Gouvernement Honoré Mercier

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Gouvernement Ross Gouvernement Mercier Gouvernement Boucherville (2e)
5e législature 6e législature 7e législature 8e législature
1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892

Honoré Mercier devint premier ministre du Québec à la suite des démissions successives des gouvernements de John Jones Ross et de Louis-Olivier Taillon. Le mandat du gouvernement Honoré Mercier s'étendit du au .

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Honoré Mercier est sans conteste le premier premier ministre du Québec à avoir l'envergure d'un chef d'État. Son gouvernement met l'accent sur la défense de la nation canadienne-française, thème permettant l'alliance entre les libéraux et les conservateurs-nationaux. Il exige d'Ottawa le respect de l'autonomie provinciale et convoque à Québec la première conférence interprovinciale de l'histoire de la Confédération, proposant aux premiers ministres des autres provinces une alliance pour contrer l'ingérence fédérale dans leurs pouvoirs.

En économie, Mercier fait compléter la construction des chemins de fer dans les régions éloignées et donne un nouveau souffle à la colonisation dans les Laurentides et au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Mercier est également le premier premier ministre à engager une politique extérieure. Ses voyages en France, en Belgique et au Vatican visent à obtenir une certaine reconnaissance internationale.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • : assermentation du cabinet Mercier devant le lieutenant-gouverneur, Rodrigue Masson.
  • : ouverture de la session, qui avait ajourné à la suite de la démission de Taillon. Le discours du Trône annonce une conférence interprovinciale dont le but est d'étudier des mesures visant à améliorer la situation des provinces vis—vis Ottawa dans la Confédération.
  • : première conférence interprovinciale à Québec. Macdonald refuse de s'y rendre. Les premiers ministres provinciaux y adoptent des résolutions réclamant plus d'autonomie des provinces. Ils demandent entre autres de nommer la moitié des sénateurs et indiquent les montants qu'ils aimeraient recevoir d'Ottawa.
  • : début de la deuxième session de la Sixième Législature.
  • : l'Assemblée législative adopte les résolutions de la conférence interprovinciale par 27 voix contre 18.
  • : Mercier offre 400 000 $ d'indemnité aux Jésuites ainsi que la remise de leur ancien terrain de La Prairie. Le gouvernement britannique s'était emparé de leurs biens dans la colonie à la mort du dernier Jésuite au début du XIXe siècle. La communauté religieuse était revenue dans la colonie en 1842 et réclamait une indemnité ou la remise de leurs biens.
  • : Québec adopte la loi sur les Jésuites. Mercier demande au pape de fixer le montant d'indemnité et lui promet de s'y conformer. Un mouvement de protestation anglophone se forme à travers le Canada, dénonçant la « mainmise » de Rome sur le Québec.
  • Janvier 1889: des pétitions venant de toutes les régions du Canada arrivent à Ottawa pour demander au gouvernement fédéral de désavouer la loi sur les Jésuites.
  • : une motion présentée à la Chambre des Communes demande le désaveu de la loi sur les Jésuites. Deux jours plus tard, elle est battue par 118 voix contre 13, Macdonald ayant déclaré la loi constitutionnelle.
  • : Honoré Mercier prononce son plus célèbre discours à l'occasion de l'inauguration du monument Cartier-Brébeuf au lieu historique national Cartier-Brébeuf de Québec: « Cessons nos luttes fratricides et unissons-nous ! »
  • : au Manitoba, le français est aboli comme langue officielle de la province.
  • : les écoles françaises et catholiques sont abolies au Manitoba.
  • : Mercier déclenche des élections pour le 17 juin. Le thème principal de la campagne est l'autonomie provinciale.
  • : élections: le Parti national-libéral de Mercier remporte 42 sièges et les conservateurs 27. Les 7 autres sièges sont répartis entre le Parti ouvrier et les 7 candidats indépendants.
  • : première session de la Septième Législature. On y annonce la fondation d'une école d'agriculture et l'octroi de nouvelles subventions pour la colonisation dans les Laurentides. On énonce également la construction d'un pont devant relier les deux rives du fleuve à Québec.
  • Juin-juillet 1891: Mercier visite le Vatican, la France et la Belgique. Selon ses adversaires, son comportement ressemble plus à celui d'un chef d'État qu'à celui d'un premier ministre provincial.
  • : le comité sénatorial sur les chemins de fer rend public ce qui sera plus tard appelé le scandale de la Baie des Chaleurs. L'entrepreneur Charles Newhouse Armstrong, chargé de la construction du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, a obtenu une subvention gouvernementale de 175 000 $ à laquelle il n'avait pas droit. Il l'a reçu du trésorier libéral, Ernest Pacaud, mais n'a gardé pour lui que 75 000 $. Il a versé les 100 000 $ restants à Pacaud qui s'en est servi pour payer les dettes de certains ministres et le voyage européen de Mercier.
  • : une commission royale d'enquête présidée par le juge Louis-Amable Jetté commence ses audiences.
  • : un rapport préliminaire incrimine Pacaud. Il n'est cependant pas prouvé que Mercier ait eu connaissance de sa transaction avec Armstrong. Malgré cette conclusion, le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers annonce qu'il lui retire sa confiance et fait appel à Charles-Eugène Boucher de Boucherville pour former le prochain gouvernement.

Composition[modifier | modifier le code]

1887[modifier | modifier le code]

1888 à 1890[modifier | modifier le code]

En mai 1890, Joseph-Émery Robidoux devient secrétaire provincial.

1890 à 1891[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]