Greta Saur

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Greta Saur
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Naissance
Décès
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VillejuifVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Lieu de travail

Greta Sauer (Saur), née le à Bregenz (Autriche) et décédée le à Villejuif, (Val-de-Marne, France) est une peintre non figurative de nationalité allemande appartenant à la nouvelle École de Paris qui a réalisé la quasi-totalité de son œuvre à Paris (rue Broca) et en région parisienne, à Bagneux (Hauts-de-Seine).

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Depuis 1937 : dessins, gouaches, collages puis, plus tard, peintures et « objets d’ombres » ; rencontres amicales avec Fernand Léger, Robert Delaunay, Vassili Kandinsky, Otto Freundlich, Serge Poliakoff, Nicolas de Staël et Alberto Giacometti.

L’œuvre[modifier | modifier le code]

« La réalité picturale de Greta Sauer/Saur est empreinte d’une profonde subjectivité. En solitaire, elle avait courut l’aventure de l’abstraction lyrique et ne s’était manifestée publiquement, mais très discrètement, que lorsque s’y étaient engagés également quelques peintres comme Bryen, Wols, Mathieu. Mais elle, cherchait surtout, de la manière la plus instinctive, le transfert réel du psychisme dans la matière, transfert dont elle fait la définition même de l’art et sa justification. L’écriture violemment signifiante de ses premiers dessins et pastels traduisait avec une exceptionnelle intensité l’effort de rupture que l’acte insolite de la création artistique représente pour l’esprit humain exilé dans sa condition angoissante sinon absurde. Progressivement, elle a renforcé son expression picturale de tous les autres pouvoirs inhérents à la matière et à la couleur, découvrant aussi les valeurs adjuvantes et poétiques de matériaux insolites et futiles avec les déchirures desquels elle composait de surprenants « collages ». Progressivement aussi la tension de l’acte créateur s’était étendue ou du moins s’était apaisée, en apparence, et à mesure qu’elle satisfaisait son besoin d’extériorisation et ses tendances affectives dans l’effusion d’une communication avec la nature admise enfin par elle à participer, dans une certaine mesure, à son œuvre. Certes, cette intervention des éléments naturels reste très allusive, toute d’équivalences quasi métaphoriques. On devine qu’il s’agit le plus souvent pour elle d’un accompagnement par le mouvement du pinceau du rythme des lignes ou de la scansion des taches de couleurs et des zones de lumières et d’ombre dans l’espace qui l’enveloppe. Je défie quiconque d’établir dans son œuvre la démarcation entre le senti et l’imaginé, entre le vécu et le voulu, tant tout ce qu’elle exprime picturalement l’est avec une discrétion qui est plutôt une extrême pudeur qui n’exclut pourtant pas le plein abandon de soi même…dans les moments privilégiés, et, pour le spectateur capable d’y répondre par semblable abnégation. C’est sans doute dans ses collages que Greta Saur/Sauer confie le plus délicat de sa sensibilité, la part sentimentale même de sa personnalité. Avec le recul d’un romantisme anachronique, cette sentimentalité se met à bonne distance pour oser s’avouer. Chacune de ses petites œuvres est un délicat poème, toujours émouvant, souvent aussi ironique. Leur charme agit irrésistiblement, avant même que l’on ait éprouvé toutes leurs qualités formelles et leur richesse chromatique. II n’en faut pas négliger non plus l’équilibre constructif qu’elle peut se permettre de ne pas extérioriser exagérément car il lui est devenu naturel et soutient, sans qu’elle doive le contrôler, son entière liberté d’improvisation et d’invention. Cette grande maîtrise se vérifie également dans ses peintures. Si elle est arrivée à nuancer son expression picturale avec un grand raffinement et à détailler ses formes et ses couleurs avec une infinie délicatesse sans tomber jamais dans la préciosité, la construction sous-jacente de ses toiles n’en garde pas moins une fermeté décidée, et jamais ne s’effrite la densité de ses impressions vécues que traverse toujours un courant de haute tension psychique miraculeusement transformé, désormais, en tendre voltage poétique. »

1963 Roger Van Gindertael in « Catalogue de l'exposition du Städtisches Museum de Trèves » (Trier - Allemagne)

Citation[modifier | modifier le code]

« Tout art ressemble à un vers, au commencement c'est un dépassement rare, un grand apaisement ensuite et puis une chute une culbute pour finir dans la raideur verte de l'herbe bénite, petit éclat de rire… » Greta Sauer (juin 1963)

Expositions de groupe[modifier | modifier le code]

Participation à de nombreuses expositions de groupes en France et à l’étranger (Danemark, Italie, États-Unis, Angleterre…)

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1948 Galerie du Montparnasse (Paris)
  • 1950 « Gouaches et pastels » à la Galerie de Beaune (Paris)
  • 1951 Avec Stephen Gilbert, "Gouaches" à la Galerie Arnaud (Paris)
  • 1952 Galerie Arnaud (Paris)
  • 1960 Galerie du Pont Royal, dir. Irma Hoenigsberg (Paris)
  • 1961 « Peintures » à la Galerie du Pont Royal, dir. Irma Hoenigsberg (Paris)
  • 1963 « Collages » à la Galerie du Pont Royal (Paris)
  • 1963 « Peintures et collages » (avec François Willi Wendt) au Städtisches Museum de Trèves (Trier –Allemagne)
  • 1971 « Peintures, collages, objets d’ombre » au Centre Culturel Communal de Bagneux, Hauts-de-Seine (France)
  • 1986 « Collages et objets d’ombre » à la Galerie Sud (Centre culturel communal de Bagneux, Hauts-de-Seine (France)

Repères bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • 1957 « Dictionnaire de la peinture abstraite » de Michel Seuphor (Éditions Hazan)
  • 1963 « Greta Sauer - François Willi Wendt» Catalogue de l'exposition du Städtisches Museum de Trèves (Trier - Allemagne)
  • 1996 « Le collage » de Françoise Monnin, Collection Art du vingtième siècle (Édition Fleurus)

Liens internes[modifier | modifier le code]