Grégoire Girard

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Grégoire Girard
Image illustrative de l’article Grégoire Girard
Statue du Père Girard inaugurée en 1860 à Fribourg.
Biographie
Nom de naissance Jean-Baptiste-Melchior-Gaspard-Balthasar Girard
Naissance
à Fribourg Drapeau de la Suisse Suisse
Ordre religieux Ordre des frères mineurs
Décès (à 84 ans)
à Fribourg Drapeau de la Suisse Suisse

Grégoire Girard, de son nom complet Jean-Baptiste-Melchior-Gaspard-Balthasar Girard né le à Fribourg, mort le (à 84 ans) dans cette même ville et surnommé Père Girard, est un cordelier (franciscain) et pédagogue suisse. Il a pris une part importante au développement de éducation publique en Suisse au début du XIXe siècle et, étant grand admirateur de Jahn, a développé des théories sur l'éducation physique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le quartier du Bourg de Fribourg le , Jean-Baptiste-Melchior-Gaspard-Balthasar Girard est le fils d’une famille bourgeoise de la ville[1]. Son père est marchand drapier.

Après avoir suivi les études secondaires au collège des jésuites de Fribourg, il part pour Lucerne, où il entre en 1782 dans l'Ordre des frères mineurs et prend le nom de Grégoire[1]. De 1783 à 1788, il étudie la philosophie et la théologie à Wurtzbourg 8[2].

Revenu à Fribourg, il y applique la méthode d'Andrew Bell et devient l'un des principaux promoteurs de l'« école mutuelle », connue aussi sous le nom d'«enseignement mutuel», qui connaît alors un grand succès en Europe. Dans des classes dites « cours gradués », il s'efforce de respecter le rythme de chacun ; le monitorat par petits groupes d'élèves est systématique : ces groupes sont pris en charge par des élèves plus avancés en grammaire et en mathématiques[note 1]. Le Père Girard obtient en 1816 de la ville de Fribourg des crédits pour la construction d'une école spécialement conçue à cette fin. Il y faut de très grandes salles de classe permettant de réunir près de 300 élèves, tous disposant d'une place assise ainsi que d'une tablette[3].

En tant que membre du Conseil académique du canton de Fribourg, Girard adresse un rapport intitulé Projet d’éducation publique pour la République helvétique à Philipp Albert Stapfer, nouveau ministre des arts et des sciences de la jeune République helvétique. Dan ce rapport, il préconise la création d'un institut d'éducation publique chargé d'éduquer les élèves en développant leur amour du devoir et leur volonté de servir la patrie[4].

Il meurt le dans sa ville natale[2], entouré par la communauté fransiscaine de Fribourg[1]. Sur proposition du député Alexandre Daguet[note 2], le Grand Conseil fribourgeois décrète le même jour que le Père Girard a bien mérité de la patrie. Il décide quelque temps plus tard d’ériger une statue en son honneur[1]. Cette dernière, sculptée par Joseph Volmar et installée sur la place des Ormeaux, à Fribourg, est inaugurée en 1860[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Le père Grégoire Girard (détail du monument de Fribourg, par Joseph Volmar).
  • Grammaire des campagnes, à l'usage des écoles rurales du canton de Fribourg, François-Louis Piller, (lire en ligne)
  • Explication du « Plan de Fribourg en Suisse », Lucerne, 1827.
  • Parallèle entre la philosophie et la physique, Fribourg, 1840.
  • De l'enseignement régulier de la langue maternelle dans les écoles et les familles, Dezobry, E. Magdeleine et Cie, (lire en ligne)
  • Cours éducatif de langue maternelle à l'usage des écoles et des familles, Dezobry, E. Magdeleine et Cie, (lire en ligne)
  • Cours éducatif de langue maternelle, Dezobry, E. Magdeleine et Cie, (lire en ligne)
  • Projets d'éducation publique, Fribourg, Société fribourgeoise d'éducation,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Albert Dubray, Catholic Encyclopedia (1913), « Jean-Baptiste Girard ».
  • Eugène Egger, Pater Gregor Girard, .
  • (de) Traugott Weisskopf, « Pater Gregor Girard aus protestantischen Sicht », Politique de l'éducation et fédéralisme helvétique, no 175,‎ , p. 18.
  • (de) Paul Birbaum, Pater Gregor Girards Konzeption der Volksschule aus schulgeschichtlicher Perspektive, Berne, Lang, (ISBN 978-3-906767-26-0).
  • Fritz Oser (dir.) et Roland Reichenbach (dir.), Père Grégoire Girard (1765-1850) : Son œuvre, sa pensée pédagogique, son impact, Fribourg, Éditions universitaires, .
  • Eugène Egger, « Girard, Grégoire » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  • Georges Andrey (avec la collaboration de Maryse Oeri von Auw), Grégoire Girard : Apôtre de l’école pour tous, Bière, Editions Cabédita, (présentation en ligne).
  • Pierre-Philippe Bugnard, Mariano Delgado, Fritz Oser et Francis Python, Un pédagogue à l'origine de l'école actuelle. Le Père Grégoire Girard (1765-1850) : Textes essentiels et biographie, Neuchâtel, Alphil, coll. « Textuelles », , 284 p. (ISBN 978-2-88930-103-4).

Références[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Son activité est évoquée par Philippe Meirieu, Pédagogie : le devoir de résister, ESF, 2008
  2. Il est l’un des disciples du Père Girard.
  • Références
  1. a b c d et e [PDF][Jean-Daniel Dessonnaz], « Le cordelier Grégoire Girard (1765-1850) », 1700 – Bulletin d'information de la ville de Fribourg, no 162,‎ , p. 8-9 (lire en ligne).
  2. a et b Eugène Egger, article Girard, Grégoire dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. [PDF] Simone Forster, Architecture solaire (lire en ligne), p. 2-3.
  4. [PDF]Marie-Thérèse Weber, « Grégoire Girard (1765–1850) et le «projet d'éducation publique pour la République helvétique » », 1700 – Bulletin d'information de la ville de Fribourg, no 170,‎ , p. 9-10 (lire en ligne).
  • Sites
  1. Site Internet du Père Grégoire Girard, géré par la Fondation du Père Girard à Fribourg