Gouvernement wallon séparatiste

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Le 26 juillet 1950, peu de temps avant l'épilogue de la Question royale, le leader syndicaliste André Renard fit une déclaration à la presse indiquant que les mots « insurrection » et « révolution » allaient bientôt revêtir un sens pratique. Malgré l'opposition violente à son retour le roi Léopold III et le Gouvernement belge ne voulaient pas céder à la pression populaire. Une grève générale paralysa le lendemain tout le Sillon Sambre-et-Meuse. Le président du Congrès national wallon, Joseph Merlot déclara qu'il y avait lieu de convoquer les États Généraux de Wallonie. Le 30, la gendarmerie tua dans une échauffourée trois manifestants sur les hauteurs de Liège, à Grâce-Berleur (un quatrième décédant quelques jours plus tard de ses blessures), dont trois anciens résistants.

Au lendemain de Grâce-Berleur[modifier | modifier le code]

Ce Gouvernement wallon provisoire était chargé de proclamer l'indépendance de la Wallonie. C'est à cette période que l'indépendantisme wallon prend sa tournure la plus violente qui se concrétisera dans le fédéralisme belge.

L'intervention de la France?[modifier | modifier le code]

Cette tentative a été longuement expliquée dans l'Encyclopédie du Mouvement wallon. Le texte de cet article est disponible (avec l'autorisation de l'Encyclopédie qui ne le publie pas en ligne) et précise ce que l'on peut appeler le Gouvernement wallon de 1950. On notera aussi que selon le témoignage écrit de Fernand Schreurs, des contacts avaient été pris avec Paris pour que deux divisions françaises soutiennent ce Gouvernement.

Les déclarations d'Arthur Gailly à Charleroi[modifier | modifier le code]

Robert Moreau[1] rapporte le discours suivant d'Arthur Gailly à Charleroi. À la tribune à laquelle sont accrochés d'immense panneaux reproduisant l'article 35 de la Déclaration des droits de l'an I de la République : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, ou d'une portion du peuple, l'insurrection est pour le peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs:

- Le sang a coulé dans toute la Wallonie ! Des camarades ont été assassinés à bout portant ou mitraillés dans le dos ! Les nouveaux martyrs sont morts pour la défense de la liberté! Mes amis, ferons-nous le serment de les venger ?

Et la foule électrisée de crier :"Oui, nous le jurons!"

- Bientôt les États Généraux de Wallonie seront réunis (applaudissements unanimes); il en sortira sans doute un Directoire. Il adressera si nécessaire un appel à l'ONU ...

Léopold III se retire, fin de la tentative séparatiste[modifier | modifier le code]

Dans l'après-midi du 31 juillet, le lendemain de Grâce-Berleur donc, les trois partis traditionnels (PSC, Libéraux et PSB) se mirent d'accord pour que le roi prononce ces paroles: J'ai décidé de demander au gouvernement et au parlement de faire voter [...] une loi assurant l'attribution de mes pouvoirs à mon fils le Prince Baudouin (27) .

Le roi veut former un autre gouvernement belge puis accepte de se retirer[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu’après 6h.30, le 1er août, au matin, que le ministre de l'instruction publique lut à la radio l'accord originel conclu par les trois grands partis politiques belges (Libéraux, Catholiques et socialistes). Cette déclaration rendait inutile la tentative séparatiste de Liège comme moyen de pression sur le roi et fit d'ailleurs tomber toute agitation.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Combat syndical et conscience wallonne, FAR, EVO et IJD, Charleroi, Bruxelles, Liège, 1984

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean DUVIEUSART, La question royale. crise et dénouement, CRISP, Bruxelles, 1975.
  • Paul Theunissen "Ontknoping van de Koningkwestie, De Nederlandse Boekhandel, Anvers, 1984, Tr. fr. Le dénouement de la question royale, Complexe, Bruxelles, 1986.
  • Fernand SCHREURS, Contribution à l'histoire d'une insurrection in Nouvelle Revue Wallonne, tome III, 1950-1951.
  • R. Arango, Leopold III and the Belgian question, The Johns Hopkins Press, Baltimore, 1961.
  • Velaers et Van Goethem, Leopold III. De Koning. Het Land. De Oorlog, Lannoo, Tielt, 1994.
  • Rapports de la Sûreté de l'État de septembre 50 cité par Jean Duvieusart, La question royale. Crise et dénouement, juin, juillet, août 1950, CRISP, 1975.
  • Témoignage d'Hubert Rassart cité in extenso dans De Morgen du 27 juin 1980 pages 17–18 sous le titre Toen Wallonië, bijna een republiek was.
  • Robert Lambion (ancien secrétaire général de la FGTB de lIège) confirme le témoignage sur ces réunions à H. Theunissen 'Le dénouement de la question royale, Ed. Complexe, Bruxelles, 1986.
  • Robert Moreau, Combat syndical et conscience wallonne, FAR, IJD, EVO, Liège, Bruxelles, Charleroi, 1984, témoigne que le 29 juillet Renard était à Pont-à-Lesse (au Castel des syndicats), pour rédiger une déclaration d'autonomie de la Wallonie avec d'autres dirigeants syndicaux.
  • Manuscrit de Fernand SCHREURS intitulé Quelques figures d'ancêtres, la famille Schreurs, Tome II, Liège, 1964, p. 118.
  • Sur l'ambition d'André Renard dans le Gouvernement wallon de 1950, il existe une déclaration de Willy Schugens à la RTBF 27 septembre 1978.
  • Manuel Dolhet, Le dénouement de la question royale, juillet, août 1950, Mémoire de licence, janvier 2001, Louvain-la-neuve (manuscrit).
  • Encyclopédie du Mouvement wallon, article Gouvernement wallon de 1950