Grand réservoir de Vioreau

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Grand Réservoir de Vioreau
Image illustrative de l’article Grand réservoir de Vioreau
Administration
Pays Drapeau de la France France
Département Loire-Atlantique
Géographie
Coordonnées 47° 31′ 25″ nord, 1° 25′ 26″ ouest
Type réservoir
Superficie 2,2 km2
Altitude 31 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne

m
3,6 m
Volume 7,451 millions de m3
Hydrographie
Alimentation Rigole des Ajaux
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Grand Réservoir de Vioreau
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Grand Réservoir de Vioreau

Le grand réservoir de Vioreau est un lac artificiel de la Loire-Atlantique situé dans la commune de Joué-sur-Erdre. Il s'agit du plus grand réservoir du département. Bien que couvrant une superficie de 200 hectares, il est habituellement subdivisé en deux sous-ensembles : le lac de Vioreau (180 ha) et le Petit Vioreau (32 ha).

Vioreau est bordé au Nord par la forêt de Vioreau.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'emplacement du lac avant sa création.
Vioreau à sec en 1949.

Le lac de Vioreau était censé garantir l'alimentation en eau et en toute saison de la partie est du canal de Nantes à Brest sur les bassins versants de l'Isac et de l'Erdre.

Les travaux concernant ce canal commencèrent en 1811 sous Napoléon Ier pour relier la Loire à Brest et déjouer le blocus anglais. Le réservoir fut construit par des prisonniers espagnols et le barrage, d'environ 130 mètres, fut érigé en 1835[1].

Le canal fut ouvert à la navigation le .

En 1949, le réservoir fut mis à sec.

Depuis quelques décennies, son activité a basculé l'été avec le tourisme fluvial.

Géographie[modifier | modifier le code]

Barrage de Vioreau.

Grand Vioreau[modifier | modifier le code]

L’étang du grand Vioreau (d’une capacité maximum de 7 451 000 m3 d’eau) s'étend sur une superficie de 180 ha[2] à une altitude de 31 m.

Petit Vioreau[modifier | modifier le code]

L’étang du Petit Vioreau qui couvre une surface de 32 ha se trouve au nord-est du grand étang.

Son volume est de 504 000 m3[2].

Pont de la Musse[modifier | modifier le code]

Le pont de la Musse est une petite partie du lac située à l'est du réservoir[3]. Il possède deux espèces de poissons rares ou menacées[4]. Ses rives comptent plusieurs espèces végétales rares et protégées sur le plan national[4],[5].

Rigole alimentaire[modifier | modifier le code]

Arcades du Gué de la Roche.

Avec l'eau du grand réservoir du Vioreau, des étangs de le Provostière et de la Poitevinière, le canal de dérivation alimente un bief de partage du canal de Nantes à Brest, celui passant du bassin versant de l'Isac à celui de l'Erdre. Il longe les cours d'eau et vallées du Baillou puis de l'Erdre sur leur rives droites avec une pente régulière de 0,14 millimètre par mètre . Long de 21,3 kilomètres, il comporte quatre ponts-canaux ou aqueducs localement appelés « les arcades » ainsi qu'un souterrain de 600 mètres entre le lieu-dit « le Châtaigner » et le lieu-dit « les Noës Bodier ». Les aqueducs principaux sont : « le Mesnil » à huit arches, « le Gué de la Roche », « le Quiquengrogne » de 76 m de long et douze arches et « la Nochère ».

Environnement[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

La faune environnante se compose de papillons tel que le damier de la succise (Euphydryas aurinia), d'amphibiens tel que la rainette verte (Hyla arborea) et la grenouille agile (Rana dalmatina) et de reptiles tel que le lézard des murailles (Podarcis muralis)[6].

Parmi les espèces d'oiseaux habitant autour du lac se trouvent le cygne tuberculé ou encore la poule d'eau.

Les poissons présents subissent, en plus de la mauvaise qualité de la retenue, la colonisation de l'étang par le poisson-chat.

Flore[modifier | modifier le code]

Parmi les végétaux environnant ou présent dans le lac se trouvent le Flûteau nageant (aussi appelé Alisma nageante et dont le nom scientifique est Luronium natans), le Coléanthe délicat (Coleanthus subtilis, dont c'est la seule station connue au sein des Pays de la Loire).

On y trouve aussi les espèces suivantes : Pilularia globulifera, Damasonium alisma, Gentiana pneumonanthe et Carex lasiocarpa[6].

Pression anthropique[modifier | modifier le code]

L'activité humaine laisse une empreinte visible sur l'environnement du lac au niveau de l'aménagement du rivage, l'extension des milieux non naturels en contact avec le réservoir (les pâtures, etc.), les activités qui se pratiquent sur le lac (pêche, baignade, nautisme et alimentation du canal de l’Erdre). Les bordures du site comportent assez peu de milieux à typologie strictement naturelle[7].

La ripisylve est d’implantation récente et n'a qu’une faible extension. L’habitabilité de la zone littorale apparaît plus satisfaisante, la végétation aquatique y est cependant peu développée et restreinte à la rive. La zone centrale de la retenue se caractérise par une faible diversité d’habitats[7].

Intégrité biologique[modifier | modifier le code]

Le potentiel biologique des eaux de Vioreau est mauvais et ce en raison des niveaux atteints par les composés nutritifs tel que l'azote[7]. La présence de cyanophytes détermine une mauvaise intégrité biologique ; la bio-indication fournie par les oligochètes étant cependant sensiblement meilleure (intégrité passable)[7].

La production d’eau potable à partir du réservoir est limitée car l’eau de la retenue étant de qualité inadaptée (mauvaise aptitude en raison de la présence anormale de cyanophytes)[7]. Les loisirs aquatiques n'y sont pas conseiller à cause d'une part des cyanophytes, et d'autre part par l'opacité de l'eau[7].

De même trois types de métaux sont présents dans le lac (cadmium, nickel et plomb), appartenant aux substances dangereuses de l’annexe IX de la DCE[7]. D'autres métaux sont présents épisodiquement tel que le mercure en [7].

La DCE avait préconisée une remise en état du plan d'eau d'ici à 2015[7], toutefois ces objectifs ne pourront probablement pas être atteint[7].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Une plage surveillée est présente sur les rives du lac. La baignade y est partout ailleurs interdite ou fortement déconseillée à cause de la présence de canalisations.

Les activités nautiques sont aussi représentées par le club nautique de Joué-sur-Erdre.

Le Département de Loire-Atlantique a ouvert en un site d'activités de plein air baptisé Vioreau Pleine Nature et permettant de pratiquer de multiples activités[8] (voile, paddle, balades, canoë-kayak, VTT, escalade).

Maintenance[modifier | modifier le code]

Surveillance[modifier | modifier le code]

Le barrage de Vioreau est sous surveillance régulière de la DREAL[9].

Comme tous les barrages, celui-ci ne fait pas exception, de très légères fuites sont observées et leurs débits mesurés. Des sondages du tablier ont lieu durant l'été 2016 afin d'évaluer le besoin de le renforcer. Des travaux de maintenance ont eu lieu 2017, le niveau de l'eau est notamment abaissé pour permettre le rejointoiement de l'ouvrage du côté immergé.

Le , un arrêté préfectoral recommande des travaux d'urgence et des mesures de surveillance renforcée sur le barrage retenant le réservoir de Vioreau. En effet, selon un rapport effectué en 2018, « [l]a capacité de l’évacuateur de crue est très insuffisante au regard des recommandations en vigueur » et « la stabilité du barrage est assurée avec une marge de sécurité faible ». Une rupture risquerait de mettre environ 4 400 personnes à risque d'inondations. Le niveau maximal du lac est à 8,10 mètres[10].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Labarre, « Lac de Vioreau à Joué-sur-Erdre : un barrage surveillé de près », Ouest-France,‎ (lire en ligne)

Compléments[modifier | modifier le code]

Lectures approfondies[modifier | modifier le code]

  • Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, Forêt, Etangs de Vioreau et de la Provostière, Natura 2000, (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]