles des siècles précédents, avec son cortège de massacres, viols, pillages, incendies, réquisitions et contributions militaires, arrestations et fusillades d'otages a encore décimé la population polonaise, déjà fortement réduite dans les années qui précédaient le conflit. Auguste III aura la sagesse de rester neutre pendant la guerre de Sept Ans.

La guerre de succession entre les puissances centrales et occidentales a servi de diversion pour la Russie qui en a profité pour s’attaquer à la Turquie. Mais celle-ci résiste et récupère ses territoires par les traités de Belgrade et de Nyssa en 1739.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-de-la-succession-de-pologne/
  2. a et b Jean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, Fayard 1990, rééd. Tallandier 2012 T.II p. 71-75

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Sutton, The King's honor & the King's Cardinal: the war of the Polish succession, University Press of Kentucky 1980.