Grues Titan de Nantes

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Grues Titan
Les 2 grues de nantes.jpg
Grue grise et grue jaune, à l'arrière du quai Fernand-Crouan
Présentation
Type
Destination actuelle
Témoignages de l'histoire industrielle de Nantes
Matériau
Propriétaire
Ville de Nantes
Statut patrimonial
Objet classé monument historique (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Accès et transport
Autobus
 C5  Quai des Antilles (Titan jaune), Hangar à bananes (Titan grise)

Les grues Titan sont deux grues aujourd'hui désaffectées situées sur la pointe ouest de l'île de Nantes, conservées en témoignage du passé industriel de Nantes. La grue jaune, appartenant jadis aux chantiers navals Dubigeon, et la grue grise, au Port autonome de Nantes-Saint-Nazaire, sont aujourd'hui la propriété de la ville de Nantes. Elles sont classées monuments historiques.

Présentation[modifier | modifier le code]

Map Nantes.jpg
Grue jaune
Grue jaune
Grue grise
Grue grise
Voir l’image vierge
Localisation des deux grues

« Titan » est le nom d'un modèle de grues produites par la société nantaise Joseph Paris. Le nom évoque la puissance de levage de tels engins.

Les deux grues ont été conservées au titre de la valorisation du patrimoine industriel de Nantes en s'appuyant sur 4 critères de l'UNESCO :

  • le critère historique en rapport avec le développement de la région
  • le critère représentatif de l’industrialisation
  • le critère de notoriété distinguant des bâtiments remarquables ou exceptionnels dus à l’ingéniosité des Hommes
  • le critère de l’intérêt technologique, attestant d’un procédé ou d’une innovation

Ces éléments ont contribué au classement de la grue Titan grise comme monument historique[1].

Avec le classement de grue Titan jaune et de la grue Noire (dite « Marteau ») située dans le Bas-Chantenay (47° 11′ 46″ N, 1° 35′ 16″ O), Nantes possède trois des cinq grues protégées au titre des monuments historiques en France[2].

La grue jaune[modifier | modifier le code]

La grue jaune, vue du quai de la Fosse

La grue jaune a été construite en 1954 pour le compte des anciens chantiers navals Dubigeon[3], dont elle occupe encore le site depuis 1958[4] (47° 12′ 18″ N, 1° 34′ 11″ O). Elle porte des éléments préfabriqués pour la construction de bateaux jusqu'en 1987, date de la fermeture des chantiers. La mairie la rachète deux ans plus tard, souhaitant conserver un élément important du patrimoine industriel de la ville, l'intègre dans le parc des Chantiers.

Elle affiche un poids de 400 tonnes, une hauteur de 43 mètres et une puissance de levage de 80 tonnes. Elle subit une rénovation de douze semaines en 2006, la seconde en onze ans, comprenant une sécurisation, un allègement des contrepoids et 1,8 tonne de peinture[5].

Comptant parmi les éléments-phares du réaménagement de l'île de Nantes, elle constitue le point de destination du circuit de promenade de l'éléphant des machines de l'île.

En 2018, elle est classée monument historique[6].

La grue grise[modifier | modifier le code]

La grue grise, vue de Trentemoult

Acquise par le Port Autonome de Nantes-Saint-Nazaire en 1966[7], la grue grise, d'une puissance de 60 tonnes et d’une hauteur de 47 mètres[8], située sur le quai Président-Wilson, à la pointe sud-ouest de l'île (47° 11′ 57″ N, 1° 34′ 26″ O), sert principalement aux opérations de déchargement de coils pour le compte de la société Pum Chaillous (groupe Arcelor) jusqu'en 2003. Après cette date, elle est désaffectée dans le cadre du redéploiement des activités de manutention portuaire sur les autres terminaux nantais de Cheviré et Roche Maurice[5].

Destinée initialement à être ferraillée, la grue grise est rachetée par la ville de Nantes au port autonome en avril 2005 pour l'euro symbolique, le 27 mai 2005[1]elle est classée monument historique par arrêté ministériel en tant qu'objet[8]. Elle fait l'objet de travaux de rénovation entre septembre 2006 et février 2007 : sécurisation, allègement du contrepoids et peinture argentée.

Elle fait aujourd'hui office de « figure de proue » de l'île de Nantes, en cours de réhabilitation, à proximité immédiate du hangar à bananes et des Anneaux de Buren situés sur le quai des Antilles.

Des pères et des grues[modifier | modifier le code]

Le vendredi 15 février 2013, Serge Charnay, un père de famille privé de tous droits envers son fils, décide d'escalader la grue Titan jaune et y tient un siège pour faire entendre ses revendications. Il souhaite que les droits des enfants à voir leurs deux parents soient mieux pris en compte lorsque les couples se séparent, conformément à la Convention internationale des droits de l'enfant, et que les pères cessent d'être discriminés par la justice aux affaires familiales, conformément à la Convention européenne des droits de l'homme. Son action trouve un large écho auprès des médias nationaux et Jean-Marc Ayrault, premier ministre et ancien maire de Nantes demande à Christiane Taubira, ministre de la Justice, et Dominique Bertinotti, ministre de la Famille, de recevoir plusieurs associations de défense des droits des pères pour étudier la question de l'exercice de l'autorité parentale à la suite d'une séparation.

Cette action est imitée par plusieurs autres pères : le 16 février sur la grue Titan grise, puis les jours suivants sur des grues à Strasbourg, à La Rochelle[9] et à Istres[10].

Après 3 jours d'occupation, Serge Charnay redescend de la grue Titan jaune en ayant obtenu du gouvernement que des groupes de travail soient mis en place avec les associations pour développer en France la médiation familiale[11]. Mais dans la pratique rien n'est fait et de nombreux autres parents continuent de manifester pour la coparentalité, comme à Orléans les 9, 10 et 11 mai[12] au sommet de la Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Un collectif regroupant des associations de parents revendiquant l'égalité parentale prend même le nom de « La grue jaune »[13], en référence à la grue Titan sur laquelle est monté Serge Charnay.

Cette action a été dénoncée par certains groupes féministes comme étant une action médiatique destinée à promouvoir le masculinisme[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Recherche sur l’identité de l’estuaire de la Loire, préalable à toute politique territoriale - de André-Hubert MESNARD le 29 janvier 2009
  2. Ville de Nantes, « Les grues jaune et noire inscrites au titre des monuments historiques », sur www.nantes.fr (consulté le 23 mars 2019)
  3. Ville de Nantes, « Les grues de Nantes », nantes.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2018)
  4. « Le site de la Prairie-au-Duc et des chantiers navals de Nantes », sur mht-nantes.pagesperso-orange.fr (consulté le 11 septembre 2018)
  5. a et b Ouest-France, article « 1,8 tonne de peinture pour le grue jaune », 26 juillet 2006
  6. « Nantes: La grue Titan jaune et la grue noire deviennent monuments historiques », 20 Minutes, 30 octobre 2010.
  7. Patrimoine portuaire, une grue et un quai, panneau de présentation du quai Président-Wilson, consulté sur site le 15 octobre 2011
  8. a et b Notice no PM44000873, base Palissy, ministère français de la Culture.
  9. Père retranché à Nantes : Ayrault s'empare du dossier - article du Nouvel Observateur du 17 février 2013.
  10. Plusieurs heures sur une grue pour un père séparé à Istres - article de Libération du 7 mars 2013.
  11. Nantes : le père divorcé est redescendu de sa grue - article du Parisien du 18 février 2013
  12. http://centre.france3.fr/2013/05/09/9-papas-en-colere-en-haut-de-la-cathedrale-d-orleans-248527.html
  13. http://www.lagruejaune.org/
  14. Collectif Stop-masculinisme, « Serge Charnay: de la grue à la prison, parcours d'un masculiniste enragé... parmi d'autres », sur leplus.nouvelobs.com, (consulté le 12 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]