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Gouvernement Lecornu I

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Gouvernement Lecornu I

Ve République

Description de cette image, également commentée ci-après
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Sébastien Lecornu
Législature XVIIe (Cinquième République)
Formation
Fin
Durée 1 mois et 1 jour
Composition initiale
Coalition Socle commun :
EPR (RE - MoDem - HOR)LR
Ministres 18 (5 ministres d'État, 11 ministres et 2 ministres délégués)
Secrétaires d'État 0
Femmes 9
Hommes 10
Moyenne d'âge 55 ans
Représentation
Assemblée nationale
211  /  577
Drapeau de la France

Le premier gouvernement Lecornu est le quarante-septième gouvernement de la Ve République française, le huitième sous la présidence d'Emmanuel Macron et l'un des plus éphémères de l'histoire politique française (14 heures[Passage contradictoire (dans l'infobox 1 mois et 1 jour)]).

Le , jour de la démission du gouvernement Bayrou, le président de la République nomme Premier ministre Sébastien Lecornu. La nomination de ses ministres de plein exercice intervient le , mais, devant la menace de départ des Républicains, il démissionne dès le lendemain[a].

Le , Sébastien Lecornu est reconduit pour former son second gouvernement.

Le , l'Assemblée nationale rejette la confiance au gouvernement Bayrou, qui est renversé par 364 voix contre et 194 pour, et devient alors le premier gouvernement contraint à démissionner après un vote de confiance défavorable depuis la chute du gouvernement Gaillard en 1958[1]. Le , François Bayrou remet la démission de son gouvernement au président de la République qui l'accepte et nomme le même jour Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre[2],[3].

Le lendemain de la nomination du Premier ministre, un vaste mouvement social a lieu mettant en cause la politique budgétaire prévue par le gouvernement Bayrou. Dans les jours suivant sa nomination, le Premier ministre procède à des consultations des groupes politiques ainsi que des syndicats pour l'élaboration des lois budgétaires ainsi que la nomination des membres de son gouvernement.

Après quelques jours d'incertitude, la participation de LR au gouvernement est validée le 5 octobre malgré l'opposition de Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine.

Formation du gouvernement

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Les membres du gouvernement sont nommés le 5 octobre[4], soit 26 jours après la nomination du premier ministre ce qui constitue le record de la Ve République (précédemment détenu par le gouvernement Barnier avec 16 jours) [5].

La plupart des ministres étaient déjà en place lors du gouvernement Bayrou, mais s'ajoutent quelques députés du « socle commun » ainsi que l'arrivée d'Éric Woerth et le retour de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie de 2017 à 2024.

Sur 18 nominations, 4 sont des membres des Républicains et 8 en sont des anciens membres, venant des franges plus à droite du bloc central. Malgré cela, Bruno Retailleau, reconduit à l'Intérieur, déclare le soir-même que la composition du gouvernement « ne reflète pas la rupture » souhaitée par Les Républicains, qui réclamaient un tiers des ministères[6],[7]. Dès la nomination, la rupture de l'UDI avec le socle commun est actée, aussi aucun membre du Parti radical n'est présent mais le parti reste toutefois dans la coalition gouvernementale.

Peu après la nomination, les divers dirigeants des partis de l'union de la gauche composant le Nouveau Front populaire expriment leur colère contre cette nouvelle équipe gouvernementale : Fabien Roussel (PCF) évoque un « bras d'honneur aux Français » quand Jean-Luc Mélenchon (LFI) le décrit comme un « cortège de revenants LR et anciens LR » ; Marine Tondelier () décrit ces nominations comme une « prime à l'incompétence » et un « mépris pour la démocratie » et Olivier Faure (PS) parle lui d'un « album Panini du gouvernement Sarkozy/Fillon » au complet[8],[9],[10].

De l'autre côté de l'échiquier politique, Jordan Bardella (RN) critique également la composition du gouvernement en postant sur X (ex-Twitter) « Nous l'avions dit clairement au Premier ministre : c'est la rupture, ou la censure. Le gouvernement annoncé ce soir, composé des derniers macronistes agrippés au radeau de la Méduse, a décidément tout de la continuité, absolument rien de la rupture que les Français attendent. » ; Éric Ciotti (UDR) se montre tout aussi critique, postant sur X « Ce gouvernement est un bras d'honneur aux Français. On prend les mêmes et on recommence. En prime le retour de l'homme aux 1.000 milliards de dette (Bruno Le Maire). Le dernier quarteron du macronisme est tout sauf la rupture demandée par les Français. Cette provocation ne sera pas sans conséquence. »[9].

Devant la menace de départ des Républicains, Sébastien Lecornu remet la démission de son gouvernement le 6 octobre 2025, le lendemain de la nomination de ses ministres de plein exercice et avant même la tenue de son premier conseil des ministres, prévu dans la journée à 13 heures. Emmanuel Macron l'accepte dans la foulée[11],[12]. Les passations de pouvoir ont également été annulées[13].

Avec à peine 14 heures entre la nomination des ministres et la démission[14], c'est le gouvernement le plus éphémère de l'histoire de la République française[15], devant le second gouvernement Queuille en 1950 et le second d'Édouard Herriot en 1926, qui avaient duré deux jours[16], ainsi que celui de Frédéric François-Marsal, formé le 8 juin 1924[17] et désavoué le surlendemain par la Chambre des députés, entraînant le départ du président de la République Alexandre Millerand trois jours plus tard[16].

Emmanuel Macron accepte la démission de Sébastien Lecornu mais lui demande de mener « d'ultimes négociations » de deux jours afin d'aboutir à une « plateforme d'action » pour la « stabilité du pays »[18]. Le 8 octobre, ce dernier conclut qu'il y a à l'Assemblée « plusieurs blocs prêts à s'accorder sur un budget commun », un chemin possible sous conditions, pour qu'il soit adopté d'ici le 31 décembre, et « une majorité absolue [...] qui refuse une nouvelle dissolution. »[19]. Le soir même, l'Élysée annonce la nomination d'un Premier ministre « d'ici 48 h »[20].

Sébastien Lecornu est de nouveau nommé Premier ministre le aux alentours de 22 heures, avec la mission de tout faire pour donner un budget à la France, qu'il déclare accepter « par devoir »[21].

Affaires courantes

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Selon l'usage républicain[22], les membres du gouvernement démissionnaire, y compris ceux nommés la veille (et n'ayant donc pas exercé leur poste de plein exercice, les passations de pouvoirs n'ayant pas eu lieu)[23], restent chargés des affaires courantes jusqu'au 12 octobre, date de nomination des ministres du second gouvernement Lecornu, à l'exception de Bruno Le Maire, ministre des Armées et des Anciens Combattants, dont les attributions ont été transférées au Premier ministre le 6 octobre[24],[25].

Déclaration de politique générale

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La déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, prévue le mardi 7 octobre[26], a été annulée en raison de la démission du gouvernement la veille.

Composition initiale

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Premier ministre

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Ministres d'État

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Titre Titulaire
Ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Élisabeth Borne
Ministre d'État, ministre des Outre-mer Manuel Valls
Ministre d'État, Garde des Sceaux, ministre de la Justice Gérald Darmanin
Ministre d'État, ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau
Ministre d'État, ministre des Armées et des Anciens Combattants Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, ministre d'État, ministre des Armées et des Anciens combattants, sera déchargé le 6 octobre de l'expédition des affaires courantes, ses attributions étant transférées au Premier ministre[24],[25].

Titre Titulaire
Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées Catherine Vautrin
Ministre de la Culture Rachida Dati
Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique Roland Lescure
Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot
Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement Éric Woerth
Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche Agnès Pannier-Runacher
Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard
Ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin
Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, de l'Intelligence artificielle et du Numérique Naïma Moutchou
Ministre des Transports Philippe Tabarot
Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative Marina Ferrari

Ministres délégués

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Titre Ministre de tutelle Titulaire
Ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
Porte-parole du Gouvernement
Premier ministre Aurore Bergé
Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Mathieu Lefèvre

Galerie du Gouvernement

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Premier ministre

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Portrait Fonction Nom Parti
Sébastien Lecornu Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique Sébastien Lecornu RE

Ministres d'État

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Portrait Fonction Nom Parti
Élisabeth Borne Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Élisabeth Borne RE/D&P
Manuel Valls Ministre des Outre-mer Manuel Valls RE
Gérald Darmanin Garde des sceaux, ministre de la Justice Gérald Darmanin RE/POP
Bruno Retailleau Ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau LR
Bruno Le Maire Ministre des Armées et des Anciens Combattants Bruno Le Maire RE
Portrait Fonction Nom Parti
Catherine Vautrin Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées Catherine Vautrin RE
Rachida Dati Ministre de la Culture Rachida Dati LR
Roland Lescure Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique Roland Lescure RE
Jean-Noël Barrot Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot MoDem
Éric Woerth Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement Éric Woerth RE
Agnès Pannier-Runacher Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche Agnès Pannier-Runacher RE
Annie Genevard Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Annie Genevard LR
Amélie de Montchalin Ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin RE
Ministre de la Transformation et la Fonction publiques, de l'Intelligence artificielle et du Numérique Naïma Moutchou HOR
Philippe Tabarot Ministre des Transports Philippe Tabarot LR
Marina Ferrari Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative Marina Ferrari MoDem

Ministres délégués

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Portrait Fonction Ministre de tutelle Nom Parti ou nuance
Aurore Bergé Ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, porte-parole du Gouvernement Premier ministre Aurore Bergé RE
Mathieu Lefèvre Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Mathieu Lefèvre RE

Représentativité

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Fonction Nombre Nombre Pourcentage de parité
Hommes Femmes Hommes Femmes
Premier Ministre 1 1 0 100% 0%
Ministre d'État 5 4 1 80% 20%
Ministre 11 4 7 36% 64%
Ministre délégué 2 1 1 50% 50%
Ensemble 19 10 9 53% 47%

Répartition partisane

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Parti Premier
ministre
Ministres
d'État
Ministres Ministres
délégués
Total
Répartition le 1 5 11 2 19
Renaissance 1 4 5 2 12
Les Républicains 1 3 4
Mouvement démocrate 2 2
Horizons 1 1

Relations avec le Parlement

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Le gouvernement n'a pas eu de relations directes avec le parlement du fait de sa démission rapide.

  1. Selon l'usage républicain, le gouvernement démissionnaire assure les affaires courantes jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement le .

Références

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  1. « DIRECT. Le gouvernement de François Bayrou est contraint à la démission après un vote de confiance défavorable à l'Assemblée nationale », sur Franceinfo, (consulté le ).
  2. Mehdi Abirez, « Chute du gouvernement Bayrou : le Premier ministre a remis sa démission à Emmanuel Macron », sur Ouest-France, (consulté le ).
  3. Décret du 9 septembre 2025 portant nomination du Premier ministre
  4. Décret du 5 octobre 2025 relatif à la composition du Gouvernement
  5. Erwan Alix, « Dix-sept jours sans gouvernement : Sébastien Lecornu bat le record de Michel Barnier » Accès libre, sur Ouest-France, (consulté le ).
  6. « Gouvernement Lecornu : Les Républicains exigent "un tiers du gouvernement" et attendent des réponses du Premier ministre, notamment sur l'immigration », sur Franceinfo, (consulté le ).
  7. « À peine renommé, Bruno Retailleau prend (déjà) ses distances avec Sébastien Lecornu », sur parismatch.com, (consulté le ).
  8. « « Deux censures pour rien », un « choix pathétique »... RN, LFI, PS et Verts dépités par le gouvernement Lecornu », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  9. a et b « Les ministres du gouvernement Lecornu sont « un bras d'honneur aux Français » », sur 20 Minutes, (consulté le ).
  10. « "Retour des perdants", "Derniers macronistes agrippés au radeau" : les oppositions étrillent le gouvernement Lecornu - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le ).
  11. Décret du 6 octobre 2025 relatif à la cessation des fonctions du Gouvernement
  12. Marie-Violette Bernard et Louis San, « Le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission à Emmanuel Macorn, qui l'a acceptée, annonce l'Elysée », sur France Info, (consulté le ).
  13. « Démission de Lecornu : sans passation de pouvoir, qui sont vraiment les ministres démissionnaires ? », sur TF1 INFO, (consulté le ).
  14. Manon Romain et Denis Cosnard, « Sébastien Lecornu, premier ministre le plus éphémère de la Vᵉ République, à la tête du gouvernement le plus court depuis plus d'un siècle », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. Chez Pol, « Au comptoir de Chez Pol Quatorze heures, démission comprise : le désastre annoncé du gouvernement Lecornu », Libération, .
  16. a et b Arthur Louis, « Gouvernements éphémères : comme un air de déjà-vu des IIIe et IVe Républiques », sur Libération (consulté le )
  17. « Histoire du plus court gouvernement de la République », sur RetroNews.fr (consulté le )
  18. « DIRECT. Crise politique: Sébastien Lecornu ne souhaite pas être renommé Premier ministre par Emmanuel Macron », sur BFMTV, (consulté le )
  19. « "Ma mission est terminée, j'ai tout essayé" : ce qu'il faut retenir de l'interview de Sébastien Lecornu, à l'issue des négociations pour sortir de la crise », sur Franceinfo, (consulté le )
  20. « Crise politique : Emmanuel Macron nommera un Premier ministre d'ici vendredi soir, annonce l'Elysée après les consultations de Sébastien Lecornu », sur Franceinfo, (consulté le )
  21. Henri Clavier, « Crise politique : Sébastien Lecornu renommé Premier ministre par Emmanuel Macron », sur Public Sénat, (consulté le )
  22. Secrétariat général du gouvernement, « L’expédition des affaires courantes » [PDF],
  23. Guillaume Jacquot, « Démission de Sébastien Lecornu : les ministres démissionnaires pourront disposer d'un cabinet », sur Public Sénat, (consulté le )
  24. a et b Décret du 6 octobre 2025 relatif à l'expédition des affaires courantes relevant du ministère des armées et des anciens combattants
  25. a et b « Démission de Sébastien Lecornu : Bruno Le Maire propose de ne pas participer au gouvernement pour "permettre la reprise des discussions" »,
  26. « Quand Sébastien Lecornu, nommé le 9 septembre dernier, va-t-il former son gouvernement ? », sur Outre-mer la 1ère, (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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