Groupe intervention vidéo

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Groupe Intervention Vidéo
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Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaines d'activité
Siège social
Pays
Langue
Organisation
Fondateurs
Hélène Bourgault (en), Bernard Émond, Louise Gendron (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Direction
Petunia Alves (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Le Groupe Intervention Vidéo (GIV) est un organisme culturel à but non lucratif basé à Montréal et fondé en 1975[1]. Il adopte des orientations féministes dès 1980 et est depuis dédié à la production et la distribution de vidéos réalisées par des femmes[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Le Groupe Intervention Vidéo voit le jour en 1975, à l'initiative des cinéastes Hélène Bourgault, Bernard Émond, Louise Gendron, Michel Van De Walle et Michel Sénécal[3],[4],[5]. La création du GIV s'inscrit dans une période de l'histoire du Québec marquée par des bouleversements socio-politiques favorisant l'émergence de groupes de vidéastes engagés. L'expérimentation formelle et les préoccupations sociales, politiques et idéologiques sont au cœur de cette nouvelle production vidéographique emblématique de la première moitié des années 1970. Le GIV répond au besoin que manifestent les artistes et acteurs sociaux de l’époque d'avoir accès à des moyens de communication démocratiques — c'est-à-dire moins coûteux que le film, plus simples à manipuler et dont le caractère instantané permet des actions d'intervention immédiates[5].

Différentes vagues d'évolution[modifier | modifier le code]

À ses débuts, le GIV était un regroupement d'artistes qui « prônait des positions d’intervention radicale » [6], utilisant la vidéo comme outil de changement social[7]. La volonté de contrôler ses propres moyens de production et d'affirmer une création de contenu indépendante se fait sentir dès les premières années de la création du collectif[8].

Dès les années 1980, le groupe mixte à l'origine de la création du GIV laisse peu à peu place à une équipe entièrement féminine composée d'Albanie Morin, Diane Poitras, Nancy Marcotte et Nicole Hubert, orientant plus catégoriquement le collectif vers des productions féministes[8]. À travers des stratégies de réalisation oscillant entre le cinéma direct et la fiction, les réalisations soutenues par le GIV insistent sur le décloisonnement des genres[9]. Toujours au tournant des années 1980, le GIV devient membre du Regroupement des groupes de vidéo-intervention avec le Centre Ciné-Vidéo du Faubourg, le Centre «La femme et le film», le Centre vidéo populaire de la Rive-Sud, le Centre populaire d'animation audiovisuelle du Québec, le Centre Vidéo Lotbinière ainsi que les Ateliers des médias populaires[10]. Avec Vidéo Femmes (anciennement appelé La femme et le film), le Groupe Intervention Vidéo est pionnier dans la représentation de la production indépendante, féminine (au sens le plus inclusif du terme) et engagée au Québec[9].

Structure institutionnelle[modifier | modifier le code]

Financement[modifier | modifier le code]

Le GIV est financé par les trois niveaux gouvernementaux : le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts et de lettres du Québec et le Conseil des arts de Montréal[11],[12].

Directrices[modifier | modifier le code]

  • Petunia Alves : direction générale[13], production, projets spéciaux, 1989-
  • Anne Golden : direction artistique[6] 1989-
  • Annaëlle Winand : direction artistique
  • Jillian Robinson
  • Nancy Marcotte : directrice générale, 1984-1990
  • Nicole Hubert : 198? -1984

Activités[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Catalogue du Groupe Intervention Vidéo de 1981

Le Groupe Intervention Vidéo possède un inventaire de 1 260 œuvres disponibles sur différents supports et en plusieurs langues, principalement en anglais et en français. Les types d'œuvres prédominants sont l'art vidéo, l'expérimental, l'essai, le documentaire, l'animation, la fiction, la vidéo de danse et la performance. Le GIV distribue ses œuvres à différentes instances telles que des festivals, des galeries et musées, et différents secteurs de l'éducation. La distribution devient une priorité pour le Groupe Intervention Vidéo dès les années 1980, poussé par la volonté de soutenir des réalisatrices et d'affirmer le rôle de la vidéo comme outil d'intervention dans le champ culturel et social[14]. À la fin des années 1980, des films anglophones et d'Amérique latine intègrent le catalogue du GIV et rejoignent les réalisations francophones[14].

Aide à la production[modifier | modifier le code]

Le Groupe Intervention Vidéo est impliqué auprès de plusieurs associations de femmes et fournit régulièrement de l'équipement ou des services de production. Il est aussi actif auprès des cégeps et des universités de la région[14].

Vidéos de femmes dans le parc[modifier | modifier le code]

En 1992, le GIV créé l'événement Vidéos de femmes dans le parc, qui vise à diffuser des vidéos de réalisatrices au Parc La Fontaine, à Montréal[15]. Anne Golden et Cecil Castellucci, à l'origine du projet, se sont inspirées des Drive-In ou ciné-parcs américains pour lancer ce festival en plein air qui a pour but de sensibiliser un public plus large à la production de vidéos faites par des femmes[16]. Pour la première édition du 21 août 1992, au Théâtre de Verdure, une douzaine de vidéos ont été choisies puis regroupées en quatre thèmes : Images et musiques (sur la démarche créatrice des artistes), Le « travail » des femmes (traitant du travail domestique), Langage : corps, paroles, cultures... (explorant la résilience) et Les sentiers de la santé. Des artistes telles qu'Esther Valiquette, Joane Fréchette, Ève Lamont, Christine Martin, Tatiana Gaviola, Catherine Derosiers, Sara Diamond, Tamithy Basaraba et Jennifer Babcock font partie de la programmation. Le festival est subventionné par le Conseil des arts du Canada[16].

La deuxième édition organisée le 17 août 1993, toujours au Théâtre de Verdure, programme les films Femmes et SIDA de Jane Kubke, La Bombe économique d'Ève Lamont, Sick World II : Even Sicker de Deb Vanslet, Aberrant Motion #2 de Cathy Sisler, Where is Selma de Sara Morley, C'est classe de Charline Boudreau ou encore L'abominable microbe de Diane O'Bomsawin[14],[17]. Une pièce chorégraphique et une oeuvre d'art numérique font aussi partie de la programmation[14].

Artistes diffusées par le GIV[modifier | modifier le code]

  • Silvana Afram
  • J. Babcock
  • T. Basaraba
  • Sabrina Ratté
  • Lotty Rosenfeld
  • Martha Rosler
  • Lydia Schouten
  • Jean-Pierre St-Louis
  • Kate Thomas
  • Esther Valiquette[20]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Odile Tremblay, « Les vingt ans du GIV », Le Devoir,‎ , B2 (lire en ligne)
  2. Marc Mercier, « Les 40 ans du groupe d’intervention vidéo : points de vue de femmes », 24 images, no 173,‎ , p. 56–57 (ISSN 0707-9389 et 1923-5097, lire en ligne, consulté le 5 octobre 2019)
  3. « Classe de maître : Bernard Émond | Chaire René Malo | UQAM », sur Chaire René Malo, (consulté le 7 octobre 2019)
  4. « Hélène Bourgault », sur Vithèque, (consulté le 7 octobre 2019)
  5. a et b Michel Sénécal, « La vidéographie au Québec : D’abord une industrie culturelle? », Copie Zéro,‎ , p. 4-6
  6. a et b Luc Bourdon et Philippe Gajan, « Des instants poétiques et numériques : Entretien avec Anne Golden / Entretien avec Catherine Ikam et Louis Fléri / Entretien avec Jocelyn Robert », 24 images, no 165,‎ , p. 27–32 (ISSN 0707-9389 et 1923-5097, lire en ligne, consulté le 5 octobre 2019)
  7. Martine Letarte, « Groupe Intervention Vidéo : Quand les femmes prennent le contrôle de la technique », L'Itinéraire,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  8. a et b Carrière, Louise., Femmes et cinéma québécois, Boréal express, (ISBN 2890520765 et 9782890520769, OCLC 10827311, lire en ligne)
  9. a et b Chabot, Claude., Le Cinéma québécois des années 80, Cinémathèque québécoise/Musée du cinéma, [1989] (ISBN 289207035X et 9782892070354, OCLC 22419933, lire en ligne)
  10. André Gauthier, « L'histoire de la vidéo-animation », Le Devoir,‎ , p. 40 (lire en ligne)
  11. (en) Marusya Bociurkiw, « Big Affect: The Ephemeral Archive of Second-Wave Feminist Video Collectives in Canada », Camera Obscura: Feminism, Culture, and Media Studies, vol. 31, no 3 93,‎ , p. 5–33 (ISSN 0270-5346 et 1529-1510, DOI 10.1215/02705346-3661991, lire en ligne, consulté le 7 octobre 2019)
  12. (en) « Recipients – all », sur Canada Council for the Arts (consulté le 7 octobre 2019)
  13. Aurore Lehmann, « Petunia Alves et Anne Golden:avantage numérique », Voir,‎
  14. a b c d et e (en) Jenny Burman, « The Power of Video », Hour,‎ , p. 9
  15. Odile Tremblay, « Pique-niquer devant l’écran : Vidéos de femmes au théâtre de la Verdure », Le Devoir,‎ , B8 (lire en ligne)
  16. a et b Daniel Carrière, « Vidéoparc féministe », Le Devoir,‎ , p. 12
  17. « Que des femmes dans le parc Lafontaine », Le Devoir,‎
  18. Chantal Drolet, « Réunion des Amériques : quatre femmes vidéastes latino-américaines à Montréal », Liaison St-Louis,‎
  19. Jocelyne Hébert, « Vidéos de femmes », Guide Mont-Royal,‎
  20. a b et c « Que des femmes dans le parc Lafontaine », Le Devoir,‎

Lien externe[modifier | modifier le code]