Goulven de Léon

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Goulven de Léon
Image illustrative de l'article Goulven de Léon
Plougastel-Daoulas : chapelle Saint-Guénolé, triptyque de saint Caradec, le panneau de saint Goulven.
Biographie
Naissance VIe siècle
Décès ca 616
Saint-Didier
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Rennes
VIIe siècleVIIe siècle
Évêque de Léon
ca 600 – VIIe siècle

Goulven ou Golven, devenu saint Goulven (saint Golven), fut évêque de Saint-Pol-de-Léon au VIIe siècle.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Selon Arthur de La Borderie la Vita (récit de la vie) de Saint Goulven serait tardive (rédigée au XIe ou XIIe siècle) et la date fixée pour la mort du Saint le 1er juillet vers 600 serait incompatible avec l'époque du comte Even de Léon attesté dans une notice du Cartulaire de Landévennec datée du 31 mars 955.

Selon sa vita, tardive et légendaire donc, saint Goulven serait le fils d’un couple d’immigrants bretons insulaires débarqués en 540 à Plouider. « À l'époque, tout le rivage est couvert d'une épaisse forêt et tout le pays est désert »[1]. Son père Glaudan, et sa mère Gologuenn débarquaient à peine de Grande-Bretagne dans l'anse de Plounéour-Trez (dite aussi anse de Goulven) à Brengorut quand Goulven vint au monde. Une fontaine miraculeuse, la feunteun sant goulven (située actuellement près de l'église Saint-Goulven) jaillit pour les désaltérer.

Godian (ou Gosian), un riche propriétaire du pays sans héritier, devint le parrain et le père nourricier de l’enfant. Il prit soin de son éducation et de son instruction, Goulven dès son enfance se montrant attiré par l'abstinence, se contentant de pain et d'eau, se montrant tendre et dévôt. Ayant fini ses études, Goulven commença à évangéliser le peuple et « Dieu commença à le faire connoistre par grands miracles »[1].

Mais Goulven, attiré par la solitude, finit par se retirer dans les bois, face à la mer, construisit son ermitage sous le nom de penity sant goulven, et planta trois croix pour marquer son parcours quotidien autour du minihi (sur la future paroisse de Goulven). Il mena une vie religieuse rythmée par la prière, la pénitence et le travail en compagnie d’un disciple nommé Maden, tout en accomplissant des miracles. « Le bruit et la renommée de sa Sainteté s'épandit de toute part, en sorte que le peuple venoit visiter en foule » écrit Albert Le Grand.

Le comte Even, seigneur du Léon, « qui lors estoit en la ville de Lesneven », aurait remporté une victoire sur les pirates Normands grâce à l’intercession du saint : « Monseigneur, allez hardiment et, quand vous aurez vaincu les ennemis, venez-moy trouver en ce lieu » lui aurait-il dit. En gage de gratitude, le saint se vit doter du territoire du minihi « franchise ou azile de saint Goulven » où Goulven s'installa en compagnie d'un « jeune homme fort vertueux, Madenus » (Maden) écrit Albert Le Grand ; les villageois des environs lui faisaient des aumônes qu'il redistribait aux pauvres et lui construisirent une chapelle.

Un épisode célèbre est celui des lingots d'or : un riche paysan de Plounéour-Trez, nommé Le Joncour, remit à Maden à l'intention de Goulven trois poignées de terre alors qu'il était en train de charruer; pendant son retour, Maden sentit cette terre s'appesantir : elle se transformait en or dont Goulven fit faire un calice, trois croix et trois belles cloches. « Juste et véridique symbole des bienfaits portés à l'Armorique par les moines et les émigrés bretons ! En détruisant les forêts (…), en défrichant et en cultivant le sol, ils en tiraient des trésors. (…) Sous le soc de leur charrue, la terre devenait or », commente Arthur de La Borderie[2].

En 602, il fut élu unanimement à la tête de l’évêché de Léon bien qu'il fût parti en voyage à Rome pour éviter d'être élu et dut à son retour quitter son ermitage. « Il visita tout son diocèse, réformant tous les abus qui s'y étoient glissés ». Séjournant à Rennes pour des raisons liées à l'administration de son diocèse, il aurait été élu évêque de Rennes, mais quelques années avant sa mort, il se retira en « un lieu propre et commode à la solitude et à la contemplation au lieu-dit La Motte-Mérioul en Saint-Didier à quatre lieues de Rennes ; il s'y bastit un petit oratoire et y finit sa vie en austère pénitence », menant une vie d'anachorète, écrit Bertrand d'Argentré[3]. Dieu lui révéla le jour de son décès. « Il tomba incontinent malade d'une fièvre aigüe et violente » et rendit l'âme en 616, probablement à Saint-Didier. Il aurait été enseveli dans l’abbaye Saint-Melaine de Rennes et ses reliques seraient devenues la propriété de la cathédrale Saint-Pierre de Rennes[1]. La vénération de ses reliques permit l'accomplissement de nombreux miracles énumérés par Albert Le Grand.

Son culte et ses traces en Bretagne[modifier | modifier le code]

Statue de saint Golven (saint Goulven) à l'emplacement de son ancien ermitage à Saint-Didier (Ille-et-Vilaine)
Groupe statuaire au niveau de l'ancien ermitage de saint Goulven à Saint-Didier (Ille-et-Vilaine)
  • Le Livre des usages publié en 1415 précise que le jour de la saint Goulven (ou Golven comme on l'appelle à Rennes), ses précieux restes étaient portés en procession à la suite des vêpres et exposées solennellement. En 1743, le chapitre de la cathédrale utilisa plusieurs pièces d'argenterie hors d'usage et a somme de 600 livres pour faire une nouvelle châsse aux reliques du saint. En 1503, l'église de Goulven reçut une relique (un os de l'avant-bras) et en 1668, la cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon reçut aussi une relique du saint.
  • Saint Goulven est fêté le 1er juillet.
  • La commune de Goulven porte son nom. Une fontaine y est placée sous son patronage.
  • L'église de Goulien a saint Goulven comme patron. Une des cloches est répute être l'une des trois cloches de la légende.
  • L'église et l'école privée de Saint-Didier porte son nom, ainsi que la paroisse (Saint Goulven près la Peinière).
  • Des chapelles lui sont consacrées à Edern, Caurel[4], Lanvellec, Hanvec.
  • Il est honoré à Dirinon.
  • Une statue représentant saint Goulven se trouve dans la chapelle Saint-Guénolé à Plougastel-Daoulas.
  • Goulven aurait eu une sœur Pétronille, qui serait honorée (confondue avec la véritable sainte Pétronille) dans la chapelle Sainte-Pétronille de Ploudaniel[5].
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Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Albert Le Grand, "La vie des saints de la Bretagne Armorique", J. Salaun, Quimper, première édition XVIIe siècle, réédition 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038760.image.hl.r=pleyben.f324.langFR
  2. Arthur de La Borderie, "Histoire de Bretagne", tome 1, Plihon, Honnay et Vatar, Rennes, 1905-1914 (6 vol.). Réédition Joseph Floch, Imprimeur Éditeur à Mayenne, 1975
  3. L'histoire de Bretaigne, des roys, ducs, comtes et princes d'icelle: l'établissement du Royaume, mutation de ce tiltre en Duché, continué jusques au temps de Madame Anne dernière Duchesse, & depuis Royne de France, par le mariage de laquelle passa le Duché en la maison de France, Jacques du Puys, 1588
  4. http://fr.topic-topos.com/chapelle-saint-golven-caurel
  5. http://fr.topic-topos.com/chapelle-sainte-petronille-ploudaniel

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R.P Dom François Plaine, Vie inédite de Saint Goulven Évêque de Saint-Pol-de-Léon (550?-614?) Bulletin de la Société archéologique du Finistère Tome XVIII pages 24 à 33.
  • Arthur de La Borderie, Texte de la vie latine ancienne et inédite de Saint Goulven avec notes et commentaire historique Société d'Émulation des Côtes du Nord Mémoires de l'année 1891 pages 214 à 250.
  • Le Breton H., Un vieux saint breton : saint Goulven ou Golven, évêque de Léon, Rennes, 1933.
  • Bourges A.-Y., Guillaume Le Breton et l'hagiographie bretonne aux XIIe XIIIe siècles, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 102, no 1, (1995), p. 35 45.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]