Grace Lee Boggs

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Grace Lee Boggs
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Grace Lee Boggs à son domicile à Détroit en 2012
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Grace Lee Boggs est une écrivaine, militante sociale et philosophe-féministe américaine née le à Providence, Rhode Island aux États-Unis et morte le [2].

Elle est connue pour ses longues années de collaboration politique avec C. L. R. James et Raya Dunayevskaya dans les années 40 et 50[3]. Dans les années 60 son mari, James Boggs, et elle-même, ont pris leur propre direction politique et ce, pendant 40 ans[4]. En 1998, elle écrit quatre livres dont une autobiographie. En 2011, toujours active à l’âge de 95 ans, elle écrit un cinquième livre, The Next American Revolution: Sustainable Activism for the Twenty-First Century à l’aide de Scott Kurashige (notamment auteur) et est publiée par l’Université de California Press. Elle est reconnue comme une figure clé du mouvement asiatique américain, autrement dit, de « l'Asian American Movement » (en anglais).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Grace Lee Boggs est née le 27 juin 1915 à Providence, Rhode Island aux États-Unis, au dessus du restaurant de son père. Elle passe son enfance dans un quartier de la classe moyenne, habité principalement par des Américains d'ascendance européenne[5].

À l’origine, son prénom chinois donné à la naissance était Yu Ping (玉平) signifiant « Paix de Jade » ou « Jade Peace » (en anglais). Elle était la fille de Chin Lee (1870-1965) et de Yin Lang Ng (sa seconde épouse), qui deviendra un modèle féministe précoce pour Boggs. Ses deux parents étaient originaires de Taishan, Guangdong dans la dynastie de Qing, en Chine. Son père, Chin Lee, était né à Chin Dong Goon (Chin étant son nom de famille). Après avoir immigré de Chine aux États-Unis dans la ville de Seattle en 1911, il prit le nom de Chin Lee et le nom de famille, initialement Chin Lee, a été raccourci par Lee. La première femme de Lee donnant naissance qu’à des garçons, a été quitté pour une femme plus jeune[6]. Yin Lan est née dans la famille Ng qui était une famille si pauvre que son oncle Yin l’a vendue en tant qu’esclave mais elle réussi à s’échapper par la suite. Ce même oncle a par ailleurs arrangé le mariage des parents de Boggs. Son père a émigré aux États-Unis avec sa seconde femme à Seattle, Washington, en 1911[6].

Boggs avait cinq frères et soeurs dont Katherine, Edward (né en 1920), Philip, Robert et Harry (né en 1918)[7].

Éducation[modifier | modifier le code]

Bénéficiaire d’une bourse d’étude, Grace Lee Boggs entame des études de philosophie au Barnard College à l’Université de Columbia, elle est alors la seule et unique femme étudiante dont les parents sont d'ascendance chinoise[5]. Elle y étudie Kant et surtout Hegel, dont la philosophie dialectique marquera sa propre œuvre[8],[5]. Elle passe ses examens de licence au Bryn Mawr College en 1937, sous la direction de Paul Weiss[5]. En 1940, elle y passe également son doctorat, avec une thèse portant sur les travaux de George Herbert Mead[9],[5].

Mariage et relation avec James Boggs[modifier | modifier le code]

En 1953 Grace Lee Boggs se marie avec James Boggs, un éminent activiste et organisateur. Pendant 40 ans ils ont été mariés jusqu’à la mort de son mari James Boggs en 1993. Ils ont construit ensemble une vraie relation durable et solide non seulement maritale mais aussi intellectuelle et politique. « Cette relation était un véritable partenariat égalitaire, remarquable pour son couple unique et pour sa longue durée, mais notamment pour sa faculté à générer constamment une réflexion théorique et des modes d'engagement militant »[10].

Ensemble, ils ont contribué à la fondation de la National Organization for an American Revolution (NOAR) qui publiait également de la littérature militante[11],[12].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de sa thèse, elle déménage à Chicago en 1940[13]. Dans les années 1940, elle rencontre de nombreux obstacles dans le monde académique et finit donc par accepter un travail peu rémunéré à la bibliothèque de philosophie de l'Université de Chicago. En raison de son militantisme en faveur des droits des locataires, elle rejoint le Workers Party, un petit parti trotskyste avec un positionnement de troisième camp, c'est à-dire rejetant à la fois le stalinisme et le capitalisme. Dans ce cadre, elle participe à des activités anti-guerre[13].

À ce moment-là, elle commence la carrière qu'elle suivra pour le reste de sa vie : un intérêt pour les luttes de la communauté afro-américaine[14].

Lors d’une conférence à Chicago, elle rencontre C. L. R. James et déménage par la suite à New York. Elle rencontre plusieurs activistes et des personnalités culturelles tels que l’auteur Richard Wright et la danseuse Katherine Dunham. Elle a par ailleurs traduit pour la première fois en anglais de nombreux essais des Manuscrits économiques et philosophiques de 1844 de Karl Marx ou Karl Marx’s Economic and Philosophical Manuscripts of 1844(en anglais).

Au sein du Workers Party, elle adhère rapidement à la tendance Johnson-Forest, dirigé par C.LR. James et Raya Dunayevskaya. Elle-même y occupe bientôt un rôle dirigeant[15]. Ces derniers se concentrent plus particulièrement sur les groupes marginalisés tels que les femmes, les personnes de couleur et les jeunes, et rompent avec la notion de parti d'avant-garde. Alors qu'ils fonctionnaient initialement en tant que tendance du Workers Party, ils ont rapidement intégré le Socialist Workers Party avant de quitter complètement la gauche trotskyste. La tendance Johnson-Forest a aussi caractérisé l'URSS comme capitaliste d'État. Elle a participé à écrire pour le Johnson-Forest Tendency sous le pseudonyme du parti, Ria Stone.

En 1953, elle déménage à Détroit, où elle se met à publier une lettre d'information politique radicale bi-hebdomadaire nommée Correspondence*[15]. Cette même année, elle rencontre et épouse James Boggs, un ouvrier automobile et militant politique afro-américain. Pour s'assurer un revenu, elle occupe des emplois très divers comme secrétaire, enseignante et ouvrière d'usine[15].

Ensemble, ils poursuivent leur engagement sur les droits civils et l'activisme du mouvement Black Power ou « Black Power Movement » (en anglais). Comme le précise le chercheur Brian Doucet dans son entretien réalisé avec Boggs en 2014, « vivre à Détroit a influencé la pensée de Boggs sur le rôle de l'automatisation, de la fuite des capitaux et du racisme[16].» En 1970, Lee Boggs a participé à la fondation de la Detroit Asian Political Alliance[13].

Lorsqu’à la moitié des années 50 C. L. R James and Raya Dunayevskaya se sont séparés au Correspondence Publishing Committee dirigé par James et un Comité News and Letters dirigé par Dunayevskaya, Grace et James ont appuyé le Comité de publication par correspondance que James a essayé de conseiller alors qu'il était en exil en Grande-Bretagne.

En 1962, les Boggs ont rompu avec James et ont poursuivi le Comité d'édition de la correspondance avec Lyman Paine et Freddy Paine, alors que les partisans de James, tels que Martin Glaberman, ont poursuivi leurs activités au sein d'une nouvelle organisation de courte durée, Facing Reality. Les idées qui ont constitué la base de la scission de 1962 apparaissent dans le livre de James Boggs, The American Revolution : Pages from a Black Worker's Notebook. En 1964, Grace a essayé, mais sans succès, de convaincre Malcolm X de se présenter au Sénat des États-Unis. Durant ces années, Grace Boggs a écrit plusieurs livres, dont Revolution and Evolution in the Twentieth Century en compagnie de son mari, et s'est consacrée au militantisme communautaire à Détroit, où elle est devenue une militante très connue.

En 1979, Grace Lee Boggs et son conjoint James Boggs ont participé à la fondation de la National Organization for an American Revolution (NOAR)[11].

Dans l'introduction d'une longue interview, l'universitaire Karín Aguilar-San Juan évoque un des aspects du militantisme de Grace Lee Boggs : « Bien que convaincue que les inégalités raciales et de genre exigeront toujours une bataille, Grace reste catégorique sur le fait que l'activisme basé sur les droits civils ne mènera pas aux profonds changements de la société qu'un état supérieur de l'évolution humaine exige. » Elle poursuit en expliquant que le « chemin politique » de Boggs a été « guidé par son analyse des changements historiques et mondiaux, associée à une participation et une attention quotidiennes aux luttes des gens sur le terrain ». Dans cette entrevue, Boggs évoque sa relation à son héritage asiatique américain, ses expériences avec le mouvement Black Power, et de nombreux autres sujets[13].

En 1992, elle a créé Detroit Summer, un projet multiculturel et intergénérationnel pour les jeunes, et a été récompensée par de nombreux prix. Par ailleurs, la résidence de Boggs à Détroit sert également de siège au Boggs Center to Nurture Community Leadership. Ce centre a été créé au début des années 1990 par des proches de Grace Lee et James Boggs et demeure aujourd’hui un centre de projets communautaires, d'organisation de base et d'activisme social, tant au niveau local que national[17].

Alors même qu'elle est très âgée, Grace Lee Boggs poursuit son intense activité d'écriture. En 1998, elle publie son autobiographie, Living for Change. Jusqu'en 2005, elle poursuit sa chronique pour le journal Michigan Citizen, et publie en 2011 un manifeste politique : The Next American Revolution : Sustainable Activism for the Twenty-First Century[18].

Le film documentaire a été consacré à sa vie : American Revolutionary The Evolution of Grace Lee Boggs (2013), produit et réalisé par la cinéaste américaine Grace Lee[19]. En 2014, le Social Justice Hub du nouveau University Center de la New School a été nommé le Baldwin Rivera Boggs Center en hommage aux activistes James Baldwin, Sylvia Rivera et Grace Lee Boggs. Elle a également participé à la Conférence sur l'activisme, les études ethniques, la diaspora et au-delà, qui s'est déroulée à l'université Northwestern en 2005, et qui a été par la suite réimprimée dans CR : New Centennial Review[20]. Son allocution On Revolution : A Conversation Between Grace Lee Boggs and Angela Davis a été faite le 2 mars 2012 à la Pauley Ballroom, Université de Californie, et a été extrait dans la revue Race, Poverty & the Environment[12].

Boggs est décédée le 5 octobre 2015, après avoir eu 100 ans en juin 2015[19],[17].

Héritage[modifier | modifier le code]

En 2013[12], une école nommée The James and Grace Lee Boggs School a été ouverte à Détroit, dans le Michigan. Cette dernière enseigne aux élèves de la maternelle à la 8e année, et parmi ses valeurs fondamentales se trouvent la pensée critique, la collaboration et l'autodétermination[21].

En 2014, le Social Justice Hub du tout nouveau University Center de The New School a été nommé Baldwin Rivera Boggs Center, en hommage aux activistes Boggs, James Baldwin et Sylvia Rivera[22].

En 2016 a été publié la double biographie In Love And Struggle : The Revolutionary Lives of James and Grace Lee Boggs, de Stephen M. Ward[10].

Boggs a été le sujet d'un dossier du FBI qui enquêtait sur les rôles des Black Panthers et des mouvements nationalistes noirs. Lorsque les fichiers ont été divulgués, ils ont révélé des commentaires suggérant que Boggs est « probablement afro-chinoise » [17].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Grace Lee Boggs et Scott Kurashige, The Next American Revolution: Sustainable Activism for the Twenty-First Century, Los Angeles, University of California Press, , 224 p. (ISBN 9780520269248).
  • (en) Grace Lee Boggs (préf. Ossie Davis), Living For Change: An Autobiography, Minneapolis, University of Minnesota Press, , 328 p. (ISBN 9780816629558).
  • (en) Grace Lee Boggs, Conditions of Peace: An Inquiry : Security, Democracy, Ecology, Economics, Community, coll. « Expro Press », , 254 p..
  • (en) Grace Lee Boggs, Women And The Movement To Build A New America, Detroit, National Organization for an American Revolution, , 30 p..
  • (en) James Boggs et Grace Lee Boggs, Revolution And Evolution In The Twentieth Century, Monthly Review Press, , 266 p. (ISBN 9780853453222).
  • (en) C.L.R James, Raya Dunayevskaya et Grace Lee, State Capitalism & World Revolution, , 160 p.
  • * The Invading Socialist Society (with C.L.R. James and Raya Dunayevskaya) (1947)
  • (en) Grace Lee Chin, George Herbert Mead : Philosopher Of The Social Individual, Columbia University Press, , 110 p. (ISBN 9781258318369).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://reuther.wayne.edu/node/2310 » (consulté le )
  2. (en) Michael Jackman, « Grace Lee Boggs dead at 100 », sur Detroit Metro Times (consulté le )
  3. Adalberto Aguirre et Shoon Lio, « Spaces of Mobilization: The Asian American/Pacific Islander Struggle for Social Justice », Social Justice, vol. 35, no 2 (112),‎ , p. 1–17 (ISSN 1043-1578, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) Elaine Latzman Moon, « Untold Tales, Unsung Heroes: An Oral History of Detroit's African American Community 1918-1967 », Wayne State University Press,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d et e (en) Danielle Lake, « Pragmatist Feminism as Philosophic Activism: The{R}evolution of Grace Lee Boggs », The pluralist, vol. 15, no 1,‎ , p.26-27
  6. a et b Grace Lee Library Genesis, Living for change : an autobiography, Minneapolis : University of Minnesota Press, (ISBN 978-0-8166-2954-1 et 978-0-8166-2955-8, lire en ligne)
  7. Grace Lee Boggs, Living for change : an autobiography, University of Minnesota Press, (ISBN 978-0-8166-8813-5, 0-8166-8813-3 et 978-0-8166-2955-8, OCLC 320322563, lire en ligne)
  8. (en) « My Philosophic Journey By Grace Lee Boggs », sur The Boggs Blog, (consulté le )
  9. (en) Grace Chin Lee, « George Herbert Mead. Philosopher of the Social Individual », Social Individualism: A Systematic Treatment of the Metaphysics of George Herbert Mead,‎ (DOI 10.7312/lee-91278, lire en ligne, consulté le )
  10. a et b Stephen M. Ward, In Love and Struggle, University of North Carolina Press, (ISBN 978-0-8078-3520-3 et 978-1-4696-1771-8, lire en ligne)
  11. a et b Philip P. Mason, « The archives of labor and urban affairs, Walter P. Reuther library, Wayne state university », Labor History, vol. 23, no 4,‎ , p. 534–545 (ISSN 0023-656X et 1469-9702, DOI 10.1080/00236568208584679, lire en ligne, consulté le )
  12. a b et c Julia Putnam, Amanda Rosman et Marisol Teachworth, « The James and Grace Lee Boggs School », dans Why Detroit Matters, Policy Press, (lire en ligne)
  13. a b c et d (en) Karín Aguilar-San Juan, « “We Are Extraordinarily Lucky to Be Living in These Times” », A Journal of Women Studies,‎ (lire en ligne)
  14. Kathlyn Gay, American dissidents : an encyclopedia of activists, subversives, and prisoners of conscience, ABC-CLIO, (ISBN 978-1-59884-765-9, 1-59884-765-1 et 1-280-49682-7, OCLC 781709074, lire en ligne)
  15. a b et c (en) Danielle Lake, « Pragmatist Feminism as Philosophic Activism: The{R}evolution of Grace Lee Boggs », The pluralist, vol. 15, no 1,‎ , p. 25-45
  16. « Grace Lee Boggs », dans Why Detroit Matters, Policy Press, (lire en ligne), p. 335–340
  17. a b et c « Activist (1915–2015) », dans Why Detroit Matters, Policy Press, (lire en ligne)
  18. La prochaine révolution américaine : un activisme durable pour le 21ème siècle.
  19. a et b Jessi Quizar, « American Revolutionary: The Evolution of Grace Lee Boggs by Grace Lee », Feminist Formations, vol. 27, no 1,‎ , p. 201–203 (ISSN 2151-7371, DOI 10.1353/ff.2015.0001, lire en ligne, consulté le )
  20. (en) Grace Lee. Boggs, « Nothing Is More Important than Thinking Dialectically », CR: The New Centennial Review, vol. 6, no 2,‎ , p. 1–6 (ISSN 1539-6630, DOI 10.1353/ncr.2007.0001, lire en ligne, consulté le )
  21. Agnes Meinhard et Stephanie Schwartz, « Mission (Im)possible? Determining Organizational Ideology by Examining Mission Statements », sur dx.doi.org, (consulté le )
  22. Nicole Tarulevicz, « More Than Just Food », University of Illinois Press,‎ (DOI 10.5406/illinois/9780252038099.003.0010, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Karín Aguilar-San Juan, « We Are Extraordinarily Lucky to Be Living in These Times : A Conversation with Grace Lee Boggs », Frontiers:A Journal of Women Studies, vol. 36, no 2,‎ , p. 92-123 (ISSN 0160-9009, lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Paul Buhle, « An Asian-American Tale », Monthly Review, janvier 1999, pp. 47–50
  • (en) Walton Brown-Foster, « Grace Lee Boggs : Pioneer in the Asian American Experience », Chinese America:History and Perspectives,‎ , p. 61-67 (ISSN 1051-7642).
  • N.F. « Living for Change », Red & Black Notes, #7, hiver 1999.
  • (en) Dan Georgakas, « Reviewed Work: American Revolutionary: The Evolution of Grace Lee Boggs by Grace Lee, Caroline Libresco and Austin Wilkin », Cinéaste, vol. 39, no 3,‎ , p. 55-57 (lire en ligne, consulté le ).
  • Nancy Kaffer, « Grace Lee Boggs, Detroit activist, dies at age 100 » (Archive), Detroit Free Press, 5 octobre 2015.
  • (en) Danielle Lake, « Pragmatist Feminism as Philosophic Activism: The{R}evolution of Grace Lee Boggs », The pluralist, vol. 15, no 1,‎ , p. 25-45. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Stephen M. Ward In Love and Struggle: The Revolutionary Lives of James and Grace Lee Boggs (Justice, Power, and Politics), The University of North Carolina Press, 2016. (ISBN 978-0807835203).

Liens externes[modifier | modifier le code]