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Gourme

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Streptococcus equi sur un milieu de culture.

La gourme, aussi appelée angine du cheval, est une maladie spécifique des équidés causée par la bactérie Streptococcus equi equi, qui touche les voies respiratoires supérieures et les ganglions lymphatiques. Particulièrement contagieuse, elle se caractérise par la présence d'abcès et peut être mortelle. Sa prévention passe par une bonne gestion de l'introduction de nouveaux individus dans un groupe ou une écurie, et par la vaccination.

La gourme est une maladie identifiée depuis le XIIIe siècle[1].

La gourme est provoquée par la bactérie Streptococcus equi, sous-espèce equi. Il s'agit d'une bactérie pathogène stricte[2].

Épidémiologie

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La contamination s'opère par contact avec les sécrétions nasales ou les sécrétions purulentes issues des abcès[3]. Elle peut se faire principalement par contact direct avec les sécrétions d'individus infectés, soit malades soit convalescents, ou avec les sécrétions de porteurs sains. La contamination peut également s'opérer par contact indirect avec du matériel contaminé ou par l'intermédiaire des humains en contact avec les équidés concernés[2],[3].

La mortalité liée à la gourme est inférieure à 10 %, cependant elle peut toucher jusqu'à 100 % des individus d'une écurie[1].

Le portage asymptomatique dans les poches gutturales des chevaux anciennement infectés est une source de contamination[1] et de résurgence de foyers épidémiques[4].

Pathophysiologie

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L'excrétion bactérienne peut être intermittente[3].

Évolution de la maladie

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La gourme évolue en quatre phases. Les symptômes se manifestent de 3 à 14 jours après la contamination.

  1. Dans un premier temps, l'animal présente des signes d'abattement : fièvre, jetage séreux, inappétance ;
  2. Rhinite et pharyngite : jetage de séreux à purulent, toux humide, laryngites, pharyngite (douleur !) ;
  3. Lymphadénite régionale : Abcès ganglionaires, douleurs du larynx toujours présentes, difficulté respiratoire peuvent apparaitre.
  4. Maturation des abcès : Rupture et écoulement de pus

Des complications ont lieu dans 20 % des cas[3].

Complications possibles :

  1. Abcès métastatiques (poumons, foie, rate, reins...) ;
  2. Purpura hémoragique ;
  3. Myopathie ;
  4. Emphysème des poches gutturales.


La plupart des chevaux guérissent en quelques semaines, et 75 % développent une immunité pour une période d'environ cinq années[1],[3],[2].

Naseau d'un cheval présentant un écoulement clair, muco-purulant.
Jetage nasal d'un cheval atteint de gourme.

Les symptômes de la gourme sont faciles à identifier, excepté pour les formes atypiques[1]. Plusieurs tableaux cliniques existent[1].

  • Baisse d'appétit ;
  • Rejet nasal séreux, d'abord muqueux, puis purulent ;
  • Gêne respiratoire ;
  • Gorge douloureuse, présence d'œdèmes douloureux au niveau des poches gutturales ;
  • Gonflement des ganglions lymphatiques sous-maxillaires, voire parfois rétropharyngiens et sous-parotidiens, puis présence d'abcès ;
  • Un poney blanc au visage gonflé, on voit les démarcations du licol qui lui a été retiré.
    Poney présentant un gonflement latéral de la face provoqué par des abcès de gourme.
    Évolution chronique possible et formation d'abcès de localisations variables, notamment intraabdominaux

L'administration d'antibiotique est débattue ; elle ne dispense pas des mesures de précaution pour éviter l'introduction de la gourme dans un groupe. L'antibiothérapie n'est pas recommandée, sauf si les symptômes sont persistants, que des abcès sont susceptibles d'obstruer les voies respiratoires, que des complications sont présentes ou que l'animal présente une dysphagie causée par la gourme[1],[2].

Prévention

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Gestion des chevaux et des installations

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Une quarantaine de 3 à 4 semaines doit être effectuée pour tout cheval introduit dans une nouvelle écurie ou un nouvel effectif[1],[3]. La réalisation de test diagnostics par test ELISA ou PCR sur des prélèvements nasaux permettent de vérifier le statut du cheval[1].

Un individu contaminé ou suspect doit être isolé jusqu'à détermination de son statut, et des mesures d'hygiène strictes doivent être adoptées[1]. Du matériel spécifique doit leur être alloué et ne pas être utilisé chez des individus indemnes[1].

Vaccination

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Le vaccin permet de diminuer les signes cliniques de l'infection ainsi que le nombre d'abcès, mais les individus atteints excrètent la bactérie[4]. La vaccination est indiquée pour les chevaux qui sont exposés à Streptococcus equi equi et qui sont en bonne santé[4]. Le vaccin ne dispense pas la prévention par la bonne gestion des locaux et des groupes de chevaux[4].

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j et k Albertine Léon, Sophie Pradier et Andrew Waller, « Le point sur la gourme du cheval », Pratique Vétérinaire Équine, no 190,‎ , p. 26-32
  2. a b c et d « Gourme », sur Respe - Réseau d'Epidémio-Surveillance en Pathologie Équine (consulté le )
  3. a b c d e et f « La gourme chez les chevaux, questions et réponses », sur Centre hospitalier universitaire vétérinaire (consulté le )
  4. a b c et d « Vaccination contre la gourme équine | VetCompendium », sur www.vetcompendium.be (consulté le )