Grenier de réserve

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le grenier de réserve s'étend sur la rive ouest du bassin de l'Arsenal. Les cinq pavillons ont été voulus par l'architecte Delannoy pour rompre la monotonie de la bâtisse.

Le grenier de réserve, dit aussi grenier d'abondance, est un entrepôt construit et utilisé à Paris au XIXe siècle pour l'approvisionnement des boulangers en céréales.

Historique[modifier | modifier le code]

L'approvisionnement en blé de la France étant aléatoire du fait de l'irrégularité de la météo, une commission du Conseil d'État suggéra de construire des greniers de réserve à travers le pays. Napoléon choisit de construire le premier dans Paris[1]. Bâti à partir de 1807 par l'architecte François-Jacques Delannoy[2], le grenier de réserve était situé dans l'actuel 4e arrondissement de Paris, le long du boulevard Bourdon, dans le quartier de l'Arsenal, sur l'emplacement du Petit-Arsenal.

L'imposant bâtiment de pierre de taille était long de près de 350 mètres, large de 25 m et haut de 23 m[3]. Sa superficie fut calculée à partir de la consommation en pain des Parisiens. Le plan initial prévoyait six étages mais, du fait de l'instabilité du sol et de la chute de l'Empire, il n'y eut en fait que trois niveaux : le sous-sol, le rez-de-chaussée et un étage sous combles. La construction fut terminée sous la Restauration.

Les livraisons de grain se faisaient par des bateaux qui arrivaient par le bassin de l'Arsenal. Le quai étant situé en dessous du niveau du boulevard Bourdon, les marchandises passaient par un souterrain situé sous le boulevard, puis étaient élevées de quatre mètres afin d'être entreposées au rez-de-chaussée du bâtiment.

Lors de l'épidémie de choléra de 1832, il servit temporairement d'hôpital.

La situation, l'orientation et la forme en longueur du bâtiment en rendaient l'usage malcommode. Aussi, en 1836, fut entreprise la construction d'un vaste magasin public sur le bassin de la Villette. La ville de Paris achète le grenier à l'État en 1842 pour en faire un dépôt public de vivres. Les boulangers étaient tenus d'y avoir une réserve de farine et de blé suffisante pour alimenter leur clientèle pendant trois mois. L'huile et le vin étaient entreposés dans le sous-sol. Afin de faciliter l'accès au grenier côté ville, la rue de Brissac fut ouverte en 1843.

En 1871, la Commune mit le feu au grenier de réserve. À la suite de la destruction du bâtiment, la rue Mornay fut prolongée. La RATP occupe aujourd'hui la partie de l'emplacement du grenier qui se trouve au nord de la rue Mornay. La partie sud a été lotie et des immeubles d'habitation y ont été construits à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La plaque commémorative de la pose de la première pierre du grenier de réserve par le ministre de l'Intérieur, Emmanuel Cretet, le , est conservée au musée Carnavalet (AI 72).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Irène Delage et Chantal Prévot, Atlas de Paris au temps de Napoléon, 2014 (ISBN 9782840967637).
  2. Juliette Faure, L'Arsenal de Paris, Histoires et chroniques, Éditions L'Harmattan, 2002, p. 150 et 151.
  3. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997, etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117), tome 1, p. 111.