Guérin (chancelier de France)

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Guérin
Image illustrative de l'article Guérin (chancelier de France)
Crosse en bronze attribuée à l'évêque Guérin, 2e quart du XIIe siècle[1]. Musée de Senlis[2]
Biographie
Naissance vers 1157
Pont-Sainte-Maxence
Ordination sacerdotale
Décès
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale avant mars 1215
Évêque de Senlis

Guérin, ou Garin ((la) : Guarinus, Garinus), appelé Frère Guérin, né à Pont-Sainte-Maxence[3] vers 1157, et mort en 1227, est un chevalier régulier, garde des sceaux en 1201, élu évêque de Senlis en 1213, il participe à la stratégie de la victoire dans la bataille de Bouvines. Il est nommé chancelier de France en 1223.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hospitalier en Terre Sainte[modifier | modifier le code]

En juillet 1187, frère Guérin participe à la bataille de Tibériade sous le commandement de Garnier de Naplouse[4].

Il est chevalier de l'Hospital de Saint-Jean de Jérusalem[5],[6].

Le conseiller et ami de Philippe-Auguste[modifier | modifier le code]

En 1201, frère Guérin est garde des sceaux, il signe des actes pendant la vacance de la chancellerie[7].

En 1210, il participe à la condamnation des disciples d'Amaury de Chartres.

Il est élu évêque de Senlis, et, en tant que maréchal de bataille, fait une harangue à la tête de l'armée du roi avant la bataille de Bouvines, en 1214, qui contribue à la victoire[8]. Philippe Auguste lui offre son domaine de chasse royal, la seigneurie de Mons, Montleroy puis aujourd'hui Mont-l'Évêque, où il fait bâtir une maison de campagne qui deviendra un château[9], la résidence d'été des évêques de Senlis jusqu'à la Révolution[10]. Il est consacré évêque avant mars 1215[11].

Il consacre l'abbaye royale de Chaalis, avec Gautier, évêque de Chartres et Foulque, évêque de Toulouse, en 1219[12].

En 1220[13], frère Guérin se voit confier la mission de rassembler toutes les archives royales depuis le . En effet à cette date le roi revenant de Dieppe et d'Évreux, que son armée avait pillé et mis à feu et à sang, et chargé d'argent et de trésors volés, tombait dans une embuscade entre Fréteval et Blois, dans la bataille dite de Fréteval. Richard Cœur de Lion s'emparait des chevaux et de tous les biens, et dans le lot, Philippe-Auguste perd son sceau royal, les livres de comptes du fisc et les chartes[14]. Guérin, en se basant sur le travail du Grand chambellan de France Gauthier de Nemours[13], et avec l'assistance d'Étienne de Gallardon[15], débute la création du Trésor des chartes.

Guérin donne une partie de son domaine de Mont-l'Évêque pour la fondation de l'abbaye de la Victoire, que le roi avait promis de créer s'il était vainqueur à Bouvines[16]. Elle fut achevée le [17]

À Saint-Germain-en-Laye, en septembre 1222, il rédige le (second) testament, dicté par le roi alité. Il fait partie des exécuteurs testamentaires avec Barthélemy de Roye, et sire Aymard, trésorier du Temple[18].

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Le chancelier de Louis VIII[modifier | modifier le code]

En 1223[19], il est chancelier de France, et ordonne que celui-ci fera désormais séance parmi les Pairs du Royaume. Le roi nomme le chancelier : premier officier du Royaume. Il occupe la fonction pendant la régence de Blanche de Castille, et au début du règne de Saint Louis, où en mai 1227, il exerçait toujours.

En 1225, il mène l'enquête sur le faux comte Baudouin.

Décès[modifier | modifier le code]

Tombeau de Guérin à l'abbaye de Chaalis, relevé pour François Roger de Gaignières

Il fut inhumé en l'abbaye de Chaalis, où se voyait un tombeau avec sa statue couchée ; sa tête reposant sur un coussin tenu par deux anges ; ses pieds étaient calés sur un lion ; ses mains étaient gantées, le dessus agrémenté d'ornements, sa main droite levée comme pour bénir, et l'autre tenant la crosse épiscopale[20].

Son épitaphe est réécrite en 1675, avec toutes les autres, et rappelle brièvement les actes de son épiscopat : « Hic quiescit cujus vita perpetuus labor, Guarinus quem ad Silvanectensem episcopatum, sua in Deum Religio, ad cancellariatum, sua in Philippum Augustum fides evexit. Templum hoc anno 1219 dedicavit ; abbatiœ de Victoria prima jecit fundamenta. An. episcopatus 13, Christi vero 1227 ad Deum abiit »[20].

Famille[modifier | modifier le code]

Il est probable qu'il soit apparenté à Guérin, qui fut chanoine à Saint-Quentin, abbé de Sainte-Geneviève à Paris en 1172 (Garin), abbé de Saint-Victor, et maître de la chapelle sous Louis VII. Philippe-Auguste le désigna comme exécuteur testamentaire en 1190, avant son départ pour la croisade. Il meurt à Saint-Victor le [21].

Guérin est souvent considéré comme membre de la famille du Tournel[22], l'une des huit baronnies du Gévaudan, où l'on retrouve souvent le prénom Garin ou Guérin dans ces baronnies pour les familles d'Apchier, du Tournel et de Châteauneuf-Randon.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason ville fr guerlesquin.svg

Frère Guérin a pour armes :

« d'or à la fasce de gueules »[4],[5].

ou/et[23]

« d'azur au sautoir d'or, couronné de quatre têtes de femmes d'argent coiffées d'or à l'antique, au chef de gueules chargé d'une croix d'argent »[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no M0809006166, base Joconde, ministère français de la Culture
  2. 24 heures dans l'Oise Article du dans le Parisien
  3. Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'Artois Par Paul Roger, vol. 1, 1842p. 69
  4. a et b Nouvelle encyclopédie théologique, ou nouvelle série de dictionnaires sur toutes les parties religieuses Par Jacques Paul Migne, vol. 32, Dictionnaire de numismatique, 1832 - p. 345-347, no 51
  5. a et b Fr. Guérin (évêque de Senlis) Séraphine - Base iconographique de la Ville de Senlis et ses environs
  6. Salles des Croisades
  7. L'écriture des actes de Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste Par Françoise Gasparri, 1973 - p. 15
  8. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle, canonique et bébéficiale Par Joseph Nicolas Guyot, vol. 3, 1784 - p. 99
  9. Site officiel de Mont-l'Évêque - Votre mairie : commune
  10. Notice no PA00114977, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. Catalogue des actes de Philippe-Auguste Par Léopold Delisle, 1856 - p. 338
  12. La France pontificale Par Honoré Fisquet - p. 115
  13. a et b Histoire littéraire de la France Par Antoine Rivet de la Grange, François Clément, Charles Clémencet, Pierre Claude François, vol. 17, suite du XIIIe siècle jusqu'à 1226, 1832 - p. 219
  14. [PDF] Notice sur Beaufou, recherches sur le lieu où fut livrée la Bataille dite de Fréteval en 1194 par M. Neilz - Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, p. 58[104] à 64[116]
  15. Étienne de Gallardon, clerc de la chancellerie de Philippe-Auguste, chanoine de Bourges Par Léopold Delisle, Bibliothèque de l'école des chartes, 1899, vol. 60, no 60, p.  5-44
  16. Abrégé chronologique de l'histoire de France : depuis Clovis jusqu'à la mort de Louis XIV Par Charles-Jean-François Hénault, Joseph Fr. Michaud, 3e éd., 1842 - p. 82
  17. Comptes rendus et mémoires Par Société d'histoire et d'archéologie de Senlis, 2esérie, vol. 7, (année non lisible) - p. 282
  18. Histoire de Philippe-Auguste Par Jean-Baptiste Honoré Raymond Capefigue, vol. 4 1214-1223, 1829 - p. 172-174
  19. Voir les chanceliers sous Louis VIII
  20. a, b et c Comptes Rendus et Mémoires Par Comité archéologique de Senlis, année 1864, 1865 - p. 38 à 40
  21. Guérin de Saint-Victor Onzième et douzième siècles, sur le site Guerin
  22. Gabalum Christianum ou, Recherches historico-critiques sur l'église de Mende (ancien Gévaudan aujourd'hui département de la Lozère (1853) Jean Baptiste Étienne Pascal, 1853 - p. 356-357
  23. Armoiries du chancelier Guérin Résumé - Site de Gaston Guérin

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Guérin, Guérin, chancelier de Philippe-Auguste, autoédition, 1967 et 1990, 211p. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]