Groupon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Groupon
logo de Groupon

Logo de Groupon

Création 2008
Fondateurs Andrew Mason
Forme juridique Privée
Siège social Drapeau des États-Unis Chicago (États-Unis)
Direction Andrew Mason, CEO
Activité Commerce électronique sur internet
Produits Achat groupé
Effectif 11 000 (2012)
Site web www.groupon.com
Chiffre d’affaires 2 334 472 000$ (2012)[1],[2]
Résultat net -51 031 000$

Groupon est un site de commerce électronique basé sur le concept d'achat groupé. L'achat groupé est un type d'achat où un groupe de personnes s'unissent pour obtenir une remise substantielle sur un produit.

Le site Groupon est actif dans les grandes villes des États-Unis, du Canada, du Brésil, de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Australie et du Royaume-Uni. Il a été lancé en novembre 2008 à Chicago. Par la suite, il a été rapidement disponible à Boston, New York et Toronto. En octobre 2010, Groupon desservait plus de 150 marchés en Amérique du Nord et 100 marchés à l'extérieur de l'Amérique du Nord. Le site comptait à ce moment 35 millions d'utilisateurs enregistrés[3],[4]. À l'échelle de la France, Groupon est dans le top 100 des sites les plus consultés[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Le site a été créé par Andrew Mason, originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie[6], chef de la direction de Groupon[7] jusqu'à son éviction fin février 2013[8], à la suite de l'annonce de résultats trimestriels décevants qui ont fait plonger son cours de Bourse. Le site a fait sa première offre en octobre 2008, il s'agissait d'une offre pour une pizza à moitié prix offerte par un restaurant situé au premier étage de l'édifice où logeait la jeune entreprise Groupon[6].

Mason a attiré sur son site, l'attention de son ancien employeur, Eric Lefkofsky, qui a fourni 1 million de dollars en capital de lancement pour développer le site. Groupon croît rapidement avec un chiffre d'affaires prévu de 500 millions de dollars pour 2010. Après un peu moins de 2 ans d'existence, en avril 2010, la société a été évaluée à 1,35 milliard de dollars[1]. Selon un rapport publié dans le magazine Forbes et un reportage du Wall Street Journal, Groupon devrait « générer des revenus de 1 milliard de dollars plus rapidement que toute autre entreprise »[6].

Groupon a acquis plusieurs sites qui étaient des sites de type achat groupé et qui opéraient hors des États-Unis. Ces sites ont été regroupés sous le nom Groupon après leur acquisition. Ces acquisitions incluent MyCityDeal d'Europe (17 mai 2010), ClanDescuento d'Amérique du Sud (22 juin 2010), Qpod.jp du Japon (17 août 2010), et Darberry.ru de Russie (17 août 2010)[9]. Avant ces acquisitions, Groupon avait acheté la société de technologie mobile Mob.ly.

En octobre 2010, des rumeurs indiquaient que Yahoo! avait offert plus de 3 milliards de dollars pour acquérir Groupon[10].

Le , un rapport indiquait que Google offrait 5,3 milliards de dollars avec une clause d'indexation sur les bénéfices futurs de 700 millions de dollars pour acquérir Groupon. Cette offre a été rejetée par Groupon le 3 décembre 2010[11]. Une autre source indique que l'offre de Google était de 6 milliards de dollars[6].

Groupon est entré en bourse le 4 novembre 2011. Le 23 novembre 2011, le titre perdait près de 15 % de sa valeur pour dégringoler à 20,07 dollars. Un montant tout juste supérieur à celui atteint lors de son entrée en Bourse.

En 2013, après l'annonce de résultats trimestriels insatisfaisants à Wall Street et une chute de 24% du titre, Groupon informe qu'Eric Lefkofsky (cofondateur) et Ted Leonsis (administrateur) assureront l'intérim à la tête de l'entreprise jusqu'à la désignation d'un nouveau directeur général, en remplacement d'Andrew Mason[12]. Finalement le PDG Andrew Mason[13] conservera son poste, mais Groupon devra changer de modèle pour créer de la valeur, notamment en diversifiant ses services. En effet, les restaurateurs sont déçus car les membres ne cherchent que les meilleurs plans et ne restent pas fidèles à un seul restaurant.

Le Groupon rachète Ideeli, site de vente privée, pour 43 millions de dollars [14]. En septembre 2015, Groupon annonce la suppression de 1 100 postes entre cette annonce et septembre 2016[15].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

Groupon affiche une offre de produit par jour dans chacun des marchés qu'il dessert. L'offre propose un produit avec un rabais de 30 à 90 %[16]. L'offre est affichée sur le site Web de Groupon et est envoyée par courrier électronique aux membres qui se sont inscrits sur le site de Groupon. L'offre indique : la description détaillée du produit offert, son prix régulier, le rabais consenti par le fournisseur, le prix après le rabais et le nombre minimum de produits qui doivent être achetés pour que les ventes soient conclues. Si le nombre minimum d'achats est atteint, tous les acheteurs qui se sont manifestés obtiennent le produit, si le nombre minimum n'est pas atteint, aucun acheteur n'obtient le produit.

Groupon se finance en retenant au minimum 20 % du prix des produits vendus sur son site[17],[6].

Étant donné que le rabais minimal sur Groupon est de 50 % Groupon se rémunère moyennant une commission sur la prestation effectuée. En fonction de la taille et de la notoriété du partenaire. Cette caractéristique dicte les types de produits que l'on retrouve sur Groupon :

  • on ne retrouve pas de produits de base, car la marge bénéficiaire sur ces produits est faible et ne permet pas une réduction de 75 % ; ce modèle est donc économiquement viable pour un commerçant ou un partenaire dès lors que la marge de sa prestation ou de son produit est supérieure à 75 %, ce qui est rarement le cas ;
  • on retrouve surtout :
    • des produits de luxe sur lesquels la marge bénéficiaire est importante,
    • des produits d'entreprise naissante ou en recherche de nouveaux clients, car ces entreprises sont prêtes à vendre à perte pour se faire connaître,
    • des bons de réduction qui ne constitueront qu'une fraction du prix payé par le client lors de l'achat, par exemple un bon de réduction de 40 $ vendu 20 $ pour un repas au restaurant qui coûtera finalement plus que 40 $

Groupon déclare refuser offrir certains types de services : par exemple, les champs de tir, les cliniques d'avortement, les cliniques de chirurgie plastique et les strip clubs[18], mais il arrive que certaines offres aillent à l'encontre de ces principes[19].

Contrairement aux ventes par petites annonces, les marchands n'ont aucuns frais à payer s'ils ne concluent pas de ventes[6].

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

Après 3 ans d'existence, Groupon poursuit sa croissance. Son mode de comptabilisation du chiffre d'affaires a été revu en 2011. La société a enregistré des ventes de 713 millions de dollars, revues à 313 millions de dollars après exclusion des sommes à reverser à ses partenaires ; pour les 6 premiers mois de l'année 2011, le dernier chiffre d'affaires déclaré s'est élevé à 688 millions de dollars, à comparer aux 1,5 milliards annoncés avec l'ancienne méthode de comptabilisation[20].

Sur les 9 premiers mois de l'année 2011, la société a enregistré des pertes de 308 millions de dollars, contre 77 millions l'année précédente pour la même période[21]

Concurrents[modifier | modifier le code]

Un inconvénient important du modèle d'affaires de Groupon est qu'il est facilement copiable. En Amérique du Nord, il y a 200 sites similaires à Groupon, certains copiant l'apparence de son site, ses polices de caractères et son logo.

À travers le monde, il y a plus de 500 sites similaires, y compris plus de 100 en Chine[1],[6]. Toutefois, en décembre 2010, un seul concurrent, Living Social, a été décrit comme un concurrent sérieux ; selon un rapport, il a reçu un investissement d'Amazon de 175 millions de dollars[6].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'émission Capital sur M6 présentant le succès de Groupon, émet des réserves sur la qualité de ses prestations. En effet, il y est expliqué que le consommateur peut être très déçu par la prestation et qu'il lui est parfois impossible de bénéficier de l'offre à cause d'une forte affluence chez le commerçant lié à un deal. Dans le cas où le consommateur ne peut plus bénéficier de l'offre qu'il a achetée, Groupon peut tout de même rembourser le client sous forme d'avoir.

À la suite de ces problèmes de disponibilité, Groupon travaille désormais avec le partenaire pour limiter le nombre maximum de deals vendus par ce dernier, dans la limite de sa capacité d'accueil. Après avoir signé un contrat, le commerçant est lié avec Groupon pour 24 mois par un contrat renouvelable par tacite reconduction pour 12 mois. Groupon pourra publier une nouvelle fois l'offre du commerçant, avec son accord (mentionné dans le contrat) pendant la durée du contrat. En outre, le commerçant ne peut pas faire d'opérations commerciales avec d'autres prestataires d'achat groupé pendant la durée du contrat.

Les engagements pris par les commerçants proposant leurs produits sont à double tranchant, puisque si ces promotions sont susceptibles de leur amener des clients, elles peuvent aussi générer des pertes conséquentes, le commerçant n'étant pas maître des volumes de vente à honorer, qui sont décidés par la société[22],[23].

Samedi 26 mars 2011, une commerçante belge affirme, dans son témoignage « Groupon, l'envers du décor », être contrainte de déposer le bilan à cause du coût occasionné par les « deals » de Groupon[24]. Groupon réagit officiellement quelques jours plus tard[25],[26],[27],[28]. L'affaire prend de l'ampleur sur le Web[29],[30],[31] et dans les médias traditionnels[32]. Vendredi 1er avril, la commerçante donne une conférence de presse[33], dont à la RTBF[34],[35].

D'autres partenaires [de Groupon] et clients se plaignent ou se sont plaints des mauvaises pratiques Groupon, certains ont déposé plainte[32]. Au-delà de la société Groupon, c'est son modèle économique - qu'elle n'est pas la seule à avoir choisi - qui est critiqué[36],[37].

Ces critiques ont été relayées en par The Daily Telegraph, et le journal Le Monde fait par ailleurs état de doutes existant non seulement sur le modèle économique de la société, mais aussi sur la sincérité de ses comptes[38].

Lancement d'un OS point de vente, conflit sur la marque Gnome[modifier | modifier le code]

En 2012, Groupon a racheté la société Breadcrumb Pro, éditrice d'une plate forme logicielle pour caisse enregistreuse, Breadcrumb POS[39]. En 2012 la société décide d'en lancer une nouvelle version gratuite, et retient le nom « Gnome » pour celle-ci[40]. Ce choix provoque un conflit juridique avec la GNOME Foundation, éditrice de l'environnement de bureau pour GNU/Linux GNOME et détentrice de la marque déposée[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Christopher Steiner, « Meet The Fastest Growing Company Ever », Forbes,‎ (consulté le 23 novembre 2010)
  2. Le chiffre affiché de 313 millions de dollars pour 2010 fait suite à une révision des méthodes de comptabilisation, et correspond aux derniers chiffres annoncés en septembre 2011
  3. (en) « Groupon Expands to New Markets in Florida »,‎
  4. (en) « Groupon Prankster Mason Not Joking in Spurning Google »,‎
  5. « Groupon, comment marche le premier site de deals en France ? », Deals France, mardi 5 avril 2011.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h BARI WEISS (DECEMBER 18, 2010). "Groupon's $6 Billion Gambler". Wall Street Journal. "30-year-old CEO Andrew Mason. He's on the cover of Forbes Magazine labelled "The Next Web Phenom.""
  7. (en) Marcia Froelke Coburn, « The Real Deal »,‎ (consulté le 14 juillet 2010)
  8. Groupon écarte son PDG, Le Figaro
  9. (en) « Groupon Goes International, Buys Japanese and Russian Clones », Mashable (consulté le 17 août 2010)
  10. (en) « Getting To the Bottom of The Crazy Yahoo-Groupon Rumors »,‎
  11. (en) « Google in Talks to Buy Deal Site Groupon »
  12. Descente aux enfers sur les marchés boursiers...,20minutes.fr
  13. [1]
  14. Flore Fauconnier,Groupon acquiert le site de ventes privées Ideeli, Journal du Net, 14 janvier 2014
  15. Groupon va supprimer 1.100 emplois, Usine Nouvelle, 22 septembre 2015
  16. Ce n'est pas toujours le cas, les offres sont parfois aussi chères voire plus que sans la réduction. Pour les restaurants il faut comparer le menu avec l'offre, avant de l'acheter.
  17. (en) Gabriella Boston, « Site leverages power of group purchases »,‎ (consulté le 30 novembre 2009)
  18. (en) Geoff Williams, « Groupon's Andrew Mason: The Unlikely Dealmaker »,‎ (consulté le 9 août 2010)
  19. (en) « Groupon : chirurgie esthétique à moitié prix ! »
  20. La dernière révision comptable de Groupon divise son chiffre d'affaires par deux Groupon's latest accounting revision whacks sales in half, money.CNN.com,septembre 2011
  21. Groupon en bourse : la fête est finie L'expansion, novembre 2011
  22. Émission « Consommer autrement : révolution dans notre quotidien » diffusée le dimanche 6 mars 2011 (sa bande annonce).
  23. Reportage de M6, posté sur YouTube.
  24. Capture d'écran du témoignage de la commerçante, par @Nkgl sur Twitpic.
  25. « Groupon Belgique est en contact avec l'établissement… », compte Twitter @GrouponFrance, 29 mars 2011
  26. « Suite à de nombreux messages concernant un partenaire de Groupon connaissant des difficultés… », Compte Twitter @Groupon_BEFR, 29 mars 2011
  27. message court mais un peu plus détaillé posté sur Facebook, profil Groupon Belgique, 29 mars 2011 à 15:34
  28. message détaillé « L’envers du décor selon Groupon », blogue officiel de Groupon, 31 mars 2011
  29. article « GROUPON pousse-t-il à la faillite les commerçants ? » qui reproduit le témoignage de la commerçante, Gregory Janssens, blog BusinessMan, 31 mars 2011.
  30. « Groupon accusé d’avoir mis en faillite une commerçante », Électron Libre, Diane Saint Réquier, 31 mars 2011.
  31. « Sylvie Pastur (Escale Design) "Un commerçant qui fait un deal avec Groupon est d'office perdant" », Le Journal Du Net, mercredi 6 avril 2011.
  32. a et b « Groupon : bon plan mais attention aux mauvaises expériences », Aurore Peignois, RTL, lundi 28 mars 2011.
  33. message posté vers 21h, page Facebook « Escale Design »
  34. http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=153502504713977&id=125260554204839.
  35. « On n'est pas des pigeons: 06/04: Site Groupon  », RTBF, merrcredi 6 avril 2011.
  36. « Groupon: une réussite construite sur le “perdant/perdant” », Matthieu Tranvan, blog pro « Blog Business / WebMarketing / Management », dimanche 3 avril 2011.
  37. « Groupon : arnaque ou bonne affaire ? », L’expansion, mardi 5 avril 2011.
  38. Groupon s'effondre en bourse Le Monde,23 novembre 2011
  39. (en) « Breadcrumb Joins Groupon, Offers Payment App for Hospitality Businesses », sur Small Biz Trend,‎ (consulté le 11 novembre 2014)
  40. (en) « Groupon Gnome Replaces Breadcrumb POS », sur Small Biz Trend,‎ (consulté le 11 novembre 2014)
  41. (en) « GNOME starts campaign to protect its trademarks », sur Small Biz Trend,‎ (consulté le 11 novembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]