Graffiti d'Alexamenos

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Le graffiti d'Alexamenos.
Un relevé du graffiti d'Alexamenos.

Le graffiti d'Alexamenos est un dessin découvert dans le palais impérial de Rome. Il pourrait être la plus ancienne représentation de la crucifixion de Jésus, et le plus ancien exemple de la croix comme symbole du christianisme, puisqu'il est daté de la période entre le Ier siècle et le IIIe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

Sur cette caricature[1],[2], on voit une figure de forme humaine crucifiée et affublée d'une tête d'âne, envers laquelle un autre personnage fait un geste qui peut ressembler à un salut ou à une prière, interprétation qui correspond à l'inscription Αλεξαμενος ϲεβετε θεον qui, dans un grec approximatif, ou plutôt phonétique (ϲεβετε doit sans doute être compris comme ϲεβεται, « adore »), signifie sans doute « Alexamenos adore son dieu » ou « Alexamenos adore Dieu »[3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il aurait été dessiné entre le Ier siècle et le IIIe siècle[5].

Ce graffiti a été découvert en 1857, parmi de nombreux autres, lors de la mise au jour des vestiges de la domus Gelotiana, bâtiment lié au complexe palatial. Dans la pièce suivante, une inscription attribuée à une autre main a écrit Alexamenos fidelis, c'est-à-dire « Alexamenos est fidèle » ou « Alexamenos le fidèle ». Cela pourrait être une réplique au graffiti moqueur (probablement d'un Romain qui ne partage pas et ne comprend pas la croyance des chrétiens) représentant le dénommé Alexamenos[6] priant un âne crucifié[7].

Il est conservé à Rome, au musée du Palatin[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arsène Alexandre, L'art du rire et de la caricature, (lire en ligne), p. 21.
  2. Charles de Vitis, Paysages gris et bleus, (lire en ligne), p. 201.
  3. Félix Goblet d'Alviella (en), L'évolution du dogme catholique. I, partie 2, 1912-1914 (lire en ligne).
  4. J.-C. Broussolle, Le Christ de la Légende dorée : ouvrage illustré d'un commentaire artistique et de 407 gravures, (lire en ligne), p. 314.
  5. (en) Gertrud Schiller (en), Iconography of Christian Art, vol. II, Lund Humphries, , p. 89-90.
  6. Michael Gough, dans La Grèce et Rome (éd. Imprimerie des arts et manufactures, 1974, direction Marcel Brion), p. 364, suppose que « Alexamenos était sans doute un esclave, que ses compagnons raillaient parce qu'il était chrétien ».
  7. Eliane Burnet, Régis Burnet, Pour décoder un tableau religieux, Les Éditions Fides, , p. 82.
  8. (en-US) « Scratched graffito with blasphemous crucifix », sur Parco archeologico del Colosseo (consulté le 4 septembre 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]