Grasse matinée

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Une grasse matinée ou faire la grasse matinée est une expression du XXe siècle signifiant une matinée qui se prolonge au lit — éveillé ou pas — après l’heure habituelle. Selon un article du magazine Slate, elle se caractérise par l'inverse du « réveil à la dernière minute, café avalé en vitesse, douche ultra-rapide, transports en commun »[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Cette expression date du XXe siècle. Toutefois, au XVIe siècle, on disait déjà dormir la grasse matinée. L’adjectif gras est issu du latin crassus qui signifie épais. Faire la grasse matinée revient donc à rester longtemps dans l’épaisseur du sommeil. Mais cela évoque également la paresse et le côté moelleux du sommeil[2],[3].

Études[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée en 2011, rejoint également par un article publié sur Wired se fondant sur plusieurs études scientifiques, faire la grasse matinée serait une source de créativité intellectuelle et artistique du fait d'une augmentation de la capacité humaine à gérer les problèmes de manière originale. Annie Murphy Paul du Time explique que « les procédés mentaux qui inhibent les pensées déconcentrantes ou hors de propos sont à leur niveau le plus bas, ce qui permet à des connexions inattendues et parfois très inspirées de se faire. »[1].

Plusieurs études publiées au début du XXIe siècle révèlent que les grasses matinées du week-end ne compensent pas le manque de sommeil accumulé pendant la semaine et suggèrent qu'elles seraient néfastes sur la santé (obésité, diabète, syndrome métabolique, maladies cardiaques, troubles de l'humeur, troubles cognitifs, troubles du sommeil, etc.), effets dus au décalage de l'horloge biologique circadienne[4],[5].

Poésie[modifier | modifier le code]

Dans son poème La grasse matinée, Jacques Prévert développe l'expression, en vers libres, pour dénoncer les inégalités sociales. Le texte, publié dans le recueil Paroles est également mis en musique par Joseph Kosma et interprété par Marianne Oswald[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Faire la grasse matinée rend plus créatif », sur Slate.fr, (consulté le 29 mars 2015).
  2. « Pourquoi dit-on « faire la grasse matinée » ? », sur beekoz.fr, (consulté le 29 mars 2015).
  3. « Faire la grasse matinée », sur expressio.fr (consulté le 29 mars 2015).
  4. (en) Christopher M. Depner, Edward L. Melanson, Robert H. Eckel, Ellen R. Stothard, Sarah J. Morton, Kenneth P. Wright Jr., « Ad libitum Weekend Recovery Sleep Fails to Prevent Metabolic Dysregulation during a Repeating Pattern of Insufficient Sleep and Weekend Recovery Sleep9 », Current Biology, vol. 26, no 9,‎ , p. 957-967 (DOI 10.1016/j.cub.2019.01.069).
  5. (en) Léger D, Beck F, Richard JB, Sauvet F, Faraut B, « The risks of sleeping "too much". Survey of a National Representative Sample of 24671 adults (INPES health barometer) », PLoS One, vol. 9, no 9,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0106950).
  6. « Chansons françaises des années 1900, Vol. 1 », sur youtube.com : « La grasse matinée », à 00:03:03

Voir aussi[modifier | modifier le code]