Grandfontaine (Bas-Rhin)

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Grandfontaine
Grandfontaine (Bas-Rhin)
Mairie de Grandfontaine.
Blason de Grandfontaine
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Arrondissement Molsheim
Canton Mutzig
Intercommunalité C.C. de la Vallée de la Bruche
Maire
Mandat
Philippe Rémy
2014-2020
Code postal 67130
Code commune 67165
Démographie
Gentilé Granfontains, Granfontaines
Population
municipale
410 hab. (2016 en diminution de 1,44 % par rapport à 2011)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 36″ nord, 7° 09′ 42″ est
Altitude Min. 390 m
Max. 1 008 m
Superficie 39,52 km2
Localisation

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Grandfontaine est une commune française située dans la partie septentrionale du Massif des Vosges dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. La Commune se situe au pied du Donon, sommet vosgien de plus de 1 000m le plus au Nord.

Dans les textes de langue germanique de la Renaissance, elle est parfois dénommée Michelbrunn.

Géographie[modifier | modifier le code]

Grandfontaine est située à l'ouest du Bas-Rhin à la limite avec la Moselle. À 40 km de Molsheim et 5 km de Schirmeck, le village s'étire le long de différents ruisseaux (Framont, ruisseau des Minières, goutte Ferry, Grand Goutty) qui viennent alimenter la Bruche. Dans ce village de moyenne montagne, les habitations s'étagent de 400 à 700 mètres d'altitude et se concentrent dans le fond des vallons, le reste du territoire est occupée quasi exclusivement par la forêt. Quelques sommets environnants : le Donon (1 008 m), la Tête des Blanches Roches (916 m), la Corbeille (899 m), la Maxe (863 m), le Rond Perthuis (849 m), la Tête Mathis (838 m), le Haut de la Charaille (758 m).

Depuis les ajustements territoriaux commentés au paragraphe « Histoire », deux rivières lorraines – la Plaine et la Sarre blanche – prennent leur source à Grandfontaine, près du col Entre les Deux Donons.

La commune est accessible par la route départementale 392 qui, depuis Schirmeck, mène au col du Donon et, par delà, à la Lorraine. La route nationale 420 et la ligne de chemin de fer TER (Strasbourg-Molsheim-Saales-Saint-Dié-Épinal) assurent le désenclavement de la commune vers les grands centres de la plaine par la vallée de la Bruche.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Haut-Fourneau, les Minières, Framont, Haut-Donon, Bas-Donon

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Wisches au nord-est, Schirmeck à l'est, La Broque au sud-est, Moussey au sud-ouest, Vexaincourt, Luvigny, Raon-sur-Plaine et Raon-lès-Leau à l'ouest, Turquestein-Blancrupt au nord-ouest.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Michelbrunn (1704), Grandfontaine (1793), Michelbrunn (1871-1918). En alsacien : Grossbrunn.

Pendant de longs siècles, Grandfontaine et Framont désignaient le même lieu. Il faut cependant distinguer de Grandfontaine l’origine d’une source : une « fontaine » abondante. Par contre, Framont vient du nom de la montagne dominant le village : Ferratus mons, la montagne ferrifère, en 1261. Aujourd’hui, ce nom s’est déplacé, il ne désigne plus que le site au fond de la vallée où s’étaient développées les infrastructures métallurgiques principales : les forges de Framont.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour la préhistoire, les « pierres du Sabbat » peuvent être assimilées à des menhirs, situés au sud-ouest de Roule-Bacon, quoique aucune fouille n'ait pu apporter de certitude quant à leur origine précise. Deux pierres sont debout, dont une mesure 2,50 m. Plusieurs autres, couchés, se trouvent aux alentours.

Une voie romaine, remarquablement bien conservée, peut se voir au nord est de roule-Bacon, sur 1,5 km de distance. On peut encore y remarquer les traces des chariots sur les blocs de dallage. Le long de cette voie, les Allemands, lors de la Première Guerre mondiale (1913), ont ajouté diverses gravures et initiales.

Pour l'histoire politique de Grandfontaine, se reporter à Salm-en-Vosges.

L'histoire de Grandfontaine est essentiellement liée aux exploitations métallurgiques qui s'y développèrent à partir de l'Antiquité (hypothèse probable), au Moyen Âge et surtout du XVIe au XIXe siècle. Les premières mentions des exploitations minières à Grandfontaine apparaissent à l'occasion des troubles qui accompagnent au XIIIe siècle les désirs annexionnistes des comtes de Salm exercés depuis leur château de Salm d'une part et de l’autre la volonté de l'évêque de Metz Jacques de Lorraine de mettre au pas la noblesse du pays, confrontation qui voit la dislocation – provisoire – des forges de Ferratus Mons. Rétablies aussitôt, les travaux miniers et sidérurgiques trouvent un très haut niveau de développement au milieu du XVIe siècle avec la construction de hauts fourneaux « modernes », dans la mesure où ils pouvaient durer plusieurs années, ainsi que couler la fonte en gueuses tout au long de l'année, si le temps le permettait. La conception de ces nouvelles structures plus solides et plus rentables a été introduite à Grandfontaine par le châtelain Thierry Buron de Varennes-en-Argonne, lieu d'expansion de la sidérurgie ardennaise. Il s'agit donc d'un transfert de technologie plaçant les forges du comte de Salm à la tête de la sidérurgie lorraine. Ce climat de prospérité exceptionnel ainsi que le monopole des Salm pour la production du fer furent perdus lors des destructions apportées par la guerre de Trente Ans (1618-1648) et des troubles qui durèrent tout au long du XVIIe siècle.

Restitution de l'état des forges en 1666 et en 1796

1666 1796
1 haut fourneau 2 hauts fourneaux
1 atelier de fonderie 1 atelier de fonderie
1 forge (1 gros marteau) 1 fenderie avec 1 four à réverbère
1 platinerie (1 marteau, 1 feu) 1 forge basse - renardière
1 renardière (hors service) 1 forge haute (1 marteau, 1 feu d'affinage)
2 feux de maréchalerie 1 renardière (1 marteau, 2 feux)
1 bocard 1 martinet (1 marteau, 1 feu)
3 halles à charbon 1 platinerie (2 à 3 marteaux, 1 chaufferie)
plusieurs logements pour les fondeurs et les marteleurs 1 maréchalerie
1 charronnerie
1 scierie
Pierre commémorative de la principauté de Salm à Grandfontaine.

La reprise économique n'intervient qu'après la mort de Louis XIV (1715). Sous Pierre Launay, le nouveau directeur des forges, la réputation des Forges de Framont ne tarde pas à reconquérir le marché, si bien que c’est à elle seule que s’adresse dès 1720 le duc Léopold de Lorraine à l’occasion de la construction de son château de Lunéville. Une longue prospérité s'installe pendant tout le XVIIIe siècle, que contribue à accroître dès 1778 les frères Bernard et Marc-Antoine Chouard originaires de Vitteaux en Côte-d'Or. C'est un contexte d'affaires extrêmement favorables que s'illustra en cette fin de XVIIIe siècle le deuxième grand personnage dont le nom est indissociable de forges de Framont : Louis Champy (né à Vitteaux en 1763 et décédé à Strasbourg en 1831), neveu des frères Chouard, devenant même le gendre de Bernard dont il épousera la fille aînée, Éléonore.

Louis Champy poursuit l'œuvre de ses prédécesseurs et devient lui-même propriétaire des Forges de Framont (1796) puis de celles de Rothau au Ban de la Roche (1799) à la faveur de la Révolution française et de l'annexion en 1793 de la principauté de Salm-Salm à la France. Cette opération économiquement particulièrement favorable fit accéder Louis Champy à la bourgeoisie du fer, en rejoignant en Alsace les dynasties d'industriels les plus fortunés dont les de Dietrich et les Anthès.

Pourtant cette prospérité s'effondra progressivement en raison de l'appauvrissement des filons, de la qualité aléatoire du fer, de la hausse du prix et des difficultés croissantes de se fournir en charbon de bois, ainsi que des problèmes d'accès. La déroute financière des deux forges de Framont et de Rothau ne pouvant être enrayé contribua, malgré plusieurs tentatives de réorganisation, à la dissolution définitive des forges le 7 avril 1863[1].

La commune de Grandfontaine a profité indirectement d'une négociation lors de la cession de l'Alsace-Lorraine en 1871. La France, soucieuse de conserver une ligne ferroviaire privée à Avricourt dans le département de la Meurthe, a préféré abandonner une grande partie du domaine boisé des communes lorraines de Raon-sur-Plaine et de Raon-lès-Leau. Ces forêts, restées en 1919 sur le territoire alsacien malgré les protestations raonnaises, contribuent depuis à la richesse de la commune.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules aux deux saumons adossés d'argent accompagnés de quatre croisettes du même, à la champagne aussi d'argent chargée d'un pic et d'un marteau-piquier de sable passés en sautoir. »[2].
Commentaires : le blason rappelle à la fois l'appartenance de la commune à la principauté de Salm-Salm et son passé minier.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 En cours Philippe Remy[3]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[5].

En 2016, la commune comptait 410 habitants[Note 1], en diminution de 1,44 % par rapport à 2011 (Bas-Rhin : +2,01 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0111 1921 1991 3901 5131 7081 6231 3531 245
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 108974880817910882873708687
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
642676741639565515515498485
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
421386408361351369383385431
2016 - - - - - - - -
410--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jacques-le-Majeur.
  • Les Minières : mine de fer exploitée jusqu'au XIXe siècle et mise en valeur par la commune, qui propose la visite d'une galerie et d'un petit musée qui retrace l'activité de la mine au cours des âges et expose la richesse minéralogique de la région.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D. Leypold, La Métallurgie du fer dans le massif vosgien, La vallée de la Bruche de l'Antiquité au XIXe siècle, Société savante d'Alsace, 55 (1996), 529 p.
  2. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  3. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  4. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Grandfontaine », in La Haute vallée de la Bruche, Patrimoine d’Alsace, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Éditions Lieux Dits, Lyon, 2005, p. 34-37 (ISBN 978-2-914528-13-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]