Groupe d'escorte

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Un Groupe d'escorte se composait de plusieurs petits navires de guerre organisés et formés pour fonctionner ensemble, assurant la protection des convois commerciaux. Les groupes d'escorte étaient une innovation tactique de la Seconde Guerre mondiale dans la lutte anti-sous-marine menée entre autres par la Royal Navy pour lutter contre la tactique d'attaque en meutes, dite "Rudeltaktik", des U-Boots de la Kriegsmarine.
Au début, les groupes d'escorte étaient surtout constitués de destroyers, de sloops, de chalutiers armés et, plus tard, de corvettes. Malgré des spécifications et des manoevrabilités différentes, ces navires étaient entrainés rigoureusement aux tactiques anti-sous-marines en équipe selon les senseurs, les armes, la vitesse et la gouverne de chacun. Le développement de ces «groupes d'escorte» s'est avéré être un moyen efficace de défense des convois d'expédition pendant la Bataille de l'Atlantique.

Le HMS Skate (1917) (en) a été l'un des plus vieux destroyer de la Royal Navy à être assigné dans un service de protection des convois pour le Western Approaches Command.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Sur la base de l'expérience acquise au cours de la Première Guerre mondiale, l'Amirauté a institué des convois commerciaux dans les eaux côtières du Royaume-Uni à partir de septembre 1939[1]. Au cours de la première année de la Bataille de l'Atlantique, la protection des convois britanniques était sous la responsabilité du Western Approaches Command (WAC). D'abord basé à Plymouth, le commandement est transféré à Liverpool après la bataille et la chute de la France en 1940[2]. Les destroyers les plus récents et les plus opérationnels ont été assignés comme navires capitaux dans la Home Fleet, de sorte que, pour combler le manque de navire de guerre à cette période, la WAC se vit attribuer un certain nombre de navires désuets: des prototypes de production limitée, des navires construits selon des spécifications étrangères, des dragueurs de mines, des yachts militarisés, des chalutiers de pêche, ou encore des classes de destroyers âgés qui n'étaient plus considérés comme apte à opérer dans la Home Fleet. Ces escortes n'étaient pas assez nombreuses ou suffisamment longues pour accompagner les convois à travers tout l'Atlantique. Elles se contentaient de surveiller les convois à destination ou en provenance des points des rencontres notamment dans les atterrages occidentaux, car cette zone était un excellent terrain de chasse pour les U-boots.

Les escortes de convoi étaient initialement assignées selon un besoin ad hoc, puis elles étaient expédiées en fonction de leurs disponibilités, individuellement ou en petits groupes. Tous les arrangements tactiques devaient être effectués sur place et ils devaient être communiqués sur chaque navire à tour de rôle par lampe Aldis. Les navires n'avaient pas l'habitude de coopérer et ils n'avaient souvent aucun plan ou tactique de combat commun.

Ces lacunes ont entraîné une défaite majeure en octobre 1940 lorsque le convoi HX 79 (en), parti de Halifax vers Liverpool, a été attaqué par une meute de 5 U-boots qui venaient d'attaquer le convoi SC 7. Initialement non protégé, une force de 11 navires de guerre assemblés à la hâte n'ont pas permis d'empêcher le naufrage de 12 navires du convoi, attaqués pendant la nuit alors qu'aucun des 5 U-boots n'ont été endommagé.

La perte des navires des convois SC 7 et HX 79 a convaincu l'Amiral Percy Noble, commandant en chef du WAC, de former des groupes isolés[3]. Ces groupes d'escorte se composaient souvent de petits navires de guerre mixte, parfois formés à partir d'une seule classe (par exemple, les 1er, 3e, 4e, 5e, 15e et 21e groupes d'escorte étaient composés entièrement de frégates de classe Captain (en) lorsque ces type de navire étaient disponibles pour remplacer les anciens navires initialement affectés à ces groupes)[4].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1941, WAC avait formé 8 groupes d'escortes[3]. Il s'agissait généralement de quatre à huit navires, sous le commandement d'un officier de la Royal Navy, généralement un Commander ou un Lieutenant commander. En opérant ensemble sous un seul chef, les groupes ont pu développer et pratiquer des tactiques de groupe. Avec un seul ordre court, les différents navires du groupe, souvent hors de vue les uns des autres, pouvaient agir de manière coordonnée. En l'espace de 10 jours en 1941, quatre sous-marins ont été coulés avec trois importants commandants allemands. Plus tard, ces tactiques ont été normalisées et enseignées à tous les commandants du groupe d'escorte de l'Unité tactique des atterrages occidentaux (Western Approaches Tactical Unit). La WATU était une équipe d'analyse de la Royal Navy fondée au début de 1942 pour étudier la conduite des opérations de convois en utilisant des jeux de guerre et des présentations. L'Unité, constituée d'officiers de la marine et de jeunes femmes du WRNS, ont distribué les instructions à plus de 5000 officiers alliés avec un « succès considérable »[5].

Ce niveau de travail d'équipe n'a jamais été réalisé par les U-Boots. Bien que le groupe soit coordonné sur la préparation des attaques sur un seul et même convoi, les opérations de torpillage se faisaient individuellement sans aucune tentative de coopération ultérieure. Par manque d'attention, plusieurs collisions entre deux U-boots ont lieu pendant les attaques.
À plusieurs reprises pendant la bataille de l'Atlantique, des groupes d'escorte bien gérés et de mieux en mieux armés purent freiner les attaques de plus en plus nombreuses des groupes d'U-boots et assurer l'arrivée «en toute sécurité et en temps opportun» de leurs convois. Par exemple, en novembre 1942, le convoi ON 144 (en) composé de 33 navires marchands reliant la Grande-Bretagne à l'Amérique du Nord et protégé par le groupe d'escorte Mid-Ocean B6 (Escort Group B6 (en)) constitué de cinq corvettes de classe Flower a été attaqué par un groupe de dix U-boots. Pendant trois jours, la bataille entre submersibles et escorteurs fit rage pour un résultat de cinq navires marchands, une corvette coulés et 28 navires arrivés en toute sécurité[6]. À la suite de cette action, l'escadron d'officier supérieur (SOE) - commandant du groupe - a été «chaleureusement félicité» pour ce qui aurait pu être une catastrophe majeure comme dans l'attaque du convoi HX 79.

En pratique, la cohésion des groupes d'escortes a été altérée par des changements fréquents du personnel d'escorte et le transfert de navires entre les groupes[7]. Le brassage du personnel était inévitable lorsque que des membres d'équipage formés ayant une expérience de combat étaient promus et transférés sur de nouveaux navires[7]. Le brassage des navires d'un groupe d'escorte à l'autre était souvent nécessaire pour maintenir la force du groupe par le remplacement des navires endommagés ou les fréquentes pannes des navires les plus anciens[7].

La liste suivante contient des doublons qui reflétent les réaffectations au moment de la compilation. Les huit groupes d'escorte d'origine et les 14e et 25e groupes d'escorte canadiens ont été réorganisés dans le Mid-Ocean Escort Force (en) (MOEF) en février et en mars 1942 avec les navires du 9e groupe d'escorte en tant que leaders des groupes MOEF B1 à B5. Les navires des groupes antérieurs qui n'avaient qu'une courte portée et qui n'étaient pas adaptés au MOEF ont été réaffectés à la Western Local Escort Force (en), au service des convois côtiers (en) ou des convois de l'Arctique qui alimentaient l'Union soviétique. Les groupes d'escorte du 36e au 44e escortant les convois entre Liverpool, Gibraltar et la Sierra Leone n'ont quasiment pas changé pendant toute la durée de la guerre[8].

Organisation[modifier | modifier le code]

Les groupes d'escorte suivants ont été formés avant la participation des escortes de la Marine des États-Unis à l'automne 1941[9]:

1er Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

L'HMS Keppel (D84) (en) était le leader de la flottille lors de la Première Guerre mondiale.

2e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les destroyers de classe Town reçu lors de l'accord Destroyers for Bases Agreement ont largement contribué aux missions d'escortes.

3e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Le HMS Amazon est un prototype unique.

4e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

5e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les corvettes de la classe Flower sont devenues le type de navires le plus attribué aux groupes d'escortes.

6e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

7e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

8e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

9e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Le groupe homogène du 9e groupe d'escorte composé des destroyers de classe Havant a été divisé pour fournir des leaders au Groupe d'escorte Mid-Océan (en).

10e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les destroyers de classe V et W du 10e groupe d'escorte homogène ont représenté la classe la plus commune des destroyers vétérans de la Première Guerre mondiale dans les groupes d'escorte.

11e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les navires avec des équipages polonais ont été affectés au 11e groupe d'escorte.

12e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les destroyers de la classe Hunt ont été affectés au 12e groupe d'escorte homogène.

14e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les navires canadiens comme le NCSM Saguenay (D79) ont servi avec des navires de la Royal Navy dans les 14e jusqu'au 24e groupe d'escorte, opérant dans le nord de l'Atlantique Nord.

15e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

16e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

17e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

18e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

19e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

20e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

21e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

22e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

23e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

24e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

25e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

36e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

La classe Black Swan (en) était l'une des meilleurs classes formant les 36e au 44e groupe d'escorte.

37e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les sloops de la classe Hastings (en) ont été conçus et construits pendant l'entre-deux-guerres pour les escortes de convoi.

40e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Les sloops de la classe Banff (en) étaient des anciens navires de la United States Coast Guard prêté à la Royal Navy en 1941.

41e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

42e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

43e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

44e Groupe d'escorte[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hague, Arnold., The allied convoy system, 1939-1945 : its organization, defence, and operation, Naval Institute Press, (ISBN 1557500193, OCLC 44714186, lire en ligne), p. 23
  2. Roskill, S. The War at Sea, 1939-1945. Vol I. 1954.
  3. a et b Elliott, Peter, 1922-, Allied escort ships of World War II : a complete survey, Macdonald and Jane's, (ISBN 9780356084015, OCLC 4034839, lire en ligne)
  4. Collingwood, Donald., The Captain Class Frigates in the Second World War : an operational history of the American built Destroyer Escorts serving under the White Ensign from 1943-1946, Leo Cooper, (ISBN 0850526159, OCLC 60139833, lire en ligne)
  5. (en) Strong, Paul Edward, Wargaming the Atlantic War: Captain Gilbert Roberts and he Wrens of the Western Approaches Tactical Unit, Paper for MORS Wargaming Special Meeting October 2017 - Working Group 2, , 27 p. (lire en ligne)
  6. (en) Blair, Clay, Hitler's U-boat War: The Hunters 1939-1942 (Volume 1), W&N, (ISBN 0304352608, OCLC 42367141, lire en ligne), p. 118-119
  7. a b et c (en) Milner, Marc, North Atlantic Run : the Royal Canadian Navy and the Battle for the Convoys, Naval Institute Press, (ISBN 0870214500, OCLC 12304128, lire en ligne), p. 192, p. 56, p. 98.
  8. (en) Geoffrey B. Mason, « Service Histories of Royal Navy Warships in World War 2 », sur naval-history.net, Gordon Smith, (consulté le 21 décembre 2017)
  9. (en) Rohwer, Jürgen et Gerhard Hümmelchen, Chronology of the War at Sea 1939-1945 : The Naval History of World War Two, Naval Institute Press, (ISBN 155750105X, OCLC 26407767, lire en ligne), p. 83-89

Voir aussi[modifier | modifier le code]