Grève des prisonniers-travailleurs du 9 septembre 2016 aux États-Unis

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Une grève des prisonniers-travailleurs en résistance à l'esclavage, commence le , aux États-Unis d'Amérique, pour le 45e anniversaire de la mutinerie de la prison d'Attica. Une partie des 2,4 millions de prisonniers-travailleurs du pays, incluant 40 prisons sur 27 États se révolte, ils sont payés quelques centimes de l'heure ou pas du tout. Les prirsonniers-travailleurs se sont fédérés, pour se défendre, au syndicat aux revendications anarchistes nommé Industrial Workers of the World (IWW)[1],[2],[3],[4].

D'après Paul Wright, spécialiste des travailleurs prisonniers, et rédacteur du journal Prison Legal News (en) (nouvelles de la législation en prison), parmi les sociétés exploitant ces prisonniers non rémunérés, il y a des sous-traitants de Victoria's Secret, Starbucks, les voitures de sport Shelby Cobra, la construction des Game Boy de Nintendo, les souris de Microsoft ou encore les vêtements d'Eddie Bauer[5]

L'esclavagisme en question[modifier | modifier le code]

État actuel et revendications[modifier | modifier le code]

Quelques États des États-Unis garantissent une paie minimum pour les prisonniers-travailleurs, mais des États tels que la Géorgie ou le Texas, ont un seuil bas de zéro[3].

Le 30e amendement de la constitution des États-Unis interdit l'esclavage et la servitude non bénévole, « Excepté comme une punition pour un crime où la partie a été dûment jugée » (« except as punishment for crime whereof the party shall have been duly convicted. »)[6].

Les prisonniers eux-mêmes comparent leurs conditions de travail à celle des esclaves[7],[8],[9]

Certains prisonniers prévoient de faire uniquement la grève du travail, d'autre également la grève de la faim pour protester contre leur conditions d'esclaves[9].

Le 10 septembre, une manifestation réunissant 300 personnes a lieu à Oakland, dans la Région de la baie de San Francisco, en Californie en soutien aux prisonniers, en scandant, « Abolish Amerikkkan Plantations » (abolition des plantations amérikkkaines), en référence au Ku Klux Klan[10].

Cas de peine de prison sans jugement équitable[modifier | modifier le code]

Dans le Scandale de Kids for cash, dans le comté de Luzerne, au nord-est de la Pennsylvanie, deux juges, Mark A. Ciavarella Jr. (en) et Michael T. Conahanont (en), ont gagné 2,6 millions de dollars US de rétrocommission, en échange de l'envoi systématique, sans analyser les cas, de mineurs, dans les prisons gérées par les sociétés PA Child Care (en) et Western PA Child Care (en). Plus de 70 enfants et leurs familles ont porté plainte, et les deux juges se sont déclarés coupables[11]. Les sociétés privées sont payées par l'État pour gérer les prisons, l'État paye en fonction du nombre de prisonniers[12]. Les jugements duraient deux minutes, et leur peine étaient déterminée à l'avance en fonction du nombre de place à remplir dans les prisons[13]

Histoire de l'esclavage des prisonniers aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1870 des propriétaires de sociétés exploitant le travail de prisonniers sont rapidement devenus millionnaires et se sont fait construire des villas à Jefferson City, capitale de l'État du Missouri, en exploitant le travail des prisonniers, dans le domaine de la confection des bottes, chaussures et selle d'équitation. Les population des villes où ces pratiques avaient lieu, voyait cela comme une concurrence de main d'œuvre déloyale et s'opposait à ces pratiques[14]. Durant la même période, au Nevada, la Nevada State Prison (NSP), fait également travailler les prisonniers dans les chaussures, ce qui rapporte à l'État 28 075 dollars en un an. Le gouverneur Tasker Oddie, favorable à l'automobile décide de leur faire construire un réseau routier. Ils construisent entre 1911 et 1913 le réseau routier du nord du Nevada[15].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 9 septembre : début de la plus importante grève des prisonniers-travailleurs aux États-Unis », sur paris-luttes.info,
  2. (en) « Live Updates from the National Prisoner Strike », sur Mask Magazine - The prisoner issue
  3. a et b (en) Aimee Picchi, « Why prisoners nationwide are striking », sur CBS News,
  4. (en) « Nationwide Prison Strike Launches in 24 States and 40 Facilities over Conditions & Forced Labor », sur Democracy Now!,
  5. (en) Beth Schwartzapfel, « This Valentine's Lingerie Is Brought to You By the Prison Industrial Complex », sur alternet.org, The Nation, Traduction en français de l'article
  6. (en) Whitney Benns, « American Slavery, Reinvented », sur The Atlantic,
  7. (en) John Washington, « This Week May See the Largest Prison Strike in US History », sur The Nation,
  8. (en) Carimah Townes, « ‘It’s just dressed up slavery’: America’s shadow workforce rises up against prison labor », sur ThinkProgress (en)
  9. a et b (en) Emma Grey Ellis, « How to Organize the Largest US Prison Strike Ever … From Inside Prison », sur Wired,
  10. « Prison Strike : esclavage made in USA Publié »,
  11. (en) Ian Urbina, « 70 Youths Sue Former Judges in Detention Kickback Case », sur New York Times,
  12. AFP et Reuters, « En Pennsylvanie, des juges touchaient des commissions pour envoyer des jeunes en prison », sur Lemonde.fr,
  13. (en) Ian Urbina, « Despite Red Flags About Judges, a Kickback Scheme Flourished », sur New York Times,
  14. (en) Arnold G. Parks, Missouri State Penitentiary (lire en ligne), « Five, Prison Industry », p. 113
  15. (en) Jennifer E. Riddle, Sena M. Loyd, Stacy L. Branham et Curt Thomas, Nevada State Prison (lire en ligne), « Four, Prisoner Rehabilitation thourgh Work and Community Service », p. 83

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]