Groupe Saur

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Saur
logo de Groupe Saur

Création 1933[1] à Angoulême
Fondateurs Pierre Crussard
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Issy-les-Moulineaux
Drapeau de France France
Direction (président exécutif) Louis-Roch Burgard [2]
Actionnaires Principaux actionnaires :
BNP Paribas
Groupe BPCE
Activité Eau, ingénierie, travaux, loisirs, gestion de parcours de golfs et de campings
Produits Services aux collectivités locales et aux industriels
Filiales Saur, Stereau, Cise TP, Blue Green, et Flower Campings
Effectif 9 000 (chiffre 2017)
Site web www.saur.com

Dette 800 millions d' (2017[3])
Chiffre d’affaires environ 1,3 Md (2017[3])

Le groupe Saur est un ensemble d'entreprises qui accompagne les collectivités locales et les industriels dans leurs projets d'aménagement principalement liés à̀ l’eau (ingénierie, travaux, exploitation) et aux loisirs (gestion de golfs et campings). Le groupe Saur intervient en France et à l'international.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est en 1933 qu'est créée la Société d’Aménagement Urbain et Rural (Saur) à Angoulême. Elle est alors spécialisée dans les métiers de la production et de la distribution de l’eau potable et du traitement des eaux usées. En 1984, Bouygues en devient l'actionnaire majoritaire.

Saur International voit le jour en 1994, à la suite d'un accord entre Bouygues et EDF.

Le groupe Saur rachète la filiale environnement de Saint-Gobain (Cise) en 1997. Après qu'EDF ait cédé sa participation dans le capital, Bouygues devient l'unique actionnaire en 2001, et ce jusqu'en 2005. Cette année-là, Bouygues se désengage du groupe au profit de PAI partners et ne conserve que 10 % du capital.

En 2006, Bouygues vend toutes les parts de capital qu'il lui reste. En 2007, PAI partners cède ses parts à la Caisse des dépôts et consignations (47 %), Séché Environnement (33 %) et AXA (20 %). En 2008, la Caisse des dépôts et consignations et Axa Private Equity vendent respectivement 9 % et 3 % du capital à Cube Infrastructure, fonds de Natixis[4].

Les actionnaires de Saur sont liés par une convention de conservation de leurs titres ("lock-up"). Cette clause expirera en octobre 2018[5].

En 2013, face à son endettement proche de deux milliards d'euros[4], la Saur est en difficultés[6], proche de la faillite[7]. En juillet 2013, un plan de refinancement est approuvé et la dette de Hime, holding de Saur, est diminuée de moitié. L'actionnariat du groupe Saur est constitué de banques, majoritairement françaises, dont les deux principales sont BNP Paribas et le groupe BPCE[3]. Ce plan de refinancement entraine la suppression de plusieurs centaines de postes[8], le groupe est « passé tout près du gouffre »[3].

Pour trouver des relais de croissance, le groupe Saur se lance fin 2013 dans la high-tech et s'engage dans un programme de transformation numérique[9].

En décembre 2016, Paprec annonce l'acquisition de Coved, la filiale dédiée au traitement de déchets de Saur, pour entre 240 et 260 millions d’euros[10].

La direction de Saur annonce avoir réalisé pour l’’exercice 2016 un chiffre d’affaires de 1,25 milliard d’euros, hors activité propreté[11].

Le 5 avril 2017, le groupe Saur annonce la cession officielle de sa filiale propreté (Coved) à Paprec[12]. En novembre 2017, Saur annonce sa nouvelle ambition stratégique avec l’objectif de faire croître son chiffre d’affaires de 700 millions d’euros d’ici 2022[3],[13]

En novembre 2017, endettée, dans l’obligation de refinancer sa dette pour 2019 et alors qu’en octobre 2018 prendra fin la clause de conservation des titres des actionnaires de la société, la direction de Saur demande à trois banques (Natixis, Morgan Stanley et BNP Paribas) de préparer l’évolution de sa structure financière et capitalistique[14].

En avril 2018, le groupe Saur annonce qu’il va vendre 70 % de ses actions et recherche de un ou de plusieurs “partenaires stables”. Plusieurs candidats se proposent dont surtout des fonds, dont Macquarie, KKR, Global Infrastructure Partners, Mirova, Ardian et Antin Infrastructures) ainsi que des industriels comme Mitsubishi, Remondis et Aqualia[15],[5].

En juillet 2018, le fonds suédois EQT détenu par la famille Wallenberg est choisi pour reprendre Saur, l'opération devant être finalisée avant la fin de l'année[16].

Activités et Filiales[modifier | modifier le code]

Eau et assainissement[modifier | modifier le code]

Saur est un opérateur de gestion déléguée de services d’eau (gestion de l’eau potable et des eaux usées). Saur intervient pour le compte de collectivités locales et d'industriels. Saur dessert en France 6 700 communes[17],[18],[19] et sept millions de consommateurs pour les services d'eau et d'assainissement[20]. Le groupe Saur est fortement impliqué dans le développement de procédés de traitement, en particulier pour l'élimination des micropolluants[21].

Chiffres clés : 40 000 stations d'épuration et usines de traitement d'eau potable exploitées, 200 000 km de réseaux gérés, 600 millions de m3 d'eau potable produits par an[22]. En France, la Saur est le troisième opérateur pour la distribution d'eau, après Veolia et Suez[4].

Ingénierie et Construction[modifier | modifier le code]

Stereau est la filiale ingénierie du groupe Saur. Pour le compte d'entreprises industrielles ou de collectivités locales, Stereau assure « la conception[23], la construction et l'assistance à l'exploitation » de stations d’épuration et d’usines de production d’eau potable.
Stereau intervient également dans la construction d’usines de traitement des eaux de process et d’équipements de traitement des odeurs, des graisses, de réduction du volume des boues.

Chiffres clés : 50 ans d’existence - Plus de 2 500 stations clés en main - Plus de 10 millions d’habitants desservis par une station Stereau - 35 brevets actifs.

Travaux[modifier | modifier le code]

Cise TP[24] conçoit, installe et réhabilite tous types de réseaux nécessaires à la distribution de l'eau, à la collecte des eaux usées et des eaux pluviales.

Chiffres clés : 1 000 chantiers et 700 km de réseaux posés par an.

Énergie[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de l'énergie, Saur exploite pour le compte de ses clients collectivités locales et industriels des unités de production d'énergies vertes à travers la méthanisation et la valorisation de biogaz.

Loisirs[modifier | modifier le code]

  • Gestion de parcours de golfs (Blue Green)[25].
  • Gestion de campings, bases de loisirs, centres aquatiques, plages.

Saur à l'international[modifier | modifier le code]

Le groupe Saur dispose d'une longue histoire à l'international. Fondé en 1933, le groupe Saur s’est développé à l’étranger dès les années 1960, en Afrique[26] d’abord, mais aussi en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. L’arrivée de nouveaux actionnaires en 2007 a permis au Groupe de reprendre son développement, et de rapidement se déployer en Pologne[27],[28],[29], en Espagne, en Arménie et plus récemment en Arabie Saoudite[30],[31]. En juin 2010, Depuis 2010, la National Water Company (NWC) d'Arabie saoudite confie à Saur le management contract d’eau et d’assainissement des villes de La Mecque et de Taïf.

Activité de lobbying auprès de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Saur est inscrit comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. Le groupe déclare à ce titre qu'en 2013, les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement sont inférieurs à 10 000 euros[32].

Controverse[modifier | modifier le code]

Condamnations pour coupures d'eau[modifier | modifier le code]

Saur est condamné à plusieurs reprises, pour avoir coupé ou réduit l'alimentation en eau d'un client. La loi Brottes de 2013 interdit les coupures d'eau dans une résidence principale, quelle que soit la situation financière du ménage[33],[34].

Polémique autour des marges effectuées à Nîmes[modifier | modifier le code]

En mars 2018, l’émission Cash Investigation dénonce, lors d’une enquête sur le contrat liant l'agglomération de Nîmes Métropole et la Saur depuis 2002, une marge trop importante effectuée par la société Saur. En effet pour les besoins de l’enquête des journalistes ont demandé à l'expert-comptable Patrick du Fau de Lamothe de se pencher sur les comptes. Il le fait et annonce que les Nîmois paient entre 30 à 40 % leur eau trop chère. Il a également signalé que la marge effectuée par Saur à Nîmes était “deux à trois fois plus importante que celle réalisée par les opérateurs de l'eau à Cergy, Dunkerque ou Toulouse”[35],[36]. Le groupe Saur a démenti ces informations dans un communiqué en date du 24 mars 2018[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Historique », Saur, consulté le 9 novembre 2008.
  2. https://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203239105232-six-mois-apres-sa-reprise-saur-change-de-dirigeant-642572.php
  3. a b c d et e Grégoire Pinson, « Comment la Saur veut marcher sur l'eau en Arabie saoudite face à Suez et Veolia », sur challenges.com, Challenges,
  4. a b et c Alice Mérieux, « La vérité sur… le naufrage de Saur », Challenges, no 336,‎ , p. 58 à 59 (ISSN 0751-4417)
  5. a et b Reuters Editorial, « Le processus de vente de Saur a débuté-presse », FR, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  6. Jean-Pierre Rodier : « Une liquidation judiciaire de la Saur est invraisemblable », Les Échos, consulté le 8 juin 2013
  7. Saur : toujours pas d'accord entre les banques et les actionnaires, Le Monde, consulté le 13 avril 2015

    « l'entreprise de 13 000 salariés est plombée par une dette de plus de 1,6 milliard d'euros, dont elle ne parvient plus à payer les intérêts, et a jusqu'au 30 juin pour trouver une solution et éviter la banqueroute. »

  8. Le Monde Économie, 26 juillet 2013 La reprise de la SAUR par trois banques approuvée, consulté le 13 avril 2015

    « Le tribunal de commerce de Versailles a approuvé, vendredi 26 juillet, la reprise et le refinancement de la Société d'aménagement urbain et rural (SAUR) par ses banques créancières […] En l'échange du capital de Hime, le protocole signé début juillet prévoit de ramener la dette à 900 millions d'euros (contre plus de 1,7 milliard auparavant), »

  9. « Pour Saur, l'eau aussi devient connectée. », sur lefigaro.fr (consulté le 13 avril 2015)
  10. Paprec casse sa tirelire pour devenir un grand des déchets, Denis Cosnard, Le Monde, 8 décembre 2016
  11. « Saur repart à l'assaut du marché de l'eau à l'international - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 15 juin 2018)
  12. Boursorama, « Saur a cédé son activité propreté Coved à Paprec », sur Boursorama, (consulté le 6 avril 2017)
  13. « Saur repart à l'assaut du marché de l'eau à l'international », sur https://www.lesechos.fr/, (consulté le 9 novembre 2017)
  14. Reuters Editorial, « Saur fait appel à 3 banques pour préparer l'évolution de son capital », FR, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  15. « Les candidats à la reprise du groupe Saur seraient nombreux », Boursier.com, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  16. Agence France-Presse, « EQT en négociations exclusives pour le rachat de Saur », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne)
  17. http://www.vannes.maville.com/actu/actudet_-La-Saur-surveille-l-eau-bretonne-a-la-source_dep-1855018_actu.Htm
  18. http://www.laviedesreseaux.fr/Consultez-nos-themes-reseaux/Eau/Saur-ameliore-son-service-grace-a-la-technologie
  19. Centre opérationnel de pilotage : http://www.brivemag.fr/2011/03/02/le-centre-operationnel-de-la-saur-presente-aux-elus/
  20. Modernisation des techniques d'exploitation : https://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/actu/0202529594288-saur-s-adapte-au-nouveau-modele-economique-de-l-eau-533038.php
  21. [PDF] Carboplus, pour l'élimination des micropolluants : http://www.stanton-stuart.com/wp-content/uploads/2013/03/Newsletter_-Fevrier-2013.pdf
  22. Centre de pilotage opérationnel : http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/01/28/10001-20130128ARTFIG00627-saur-gere-a-distance-180000km-de-reseaux-d-eau.php
  23. https://www.ouest-france.fr/2013/02/13/crozon/Pre-reception-de-travaux-a-l-usine-d-eau-de-Poraon--64562565.html
  24. https://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-La-future-station-d-epuration-est-confiee-a-Saur-Cise-TP-_14070-avd-20130309-64711328_actuLocale.Htm
  25. http://golf.lefigaro.fr/actualite/vie-des-clubs/2011/11/28/01006-20111128ARTWWW00002-blue-green-vers-de-nouveaux-horizons-les-franchises-bg.php
  26. Station de Cambérène au Sénégal : http://www.enviro2b.com/2009/02/02/saur-inaugure-une-station-depuration-modernisee-au-senegal/
  27. SNG : http://ccifp.pl/gd_posttype_firms/saur-neptun-gdansk-s-a/?lang=fr
  28. SNG : http://www.waternunc.com/fr/saur30_2002.htm
  29. SNG : https://www.lesechos.fr/14/12/1992/LesEchos/16286-38-ECH_depuis-un-an-la-saur-bataille-ferme-a-gdansk.htm
  30. Saur en Arabie Saoudite : http://www.francebtp.com/reseaux/article/2011/04/20/53834/jointventure-entre-saur-marafiq-arabie-saoudite.php
  31. Saur en Arabie Saoudite : http://www.lefigaro.fr/societes/2011/02/07/04015-20110207ARTFIG00619-seche-environnement-s-installe-au-moyen-orient.php
  32. « Tableau des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 28 octobre 2016)
  33. Philippe Lavieille, « Saur et Veolia condamnés pour des réductions de débit d'eau », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  34. Lucile Metout, « Coupure d’eau : nouvelles condamnations pour Saur et Veolia », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  35. « Nîmes : l'Agglo et la Saur douchés par "Cash Investigation" », MidiLibre.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  36. « Cash Investigation L'eau : scandale dans nos tuyaux », (consulté le 15 juin 2018)
  37. « Emission Cash Investigation du mardi 13 mars - Contrat de Nîmes : la réalité des faits », sur https://www.saur.com/,