Groupe Guy Mocquet

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Le Groupe Guy Mocquet est un groupe de résistants F.T.P. de la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cérémonie devant la stèle du « Rocher de Valmy », en l'honneur du groupe Guy Mocquet (30 septembre 2007)

Ce groupe, dirigé par Marcel Simon est composé de jeunes hommes de Larnod et de ses environs, en banlieue de Besançon. Constitué dès juin 1940, il s'affilie aux F.T.P. en février 1943 et prend le nom de « Guy Mocquet »[1],[2]en l'honneur du jeune lycéen fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941 au camp de Châteaubriant.

Le groupe est à l'origine de plusieurs coups de main contre l'occupant jusqu'à sa dissolution en juillet 1943 après l'arrestation d'une partie de ses 31 membres entre les 1er et 6 juillet. Douze d'entre eux sont fusillés à la citadelle de Besançon le dimanche 26 septembre 1943, en même temps que quatre autres appartenant au groupe Marius Vallet[3], soit seize personnes par groupes de quatre[4],[5]. Sept autres membres connaîtront la déportation dont trois reviendront[6].

Parmi la trentaine d'attentats dont les membres du groupe sont accusés figurent des destructions d'écluses, de voies ferrées, de pylônes électriques, deux tentatives de pénétration dans le fort de Montfaucon pour dérober des explosifs, des vols de tickets d'alimentation et l'attaque d'un commissaire des douanes qui succombe à ses blessures.

Suite au procès tenu à la prison de la Butte, Il y a 17 condamnés à mort le 17 septembre 1943, dont André Montavon du groupe Alsace qui est gracié du fait de sa nationalité suisse, et déporté[7]. Les avocats de la défense ne pourront pas sauver Marcel Reddet et Henri Fertet malgré leurs jeunes âges (17 ans). Ce dernier écrit le 26 septembre à ses parents une lettre poignante qui se termine par : "...Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c'est parce que j'ai un petit crayon. Je n'ai pas peur de la mort, j'ai la conscience tellement tranquille..."

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

En forêt d'Aveney, sur un piton rocheux surplombant la vallée du Doubs, au lieu-dit « Le Rocher de Valmy », une stèle est inaugurée le dimanche 18 mai 1947 après-midi en présence d'un millier de personnes et des survivants des deux groupes. Au pied du « Rocher de Valmy » dans la forêt de Larnod, une clairière est aménagée. Tous les ans, le dernier dimanche du mois de septembre, est célébré l'anniversaire des fusillés de la citadelle. La célébration se déroule en trois temps :

  • un office religieux dans la clairière ;
  • une cérémonie civile au pied de la stèle ;
  • une cérémonie civile au monument aux morts de Larnod.
Stèle place du souvenir Larnod (25)

On note la présence à ces cérémonies de nombreux drapeaux d'associations d'anciens combattants.

Par ailleurs, place du souvenir à Larnod, une seconde stèle est inaugurée le 22 septembre 2013 à l'initiative de l'Amicale à la mémoire du groupe de résistance Guy Mocquet[8]. Elle comporte les noms des 31 membres du groupe dont Paul Ligier le dernier survivant qui décédera un an plus tard dans sa 91e année. Les noms du chef de détachement (Marcel Simon), des cinq chefs de groupe (Georges Rothamer, Raymond Aymonnin, Léon Chasez, Maurice Andrey et Raymond Tourrain), et des deux chefs d'équipe (Henri Fertet et René Roussey), précèdent ceux des autres membres dans l'ordre alphabétique.

Stèle du rocher de Valmy

Noms des Martyrs gravés sur la stèle du mémorial de Valmy[modifier | modifier le code]

Groupe F.T.P. Guy Mocquet (12 fusillés[9] et 4 morts en déportation)[modifier | modifier le code]

  • Marcel Simon
  • Raymond Aymonnin
  • Georges Rothamer
  • Henri Fertet
  • René Roussey
  • André Beche (déporté)
  • René Dard (déporté)
  • Roger Dupuy (déporté)
  • Philippe Gladoux
  • Jean Grappin
  • Paul Larequi (déporté)
  • René Paillard
  • Marcellin Puget
  • Roger Puget
  • Marcel Reddet
  • Gaston Retrouvey

Groupe F.T.P. Marius Vallet (4 fusillés[9])[modifier | modifier le code]

  • Paul Paqueriaud
  • Jean Compagnon
  • Balthazar Robledo
  • Saturnino Trabado

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Raymond Tourrain[10], Les fusillés de la citadelle ou L'histoire du groupe Guy Mocquet, CRIPES Besançon /Amicale du groupe Guy Mocquet, 1974.

Dr Henri Bon, Les seize fusillés de Besançon, Dépôt Casterman, 1946.

Jean Hauger, France...pour toi ! Editions Servir, 1946.

André Grappe et René Pelletier, A la mémoire des francs-tireurs et partisans du groupe Guy Mocquet de Larnod, 1946

Albert Ouzoulias, Les bataillons de la jeunesse / Les jeunes dans la résistance, Editions sociales, 1980.

Collectif, La vie à en mourir/ lettres de fusillés (1941-1944), Editions Taillandier 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe « Mocquet » est celle utilisée par les membres du groupe. L'écriture exacte est Môquet.
  2.  C'est Henri Fertet  qui a suggéré d' appeler le détachement "Guy Môquet" à la mémoire  du jeune Français exécuté par les Allemands à Châteaubriant et étudiant comme lui.
  3. Né le 25 août 1914 aux Verrières-de-Joux (Doubs), le résistant Marius Vallet a été condamné à mort le 28 avril 1941 et sera le premier des 100 fusillés de la citadelle de Besançon (Doubs) durant l'Occupation.
  4. à 7H36 : René PAILLARD, Gaston RETROUVEY, Henri FERTET, Marcel REDDET à 7H56 : Philippe GLADOUX, Jean GRAPPIN, Raymond AYMONNIN, Jean COMPAGNON à 8H10 : Marcellin PUGET, Roger PUGET, René ROUSSEY, Georges ROTHAMER à 8H25 : Saturnino TRABADO, Baltazar ROBLEDO, Paul PAQUERIAUD, Marcel SIMON
  5. Ils furent Inhumés par moitié, le jour même, aux cimetières de Saint Claude et de Saint Ferjeux avec défense d’y ériger un monument ou d’y inscrire une inscription. Malgré cela les tombes des victimes firent l’objet d’une dévotion de la part de la population de Besançon et des environs et ne cessèrent d’être couvertes de fleurs.
  6. Jacques Michelot, Georges Tourrain et Paul Lhomme
  7. A. Montavon rentre en France en juillet 1945. Il reprend ses études de philosophie à Paris, obtient la nationalité française et épouse sa fiancée bisontine. Après un séjour au Venezuela, il enseigne au lycée de Porrentruy de 1959 à 1982. En 1982 il prend sa retraite à Besançon et décède en 1993.
  8. « Le site de l'Amicale à la Mémoire des Résistants du Groupe Guy Mocquet », sur pascal.ligier.pagesperso-orange.fr (consulté le 7 janvier 2018)
  9. a et b Biographie sur http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?mot9227&lettre=^%5Ba%C3%A2%C3%A4A%C3%82%C3%84%5D
  10. Membre du groupe Guy Mocquet, député du Doubs de 1978 à 1981.