Grand sphinx de la vigne

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Deilephila elpenor

Le Grand sphinx de la vigne (Deilephila elpenor), aussi appelé Sphinx de la vigne, est un insecte lépidoptère de la famille des Sphingidae, de la sous-famille des Macroglossinae, et du genre Deilephila.

Description[modifier | modifier le code]

Les jeunes chenilles sont vertes avant de brunir. Leurs deux premiers segments abdominaux sont ornés d'ocelles blancs et noirs ressemblant au signe du Yin et Yang. L'avant du corps ressemble à un groin de suidé.

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La taille maximale de l'imago est de 80 mm, sa taille moyenne est de 55 à 60 mm[1]. Son corps est robuste et est fortement rétréci à proximité de la tête. Le papillon a une coloration brun grisâtre et lilas clair ; vers l'arrière, les ailes sont bordées de blanc et de noir. Le scolus postéro-abdominal est relativement petit.

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Cycle biologique et comportement[modifier | modifier le code]

Il est possible d'avoir une ou deux générations par an. Les œufs sont déposés en petits groupes ou isolément sur la face inférieure des feuilles. Les chenilles apparaissent de juin à septembre. En cas de dérangement, elles rentrent leur tête dans le thorax et gonflent leurs premiers segments abdominaux mettant en relief leurs grands ocelles. En ressemblant ainsi à de petits serpents, en se balançant de droite et de gauche[2], elles peuvent provoquer la fuite de prédateurs. Les loges nymphales sont enterrées à faible profondeur, voire dans la litière à la surface du sol. Nymphose vers la fin de l'été ou au début de l'automne; émergence en juin, après hivernage.

Plantes nourricières[modifier | modifier le code]

La chenille se nourrit notamment d'épilobes, de gaillets, de la vigne, du trèfle d'eau, d'onagres et de fuchsias.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition
Le Grand sphinx de la vigne est présent partout en Europe, Asie mineure, Asie centrale et au Japon à l'exception des régions les plus septentrionales.
Habitat
Ce lépidoptère est entre autres présent dans des prés, clairières, friches, jardins, bords de cours d'eau...

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Deilephila elpenor a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Sphinx elpenor [3].

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Sphinx elpenor (Linnaeus, 1758) Protonyme
  • Sphinx porcus Retzius, 1783 [4]
  • Elpenor vitis Oken, 1815 [5]
  • Chaerocampa lewisii Butler, 1875 [6]
  • Chaerocampa elpenor cinerescens Newnham, 1900
  • Eumorpha elpenor clara Tutt, 1904
  • Eumorpha elpenor obsoleta Tutt, 1904
  • Eumorpha elpenor pallida Tutt, 1904
  • Eumorpha elpenor unicolor Tutt, 1904
  • Eumorpha elpenor virgata Tutt, 1904
  • Deilephila elpenor vautrini Austaut, 1907
  • Pergesa elpenor daubi Niepelt, 1908
  • Pergesa elpenor hades Rebel, 1910
  • Chaerocampa elpenor alboradiata Lambillion, 1913
  • Deilephila elpenor philippsi Niepelt, 1921
  • Pergesa elpenor scheiderbaueri Gschwandner, 1924
  • Pergesa elpenor lugens Niepelt, 1926
  • Deilephila elpenor argentea Burrau, 1950
  • Pergesa elpenor distincta Meyer, 1969
  • Pergesa elpenor szechuana Chu & Wang, 1980
  • Deilephila elpenor tristis Lempke & Stolk, 1986

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Deux sous-espèces distinctes, Deilephila elpenor elpenor et Deilephila elpenor lewisii , ont été reconnues par le passé, mais elles ne sont plus considérées comme bien distinguées. De même, la sous-espèce Deilephila elpenor szechuana est maintenant considérée comme un synonyme de Deilephila elpenor elpenor. La sous-espèce Deilephila elpenor macromera, que l'on trouve dans le sud de la Chine, dans le nord de l'Inde, au Bhoutan et au Myanmar , est toujours considérée comme distincte.

  • Deilephila elpenor elpenor(Linnaeus, 1758)
  • Deilephila elpenor macromera(Butler, 1875)


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Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • En français : le Grand sphinx de la vigne[7].
  • En anglais : large elephant hawk-moth ou simplement elephant hawk-moth, allusion à la ressemblance de la chenille à la trompe d'un éléphant[8].

Source[modifier | modifier le code]

  • D.J. Carter et B. Hargreaves, Guide des chenilles d'Europe : les chenilles de plus de 500 espèces de papillons sur 165 plantes hôtes, Paris, Delachaux et Niestlé, , 311 p. (ISBN 978-2-603-01444-8), p. 56.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif (trad. Michel Beauvais, Marcel Guedj, Salem Issad), Histoire naturelle [« The Natural History Book »], Flammarion, , 650 p. (ISBN 978-2-0813-7859-9), Grand sphinx de la vigne page 294
  2. Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris 2005, Flammarion, (ISBN 2-08-201375-8), p. 146-147
  3. Linnaeus, 1758; Syst. Nat. (Edn 10) 1 : 491
  4. Retzius, 1783; Gen. Spec. Ins.: 34
  5. Oken, 1815; Lehrbuch Naturgesch. 3 (Zool.) (1): 760
  6. Butler, 1875; Proc. zool. Soc. Lond. 1875 : 247
  7. Muséum national d’Histoire naturelle [Ed]. 2003-2021. Inventaire National du Patrimoine Naturel, Site web : https://inpn.mnhn.fr., consulté le 7 octobre 2019
  8. B. Hargreaves et M. Chinery, Collins Gem Guide: Butterflies and Moths, Collins, 1981, p. 97.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxonomiques[modifier | modifier le code]