Grotte de Roucadour

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Grotte de Roucadour
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RoucadouVoir et modifier les données sur Wikidata
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D40
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La grotte de Roucadour est une grotte ornée préhistorique située dans le département du Lot, sur le territoire de la commune de Thémines.

Cette grotte appartient à l'État et n'est pas visitable.

C'est le site éponyme pour le Roucadourien, faciès de transition entre Paléolithique et Néolithique.

Historique[modifier | modifier le code]

Le site préhistorique de Roucadour rassemble une grotte ornée du paléolithique avec des peintures, des gravures d’animaux et des mains, un bestiaire paléolithique considéré comme l’un des plus riches et des plus anciens d’Europe, et une doline affaissée, en avant de la grotte, qui a révélé plusieurs couches du néolithique avec des restes d’ossements et de céramiques.

La grotte de Roucadour située sur le causse de Gramat est connue depuis la fin du XIXe siècle. Elle a été explorée par Édouard-Alfred Martel en 1890.

Édouard-Alfred Martel est revenu avec André Niederlender dans la grotte, en 1925. Ce dernier y a découvert quelques céramiques.

Les fouilles de la doline située devant la grotte ont eu lieu entre 1951 et 1957 et ont été publiées en 1967. Après l'abandon des fouilles, la grotte a été visitée par le groupe spéléologique de Saint-Céré qui a découvert une grande quantité de céramiques dans la cavité principale. Au cours de ces explorations, une sépulture a été découverte au nord de la grotte par Michel Lorblanchet et les résultats de l'étude ont été publiés en 1964.

En 1962, deux spéléologues membres du Spéléo-club de Brive, Pierre Taurisson et Jean-Paul Coussy, y ont découvert des peintures et des gravures pariétales dans la galerie secondaire. L'abbé André Glory a été chargé de l'étude de la grotte de Roucadour. Mais il est mort dans un accident de voiture en 1966 avec son collaborateur l'abbé Jean-Louis Villeveygoux.

L'État a acheté la grotte en 1992[1].

Michel Lorblanchet, directeur honoraire de recherche au CNRS, a été chargé d'en faire l'étude complète. Pour ce faire, il a constitué en 2002 une équipe internationale pluridisciplinaire d'une dizaine de chercheurs et d'étudiants.

Jean Gascó a étudié la continuité des occupations du site sur près de dix mille ans, d'abord une halte de chasse, puis un habitat permanent du Mésolithique et du Néolithique.

La grotte a donné son nom à un faciès culturel de transition entre le Mésolithique et le Néolithique, le Roucadourien, notamment dans la couche C qui est datée au 14C à 3 980 + 307/- 296 - corrigée à environ 4200 av. J.-C. pour tenir compte de l’effet Suess ; mais cette date reste à confirmer[2]. La couche inférieure est typique du Néolithique ancien continental du Sud-Ouest[3]. La notion de Roucadourien est cependant contestée, seuls quelques sites du rebord méridional du Massif central pouvant témoigner de contacts entre chasseurs-cueilleurs mésolithiques et agriculteurs néolithiques[4].

Description physique[modifier | modifier le code]

Édouard-Alfred Martel a décrit la grotte dans son livre Les Abîmes comme étant « une ancienne « goule » ayant absorbé un courant superficiel durant la fin du tertiaire et le début du quaternaire ». Elle comprend une galerie principale aux dimensions imposantes (15 à 20 m de largeur pour 15 m de hauteur maximum). Sa longueur n'est que de 280 m. Une petite galerie adjacente qui n'était pas connue de Martel a ensuite été découverte après le dégagement d'une « chatière ». Elle a une longueur d'une trentaine de mètres, une largeur de 5 à 7 m.

Un grand effondrement s'est produit à la fin du paléolithique supérieur obstruant la salle où ont été découvertes les peintures.

Les œuvres[modifier | modifier le code]

La grotte de Roucadour est ornée de 495 figurations pariétales connues, comprenant 139 représentations animales dont 43 chevaux, 22 félins, 16 mégacéros, 11 bisons, 9 mammouths et quelques représentations d'autres espèces animales dont un oiseau et un ours. On y a aussi trouvé 213 signes géométriques dont 44 cercles échancrés caractéristiques de Roucadour, ainsi que d'autres motifs comprenant une série de mains négatives rouges et noires.

D'après André Glory, les peintures découvertes dans la « salle des peintures » montrent que la grotte a été occupée au paléolithique supérieur, à l'Aurignacien II-III et peut-être au Gravettien. L'absence de recherche en profondeur ne permet pas de préciser si la grotte a alors été seulement un lieu rituel ou un habitat.

Les premiers occupants connus sont venus s'installer après la fin de cet effondrement. Des restes de foyers ont été trouvés dans la « salle de la Grande colonne ». Cette salle a été occupée jusqu'à l'époque gallo-romaine. Un point d'eau bien protégé a peut-être été à l'origine de l'occupation de la doline. Le matériel qui y a été découvert est proche du Bronze final Ib et IIa comme l'épée de type Erbenheim qui y a été trouvée.

Protection[modifier | modifier le code]

La grotte a été inscrite au titre des monuments historiques le [5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Lorblanchet, « L’historique des recherches menées dans la grotte ornée de Roucadour, dans le Lot », sur actu.fr, (consulté le 10 janvier 2020).
  2. [Roussot-Larroque 1987] Julia Roussot-Larroque, « Les deux visages du Néolithique ancien d’Aquitaine », dans Jean Guilaine, Jean Courtin, Jean-Louis Roudil et al., Premières communautés paysannes en Méditerranée occidentale (Colloque international du C.N.R.S.), CNRS Éditions, coll. « Histoire », , 764 p., sur books.openedition.org (lire en ligne), p. 681-691, paragr. 35.
  3. Roussot-Larroque 1987, paragr. 33.
  4. Marchand (1999).
  5. « Grotte préhistorique à décorations pariétales, dite de Roucadou », notice no PA00095275, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Abîmes : les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spéléologie : explorations souterraines effectuées de 1888 à 1893 en France, Belgique, Autriche et Grèce, p. 342, Librairie Charles Delagrave, Paris, 1894 (lire en ligne)
  • André Niederlender, Raymond Lacam, Jean Arnal (1907-1987), Mors en bois de cerf de Roucadour (Lot), p. 515-517, dans Bulletin de la Société préhistorique de France, 1953, tome 50, no 9 (lire en ligne)
  • Guy Tamain, Contribution à l'étude du gisement de Roucadour, Thémines (Lot), p. 726-741, dans Bulletin de la Société préhistorique de France, 1960, tome 57, no 11 (lire en ligne)
  • P. Taurisson, J.-P. Coussy , La grotte de Roucadour (Lot), p. 108-110, dans Bulletin de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze, Brive, 1964, tome 85
  • Michel Lorblanchet, La sépulture de Roucadour, Commune de Thémines, Lot, p. 43-50, dans Bulletin de la Société préhistorique française. Comptes rendus des séances mensuelles, 1964, tome 61, no 2 (lire en ligne)
  • André Glory, La grotte de Roucadour (Lot), p. 166-169, dans Bulletin de la Société préhistorique française, 1964, t. LXL,
  • André Glory, Le pallean III peint et gravé à Roucadour, p. 135-142, dans Bulletin de la Société d'études et de recherches de la préhistoire, Les Eyzies, 1965, no 15
  • Jean Arnal, J.-L. Couchard, Michel Lorblanchet, La grotte de Roucadour (Thémines. Lot), p. 55-91, dans Archivo de Prehistoria Levantina, 1969, Valencia, Espagne, Tome XII (lire en ligne)
  • Michel Lorblanchet, Grotte de Roucadour, p. 511-514, dans L’art des cavernes, Imprimerie Nationale, Paris, 1984
  • Grégor Marchand, La Néolithisation de l'ouest de la France. Caractérisation des industries lithiques, vol. BAR International Series 748 (thèse), Oxford,
  • Gilles Fau, Jean Gascό, Histoire des fouilles et découvertes archéologiques à Roucadour (Thémines-Lot) 1925-2000, Association Racines – Alvignac (Lot), 2001 ; 106 p.
  • Jean Gascó, Karim Gernigon, Découverte d'une ou deux statuettes anthropomorphes en céramique dans le Chasséen de la doline de Roucadour (Thémines, Lot), p. 307-312, dans Bulletin de la Société préhistorique française, 2002, tome 99, no 2 (lire en ligne)
  • Jean Gascó, La stratigraphie de l’Age du Bronze et de l’Age du Fer à Roucadour (Thémines, Lot), p. 521-545, dans Bulletin de la Société préhistorique française, 2004, tome 101, no 3 (lire en ligne)
  • J.-P. Coussy, Roucadour (Lot), L’art initial gravé, éditions Résurgences-Apec, Hermies, Cajarc, 2005 ; 128p.
  • Michel Lorblanchet, Roucadour, la plus riche grotte ornée du Quercy, Quercy-recherche, 2007, no 128
  • Michel Lorblanchet, Brigitte et Gilles Delluc, Jean-Marie Le Tensorer, Guy Bariviera, Josseline Bournazel J., 2009 : Roucadour quarante ans plus tard, Préhistoire du Sud-Ouest, n°17-2009-1, p. 5-94, plans, tableaux et relevés.
  • Anne Filippini, avec la collaboration de Jean-Pierre Girault, Jean-Marie Pailler, Didier Rigal, Carte archéologique de la Gaule. Le Lot. 46, p. 220-221, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2010 (ISBN 978-2-87754-253-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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