Govindappa Venkataswamy

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Govindappa Venkataswamy
Description de l'image Govindappa Venkataswamy.jpg.
Naissance
Vadamalapuram (Tamil Nadu)
Décès (à 87 ans)
Madurai (Inde)
Nationalité indienne
Pays de résidence Inde
Diplôme
Profession
Activité principale
Distinctions

Padma Shri en 1973

Dr. B. C. Roy en 2001

Govindappa Venkataswamy est un chirurgien ophtalmologiste indien né le , dans l'État du Tamil Nadu, et mort le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Govindappa Venkataswamy est né, le , dans une famille d'agriculteurs, habitants d'un village de l'État du Tamil Nadu appelé Vadamalapuram et situé à environ 80 km de Madurai, en Inde du Sud[1],[2],[3]. Après des études de chimie, il s'est orienté vers une formation médicale, et a obtenu, en 1944, le titre de docteur en médecine, à la faculté de médecine Stanley à Chennai, et a rejoint le corps médical des Forces armées indiennes pour pratiquer l'obstétrique[4],[3]. Mais une maladie dégénérative l'a empêché de poursuivre son activité : il a du quitté l'armée, en 1947, pour se soigner[5]. Après avoir repris sa formation pratique dans un hôpital de Chennai, il a dû renoncer à l'obstétrique, à cause de l'arthrite dont il est sévèrement atteint[5]. Venkataswamy s'est alors tourné vers l'ophtalmologie et a obtenu, en 1951, de l'hôpital gouvernemental de Chennai, un diplôme de spécialisation médicale dans ce domaine[4]. Sept ans plus tard, il est nommé directeur du département d'ophtalmologie du collège de médecine gouvernemental de Madurai et, exerçant avec des instruments spécialement conçus pour ses mains arthritiques, chirurgien ophtalmologiste, à l'hôpital Erskine de la même ville, deux postes qu'il a occupés jusqu'en 1976[4],[2]. Durant une vingtaine d'années, Venkataswamy et son équipe ont réalisé plus de 100 000 interventions de chirurgie oculaire[4],[3]. À la retraite, il a fondé le centre hospitalier Aravind[Note 1], un établissement de onze lits, spécialisé en ophtalmologie[2],[4].

Venkataswamy est mort le , à l'âge de 87 ans[7].

Surnommé « Dr V[2], Venkataswamy a reçu de nombreuses distinctions dont la Padma Shri en 1973[7]. En 2004, la Société américaine de cataracte et de chirurgie réfractive l'a placé dans son Hall of Fame[4].

Hôpitaux[modifier | modifier le code]

Le problème de la cécité est un sujet de préoccupation majeur dans les pays pauvres où le gouvernement n’est pas en mesure de répondre aux besoins accrus de santé. En Inde, douze millions de gens sont aveugles, la plupart à cause de cataractes survenues avant l’âge de soixante ans (plus tôt qu’en Occident). La cécité est souvent une condamnation à la pauvreté à vie, ou à la mort précoce, puisque le malade ne peut travailler ni s’occuper de lui-même[8]. En concevant un nouveau modèle d'interventions de la cataracte, plus efficient et moins cher, sans nuire à la qualité de l'opération, le Dr Venkataswamy est arrivé à faciliter l'accès aux soins des populations les plus démunies en Inde[2].

Origines de l'hôpital Aravind[modifier | modifier le code]

À 58 ans, Venkataswamy décide de créer son premier hôpital ophtalmologique Aravind pour réaliser une chirurgie de la cataracte à faible coût ; les banques refusant de lui prêter l'argent, il a hypothéqué les bijoux de sa famille et les maisons de ses frères et sœurs pour financer la construction[9]. Le premier hôpital Aravind ouvre en 1976, dans la maison de son frère. Il compte onze lits : six réservés pour les personnes qui ne pouvaient pas payer, les cinq autres destinés aux patients payants[10]. La première année, le Dr Govindappa Venkataswamy effectua 5 000 interventions chirurgicales.[réf. souhaitée]

Modèle socio-économique d'Aravind et Aurolab[modifier | modifier le code]

Malgré le succès inédit du premier hôpital Aravind, le nombre des opérations est très limité par le coût élevé de verres à changer — 150 dollars par paire — soit 50 % d'un salaire mensuel de l'époque. Or il semble que l'entrepreneur social David Green est inspiré par la même vision humaniste que Sri Aurobindo et Govindappa Venkataswamy[2]. Ainsi, avec une approche imaginative inspirée par le modèle du management de Mac Donald — David Green découvrit comment réduire le coût à dix dollars la paire et convainc Govindappa Venkataswamy d'ouvrir une usine. La première usine de lentilles Aurolab[11] ouvre en 1992[2].

L'approche d'Aurolab vise à dégager une petite marge sur les articles vendus en générant un volume de ventes très élevés (comme Mac Donald)[12]. Les produits d'Aurolab sont utilisés dans les hôpitaux spécialisés en plus de 120 pays[réf. souhaitée]. En 2014, il fournit 10 % de l'offre mondiale en réalisant un bénéfice de 40 % sur investissement, permettant l'ouverture d'autres hôpitaux Aravind.

Expansion[modifier | modifier le code]

Depuis son début en 1976, avec un hôpital de onze lits à Madurai, Aravind établit des succursales, autonomes financièrement, à Theni, Tirunelveli, Coimbatore, Pondichéry, Dindigul et Tirupur. Pour augmenter la disponibilité de son service, le Dr Govindappa Venkataswamy a établi une trentaine de magasins dans les villages ruraux. Ces magasins sont équipés de caméras qui permettent aux docteurs d’examiner les patients à distance. Cette innovation a triplé l’accessibilité aux soins. En 2011, le réseau Aravind en Inde avait une équipe de 3 200 personnes. Dans l'exercice se terminant en , 3,1 millions de patients externes ont été traitées et plus de 370 000 interventions chirurgicales effectuées. Au total, depuis 1976, ces hôpitaux reçurent plus de 32 millions de patients et effectuèrent plus de quatre millions d'opérations ophtalmologiques, à un prix modique, dont deux tiers gratuitement[8]. Les cliniques ophtalmologiques de la communauté prennent soin des besoins d'une population semi-urbaine[13].

Le modèle socio-économique d'Aravind est reconnu mondialement comme un exemple de combinaison intelligente entre capitalisme et finalités sociales[14]. Les chirurgiens d'Aravind réalisent 2 000 opérations par an, contre 400 dans les autres hôpitaux indiens et 200 aux États-Unis[15]. Ce modèle est devenu un sujet de nombreuses études[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aravind sognifie « le lotus blanc » en sanskrit, il est lié à la déesse Lakshmi et aux dieux Vishnu et Shiva[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « 100 years of Govindappa Venkataswamy: The pioneering eye doctor's life in 8 points » [« Centenaire de la naissance de Govindappa Venkataswamy : la vie d'un pionnier de l'ophtamologie en huit points »], India Today, (consulté le 18 février 2019).
  2. a b c d e f et g Darnil et Le Roux 2005.
  3. a b et c Sloane 2006.
  4. a b c d e et f (en) American Society of Cataract and Refractive Surgery (ASCRS), « Govindappa Venkataswamy, MD », sur ascrs.org, (consulté le 18 février 2019).
  5. a et b (en) Nitya Varadarajan, « Man Of Vision », India Today, (consulté le 18 février 2019).
  6. (en) Logan D. A. Williams, Eradicating Blindness : Global Health Innovation from South Asia, Palgrave Macmillan, , 369 p. (ISBN 978-981-13-1624-1 et 9811316244), p. 88-89.
  7. a et b (en) « Google honours Indian ophthalmologist Dr Govindappa Venkataswamy with a doodle », The Times of India, (consulté le 18 février 2019).
  8. a et b (en) « The New Heroes . Meet the New Heroes . Dr. V and David Green », Public Broadcasting Service (consulté le 18 janvier 2018)
  9. (en) Stephen Miller, « McSurgery: A Man Who Saved 2.4 Million Eyes », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne, consulté le 18 février 2019)
  10. (en) Pavithra K. Mehta et Suchitra Shenoy, Infinite Vision : How Aravind Became the World's Greatest Business Case for Compassion, Berrett-Koehler Publishers, , 322 p. (ISBN 978-1-60509-979-8, lire en ligne)
  11. (en) « Aurolab », sur www.aurolab.com, (consulté le 17 avril 2015)
  12. (en) « The Opinion Page », sur opinionator.blogs.nytimes.com International New York Times, (consulté le 17 avril 2015)
  13. (en) « Aravind Eye Care System », sur www.aravind.org (consulté le 17 avril 2015)
  14. James H. Lee, « Le « social business », une nouvelle voie pour sortir de la pauvreté », Acropolis (revue), no 250,‎ (lire en ligne)
  15. (en) J. Rosenberg, « A Hospital with Vision », The New York Times,‎
  16. (en) « Aravind Eye Care System », Forum économique mondial (consulté le 19 avril 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, 80 hommes pour changer le monde : entreprendre pour la planète, Paris, JC Lattès, , 282 p. (ISBN 978-2-7096-2714-6, OCLC 470132108, notice BnF no FRBNF39966397), « Govindappa Venkataswamy - Madurai (Tamil Nadu/Inde): fondateur de l'hôpital de chirurgie ophtalmologiique Aravind ».
  • (en) Paul Sloane, Think Like An Innovator : 76 inspiring business lessons from the world's greatest thinkers and innovators, Londres, Pearson, , 296 p. (ISBN 978-1-292-14225-8, OCLC 1002640153, lire en ligne), « Govindappa Venkataswamy (1918-2006) ».
  • (en) Pavithra K. Meta et Suchitra Shenoy, Infinite Vision: How Aravind Became the World’s Greatest Business case for Compassion, San Francisco, CA, Berrett-Koehler Business books, 2011, 322 p., (OCLC 760199030).

Liens externes[modifier | modifier le code]