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Government Pension Fund-Global

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Government Pension Fund-Global
Histoire
Fondation
Prédécesseur
Statens petroleumsfond (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Cadre
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Organisation
Propriétaire
Ministère des Finances (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Le Government Pension Fund-Global (Statens pensjonsfond Utland en norvégien, « Fonds de pension gouvernemental-Étranger » en français), anciennement Government Petroleum Fund (Statens petroleumsfond en norvégien, « Fonds gouvernemental pour le pétrole » en français) et surnommé « fonds pétrolier », et géré par Norges Bank Investment Management, est, avec le Government Pension Fund-Norway (Statens pensjonsfond Norge en norvégien, « Fonds de pension gouvernemental-Norvège ») l'un des deux fonds souverains de la Norvège.

En 2025, le fonds souverain norvégien est le plus important au monde. Il gère les actifs de la Norvège et les investit dans le but de générer des rendements à long terme pour les générations futures. Il gère un portefeuille de 2 100 milliards de dollars et détient environ 1,5 % de toutes les actions mondiales.

Le Government Pension Fund-Global date de 2006 et s'inscrit comme le successeur du Petroleum Fund (1990) créé pour gérer les excédents de réserves de change provenant de l'exportation du pétrole.

En juillet 2014, c'est le premier fonds souverain au monde par montant de capitalisation, comprenant des actifs pour un montant estimé à 878 milliards de dollars[1]. Il reste le plus important au monde en 2016, atteignant 850 milliards d'euros à la fin de décembre ; il contrôle 1,3 % de la capitalisation boursière mondiale avec des participations dans près de 9 000 entreprises[2].

La banque centrale norvégienne a annoncé le mercredi 17 août 2022 que le plus grand fonds souverain du monde, le fonds souverain norvégien, a perdu environ 1 680 milliards de couronnes - soit 170 milliards d'euros - au premier semestre 2022, principalement à cause des valeurs technologiques. L'énorme fonds, qui bénéficie des revenus pétroliers de l'État norvégien, a affiché un rendement négatif de 14,4 % au cours des six premiers mois de l'année, portant sa valeur à 11 657 milliards de couronnes à la fin du mois de juin[3].

Au total, en 2022, le fonds a perdu l'équivalent de 150 milliards de dollars[4]. Cette perte colossale découlant de la guerre en Ukraine et de la détérioration économique mondiale est vite gommée : au premier semestre 2023, il gagne 131 milliards d'euros[5].

Valeur du Government Pension Fund-Global en milliards de couronnes norvégiennes (30 juin 2017)

En novembre 2025, le Parlement norvégien suspend les règles éthiques limitant les actions que son fonds souverain peut détenir. La vente forcée de sa participation dans le fabricant d'engins de chantier Caterpillar avait suscité des inquiétudes, notamment quant à l'impact potentiel sur les valeurs technologiques. Cette décision fait suite à la recommandation, formulée durant l'été par le comité d'éthique indépendant du fonds, de vendre toutes les actions de la société américaine détenues par le fonds. Ce comité justifiait sa recommandation par le fait que l'armée israélienne utilisait des engins de chantier Caterpillar, pour violer le droit international dans la bande de Gaza, notamment pour démolir des bâtiments. La direction du fonds a jugé cette recommandation suffisamment justifiée et a vendu sa participation dans Caterpillar, d'une valeur de plus de deux milliards de dollars. Son comité d'éthique avait également annoncé qu'il examinerait la conformité des participations dans les entreprises technologiques avec les critères du fonds en matière de protection du climat, de droits humains et autres domaines. Selon le ministre des Finances, Jens Stoltenberg, cette annonce « amène à conclure qu’il existe un risque que les règles actuelles conduisent à une situation où la Norvège pourrait potentiellement se désengager de certaines des plus grandes entreprises mondiales ». Pour Stoltenberg, la décision du fonds de se désengager de Caterpillar était excessive[6],[7].

Aux États-Unis, la décision du fonds norvégien de vendre toutes les actions Caterpillar a suscité de vives réactions. Plusieurs personnalités politiques républicaines ont exigé que les États-Unis imposent des restrictions de visa aux dirigeants du fonds en guise de représailles[7]. Une autre raison justifiant la révision des principes éthiques concerne les investissements dans les entreprises d'armement. Le fonds interdit, dans son règlement éthique, tout investissement dans les entreprises produisant des armes nucléaires ou leurs composants. Or, dans le cadre de l'augmentation de ses dépenses de défense, le gouvernement norvégien acquiert des frégates auprès de BAE Systems et des avions de chasse F-35 auprès de Lockheed, secteurs dans lesquels le fonds public n'est pas autorisé à investir en vertu de ce règlement, ce qui lui fait perdre toute possibilité de retour sur investissement[7].

Gestion et ressources

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Le fonds reçoit l'ensemble des profits de la Norvège liés au pétrole via les impôts, les permis d'exploitation de gisement, d'exploration et les participations dans les sociétés comme Statoil ou Norsk Hydro.

Ce fonds est géré par la banque centrale norvégienne, mais une partie de cette gestion est déléguée à une cinquantaine de sociétés norvégiennes et étrangères. La politique de gestion est prudente avec un profil à la fois défensif et diversifié, limitant les participations à moins de 5 %. Le fonds obéit à des règles, formalisées en 2004, relativement strictes en termes d'éthique[8].

Composition du portefeuille

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L'allocation d'actifs s'effectue à travers 60 % d'actions, 35 % d'obligataire et 5 % d'immobilier. Les investissements en Europe représentent la majorité des investissements.

La Banque de France juge « très vraisemblable » que les parts du CAC 40 détenues par la Norvège, passées de 0,9 % en 2008 à 1,7 % en 2012, le sont par le Government Pension Fund-Global[9]. Celui-ci est le premier actionnaire de deux tiers des entreprises de la cote parisienne, parmi lesquels Axa, Carrefour, Capgemini, Renault, Sanofi, Gemalto ou encore la Société générale[9].

Transparence et audit

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Les performances du fonds font l'objet d'un rapport trimestriel et annuel. Le rapport annuel, publié en anglais et en norvégien, est public, contrairement au rapport trimestriel à usage interne. Ses comptes sont vérifiés par la branche audit de la banque centrale norvégienne elle-même.

Encours et participations

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En 2023, l'encours géré représente 1 332 milliards d'euros[5].

Le fonds souverain norvégien « Government Pension Fund Global » atteint un nouveau record le mardi à 10 h 34 GMT et passe ainsi la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars d'encours sous gestion, soit 2,7 fois le PIB de la Norvège[10].

Placements exclus par le fonds

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Le fonds exclut de ses investissements un certain nombre d'entreprises du fait de leurs activités non éthiques. La présente liste, non exhaustive, date le début de leurs exclusions. Les entreprises qui ne sont plus exclues ne sont pas présentes dans cette liste[11].

  • Impliquées dans des violations importantes ou systématiques des droits humains :
  • Impliquées dans des destructions environnementales :

Notes et références

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  1. Sovereign wealth fund rankings sur le site du SWF Institute.
  2. Le Monde.fr avec AFP, « Le fonds souverain de la Norvège, plus gros du monde, a gagné 50 milliards d'euros en 2016 », sur Le Monde, (consulté le ).
  3. Le Point magazine, « En six mois, le fonds souverain norvégien a perdu 170 milliards d’euros », sur Le Point, (consulté le )
  4. « Le fonds souverain norvégien, le plus gros du monde, a perdu plus de 150 milliards d'euros en 2022 », sur LEFIGARO, (consulté le )
  5. a et b « Le fonds souverain norvégien, le plus gros du monde, a gagné 131 milliards d’euros au premier semestre », sur Le Figaro, (consulté le )
  6. (en) Ott Ummelas et Heidi Taksdal Skjeseth, Norway Suspended Wealth Fund Ethics Rules To Avoid $230 Billion Tech Sale, bloomberg.com, 11 novembre 2025
  7. a b et c (cs) Zašla etika příliš daleko? Norsku došla trpělivost se správci státního fondu, seznamzpravy.cz, 13 novembre 2025
  8. Toutefois, ce rigorisme peut vouloir cacher d'après certains, une origine peu éthique du capital :

    « Le changement de nom rappelle aussi que la moralisation des investissements du fonds norvégien (par la méthode d'exclusion) s'inscrit dans une volonté de moralisation du fonds lui-même qui n'existe que par les ressources pétrolières, c'est-à-dire des ressources énergétiques non durables et en soi non éthiques selon certains acteurs de l'investissement éthique et du développement durable. « Au pays du prix Nobel de la paix, la guerre se mène contre la tentation. Et en Norvège, la tentation a une odeur, celle du pétrole » »

    — Cédric Paulin, chargé de recherche, « La stratégie d'investissement éthique du fonds pétrolier norvégien et les entreprises d'armement » [PDF], Fondation pour la recherche stratégique, 16 février 2006.

    La citation « Au pays du prix Nobel de la paix, la guerre se mène contre la tentation. Et en Norvège, la tentation a une odeur, celle du pétrole » provient de Olivier Truc, « Henrik Syse, un rempart contre la tentation », Le Monde, 29 septembre 2005 (précision apportée par Cédric Paulin).

  9. a et b Fabien Piliu et Denis Boulard, A qui appartient la France ?, EDI8, , 203 p. (lire en ligne).
  10. LaTribune.fr, « Norvège : le fonds souverain passe les 1 000 milliards de dollars, soit 2,7 fois le PIB », sur La Tribune, .
  11. Companies Excluded from the Investment Universe.
  12. « Le fonds souverain norvégien se désengage de Caterpillar pour «violations des droits humains» à Gaza », sur RFI, (consulté le )
  13. Le Moniteur, « Pourquoi la guerre dans la bande de Gaza a fait perdre à Caterpillar l’un de ses principaux actionnaires », www.lemoniteur.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. a b c et d Radio-Canada, « Le gigantesque fonds souverain de la Norvège bannit quatre pétrolières canadiennes », sur Radio-Canada, (consulté le )
  15. « Le très puissant fonds souverain norvégien exclut une entreprise israélienne de stations-services pour des raisons politiques », sur BFM BUSINESS, (consulté le )

Bibliographie

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  • Investir no 1755, page 19.

Articles connexes

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Liens externes

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