Groupe SOS

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Groupe SOS
Ancien nom SOS Drogue Internationale
Création 1984
Fondateurs Jean-Marc Borello
Personnages clés Jean-Marc Borello, Guillaume-Olivier Doré, Régine
Forme juridique Association à but non lucratif
Slogan Entreprendre au profit de tous
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Direction Direction collégiale (Directoire), présidé par Jean-Marc Borello
Directeurs Jean-Marc BorelloVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Non-lucratif, sans actionnaire
Activité Lutte contre les exclusions, innovation sociale
Société mère 4 associations-mères : Groupe SOS Jeunesse, Groupe SOS Solidarités, Groupe SOS Santé, Groupe SOS Seniors
Filiales GROUPE SOS SOLIDARITES (d)
Effectif 650 associations, entreprises sociales et établissements ; 22.000 personnes employées en France et dans plus de 40 pays
SIREN 302891114[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web http://www.groupe-sos.org

Chiffre d'affaires 700 millions (2015)

Le Groupe SOS est une association française à but non lucratif, spécialisée dans l'entrepreneuriat social, qui regroupe 650 associations, entreprises sociales[2] et établissements sociaux et médico-sociaux[3]. Le groupe s'est spécialisé dans la lutte contre toutes les exclusions.

En 2021, le Groupe SOS employait 22 000 personnes et générait 700 millions d'euros de chiffre d'affaires, principalement au travers d'activités d'intérêt général[4], de mission de services publics, et d'activités à destination de clients privés.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Groupe SOS naît en 1984, pendant les années Sida, avec la création de l'association SOS drogue international, co-fondée par Régine. SOS drogue international avait pour objectif de développer des dispositifs d'aide et soins aux usagers de drogue.

En 2009, le Groupe SOS comprenait dix associations et onze entreprises pour un chiffre d'affaires de 155 millions d'euros et 2 200 salariés[5].

En , le groupe reprend les activités associatives d'Alpha Santé ; son effectif en France dépasse alors 10 000 salariés[6].

En 2017, le groupe comporte alors 8 secteurs d'activités : Solidarités, Santé, Seniors, Emploi, Jeunesse, Action internationale, Culture et Transition écologique[7]. La même année, le Groupe SOS lance la plateforme « handicap - petite enfance », dispositif unique en France visant à augmenter le nombre de jeunes enfants (âgés de 0 à 4 ans) en situation de handicap accueilli au sein des structures de la petite enfance[8],[9]. En 2019 ce dispositif s'installe dans les anciens locaux de Charlie Hebdo, le groupe SOS étant locataire depuis le début d'année 2016[10],[11].

En 2019, le réseau des épiceries solidaires d'ANDES[12] et l'association les Brigades vertes[13], tous deux en redressement judiciaire, rejoignent le groupe. La même année, le groupe, aux côtés de partenaires, ouvre H7, lieu French Tech lyonnais[14], et Coco Velten, projet expérimental à Marseille, qui accueille des sans-abris à côté d'associations et d'entreprises[15].

En , le groupe déclare vouloir ouvrir 1 000 cafés dans des communes de moins de 3 500 habitants[16]. La même année, le Groupe SOS ouvre une quatrième antenne de son dispositif de prévention de la radicalisation[17].

Début 2020, le Groupe SOS devient actionnaire du magazine LGBT+ Têtu[18]. Cette même année de nombreux établissements du groupe sont affectés par la crise sanitaire liée à l'épidémie Covid-19[19]. La même année, le groupe soutient la création de salles de consommation à moindre risque[20],[21].

En octobre 2020, à la suite des propos tenus par Éric Zemmour sur CNews sur le fait que les "jeunes issus de l’immigration" seraient tous des voleurs, tous des assassins, tous des violeurs", le Groupe SOS, un des principaux acteurs de la protection des mineurs isolés (ou mineurs non-accompagnés) en France annonce porter plainte contre le polémiste et la chaîne télévisée[22].

En 2021, des établissements du Groupe SOS accueillent des personnes évacuées d’Afghanistan, après la prise de pouvoir des talibans[23],[24].

En 2022, après l’invasion de l'Ukraine par la Russie, le Groupe SOS devient, en Ile-de-France, le premier opérateur pour l’accueil des personnes réfugiées en provenance d’Ukraine[25].

Gouvernance et organisation[modifier | modifier le code]

Selon Le Monde, le conseil d'administration ne se réunirait que trois ou quatre fois l’an et n'aurait qu'un rôle mineur, tandis que le pouvoir effectif serait concentré entre les mains du président et de quelques dirigeants du groupe, liés pour certains d’entre eux par des relations affectives ou familiales. Le président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux juge que « cette absence de contrôle démocratique, de contre-pouvoir, pose problème dans un domaine comme l’action sociale »[26].

En 2016, l'université d'Harvard réalise une étude complète sur le groupe, qualifié de « plus grande entreprise sociale française »[27]. Elle publie la liste des 36 membres des conseils d'administration (magistrats, médecins, hauts fonctionnaires, chefs ou cadres d'entreprise ou responsables associatifs) en précisant qu'ils définissent les grandes orientations du groupe, appliquées au quotidien par un directoire, présidé par Jean-Marc Borello, fondateur du groupe[28], ancien président du Mouvement des entrepreneurs sociaux.

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

En 2021, le conseil d'administration du Groupe SOS est présidé par quatre femmes[29] :

Modèle économique[modifier | modifier le code]

Organisé sous la forme d’une association à but non lucratif, le Groupe SOS mène deux types d’activités : des missions de service public (activités relatives au handicap, aux addictions, à l’habitat, à l’action sociale et la protection de l’enfance), soumises à des obligations spécifiques ; et des activités d’intérêt général.

Les ressources du Groupe SOS proviennent de clients privés (entreprises et particuliers), de collectivités territoriales, de la CPAM, de l’Etat, et de subventions européennes ou de dons[4].

Polémiques[modifier | modifier le code]

En une trentaine d'années, le Groupe SOS s'est constitué un patrimoine immobilier évalué en 2018 à 500 millions d'euros et détenu par sa filiale à statut coopératif Alterna et qui représente essentiellement les murs des établissements du Groupe SOS[30] (hôpitaux, maisons de retraite, structures sociales, entreprises d'insertion, établissements culturels, etc.).

Le groupe affirme que c'est parce qu'il a réussi à devenir propriétaire de son immobilier qu'il a pu créer des activités sociales dont les propriétaires ou bailleurs ne voulaient pas[31],[32].

L’Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS) a relevé que quatre dirigeants avaient bénéficié en 2004 de conditions très avantageuses pour acheter des appartements faisant partie de ce patrimoine immobilier, certains étant destinés au départ à du logement social[33]. Le groupe SOS explique pour sa part que certains logements n'étaient pas agréés pour assurer une activité de logement très social et qu'il était contraint de s'en séparer, que la procédure conduisant à la vente prévoyait une évaluation par un expert indépendant assermenté et une simple priorité d'information pour des salariés du groupe[34]. Dans son rapport de contrôle de , l'ANCOLS précise qu' « Alterna joue pleinement son rôle social. La petite taille du patrimoine favorise la fourniture de services de qualité aux locataires »[35].

En février 2021, le groupe annonce avoir déposé une promesse de vente pour le cinéma historique La Clef à Paris, créant l’émoi dans le milieu du cinéma français et international[36]. La vente, souhaitée en avri 2018 par le CSE des Caisses d’Epargne Île-de-France, propriétaire des lieux[37], menace d'expulsion l'association investie dans les lieux depuis 2019, et vouée à préserver la diffusion de films rares et indépendants[38]. En 2022, soutenu par des milliers de spectateurs, de très nombreuses personnalités et la quasi totalité du milieu du cinéma français, le cinéma La Clef devient un symbole de résistance et lutte toujours pour éviter son expulsion des lieux, lançant des projections à 6h du matin, désormais cultes[39]. Le 1er mars 2022, le Groupe SOS annonce ne pas reconduire la promesse d'achat, et quitte le projet[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements, (base de données)Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. « Le groupe SOS, plus grande entreprise sociale d'Europe, voit plus loin » (consulté le )
  3. « Notre histoire », sur GROUPE SOS (consulté le )
  4. a et b « Notre modèle économique », sur GROUPE SOS (consulté le )
  5. A. K, « Groupe SOS : dix associations, onze entreprises », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  6. La-Croix.com, « Le Groupe SOS, géant assumé de l’économie sociale », sur La Croix (consulté le )
  7. « Jean-Marc Borello : « Nos services ne s'adressent pas qu'aux pauvres» », sur leparisien.fr,
  8. Le Comité national Coordination Action Handicap, « Les vainqueurs des Lauréats 2017 du CCAH », sur www.ccah.fr,
  9. ASH (Actualités Sociales Hebdomadaires), « Accompagnement inclusif Une plateforme « petite enfance et handicap » », sur ash.tm.fr,
  10. « 5 ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, les nouveaux locataires "redonnent vie" aux lieux », sur bfmtv.com,
  11. « "C'est devenu un lieu de pèlerinage" : depuis cinq ans, la rue de "Charlie Hebdo" vit avec le souvenir de l'attentat », sur francetvinfo.fr,
  12. « Groupe SOS sauve un réseau de 365 épiceries solidaires », sur go-met.com
  13. « Les brigades vertes en détresse rachetées par le groupe SOS à Dardilly », sur leprogres.fr
  14. « H7, l'hôtel branché des start-up lyonnaises, dévoile ses 40 premiers locataires », sur www.lesechos.fr
  15. « Coco Velten, un projet expérimental pour loger des sans-abri aux côtés d'entreprises et d'associations », sur www.francebleu.fr
  16. La Nouvelle République, « Le groupe SOS veut ouvrir 1.000 nouveaux cafés dans les campagnes », quotidien,‎ (lire en ligne)
  17. « A Lille le centre Pairs pour les radicalisés ouvre cette semaine », sur Lefigaro.fr,
  18. « le groupe SOS devient actionnaire du magazine Têtu », sur carenews.com,
  19. Institut de l'entreprise, « Groupe SOS - En première ligne : ses salariés sont sur le pont ! », sur www.institut-entreprise.fr,
  20. Le GROUPE SOS soutient l’ouverture de nouveaux espaces de soin aux personnes toxicomanes
  21. Alice Moreno, Salles de shoot: l'avis des professionnels de la toxicomanie, lexpress.fr, 18 mars 2013
  22. Béatrice Héraud, « MINEURS ISOLÉS : LE GROUPE SOS DÉPOSE PLAINTE CONTRE CNEWS POUR INJURES ET INCITATION À LA HAINE RACIALE », sur www.novethic.fr,
  23. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, « Afghanistan - Accueil en France des personnes évacuées d'Afghanistan (Vol d'évacuation du 19.08.21) », sur France Diplomatie - Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (consulté le )
  24. Par Florian Garcia Le 30 mai 2022 à 14h12, « Dans ce centre d’accueil de Corbeil-Essonnes, les réfugiés ont six mois pour trouver un logement et un emploi », sur leparisien.fr, (consulté le )
  25. « REPORTAGE. Guerre en Ukraine : "rester un peu" pour se reconstruire, le choix de Jane et ses filles, réfugiées en France », sur Franceinfo, (consulté le )
  26. Economie solidaire : Jean-Marc Borello, l’homme qui fait du social un business, Le Monde, 5 décembre 2018.
  27. (en) Julie Battilana, Vincent Dessain, Jérôme Lenhardt, SOS Group: Scaling a Social Enterprise Conglomerate, HARVARD Business Publishing, , 23 p. (lire en ligne)
  28. « Jean-Marc Borello, traversée en solidaire » (consulté le )
  29. « La gouvernance du GROUPE SOS », sur GROUPE SOS (consulté le )
  30. ANCOLS, Rapport définitif de contrôle sur la coopérative Alterna - n° 2015 - 159,
  31. « Site du groupe SOS », sur groupe-sos.org
  32. « Interview d'un administrateur bénévole du groupe sos (plus précisément à 2:20) », sur youtube.com
  33. Groupe SOS : un trésor immobilier évalué à 500 millions d’euros, Le Monde, 5 décembre 2018.
  34. « Communiqué du Groupe SOS », sur site du Groupe SOS
  35. ANCOLS, Rapport définitif de contrôle n° 2015 - 159, page 1
  36. « Mobilisons-nous pour la Clef, dernier cinéma associatif parisien », sur Libération (consulté le )
  37. « Vente du cinéma La Clef par le CSE Non à la mort de la culture ! », sur CGT Caisse d'Epargne - Île de France, (consulté le )
  38. Copélia Mainardi, « "La Clef-Revival" : la lutte pour la sauvegarde d’un cinéma associatif à Paris continue », sur www.marianne.net, 2022-01-28utc20:05:36+0100 (consulté le )
  39. Bruno Deruisseau, « Reportage à La Clef : entre sursis, soutiens tous azimuts et menace d’expulsion - Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )
  40. « Cinéma La Clef à Paris : que chacun prenne ses responsabilités », sur GROUPE SOS, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]