Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest

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Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest
Jean Léonor Le Gallois de Grimarest.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 54 ans)
Paris
Activité
Mathématicien, théoricien des fortifications, historien militaire, maître de langue, biographe
Œuvres principales
La Vie de M. de Molière, Les Campagnes de Charles XII, Traité du récitatif

Jean-Léonor Le Gallois, sieur de Grimarest[1], né et baptisé[2] en mai 1659 à Bernières-sur-Mer, mort à Paris le , est un polygraphe français de la fin du règne de Louis XIV. Tout à la fois mathématicien et théoricien des fortifications, historien militaire et maître de langue, son nom reste attaché à celui de Molière, dont il fut, trente-deux ans après sa mort, le premier véritable biographe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné de François Le Gallois (1633-1693) et de Marie Le Coq[3], Grimarest est Issu d’une famille de petite noblesse normande. Son grand-père paternel, Robert Le Gallois, s’établit dans les années 1620 à Paris, où, devenu en 1626 valet de chambre de la reine mère Marie de Médicis[4], puis «lieutenant de robe courte de la prévôté de l’hôtel», il épouse, le 11 février 1631, Marie de Saint-Aubin, fille d’un riche chapelier de la capitale, alors âgée de dix-sept ans[5]. Ils auront trois enfants, qui, après la mort prématurée de leur père, seront élevés en Normandie.

La cadette, Marie-Élisabeth, sera mariée au petit-fils ou petit-neveu de Jacques de Cahaignes, célèbre médecin de Caen. Le cadet, Tanneguy Le Gallois, dit le Chevalier de Beaujeu (163 ?-1711), officier de la marine royale, sera successivement lieutenant de vaisseau (1667), capitaine de frégate (1671), capitaine des vaisseaux (1672), pour finir capitaine du port du Havre.

L’aîné, François Le Gallois (1633 ?-1693), père de Grimarest, tout en héritant de la charge de lieutenant de robe courte de son père[6], se fait un nom dans le monde des lettres et de l’érudition scientifique. Proche de deux illustres Caennais, Pierre-Daniel Huet et André Graindorge[7], il vient à Paris, où il devient le « secrétaire » de l’académie de l’abbé Bourdelot. En 1672 et 1674, il en publie les Conversations[8],[9], dédiées successivement au duc d’Enghien, fils du Grand Condé, et à « l'abbé Huet », alors sous-précepteur du Dauphin[10]. En 1680, il fait paraître un Traité des plus belles bibliothèques de l’Europe[11] et une Lettre de Mr Le Gallois à Mademoiselle Regnault de Solier touchant la musique[12],[13]. Dans la seconde moitié des années 1680, il collabore à diverses revues savantes publiées en Hollande ou en Allemagne[14], dans lesquelles il fait paraître de copieux comptes rendus critiques d’ouvrages d’érudition rédigés en latin, dont six ans après sa mort son fils publiera un recueil d’extraits sous le titre de Commerce savant et curieux.

Le compilateur anonyme des Furetieriana publiés en 1696[15] prête à l'auteur du célèbre Dictionnaire quelques lignes élogieuses sur l'éditeur des Conversations de l'Académie Bourdelot : « Mr Le Galloys (sic), […] était plus savant qu’il ne le paraissait et plus mal avec la fortune qu’il ne devait l’être, mais le tribunal des lettres est celui où il y a de plus méchants juges. Il était aimé de tous ceux qui le connaissaient, parce que c’était un homme de bien. » De toutes les infortunes de François Le Gallois, la plus lourde de conséquences est d’avoir été arbitrairement prénommé Pierre par le bibliographe Charles Weiss dans le seizième volume de la Biographie universelle ancienne et moderne de L.G. Michaud (première édition, 1816)[16], suivi en cela par tous les auteurs des siècles suivants[17].

On ignore ce que furent précisément les études de Jean-Léonor, et où il les fit. Elles durent être sérieuses, puisqu'il enseignera pendant des années les mathématiques, le dessin, l'art de la guerre et des fortifications, et sera plus tard « maître de langue » et de déclamation à Paris.

Au cours du printemps 1684 (il a alors vingt-cinq ans et se dit déjà sieur de Grimarest), il épouse Jeanne Forfait (ou de Forfait), d'une famille caennaise, et emménage rue du Four, au faubourg Saint-Germain, « dans un appartement de huit pièces meublées convenablement à une personne de son état [18]». Le couple y demeurera jusqu’en 1710 environ, date à laquelle il déménagera pour la rue de Tournon, puis pour la rue de Vaugirard, où Grimarest décèdera. Ils auront trois fils : Charles-Honoré (1685-173?)[19], qui sera maître de langue et de mathématiques à Paris, Robert-Tanneguy (1693-17??), et Jean-Henri (1695-176?), qui en 1715 partira pour l'Espagne, où il fera souche sous le nom de Juan Enrique Legallois y Grimarest et se fera connaître comme ingénieur militaire et auteur, en 1747, d’une grammaire française à l'usage des hispanophones[20],[21].

Depuis quelque temps, peut-être même quelques années, le jeune Grimarest remplit à Paris les fonctions de chargé d'affaires de son oncle le capitaine de Beaujeu[22]. Au cours de la décennie suivante, il enseigne « l'art de la guerre » et des fortifications (ses écrits attestent son admiration pour Vauban), ce qui l'amène à séjourner dans diverses places fortifiées des marches septentrionales et méridionales du royaume[23], et à participer, au moins en tant que spectateur et expert, à quelques-uns des grands sièges et batailles des années 1690[24].

C'est dans ce cadre, sans doute, et au cours des dernières années du siècle, qu'il entre au service du maréchal-duc Anne-Jules de Noailles, dont il deviendra l'intendant[25]. C'est dans le même cadre peut-être, et au cours des mêmes années, qu'il entre en relation avec Jean Racine et sa famille, qui demeurent non loin de chez lui, dans la rue du Marais, aujourd'hui rue Visconti[26]. L'aîné des fils du poète, Jean-Baptiste, est alors en classe de rhétorique puis de philosophie au collège de Beauvais, où il a pour condisciple et ami Adrien-Maurice de Noailles, comte d'Ayen, son aîné de deux mois.

Au printemps 1700, Grimarest fait paraître, sous le titre Commerce de lettres savantes et curieuses, un recueil de sept études aux sujets très disparates, dont deux ou trois sont assurément de lui[27]. L'épître dédicatoire, signée « De G*** » et adressée au comte d'Ayen, fait connaître à demi-mots les liens de familiarité qui existent entre l'éditeur et le dédicataire[28].

[…]

La Vie de M. de Molière[modifier | modifier le code]

Publiée en 1705, La Vie de M. de Molière se présente comme la première biographie de Molière[29], avec pour ambition de « le faire connaître tel qu'il était » et de dissiper « une infinité de fausses histoires » que l'on racontait sur lui. Le biographe a conscience de travailler pour la postérité, car les pièces de Molière, « représentées sur tant de théâtres, traduites en tant de langues, le feront admirer autant de siècles que la scène durera » (p. 2). Il affirme avoir mené une véritable enquête et consulté nombre de personnes. Il s'est surtout entretenu avec le comédien Michel Baron, auquel il doit nombre de détails et d'anecdotes dont ce dernier a été témoin. Il mentionne aussi Jean Racine ainsi qu'Esprit Madeleine Poquelin, seule survivante des quatre enfants de Molière et Armande Béjart.

Cet ouvrage sera la source de toutes les biographies écrites pendant plus d'un siècle, et ce en dépit des critiques virulentes qui lui seront adressées. Ainsi, dès l'année suivant la publication, Nicolas Boileau, qui, à partir de 1663, avait été proche de Molière, se montre particulièrement sévère à l'égard de Grimarest. Son correspondant et interlocuteur, l'avocat Claude Brossette, lui ayant écrit de Lyon, le 8 mars 1706 : « Nous avons ici depuis longtemps la Vie de Molière, par M. Grimarest. Cet ouvrage n'est pas trop bien écrit, et il y manque bien des choses. D'ailleurs, c'est moins la Vie de Molière que l'histoire de ses comédies. Une seconde édition, corrigée pour le style et augmentée pour les faits, serait bien agréable. Mais quand la verrons-nous ? », le vieux satiriste répond quatre jours plus tard : « Pour ce qui est de la Vie de Molière, franchement ce n’est pas un ouvrage qui mérite qu’on en parle. Il est fait par un homme qui ne savait rien de la vie de Molière, et il se trompe dans tout, ne sachant pas même les faits que tout le monde sait[30].» Ce jugement négatif pourrait avoir été suscité par le récit que fait Grimarest d'une anecdote où Boileau n'apparaît guère à son avantage : alors qu'il faisait la morale à Chapelle, il se laisse entraîner dans un cabaret tout proche où ce dernier l'enivre[31].

Cette attitude de dénigrement systématique à l'égard de l'ouvrage de Grimarest sera reprise par de nombreux auteurs, à commencer par Voltaire, dont la Vie de Molière (1739) n'est pourtant « qu'un raccourci de [l'ouvrage] de Grimarest[32] ». En 1847, Anaïs Bazin reproche à Grimarest d'être « un homme sans nom, sans autorité, sans goût, sans style, sans amour au moins du vrai, un de ces besogneurs subalternes qui touchent à tout et gâtent tout ce qu'ils touchent[33]... ». Gustave Michaut le qualifie de « biographe marron… écrivain suspect et sans autorité… obscur auteur d’obscurs ouvrages[34]. » Après avoir signalé que Grimarest est lui-même l'auteur de la « Lettre critique » qui fait suite à sa Vie de Molière, afin de pouvoir se justifier dans la « Réponse »[35], Michaut relève systématiquement les erreurs du biographe.

On trouve des jugements plus nuancés sur cet ouvrage dans les notices d'Auguste-Poulet Malassis à l'édition de 1877[36], de Léon Chancerel et de Georges Mongrédien. Florence Filippi, qui retrace « la double tradition biographique des vies de Molière » montre que « Les biographes du XIXe siècle vont s'employer davantage à contredire Grimarest qu'à donner leur version de la vie de Molière. En définitive, chaque biographe prétend démentir ce qui a été dit précédemment, selon une logique de construction et reconstruction successives[37]. » Dans sa biographie de Molière[38], Roger Duchêne confronte systématiquement des éléments du récit de Grimarest aux faits établis par l'historiographie moliéresque.

Œuvres de Grimarest[modifier | modifier le code]

  • Commerce de lettres curieuses et savantes, Paris, André Cramoisy, la Veuve R. Chevillon, Guillaume Cavellier et Charles Osmont, 1700.
  • La Vie de M. de Moliere, Paris, Jacques Le Febvre, 1705, consultable sur Google Livres. Ce livre a connu de nombreuses rééditions au cours des trois siècles suivants, dont La Vie de M. de Molière : avec une notice par A.-P. Malassis, Paris, (lire en ligne) ; Vie de Monsieur de Molière par Jean-Léonor Gallois (sic) sieur de Grimarest, réimprimée d'après le texte de 1705, suivie de la Lettre critique et de la Réponse à la Lettre critique, et précédée d'une notice biographique et critique de Léon Chancerel, Paris, La Renaissance du livre, coll. "Bibliothèque de l'amateur de théâtre", 1930, et La Vie de M. de Molière, édition critique par Georges Mongrédien, Paris, Michel Brient, 1955 ; réimp. Slatkine Reprints, 1973.
  • Les Campagnes de Charles XII, roi de Suede (4 volumes publiés à Paris, chez Jacques Le Febvre et Pierre Ribou, de 1705 à 1711)[39]. Les deux premiers volumes ont été publiés également à Stockholm en 1707. Réédition à La Haye, 1731, sous le titre Les Campagnes de Charles XII, roi de Suède, par M. de Grimaret (sic), auteur de la Vie de Mr de Moliere». 4 tomes en 2 volumes.
  • Lettre critique à Mr. de *** sur le livre intitulé, La Vie de Mr. de Moliere, Paris, Claude Cellier, 1706[40].
  • Adition [sic] à la Vie de Monsieur de Moliere, contenant une réponse à la critique que l'on en a faite à Paris, Paris, Jacques Le Febvre et Pierre Ribou, 1706[41].
  • Traité du récitatif dans la lecture, dans l'action publique, dans la déclamation, et dans le chant. Avec un traité des accens, de la quantité & de la ponctuation, Paris, Jacques Le Febvre et Pierre Ribou, 1707[42]. Nouvelle édition, corrigée et augmentée de plusieurs remarques nécessaires, Rotterdam, 1740. Réédition critique dans Sabine Chaouche (éd.), Sept traités sur le jeu du comédien et autres textes. De l'action oratoire à l'art dramatique (1657-1750), Paris, Honoré Champion, p. 263-381.
  • Traité sur la manière d'écrire des lettres et sur le cérémonial, avec un discours sur ce qu'on appelle usage dans la langue françoise. Par Mr. de Grimarest. La Haye, Adrian Moetjens, 1709, consultable sur Google Livres. Rééditions Paris, 1735, et sous le titre Considérations sur le stile épistolaire et le Cérémonial dans la commerce de lettres, Nancy, 1755, consultable sur Internet Archive.
  • Fonctions des généraux, ou l'art de conduire une armée, contenant la pratique des marches, campemens & évolutions des armées, &c. par Mr. de Grimaret (sic), La Haye, Pierre Husson, 1710[43].
  • Éclaircissemens sur les principes de la langue françoise, Paris, Florentin Delaulne, 1712[44],[45], réédition Genève, Slatkine, 1972.
  • Figures de la fortification ou Architecture militaire à la françoise, 1710, manuscrit conservé à la « Bibliothèque de tradition « de la DGER des Écoles de Saint-Cyr-Coëtiquidan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La documentation donne à lire plusieurs orthographes différentes : Grimarais, Grimaretz, Grimarets, Grimaret.
  2. Sur les curieuses circonstances de ce baptême, voir Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790. Calvados. Archives civiles. Série E Supplément, tome premier, Arrondissement de Caen, Caen, 1897, p. 392.
  3. Fille de Michel Le Coq, sieur du Verger, bourgeois de Caen.
  4. État de la maison du roi Louis XIII, de celles de sa mère, Marie de Médicis, de ses sœurs, etc., publié par Eugène Griselle, Paris, 1912, p. 75.
  5. Factum pour François Le Gallois, écuyer, Tanneguy Le Gallois, écuyer, sieur de Beaujeu, capitaine entretenu dans la marine, et dame Marie-Élisabeth Le Gallois, veuve de Nicolas de Cahaigne, écuyer, sieur de Boismorel, héritiers par bénéfice d'inventaire de défunt Robert Le Gallois, leur père, écuyer, lieutenant de la prévôté de l'Hôtel, intimés, appelants, demandeurs et défendeurs, Contre dame Marie de Saint-Aubin, veuve en secondes noces de Jean Onfroy, conseiller, secrétaire du Roi, et Monsieur Maître Thomas du Moustier, seigneur de Canchy, conseiller au parlement de Rouen, comme ayant épousé dame Marie-Anne Onfroy, fille et héritière du sieur Onfroy, appelants, intimés, défendeurs et demandeurs. Bibliothèque nationale de France, Z-THOISY-446. <Fol. 198>]
  6. Une charge dont il est dépossédé par son beau-père Jean Onfroy, avant même de l'avoir exercée.
  7. Le Gallois fera de ces deux compatriotes un éloge dithyrambique dans la préface de la première édition (1672) de ses Conversations de l'Académie de Monsieur l'abbé Bourdelot, Paris, 1672, p. 33-37.
  8. « Conversation de l'Académie », sur Gallica
  9. « Conversations de l'Académie »
  10. Dans sa Vie de M. de Molière, Grimarest rendra hommage à son tour à Huet, dont il citera des vers latins écrits par l'«illustre prélat» après la mort de Molière.
  11. « Traité des plus belles bibliothèques », sur Gallica
  12. « Lettre du Sr Le Gallois », sur Gallica
  13. Il a également traduit plusieurs ouvrages du latin, dont l'Oraison funèbre de François de Vendôme, duc de Beaufort, prononcée par le R.P. Estienne Cosme (Paris, Olivier de Varennes, 1670) et, s'il faut en croire le compilateur des Furetieriana, la Philosophia vetus et nova de son compatriote Jean-Baptiste Du Hamel. On peut en outre avec quelque probabilité lui attribuer la paternité des articles critiques réunis dans le Commerce savant et curieux que son fils fera paraître en 1699.
  14. Les Nouvelles de la république des lettres de Pierre Bayle, l'Histoire des ouvrages des savants des frères Basnage de Beauval, la Bibliothèque universelle et historique de Jean Le Clerc.
  15. L'homme qui a "mis au jour" ces Furetieriana, publiés simultanément à Paris et à Bruxelles, serait, selon le Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque du Roy, Paris, 1750, tome II, p. 173, un "sieur Guy-Marais", dont le nom n'apparaît nulle part ailleurs dans la bibliographie française de l'époque classique, et qui pourrait bien être Grimarest lui-même.
  16. « Biographie universelle »
  17. Deux références autorisent à faire cette rectification : 1) une lettre de Pierre-Daniel Huet du 29 décembre 1713 en réponse au R.P. Martin qui lui demandait s'il avait connu Grimarest, décédé à Paris quelques mois plus tôt : « Je ne connaissais le sieur de Grimarais (sic) dont vous me parlez que par quelques-uns de ses ouvrages, mais j'ai fort connu le sieur Le Galois (sic) son père, frère utérin de Me de Canchy. Il m'a dédié autrefois une relation des Conférences de Mr Bourdelot. [«Correspondance de P.-D. Huet et du P. Martin, suite et fin», dans Revue catholique d'histoire, d'archéologie et littérature de Normandie, 15 mars 1898, p. 364 ; 2) une page du Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe, dans laquelle l'auteur se réfère à son «frère, qui est capitaine entretenu dans l'armée navale de Sa Majesté…[1]», c'est-à-dire à Tanneguy Le Gallois de Beaujeu.
  18. Factum du 24 novembre 1708.
  19. Simples coïncidences sans doute, l'aîné des fils de Grimarest naquit le 17 février 1685, date anniversaire de la mort de Molière, et fut tenu le lendemain sur les fonts baptismaux de Saint-Sulpice par Charlotte-Christine de Lorraine, petite nièce de Louise-Marguerite de Lorraine, princesse de Conti, à qui, en 1623, François de Molière d'Essertines avait dédié sa Polyxène.
  20. Nueva Gramatica francesa con un nuevo methodo para aprender a pronunciar. Compuesta Por el Teniente Coronel Don Juan Enrique Le Gallois de Grimarest, Parisiense, Ingeniero en Gefe de los exercitos, Plazas, y fronteras de [el] Rey Catolico Fernando Sexto. Dia 9 de julio, año 1747. En Pamplona, por los Herederos de Martinez Impressores de Su Ilustrissima.
  21. Son fils Valentin et plusieurs de ses descendants s’illustreront dans les armes et la politique en Espagne, au Mexique et à Cuba. Parmi les actuels descendants hispanophones de Grimarest, on peut signaler le grand chanteur de flamenco Pepe Collantes, né José Collantes de Terán y Legallois de Grimarest (El País du 11 septembre 2004).
  22. Voir ce que ce dernier écrit de Rochefort, le 8 juin 1684, à son correspondant Cabart de Villermont : « Mon neveu me mande que vous lui conseillez, à la sollicitation de ma belle-sœur, d’abandonner mes affaires et que vous auriez dit que vous sauriez bien empêcher qu’il ne les poursuivît. Mandez-moi, je vous prie, ce que cela veut dire, car je n’y entends rien. Je le crois un peu prévenu contre vous et beaucoup contre ma belle-sœur, et je fais ce que je peux pour le désabuser. Aidez-moi, je vous prie, à cela, car j’ai absolument besoin de lui dans mes affaires, qu’il connaît à fond et dont il a le secret. »
  23. Voir la lettre que sa veuve en écrira quelque temps après sa mort, en octobre 1713 : « J’ai aussi son Cours militaire, qui contient quatre volumes, et deux autres volumes qui sont des discours sur les places frontières de Flandre, de Catalogne et de Roussillon, dans lesquels il fait l’histoire de chaque ville et fait voir les raisons pourquoi elles sont fortifiées de telle et telle manière. Ce sont ces discours qu’il faisait publiquement dans le commencement qu’il a enseigné l’art de la guerre, qui ont contribué à lui acquérir la réputation qu’il a eue et qui l’ont fait connaître. »
  24. En témoigne l'étude intitulée Fonctions des généraux, ou l'art de conduire une armée, qu'il fera paraître en 1710, alors qu'il aura mis fin depuis plus de dix ans à ces activités pédagogico-militaires, et où s'exprime l'admiration de Grimarest pour certains des plus illustres généraux ou ingénieurs de la fin du siècle.
  25. Un factum qu'on peut dater de l'année 1701 ou 1702 et qui représente le dernier acte du procès qui depuis vingt ans oppose les trois enfants de Robert Le Gallois à leur mère, leur beau-père et leur demi-sœur (BNF, FOL-FM-9368), présente Grimarest en ces termes : « Jean Léonor Le Gallois, écuyer, sieur de Grimarest, intendant de monsieur le maréchal duc de Noailles ».
  26. La familiarité de Grimarest avec la famille Racine est attestée par deux lettres du poète à son fils Jean-Baptiste, datées du 24 septembre et du 3 octobre 1694. Voir Œuvres de J. Racine, éditées par Paul Mesnard, Paris, Hachette, 1870, tome VII, p. 122 et 130. Ces documents donnent à supposer que Grimarest assurait peut-être auprès du jeune Racine un enseignement de mathématique et d'art des fortifications.
  27. 1ere lettre : « Explication physique, historique et morale des fables en général » ; 2e lettre : «  Dissertation sur le défaut qu'on reprochait à Tite-Live et auquel on a donné le nom de patavinité » ; 3e lettre : « Traité des gladiateurs, spectacle que les Romains avaient accoutumé de donner au public » ; 4e lettre : « Explication du ris [= rire], à l'occasion d'un enfant qui est venu au monde en riant » ; 5e lettre : « Remarques critiques sur la première lettre du Dictionnaire de M. de Furetière » ; 6e lettre : « Lettre sur les fortifications, où l'on fait voir les erreurs qui se sont glissées dans la méthode d'apprendre et d'enseigner cette science » ; 7e lettre : « Remarques sur les sciences, sur la connaissance des livres et sur les bibliothèques ».
  28. Monsieur, C'est vous donner de faibles marques des sentiments respectueux que j'ai pour vous que de vous offrir un livre […] Il ne saurait avoir un protecteur plus assuré que vous, si vous daignez lui en servir ; rien n'est au-dessus de vos connaissances. C'est un sensible plaisir pour moi que d'avoir occasion de le dire au public. Tout le monde vous a déjà vu sur la frontière mettre heureusement en œuvre toutes les maximes de la guerre, mais personne ne sait peut-être aussi particulièrement que moi que vous ne jugez si sûrement de ces événements que parce que vous n'ignorez aucune des choses qui conduisent à cette noble connaissance. Qu'il me soit permis, Monsieur, de publier encore, sans intéresser votre modestie qui a pris soin de le cacher, que les auteurs anciens vous sont aussi familiers que les modernes. Vous n'en devez point rougir, […] Le Roi, toujours heureux dans ses jugements, a fait voir à toute la terre, par ses bienfaits, qu'il reconnaissait en vous des vertus qui en sont dignes. C'est là votre éloge, bien au-dessus des expressions les plus élevées dont je pourrais me servir pour vous faire connaître tel que vous êtes. Je me tais et je me retranche à vous souhaiter autant d'occasions que votre sage conduite nous promet d'heureux événements, et à vous assurer par avance, Monsieur, que jamais personne n'en sera plus touché que moi… »
  29. Si l'on met à part la courte préface à tonalité biographique qui ouvre la grande édition (posthume) des Œuvres de M. de Molière en 1682.
  30. Lettre CXVII, 12 mars 1706, dans Correspondance Boileau-Brossette, éd. Auguste Laverdet, Paris, J. Techener, 1858, p. 214[2].
  31. Vie de Molière, p. 132-133.
  32. Filippi 2012, p. 198.
  33. Les Commencements de la vie de Molière, p. 270.
  34. Michaut 1932, p. 133.
  35. Michaut 1932, p. 134.
  36. Vie de M. de Molière.
  37. Filippi 2012, p. 193.
  38. Roger Duchêne, Molière, éd. Fayard, 1998.
  39. « Les Campagnes de Charles XII, tome premier », sur Google Livres
  40. « Lettre critique », sur Google Livres
  41. « Addition à la Vie de Monsieur de Molière », sur Google Livres
  42. « Traité du récitatif », sur Gallica
  43. Grimarest, Fonctions des généraux (lire en ligne)
  44. Grimarest, Eclaircissemens sur le principes de la langue françoise (lire en ligne)
  45. « Éclaircissemens sur les principes », sur Google Livres

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Bovet, « Au miroir de la déclamation : la voix de la lecture touchante dans la nouvelle du second XVIIe siècle », Tangence 96, (2011): 65–84, accessible en ligne.
  • Léon Chancerel, Lettre-préface à La Vie de Monsieur de Molière, réimpression, Paris, 1930.
  • Florence Filippi, « Les vies de Molière (XVIIIe-XIXe siècles) : du parcours exemplaire à l'hagiographie », dans Martial Poirson, Ombres de Molière, Armand Colin, 2012, 441 p. (lire en ligne), p. 189-210. Seul un tiers de l'article est accessible en ligne.
  • Margaret McGowan, « Autour du Traité du récitatif de Grimarest », XVIIe siècle, juillet-septembre 1981, p. 303-317, consultable sur Gallica.
  • (de) Wilhelm Mangold, « Grimarest's Vie de Molière, ihre Glaubwürdigkeit und ihr Werth » [La Vie de Molière de Grimarest, sa crédibilité et sa valeur], Molière und seine Bühne. Molière-Museum, II, V, 105-131, Wiesbaden, 1884, consultable sur Internet Archive.
  • Catherine Massip, « De l'air sérieux au récitatif : définitions et pratique », dans La Fabrique des paroles en musique en France à l'Âge classique, textes réunis par Anne-Madeleine Goulet et Laura Naudeix, Wavre (Belgique), Mardaga, p. 101-110, lire en ligne.
  • Gustave Michaut, « La Biographie de Molière », Annales de l’Université de Paris,‎ , p. 125-147 (lire en ligne). Article repris dans Gustave Michaut, Pascal Molière Musset, essais de critique et de psychologie, Paris, Alsatia, 1942, p. 121-138.
  • Georges Mongrédien, introduction à La Vie de M. de Molière, éd. critique, Paris, Michel Brient, 1955, p. 8-32.
  • Georges Mongrédien, « Les biographes de Molière au XVIIIe siècle », Revue d'histoire littéraire de la France, juillet-septembre 1956, p. 342-354.
  • (en) Arthur Tilley, « Grimarest's Life of Moliere », The Modern Language Review, vol. 13, n° 4 (october 1918), pp. 439-454.
  • Jacques Truchet, « La Vie de Molière de Grimarets (sic) portée à la scène par Goldoni et par Sébastien Mercier », dans Mélanges historiques et littéraires sur le XVIIe siècle offerts à Georges Mongrédien par ses amis, Société d'études du XVIIe siècle, 1974, p. 367-376.
  • Claudio Vicentini, La teoria della recitazione. Dall'antichità al Settecento, Venise, Marsilio Editori, 2012 ; traduction anglaise sous le titre Theory of acting from Antiquity to the Eighteenth Century, Acting Archives, 2012, p. 95-99, accessible en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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