Grand Prix de l'Armistice

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Grand Prix de l'Armistice
Jean Alavoine.jpg

Jean Alavoine, vainqueur

Généralités
Distance
520 km
Résultats
Vainqueur

Le Grand Prix de l'Armistice, est une course cycliste française qui se déroule les 10 et 11 novembre 1919. Disputé sur un parcours de 520 km entre Strasbourg et Paris, il est remporté par le Français Jean Alavoine.

Présentation[modifier | modifier le code]

Georges Clemenceau, président du Conseil des ministres, décide de n'organiser aucune cérémonie officielle le 11 novembre 1919 pour ne pas être accusé de profiter d'une éventuellement commémoration de l'armistice, alors que doivent se tenir les élections législatives le 16 novembre. Les responsables du journal Sporting décide quant à eux de rappeler l'importance du 11 novembre en organisant une compétition cycliste[1].

La course, longue de 120 kilomètres, célèbre le retour de l'Alsace-Lorraine à la France, en s'élançant de Strasbourg pour rejoindre Choisy-le-Roi, en région parisienne, avec un passage à Metz. Les organisateurs reçoivent l'appui de l'Union vélocipédique de France et du club « Le Montmarte sportif », ainsi que le patronage de L'Auto, journal concurrent et organisateur du Tour de France. Les inscriptions des coureurs sont ainsi reçues aussi bien au siège de Sporting que de L'Auto[2].

Afin de convaincre les coureurs les plus célèbres du peloton, les organisateurs dotent la course de 7 000 francs de prix, dont 2 500 francs au vainqueur. En raison des conditions météorologiques défavorables au mois de novembre, les coureurs sont engagés à prévoir « une tenue particulière, moufles épaisses aux mains, dispositifs de cale-pieds ouatés et imperméables rendant impossible le contact de l'air avec le cuir de la chaussure[2]. »

Quarante-deux coureurs sont engagés, dont les frères Henri et Francis Pélissier, qui renoncent finalement à prendre le départ. Parmi les principaux engagés figurent Jean Alavoine et Honoré Barthélémy, plusieurs fois vainqueurs d'étapes sur le Tour de France, ainsi que les Belges Alfred Steux et Lucien Buysse[2].

Récit de la course[modifier | modifier le code]

Le départ est donné à Strasbourg le 10 novembre à 14 h[2]. Le mauvais temps perturbe l'avancée des coureurs dans la traversée des Vosges. Peu avant Saverne, les Italiens Bartolomeo Aimo et Felice Gremo s'échappent en tête de la course, puis sont rejoints par un groupe de quatre coureurs, dont les Français Jean Alavoine et Honoré Barthélémy et les Belges Lucien Buysse et Arthur Claerhout[2]. Ce dernier est victime d'une chute entre Château-Salins et Metz, tandis que les deux Italiens, partis sans imperméables, sont vaincus par le froid et la pluie et abandonnent à Commercy. Lucien Buysse crève entre Ligny-en-Barrois et Saint-Dizier, sa cinquième crevaison dans la course, et lâche prise lui aussi. La neige s'abat sur les coureurs alors que les deux hommes de tête, Jean Alavoine et Honoré Barthélémy, arrivent en fin de nuit à Vitry-le-François[3]. Les deux Français décident de s'entendre et de collaborer pour rejoindre l'arrivée ensemble et se disputer la victoire au sprint. Jean Alavoine, connu pour ses qualités de sprinteur, s'impose facilement[4].

Résultat[modifier | modifier le code]

Classement final[5]
  Coureur Pays Équipe Temps
1er Jean Alavoine Drapeau de la France France en 25 h 21 min 7 s
2e Honoré Barthélémy Drapeau de la France France m.t.
3e Lucien Buysse Drapeau de la Belgique Belgique + 20 min 6 s
4e Joseph Schoettel Drapeau de la France France -
5e Louis Engel Drapeau de la France France -
6e Muller -
7e Georges Gatier Drapeau de la France France -
8e Georges Devilly Drapeau de la France France -
9e Saint-Denis -
10e Louis Ellner Drapeau de la France France -

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bourgier 2014, p. 131-132.
  2. a, b, c, d et e Bourgier 2014, p. 132.
  3. Bourgier 2014, p. 133.
  4. Bourgier 2014, p. 134.
  5. Bourgier 2014, p. 156.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bourgier, 1919, le Tour renaît de l'enfer : De Paris-Roubaix au premier maillot jaune, Toulouse, Le Pas d'oiseau, , 158 p. (ISBN 978-2-917971-38-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]