Grendelbruch

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Grendelbruch
Le centre du village et l'église.
Le centre du village et l'église.
Blason de Grendelbruch
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Arrondissement Molsheim
Canton Molsheim
Intercommunalité C.C. du canton de Rosheim
Maire
Mandat
Jean-Philippe Kaes
2014-2020
Code postal 67190
Code commune 67167
Démographie
Gentilé Grendelbruchois, Grendelbruchoises
Population
municipale
1 233 hab. (2015 en diminution de 1,99 % par rapport à 2010)
Densité 84 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 35″ nord, 7° 19′ 24″ est
Altitude Min. 399 m
Max. 1 031 m
Superficie 14,63 km2
Localisation

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Grendelbruch (Grandelbrüech en alsacien) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. Traditionnellement, le nom de la ville se prononce approximativement Grèn-d'l-brour. Le nom est parfois prononcé Gemmbri ou Gennbri selon l'habitude des habitants de la partie francophone de la haute vallée de la Bruche[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Grendelbruch fait partie du canton et de l'arrondissement de Molsheim. La commune se trouve à 40 km de Strasbourg et 7 km de Rosheim.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Grendelbruch
Russ Muhlbach-sur-Bruche Mollkirch
Russ Grendelbruch Rosheim
Barembach,
Natzwiller
Neuviller-la-Roche Bœrsch
Carte de la commune de Grendelbruch et des communes limitrophes.

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Avec une altitude maximum de 1 031 m, Grendelbruch est l'une des communes d'Alsace les plus élevées.

Le village est enfoncé dans un vallon entouré de prairies et de forêts devenant ainsi un centre de villégiature et de tourisme pour les citadins de Strasbourg en quête de repos. Par son altitude modérée, 550 mètres, et sa proximité avec Strasbourg, le village permet aussi de faire de belles randonnées grâce aux nombreux sentiers aménagés par le Club vosgien.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

  • La Magel
  • Le Grendelbach

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

  • Muckenbach
  • Schwartzbachtal
  • Neuenmatten
  • Hohbuhl

Galerie de photographie[modifier | modifier le code]

Vue sur le Hohbuhl, en amont de Grendelbruch.

Toponymie[modifier | modifier le code]

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Grundelbac en 1049 ; Grindelbroch en 1192 ; Grendelbruck 1354 ; Grindel en 1548 ; Grendelbruoch au XVIe siècle ; Grindelbruch au XVIe siècle, Grengelbruch en 1693.

Bac est en ancien allemand une des formes de l'actuel Bach (= ruisseau). Ainsi à l'origine, le nom du village faisait partie du groupe des nombreux noms de lieu terminés en -bach qui se sont formés selon les linguistes entre le Ve et le VIIIe siècle, en pleine période alémanique et franque. Il a été remplacé par bruoc de sens proche, mais aussi marais, marécage. La nature du premier élément Grundel-, Grindel-, Grendel- est obscure.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps mérovingiens et carolingiens, aucun document ne mentionne Grendelbruch. On trouve à cette époque seulement les localités voisines comme Rosheim, Bischoffsheim, Obernai, Urmatt, Wisches et Barembach où de célèbres abbayes possèdent des terres. Le couvent de Haslach revêtait pour Grendelbruch une importance particulière, du fait qu'il constituait une terre appartenant à l'évêché de Strasbourg dans la vallée de la Bruche, dont la vallée fut incorporée à partir du XIIIe siècle. La première mention de Grendelbruch figure dans une bulle pontificale du 28 novembre 1049, par laquelle le pape Léon IX reconnaît à l'abbaye d'Altorf le bénéfice de la dîme des forêts de Grundelbac près du Burckberck que Schoepflin et Grandidier identifient avec le Guirbaden[2]. En 1068, l'abbaye d'Altorf possède des biens dans la localité. Tous ces biens sont confirmés par le pape Célestin III dans une bulle datée du 15 juin 1192 qui relève que l'abbaye d'Altorf est bien possessionnée dans la localité de Grendelbruch. La commune relevait initialement du château de Guirbaden, propriété des comtes d'Eguisheim-Dabo, et passe ensuite, après la disparition de cette famille en 1225, à l'évêché de Strasbourg. Au XVIe siècle, le village est le siège d'une cour dîmière épiscopale.

Un fief relevant des seigneurs d'Eguisheim-Dabo[modifier | modifier le code]

Au début du IXe siècle, les comtes de Nordgau, appelés plus tard comtes d'Eguisheim-Dabo, habitent le château du Guirbaden. Le premier propriétaire attesté de ce château est Eberhardt, comte de Nordgau, c'est-à-dire du pays situé entre l'Eckenbach au sud, le Seltzbach au Nord et le Rhin à l'Est. À l'Ouest, le territoire comprenait encore la région de Dabo et de Phalsbourg jusque vers Natzwiller, ainsi que la région de Molsheim. D'anciens historiens font remonter la généalogie de ce comte jusqu'à Etichon, le père de Sainte Odile, et comme trois membres de sa famille semblaient avoir porté son nom, ils l'appelèrent Eberhardt IV. Parce que le petit-fils d'Eberhardt, Hugo IV, habitait le château d'Eguisheim et qu'il avait épousé l'héritière du comte de Dabo, on l'appela plus tard la famille entière comtes d'Eguisheim-Dabo. Les successeurs d'Hugo IV furent le frère aîné de Léon IX, Hugo V, puis Henri, fils de ce dernier et père de Brunon, le fondateur du « Klosterle ». Un autre fils de Hugo VI se rangea du côté de Rodolphe de Souabe[3] contre Henri IV. Il fut assassiné durant son sommeil et enterré comme beaucoup de ses ancêtres dans l'abbaye d'Altorf. Il eut pour successeur d'abord son frère Albert Ier, puis son petit-fils Hugo VII qui donna la chapelle de Laubenheim à l'abbaye de Lure. Le fils de celui-ci, Hugo VIII, dernier descendant mâle des comtes d'Eguisheim-Dabo, mourut vraisemblablement avant 1157. Le comté passa ensuite à son neveu, Hugo IX, fils de sa sœur Mathilde et de Formal, le comte de Metz. Hugo IX assiégea et détruisit en 1162 le château de Horbourg, près de Colmar, malgré l'interdiction de l'empereur Frédéric Barberousse, qui, pour l'en punir, incendia le château de Guirbaden. Hugo IX mourut en 1180, laissant trois fils dont un seul, Albert II, eut des descendants, deux fils et une fille. Les premiers, Guillaume et Henri, s'entre-tuèrent accidentellement dans un exercice ; leur sœur Gertrude devint l'unique héritière. Elle fut mariée trois fois dont la première fois avec Thiébaut, le futur duc de Lorraine, dont le mariage fut célébré à Colmar en présence du roi de Rome, le futur empereur Frédéric II.

Les guerres du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La guerre contre l'évêque de Strasbourg[modifier | modifier le code]

La tradition parle encore avec horreur de dévastations commises dans le pays par les chevaliers rouges[4] à l'occasion de la guerre opposant l'évêque Gauthier de Geroldseck et d'une partie de la noblesse contre la ville de Strasbourg. Le seigneur de Guirbaden, auquel Grendelbruch appartenait alors, était l'allié des Strasbourgeois et s'était attiré la haine des nobles et surtout des templiers, chez lesquels l'évêque vaincu alla mourir[5]. En 1261, deux seigneurs de Guirbaden, Ulrich et Gauthier prirent part à la guerre qui opposait l'évêque Gauthier de Geroldseck à la ville de Strasbourg, le premier allié à l'évêque, l'autre à la ville. Ce fut une guerre cruelle, au cours de laquelle on dévastait les champs et on incendiait les villages, tout particulièrement dans les vallées de la Bruche et de Villé. Les habitants se réfugièrent dans les forêts, d'où ils furent chassés et massacrés.

La guerre des paysans[modifier | modifier le code]

Grendelbruch prit part à la révolte des paysans. Des paysans révoltés rassemblés à Saint-Léonard le 15 avril 1525 choisirent pour chef Érasme Gerber de Molsheim qui recruta des partisans à Mutzig, mais aussi ailleurs. Inspirés par la Réforme, les paysans venant d'un peu partout attaquèrent les couvents et abbayes : Hohenbourg (Mont Saint-Odile), Niedermunster, Truttenhausen, Altorf et Haslach. Pour mater la rébellion, l'évêque Guillaume de Hohenstein, la ville de Strasbourg et le bailli provincial demandèrent au duc de Lorraine, Antoine, de chasser les paysans de la province. Les troupes de Lorraine massacrèrent impitoyablement les paysans à Lupstein et à Scherwiller. Les meneurs furent sévèrement châtiés. Mais, le 23 juin 1525, à Haslach, les paysans de la vallée de la Bruche jurèrent à nouveau fidélité à leur seigneur. Le 12 juin 1526, l'évêque rétablit dans ses droits les habitants qui avaient participé à la révolte. Parmi les villages révoltés, le document mentionne Schirmeck, Wisches et Stoerbach.

Le passage des huguenots[modifier | modifier le code]

La guerre des Huguenots toucha cruellement la vallée de la Bruche. Un document de 1577[6] nous apprend que des paysans de Russ et de Grendelbruch avaient été mobilisés pour renforcer la garnison du château de Schirmeck à cause des nombreux passages des troupes allemandes appelées à l'aide par les protestants français[7] . À l'annonce de l'arrivée des troupes ennemies, le bailli de Schirmeck demanda des instructions à l'évêché. On lui promit des renforts depuis Dachstein. En 1569 eut lieu près de Schirmeck une bataille au cours de laquelle le duc d'Aumale anéantit les troupes huguenotes de la Coche[8]. Ces passages de bandes armées ne laissaient que ruines et désolation ; elles ne faisaient aucune différence entre catholiques et protestants, comme le note dans son rapport le bailli Jean Klug[9], qui faillit lui-même être pris et maltraité par les reîtres. En 1570, la chapelle de Schirmeck et l'église de Wisches furent dévastées et pillées. En 1575, le château de Schirmeck fut occupé par les huguenots français, l'évêché n'avait guère de moyens militaires à sa disposition pour s'opposer à cette soldatesque. La population se protégeait elle-même, tuant les huguenots et se saisissant de leur butin. La misère provoquée par les destructions, les pillages et les intempéries fit que de nombreux jeunes gens quittèrent la région pour suivre les bandes armées : le bailli reçut l'ordre de ne pas les retenir mais de noter leurs noms. Le 24 juin 1578, les huguenots se dispersèrent, ce fut ainsi la fin d'un cauchemar pour la vallée.

La guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Le village est une première fois dévasté par un incendie en 1612. Quand la guerre de Trente Ans éclate en 1618, l'évêque de Strasbourg, par mesure de précaution, décida de lever un impôt de guerre sur tous les clercs du diocèse, le chapitre rural du Bruderberg auquel appartenait Grendelbruch devait verser 1600 florins. L'insécurité des routes était déjà telle que l'évêché, la ville de Strasbourg et la noblesse impériale du Bas-Rhin organisèrent en commun des patrouilles de surveillance. L'invasion de l'Alsace par Ernst Von Mansfeld provoqua la panique dans la population des campagnes exposées aux pillages et aux incendies; les terres ne furent presque plus cultivées, ce qui provoqua la famine et fit monter le prix des denrées alimentaires. S'attaquant principalement aux villes pour les rançonner, Mansfeld prit Obernai, puis Rosheim, pillant également les villages et les monastères des environs. Au cours de la guerre de Trente Ans en particulier en 1632, Grendelbruch est ravagée et pillée. Après cette guerre, Grendelbruch se composait encore de treize familles déjà installées auparavant. Le village sera par la suite repeuplé par des immigrants venus de Suisse et d'Allemagne du Sud.

Le village pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

La fin de la seigneurie[modifier | modifier le code]

Les décisions de l'Assemblée Nationale dans le fameuse nuit du 4 août 1789 mirent fin au régime féodal. Les droits nobiliaires et les privilèges étaient abolis, les titres de propriété restaient saufs et en 1790, le prince de Rohan pouvait encore ordonner une coupe de bois et la faire vendre[10]. Mais l'année suivante, le maire de Mollkirch, Joseph Bisch, l'en empêcha estimant que la forêt était dorénavant considérée comme bien national. D'après la loi du 23 août 1790, la forêt de Guirbaden devint forêt d'État. Le prince fit appel de la décision le 5 décembre 1791 et obtint un délai d'un mois pour produire ses titres de propriété. Le 28 juin 1792, les biens furent mis sous séquestre et vendus aux enchères deux ans plus tard. La vente rapporta 193 325 livres en assignat ou 64 442 en monnaie.

Les prêtres pourchassés[modifier | modifier le code]

La famine de 1789 avait appauvri les habitants de Grendelbruch. En décembre 1789, l'Assemblée Nationale avait unifiée l'administration des communes dans l'ensemble du pays. Trois, puis quatre officiers municipaux, complétés par quelques bourgeois constituèrent à Grendelbruch le conseil général de la commune présidé par le maire qui était à l'époque Joseph Lehn. En 1790, la commune est intégrée au canton de Rosheim. Lorsque la Révolution éclata, le curé André Rinn, en fonction depuis le 8 janvier 1758, refusa de prêter le serment de la Constitution civile du clergé. Il resta cependant à son poste jusqu'en août 1792. Il dut se résoudre à quitter Grendelbruch devant les menaces de plus en plus précises proférées à son endroit. Il est porté sur la liste des émigrés le 5 messidor II (23 juin 1794). Le 10 mai, le juge de paix Baudel est chargé de vendre ses meubles aux enchères en réservant tous les objets pouvant servir à l'armée [11]. Pendant la Terreur il résida d'abord dans le pays de Bade d'où il faisait parvenir des lettres à ces anciens paroissiens de Mollkirch et de Grendelbruch. Après la Révolution, il aurait été curé de Truchtersheim, puis retraité à Molsheim. Pendant la Révolution des prêtres réfractaires, parcouraient les vallées vosgiennes, trouvant abri et protection auprès de la population ou dans les fermes à l'écart des villages. Souvent, ils se cachaient dans la forêt, entre le Magelhof et le Rothlach. On prête aux prêtres réfractaires d'avoir servi la messe en cachette dans ces endroits éloignés. La paroisse de Grendelbruch conserve dans ses archives la liste des prêtres réfractaires qui se sont mis courageusement au service des paroissiens[12].

Pillage et vente des biens de l'église[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution, on ferma toutes les églises. Certaines servirent d'ateliers où l'on fabriqua des armes blanches. Dès 1791, les cloches des églises désaffectées furent démontées et envoyées au directeur de la monnaie de Strasbourg. Grendelbruch perdit deux des trois cloches qui furent transformées en canons [13]. Les vases sacrées, tous les meubles et ornements, ainsi que l'argent sont remis le 6 novembre à Benfeld [14]. Des ordonnances de 1793 exigeaient la destruction de tout monument religieux, mais la population de Grendelbruch mettait peu d'empressement à enlever "les signes extérieurs de religion". Pour y mettre bon ordre, l'administration révolutionnaire dépêcha sur les lieux, Redan, un ancien officier domicilié à Rosheim ainsi que quatre compagnons chargés de l'épauler. Des terres appartenant à la paroisse de Grendelbruch furent vendues aux enchères. Les biens furent d'abord loués et ne furent mis en adjudication que le 11 avril 1793.

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'industrialisation[modifier | modifier le code]

Costume de Grendelbuch, vers 1820 (Charles Spindler).

Grendelbruch vivant de l'agriculture, de l'élevage et de l'exploitation de la forêt, développe les industries textiles et les scieries. Le tissage à la main emploie ainsi deux cents ouvriers au XIXe siècle. En 1817, une usine de filature appartenant à madame Pramberger, déjà propriétaire d'une filature à Rothau, s'installe à Grendelbruch. Entre 1818 et 1819, elle fit installer dans la rue des Tisserands un grand immeuble destiné à abriter 150 métiers à tisser. Le coton filé à Rothau était ensuite tissé à Grendelbruch, puis transporté à Rothau pour y être teint ou blanchi avant la vente. En 1834, l'usine fut vendue au fabricant Eugène Dimer de Sainte-Marie-aux-Mines, qui la céda à la société Blech frères et Cie. Malgré la rude concurrence, l'usine occupa jusqu'après 1871 entre 80 et 100 ouvriers. Un nouvel incendie frappa le village en 1836. L'activité déclina pour devenir saisonnière : en 1897 on compta encore 40 ouvriers en hiver et 9 en été. L'usine fut finalement fermée en 1910. Il existait aussi une deuxième usine appartenant en 1836 à un certain Alexandre Anselm de Sainte-Marie-aux-Mines. En 1864, 14 ouvriers étaient encore employés avant qu'elle ne ferme ses portes en 1889. Après la disparition du tissage à la main dans le village, les ouvriers allèrent travailler aux usines de Muhlbach-sur-Bruche et de Lutzelhouse malgré la longueur du trajet. En 1913, une usine appartenant à Gustave Gander de Muttersholtz vient s'installer à Grendelbruch. Elle employa 192 métiers. Après la première guerre, elle devint la propriété de la société Sellier-Schieber. En 1824, une papeterie est installée dans le village qui disparut après le décès de son propriétaire en 1933. À la fin du XXe siècle, la commune devient un centre de tourisme et de villégiature.

La guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 1870, le général allemand Werder, commandant la première armée assiégeant Strasbourg, exigea de Grendelbruch une contribution de 15 000 francs et le 2 octobre 105 394 francs du canton de Rosheim, payables sur le champ à la trésorerie militaire d'Achenheim. De nombreux habitants quittèrent le village pour s'établir de l'autre côté du versant des Vosges afin d'échapper à la nationalité allemande. La population qui comptait en 1871 encore 1 714 habitants descendit en 1875 à 1 607 habitants. Durant la guerre, dix-huit jeunes gens de Grendelbruch trouvèrent la mort sur les champs de bataille. La liste des disparus est gravée sur le monument aux morts qui est situé à côté de l'église.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les Français viennent de remporter une bataille contre les Allemands qu'ils poursuivent jusqu'à Schirmeck et qui se retirent à Mutzig. Les Français reçoivent l'ordre de se rendre à Obernai en passant par Russ, Muckenbach et Grendelbruch. Le 17 août 1914, un bataillon d'infanterie wurtembergeois arriva à marche forcée, sous une pluie battante, à Grendelbruch et s'installa dans un cantonnement collectif. Pendant ce temps, les Allemands arrivés en renfort d'Obernai s'efforcèrent de briser l'encerclement des Français. Les premiers blessés arrivèrent au village, pendant que les habitants du village apportèrent matelas, draps, pansements, café, lait, œufs et divers fortifiants sans faire de différence entre Français et Allemands. Dans les jours qui suivirent 156 Français furent enterrés dans une fosse commune par les ouvriers de Grendelbruch, près de Muckenbach. Les soldats allemands enterrèrent eux-mêmes leurs morts, au nombre de 48. Grendelbruch dut à plusieurs reprises fournir une quantité de bois. Même le bois d'affouage fut saisi par les troupes allemandes. La commune dut participer à toutes les collectes publiques, même si celle-ci n'était pas toujours d'accord. Le Kreidirector assistait souvent aux délibérations du conseil municipal pour forcer le bon choix. La commune dut par exemple installer une cantine populaire pour les indigents à l'école maternelle. Les troupes françaises entrèrent triomphalement dans Grendelbruch. Un vin d'honneur fut offert aux officiers français et on offrit à boire aux soldats. La guerre avait provoqué de nombreux morts et la joie fut assombrie pour les familles des nombreuses victimes de la guerre. Le 11 septembre 1919, le conseil municipal décida d'ériger à côté de l'église un monument aux morts. La cérémonie d'inauguration eut lieu le 20 novembre 1920.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Grendelbruch a été libérée le 26 novembre 1944 par le 2e bataillon du 30e régiment de la 3e division d'infanterie américaine. Le 2e bataillon du lieutenant colonel Frederick R. Armstrong a combattu de maison en maison pendant toute la nuit. Peu avant minuit, la compagnie E du capitaine Ralph R. Carpenter a fait mouvement à droite du village, nettoyant la forêt. La compagnie a attaqué à l'est pendant que la compagnie F du capitaine Marshall T. Hunt frappait simultanément depuis l'ouest. Le 26 novembre à 10 h, le quartier général du bataillon opérait d'une maison au centre du village.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration locale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie de Grendelbruch.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1971 Auguste Remy    
1971 1983 Pierre Schoeffter    
1983 1989 Jean-Michel Wagner    
1989 1995 Max Berg    
1995 2014 Philippe Kuntzmann UDF  
2014 en cours Jean-Philippe Kaes    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[16].

En 2015, la commune comptait 1 233 habitants[Note 1], en diminution de 1,99 % par rapport à 2010 (Bas-Rhin : +1,89 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1401 1481 2591 4401 5441 6251 6441 6911 690
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 6271 7211 7921 7151 6061 6361 5051 4411 336
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 3041 3031 2521 1961 1831 1581 1511 1561 108
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 1071 0621 0049539181 1271 2111 2581 233
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Lieux de cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Philippe-et-Saint-Jacques[modifier | modifier le code]

L'ancienne église devenant trop petite et menaçant de s'écrouler, le conseil municipal décida dès 1807 de faire construire un nouvel édifice. Un effort fut demandé aux habitants de Grendelbruch : les citoyens étaient appelés à renoncer pendant quatre ans au bois d'affouage et aux plus riches d'avancer les fonds[19]. Un devis en 1809 porta l'effort à 66 000 francs. Les réserves s'élevaient à 55 000 francs (7 000 francs de la caisse d'amortissement, 33 000 francs d'économie et 10 000 francs d'une coupe de bois), la préfecture refusa la construction. On décida ensuite de réparer la vieille église, car en 1811, la population de la paroisse comptait 1 460 personnes, celle de la commune 1 261. En attendant que les fonds soient suffisants, la paroisse vendit un certain nombre de biens. La mairie et la paroisse désirant être maitre de l'ouvrage, ne reçut pas l'autorisation de la préfecture qui préférait que les travaux soient exécutés par un entrepreneur. Ce fut finalement l'entreprise André Mossbruger de Cernay qui obtint le chantier. L'église actuelle a été construite entre 1826 et 1828. La dépense totale pour la construction de l'église s'éleva à 88 000 francs. La flèche date de 1874. L'édifice conserve encore de nombreuses pièces provenant de l'ancienne église dont sept tableaux des mystères du Christ datant sans doute du XVIIe siècle. Deux peintures de 1866 représentant les quatre Évangélistes sont visibles dans l'église. Le mobilier intérieur, très homogène, est issu des ateliers Kleim de Colmar. Le chœur est orné de quatre fresques réalisées par le maître alsacien, et décorateur d'églises René Kuder (1822-1962).

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Chapelle (1565)[modifier | modifier le code]

La chapelle (ancienne église paroissiale).

L'ancienne église paroissiale est mentionnée en 974.L'église avait été construite par les soins du pape Léon IX. Son chœur est reconstruit au XVIe siècle et préservé lors de la destruction du reste de l'édifice, le 19 novembre 1828. Le conseil municipal décida de ne conserver que la tour et le chœur, que l'on peut encore admirer à côté de l'église actuelle. L'ancienne église possédait une cloche ou même plusieurs avant l'effondrement de l'édifice en 1565. Dans un registre paroissial on mentionne la grande cloche qui a été suspendue le 5 février 1650. En 1753, un fondeur de cloches de Saint-Dié, Nicolas Ferry, fournit une nouvelle cloche pour 633 florins qui fut dédiée à la Vierge Marie par le curé de Schirmeck. En 1793, Grendelbruch dut céder deux de ses cloches au cours de la Révolution. En 1818, une autre cloche fut achetée et en 1828, le curé Pfundt en baptisant deux autres pour la nouvelle église. Classée aux monuments historiques, elle est constituée actuellement d'un rez-de-chaussée et de la tour-chœur remontant à 1565 provenant de l'ancienne église paroissiale Saint-Pancrace-et -Saint-Cyriaque tombée en ruines et démolie au XIXe siècle[20].

Ancienne usine textile (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Situé rue Bascheney, cet établissement rappelle l'importance de l'activité de tissage dans la vallée au XIXe siècle. Construite en brique, l'usine à toiture en dents de scie abritait les métiers à tisser, tandis que le bâtiment d'angle à deux niveaux et mansardes recevait bureaux et logements des contremaitres.

Fontaine-lavoir (route de Schirmeck)[modifier | modifier le code]

Ce lavoir, situé route de Schirmeck, comporte trois bassins en grès rose, qui se remplissent simultanément à tour de rôle : celui du bas d'abord, utilisé pour le trempage du linge, le moyen ensuite, pour le lavage, et enfin le plus haut pour le rinçage.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

C'est le 11 septembre 1919 que le conseil municipal fit voter un crédit de 250 francs pour édifier un monument aux morts à côté de l'église. Le monument est constitué d'une statue de saint Michel, surmontée d'un baldaquin avec une croix et flanquée de deux plaques de marbre comportant la liste des victimes des deux grandes guerres.

La mairie[modifier | modifier le code]

Le premier bâtiment abritant la mairie fut construit en 1739. Il fut vendu en 1791 à un certain Florent Halter pour la somme de 280 florins. La mairie actuelle achevée en 1866 nécessita des réparations dès 1871 pour des vices de forme.

Grotte de Lourdes[modifier | modifier le code]

Curiosité[modifier | modifier le code]

À une lieue et demie à l'est de Grendelbruch, une montagne conique située sur le bord méridional de la Magel, est entourée d'une triple enceinte en pierres entassées sans art. Les habitants des environs l'appellent Purpurschloss (Purpurkopf).

Calvaires[modifier | modifier le code]

Le village comporte de nombreux calvaires.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Grendelbruch

Les armes de Grendelbruch se blasonnent ainsi :
« D'azur aux trois tours couvertes d'argent, ouvertes, ajourées et maçonnées de sable, rangées sur une terrasse d'or. »[21].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Dominique Epp, double champion de France de biathlon et sportif alsacien de l'année en 1985.
  • Francis Bentz, champion de France du 1 500 m (athlétisme) en 1975 et 1981.
  • Marie Reine Gross, championne de France du 400 m (athlétisme) en 1975.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baquol / P.Ristelhuber, L'Alsace ancienne et moderne, dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865
  • Étienne Hassenfratz, Grendelbruch : chroniques de 1870 à nos jours et quelques repères historiques mondiaux, ID l'éd., Bernardswiller, 2014, 264 p. (ISBN 978-2-36701-037-3)
  • François-Jacques Himly, Dictionnaire ancien alsacien-français, XIIIe-XVIIIe siècles, ABR, 1983.
  • Richard Seiler, « Vosges. Veillée d'armes à Grendelbruch. Juin-juillet 1944 », in 39-45, no 260, octobre 2008.
  • Gilbert Stoehr, Le souvenir français : la bataille de Grendelbruch-Muckenbach 17-18 Août 1914, Gyss, Obernai, 1994, 28 p.
  • Joseph Wimmer, Histoire de Grendelbruch et de la seigneurie de Girbaden : contribution à l'histoire des vallées de la Magel et de la moyenne Bruche, (manuscrit inédit trad. et adapté par Paul Bureth), Impr. Muh-Le Roux, Strasbourg, 1967, 273 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de la commune est parfois prononcée Gran-dèl-bruche (prononciation française) en raison du nom français de la Bruche. Cependant, ce nom n'est pas exact puisque Grendelbruch ne se termine pas par un e.
  2. Archives départementales du Bas-Rhin, H1 - Joseph Wimmer: Grendelbruch, p.25
  3. Rudolphe de Souabe appelé également Rudolphe de Rheinfelden, duc de Souabe de 1057 à 1079, qui enleva en 1057 la sœur d'Henri IV, roi de Germanie
  4. Il s'agit ici des templiers de Dorlisheim - L'Alsace ancienne et moderne, p.152
  5. Un chemin fort agréable conduit depuis Barembach, par Russ et Grendelbruch au château de Girbaden - voir Mollkirch
  6. Archives du Bas-Rhin, fonds Saverne 39 - Joseph Wimmer, p. 152
  7. Archives départementales du Bas-Rhin, fond Saverne, 190
  8. Archives départementales du Bas-Rhin, C 391 - Joseph Wimmer, p. 152
  9. Archives départementales du Bas-Rhin, C 161 - Joseph Wimmer, p. 152
  10. Joseph Wimmer, p.182
  11. Joseph Wimmer p.167
  12. Joseph Wimmer, p.169
  13. Ibidem
  14. Délibération du Directoire du département du Bas-Rhin, vol.34 - Joseph Wimmer, p.169
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  19. Jean Wimmer, p.191
  20. notice sur l'édifice dans la base Mérimée du Ministère de la Culture
  21. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)