Gryllotalpa gryllotalpa

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Courtilière

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Chant nocturne de la courtilière
Voir Stridulation
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Gryllotalpa gryllotalpa, la courtilière, ou taupette[1] (Gryllotalpa gryllotalpa) est une espèce d'insectes orthoptères de la famille des Gryllotalpidae, originaire d'Europe occidentale.

C'est un insecte]] fouisseur relativement gros, qui cause des dégâts sur les jeunes plantes dont il sectionne la racine. L'insecte ne contourne pas les obstacles végétaux, il préfère les découper. Le nom français « courtilière » dérive de « courtil », petit jardin en ancien français. Quant au nom « taupette », il dérive de la « taupe », un mammifère terrestre[1].

Description[modifier | modifier le code]

L'insecte adulte mesure en moyenne 5 cm et peut atteindre plus de 10 cm de long. Le corps massif, robuste, est duveteux, brun dessus, plus clair, roussâtre, dessous. La tête porte des pièces buccales broyeuses puissantes, deux longues antennes filiformes et deux yeux noirs.
Le prothorax, globuleux est épais et résistant. Les pattes antérieures, fortes, sont adaptées au fouissage. Les ailes développées, transparentes, dépassent l'abdomen au repos. Elles permettent à l'insecte de voler, malgré sa conformation particulière. L'abdomen, formé de dix segments, porte deux appendices, ou cerques, effilés. Les élytres assez courts n'ont qu'un rôle protecteur.

Biologie[modifier | modifier le code]

La courtilière vit dans les sols meubles, légers et frais : jardins, pépinières, prairies. Elle a un régime alimentaire omnivore, s'attaquant aux racines et tubercules, mais dévorant aussi vers de terre et larves diverses du sol.

Son mode de vie nocturne la rend très discrète.

Le cycle de reproduction dure deux ans. La femelle pond 200 à 300 œufs dans une galerie profonde (20 à 40 cm). Les jeunes, qui ont le même aspect que les adultes, mais n'ont pas d'ailes, subissent deux mues avant l'hibernation. Vers le mois d'avril, l'année suivante, les larves reprennent leur activité et deviennent adultes après trois mues encore. Les adultes se reproduisent au printemps suivant.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

La courtilière est omnivore, elle se nourrit de larves, de vers, de racines et d'herbes.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Elle se rencontre en Europe, Afrique du Nord, aux Caraïbes, Amérique du Sud, en Asie occidentale et en Océanie.

La courtilière semble s'être raréfiée dans les jardins de nombreuses régions. Au Royaume-Uni, cette espèce est considérée comme étant en voie de disparition. Quatre observations seulement ont été confirmées entre 1970 et 2001[2]. On la rencontrait habituellement dans 33 comtés, principalement dans le sud de l'Angleterre, mais aussi dans le sud du Pays de Galles, l'Ouest de l'Écosse ainsi qu'en Irlande du Nord. Son aire de répartition s'est contractée essentiellement au Dorset, Hampshire et Surrey, et l'espèce est considérée comme menacée d'extinction au Royaume-Uni. Un plan d'action a été lancé (dans le cadre du United Kingdom Biodiversity Action Plan - plan d'action pour la biodiversité au Royaume-Uni) pour maintenir les colonies survivantes, conduire un programme de reproduction en captivité et établir des colonies autonomes dans toute son aire de répartition[3]. En 2014, on a retrouvé un colonie de courtilières survivante dans le parc national New Forest (Hampshire)[4].

En France, l'espèce n'est pas considérée comme menacée en général (priorité 4, espèce non menacée en l'état actuel des connaissances), mais à surveiller dans certains domaines biogéographiques : classée en priorité 3 (espèce menacée, à surveiller) dans le domaine némoral[5] et priorité 2 (espèce fortement menacée d'extinction) dans les domaines subméditerranéen aquitain et méditerranéen[6].

Prédateurs naturels[modifier | modifier le code]

Les prédateurs communs des courtilières se trouvent parmi les oiseaux, rats, renards, ainsi que Larra anathema (Hyménoptère Crabronidae). En Asie, elles sont parfois utilisées frites comme nourriture (voir entomophagie), et sont plutôt considérées comme délicieuses.

Systématique[modifier | modifier le code]

  • Près d'un siècle avant la rédaction de l'Histoire des Plantes de Théophraste, le poète comique grec Strattis[7] parle déjà des courtilières, de prasocourides, à propos des laitues et des dégâts commis dans les jardins potagers. Connue des Grecs depuis l'Antiquité, même si personne n'a jusqu'à ce jour pu définir ce que Théophraste puis Aristote appellent Prasocourides Πραξoκουρίδης[8]. Le botaniste Jacques Daléchamps les a sans aucun doute reconnues dans ce mot[9]. Toutefois, le mot prasocouris pourrait désigner d'autres insectes, peut-être des chenilles appartenant à plusieurs espèces.
  • L'espèce Gryllotalpa gryllotalpa a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758[10].

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Gryllus gryllotalpa Linnaeus, 1758 Protonyme
  • Gryllotalpa vulgaris Latreille, 1804
  • Gryllus talpa Olivier, 1791

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Courtilière
  • Taupe-grillon
  • Serpillière[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Littré - taupette - définition, citations, étymologie », sur www.littre.org (consulté le 14 décembre 2015)
  2. (en) « Gryllotalpa », ARKive.org (consulté le 15 avril 2016).
  3. (en) Joint Nature Conservation Comittee (JNCC), « Species pages for 2007 UK BAP priority species - Gryllotalpa gryllotalpa (Linnaeus, 1758) Mole Cricket », sur UK Priority Species Data Collection, tropos.info,‎ (consulté le 15 avril 2016).
  4. (en) « The New Forest, Hampshire  », sur Atropos.info (consulté le 15 avril 2016).
  5. Le domaine némoral couvre sensiblement la moitié nord de la France.
  6. Éric Sardet et Bernard Defaut, « Les orthoptères menacés en France - Liste rouge nationale et listes rouges par domaines biogéographiques », Association pour l'étude et la caractérisation des entomocénoses (ASCETE) (consulté le 15 avril 2016).
  7. Cité dans Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 69a)
  8. On soupçonne l'insecte d'être une courtilière
  9. Car on trouve dans ses Annotationes la version d'Athénée (Lyon, 1612)
  10. Linnaeus. 1758. Systema Naturae per Regna tria naturae (10th ed.) 1:428
  11. TLFI, Serpe, remarque 2

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Liens externes[modifier | modifier le code]