Gouvernement Lecornu II
| Président | Emmanuel Macron |
|---|---|
| Premier ministre | Sébastien Lecornu |
| Législature | XVIIe (Cinquième République) |
| Formation | |
| Durée | 1 mois et 25 jours |
| Coalition | EPR (RE-MoDem-HOR-UDI) – LR diss. |
|---|---|
| Ministres | 34 (19 ministres et 15 ministres délégués) |
| Femmes | 17 |
| Hommes | 18 |
| Assemblée nationale |
|
|---|
Le gouvernement Lecornu II est le quarante-huitième gouvernement de la Ve République française et le neuvième sous la présidence d'Emmanuel Macron. Il est nommé le , six jours après la démission du premier gouvernement de Sébastien Lecornu, reconduit Premier ministre le .
Contexte
[modifier | modifier le code]Le , l'Assemblée nationale n'accorde pas sa confiance au gouvernement Bayrou, qui est contraint à la démission. Le lendemain, le président de la République Emmanuel Macron nomme Sébastien Lecornu Premier ministre. Celui-ci mène de longues tractations politiques qui mènent 26 jours plus tard, le , à la formation d'un gouvernement pour l'essentiel composé des ministres sortants, auxquels viennent s'ajouter six nouveaux ministres, dont Éric Woerth et Bruno Le Maire (tous les deux issus du parti Renaissance)[1].
Le soir-même de la formation du gouvernement, Bruno Retailleau, qui a été reconduit à l'Intérieur, déclare que la composition du gouvernement (qui inclut pourtant quatre membres des Républicains (LR) et huit anciens membres du parti) « ne reflète pas la rupture » souhaitée par LR, en particulier à cause de la présence de l'ancien ministre de l'économie Bruno Le Maire, jugé responsable de la crise budgétaire par le parti[2],[3]. Face à la menace de rupture des LR, Sébastien Lecornu remet la démission de son gouvernement dès le lendemain et le président l'accepte[4].
Toujours le , Emmanuel Macron donne pour mission à Sébastien Lecornu de « mener d'ultimes négociations » afin de former un gouvernement et d'éviter une dissolution de l'Assemblée nationale[5]. Une partie de l'union de la gauche (le Parti socialiste, Les Écologistes et le Parti communiste français), désireux d'éviter une dissolution, appellent le président de la République à nommer un Premier ministre de gauche, tandis que La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) réclament une dissolution. Le socle commun (constitué des partis d'Ensemble pour la République, soutiens du président, et de LR), qui souhaite également éviter une dissolution, est divisé quant à l'idée d'accéder à la demande de la gauche de suspendre la réforme des retraites : seule une partie de Renaissance et du Modem y est favorable et Les Républicains et Horizons y sont frontalement opposés[6].
La période est en outre marquée par une défiance accrue à l'égard d'Emmanuel Macron, y compris au sein du socle commun[7]. Notamment, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal témoigne publiquement « [ne plus comprendre] les décisions du président de la République » et l'appelle à « partager le pouvoir »[8] et le président d'Horizons, Édouard Philippe, enjoint Emmanuel Macron à démissionner après le vote du budget[9].
Formation du gouvernement
[modifier | modifier le code]Nomination du Premier ministre
[modifier | modifier le code]Sébastien Lecornu est de nouveau nommé Premier ministre le aux alentours de 22 heures[10],[11], quatre jours après avoir présenté la démission de son premier gouvernement et avec la mission de tout faire pour donner un budget à la France, qu'il déclare accepter « par devoir »[12].
Réactions
[modifier | modifier le code]Immédiatement après la reconduction de Sébastien Lecornu à son poste de Premier ministre, plusieurs personnalités politiques réagissent.
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, déclare que « la France et son peuple sont humiliés » par ce « nouveau bras d'honneur » et assure déposer « une nouvelle motion de destitution du président »[13]. Le reste de la gauche ne confirme pas non plus le gouvernement, Fabien Roussel appelant à un « retour aux urnes », Les Écologistes promettent la censure tout comme LFI et les communistes[14], tandis que le secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet confirme qu'aucun accord avec le gouvernement n'a été établi et ne ferme donc pas la porte au vote d'une censure[15].
Les Républicains et l'Union des démocrates et indépendants (UDI) annoncent qu'ils ne participeront pas au gouvernement[16].
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella estime que ce gouvernement est une « honte démocratique » et le qualifie d'« humiliation pour les Français ». Il ajoute aussi que son parti censurera « cet attelage sans aucun avenir »[17]. Le président de l'Union des droites pour la République Éric Ciotti promet lui aussi la censure[14] et réagit en appelant ses anciens collègues des Républicains à le rejoindre afin de « préparer dans l’alliance des droites la grande alternance », assurant qu'ils seront accueillis au sein de l'UDR « avec la bienveillance d'une famille qui n'aurait jamais dû se séparer »[18].
Nomination du gouvernement
[modifier | modifier le code]Les ministres et ministres délégués sont nommés le [19]. La liste est annoncée au soir, par voie de communiqué[20].
Composition initiale
[modifier | modifier le code]Premier ministre
[modifier | modifier le code]- Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique : Sébastien Lecornu
Ministres
[modifier | modifier le code]Ministres délégués
[modifier | modifier le code]Organisation fonctionnelle
[modifier | modifier le code]Organisation fonctionnelle depuis le 12 octobre 2025 :
Premier ministre
- Sébastien Lecornu, Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique
- Laurent Panifous, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement
- Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement
- Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
Ministère de l'Intérieur
- Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur
- Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur
Ministère des Armées et des Anciens combattants
- Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants
- Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
Ministère du Travail et des Solidarités
- Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités
Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
- Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
- Catherine Chabaud, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, chargée de la Mer et de la Pêche
- Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la Transition écologique
Ministère de la Justice
- Gérald Darmanin, ministre de la Justice
Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Sébastien Martin, ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'Industrie
- Anne Le Hénanff, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique
Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat
- Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat
Ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
- Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Ministère de l'Éducation nationale
- Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
- Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
- Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé de l'Europe
- Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité
- Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l'étranger
Ministère de la Culture
- Rachida Dati, ministre de la Culture
Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées
- Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées
- Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées
Ministère des Outre-mer
- Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer
Ministère de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation
- Françoise Gatel, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation
- Michel Fournier, ministre délégué auprès de la ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargé de la Ruralité
Ministère de l'Action et des Comptes publics
- Amélie de Montchalin, ministre de l'Action et des Comptes publics
- David Amiel, ministre délégué auprès de la ministre de l'Action et des Comptes publics, chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'État
Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace
- Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace
Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
- Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative
Ministère des Transports
- Philippe Tabarot, ministre des Transports
Ministère de la Ville et du Logement
- Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement
Galerie du gouvernement
[modifier | modifier le code]Premier ministre
[modifier | modifier le code]| Portrait | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique | Sébastien Lecornu | RE | ||
Ministres
[modifier | modifier le code]Ministres délégués
[modifier | modifier le code]Représentativité
[modifier | modifier le code]Parité
[modifier | modifier le code]| Fonction | Nombre | Nombre | Pourcentage de parité | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Hommes | Femmes | ||
| Premier Ministre | 1 | 1 | 0 | 100 % | 0 % |
| Ministres | 19 | 10 | 9 | 52,63 % | 47,37 % |
| Ministre délégués | 15 | 7 | 8 | 46,67 % | 53,33 % |
| Ensemble | 35 | 18 | 17 | 51,43 % | 48,57 % |
Répartition partisane
[modifier | modifier le code]| Parti ou nuance | Premier ministre |
Ministres | Ministres délégués |
Total | |
|---|---|---|---|---|---|
| Répartition le | 1 | 19 | 15 | 35 | |
| Renaissance | 1 | 5 | 6 | 12 | |
| Sans étiquette | 5 | 2 | 7 | ||
| Dissidents Les Républicains (suspendus du parti)[24] | 4 | 2 | 6 | ||
| Mouvement démocrate | 2 | 2 | 4 | ||
| Horizons | 1 | 2 | 3 | ||
| Divers droite | 1 | 0 | 1 | ||
| Union des démocrates et indépendants | 1 | 0 | 1 | ||
| Divers gauche | 0 | 1 | 1 | ||
Âge
[modifier | modifier le code]| Moyenne d'âge | ||||
|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Ensemble | ||
| 51 ans | 52 ans | 52 ans | ||
| Le plus jeune | 32 ans | La plus jeune | 34 ans | |
| Le plus âgé | 75 ans | La plus âgée | 72 ans | |
Relations avec le Parlement
[modifier | modifier le code]Motions de censure
[modifier | modifier le code]| Date du vote | Outil et contexte | Groupe | NI | Résultats | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| GDR | LFI-NFP | EcoS | SOC | LIOT | Dem | EPR | HOR | DR | UDR | RN | ||||||
| article 49 al. 2 | 15[a] | 71 | 35[b] | 7[c] | 1[d] | 0 | 0 | 0 | 1[e] | 16 | 123 | 2[f] | 271/289 | Rejetée[25] | ||
| 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 3[g] | 16 | 123 | 2[f] | 144/289 | Rejetée[26] | |||
| Majorité absolue des membres de l'Assemblée nationale requise. Le ou les groupes signataires de la motion de censure sont identifiés en souligné. | ||||||||||||||||
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Tous sauf Yannick Monnet et Mereana Reid Arbelot.
- ↑ Tous sauf Delphine Batho, Catherine Hervieu et Dominique Voynet.
- ↑ Christian Baptiste, Béatrice Bellay, Paul Christophle, Peio Dufau, Fatiha Keloua-Hachi, Philippe Naillet et Jiovanny William.
- ↑ Olivier Serva.
- ↑ Alexandra Martin.
- Véronique Besse et Daniel Grenon.
- ↑ François-Xavier Ceccoli, Pierre Cordier et Alexandra Martin.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Démission de Lecornu : qui étaient les 18 ministres nommés au gouvernement dimanche ? », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Gouvernement Lecornu : Les Républicains exigent "un tiers du gouvernement" et attendent des réponses du Premier ministre, notamment sur l'immigration », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « À peine renommé, Bruno Retailleau prend (déjà) ses distances avec Sébastien Lecornu », sur parismatch.com, (consulté le ).
- ↑ Marie-Violette Bernard et Louis San, « Le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission à Emmanuel Macorn, qui l'a acceptée, annonce l'Elysée », sur France Info, (consulté le ).
- ↑ « Emmanuel Macron donne à Sébastien Lecornu, démissionnaire, quarante-huit heures pour « d'ultimes négociations » », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Nommer un Premier ministre de gauche, reconduire Sébastien Lecornu, un gouvernement technique... Que va décider Emmanuel Macron ? », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ Ilyes Ramdani, « Ce mépris venu de l'Élysée », sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ Aldric Meeschaert, « Crise politique : Gabriel Attal appelle Emmanuel Macron à «partager le pouvoir» », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Du gouvernement Lecornu I à Lecornu II, la semaine où Edouard Philippe a consommé la rupture avec Emmanuel Macron », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Sébastien Lecornu est nommé Premier ministre », sur info.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Décret du 10 octobre 2025 portant nomination du Premier ministre
- ↑ Henri Clavier, « Crise politique : Sébastien Lecornu renommé Premier ministre par Emmanuel Macron », sur Public Sénat, (consulté le )
- ↑ « « Un nouveau bras d'honneur aux Français » : les réactions pleuvent après la reconduction de Lecornu », sur Le Soir, (consulté le )
- « Lecornu renommé Premier ministre : le défi majeur de former un gouvernement après le refus de LR et les menaces de censure », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- ↑ « Sébastien Lecornu reconduit : les principales réactions », sur ouest-france.fr, (consulté le )
- ↑ « DIRECT. Lecornu II: Les Républicains annoncent qu'ils ne participeront pas au gouvernement », sur BFMTV, (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Nomination de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre: Jordan Bardella annonce que le Rassemblement national censurera “cet attelage sans aucun avenir” : Actualités - Orange », (consulté le )
- ↑ « “Une famille qui n’aurait jamais dû se séparer” : Ciotti invite les LR à rejoindre son alliance avec le RN », sur www.rtl.fr, (consulté le )
- ↑ Décret du 12 octobre 2025 relatif à la composition du Gouvernement
- ↑ « Nomination du Gouvernement. », sur elysee.fr, (consulté le )
- ↑ « Le ministre de la Justice Gérald Darmanin se met en retrait définitif du parti Renaissance », sur Ouest France, (consulté le )
- ↑ « Pour sa rentrée, Gérald Darmanin rappelle qu’il n’est pas que de droite », sur L'Opinion, (consulté le )
- ↑ Sébastien Martin, néo-député LR et déjà franc-tireur, L'Opinion, Christine Ollivier, 1e juillet 2025
- ↑ « Les six ministres LR du gouvernement Lecornu, accusés de « se fondre dans le macronisme », ont été suspendus du parti », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°3058 », sur Assemblée nationale (consulté le ).
- ↑ Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°3059 », sur Assemblée nationale (consulté le ).