Golden State Killer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Golden State Killer
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Joseph James DeAngelo Jr.Voir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Golden State Killer, Visalia Ransacker, East Area Rapist, Original Night Stalker, Diamond Knot KillerVoir et modifier les données sur Wikidata
Noms courts
EAR/ONS, EAR/GSKVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Citrus Heights (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Folsom High School (en)
Université d'État de Californie à Sacramento (baccalauréat)
Sierra College (en) (Associate degree)
College of the Sequoias (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Autres informations
A travaillé pour
Save Mart Supermarkets (en) (-), Auburn Police Department (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Conflit
Taille
1,78 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Masse
77 kgVoir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
Lieu de détention
Sacramento County Jail (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Document écrit par le tueur et commençant par ces mots : Mad is the Word....

Le Golden State Killer, ou GSK (en français, Tueur du Golden State, le Golden State étant le surnom de l'État de Californie), est le nom donné à Joseph DeAngelo, un ancien officier de police et tueur en série américain qui a sévi dans les années 1970 et 1980, et qui n'a été appréhendé qu'une quarantaine d'années plus tard, en , confondu grâce à la recherche ADN par parentèle.

Accusé d'être l'auteur de treize meurtres, d'une cinquantaine de viols et d'environ 120 cambriolages[1], tous commis en Californie entre 1976 et 1986, le criminel est connu des médias américains sous plusieurs surnoms : « East Area Rapist » (le violeur du secteur est), « Original Night Stalker » (le premier harceleur nocturne) ou « Diamond Knot Killer » (le tueur au nœud de diamant), et peut-être « Visalia Ransacker » (le vandale de Visalia). Il a fallu en effet une quarantaine d'années pour que les enquêteurs parviennent à établir que ces différentes identités désignaient le même homme, les crimes ayant été commis à différents endroits de Californie et à différentes époques. L'appellation de « Golden State Killer », plus récente, vient du livre, Et je disparaîtrai dans la nuit..., que lui a consacré une spécialiste de true crimes, Michelle McNamara, publié à titre posthume en au terme de plusieurs années de recherches[2].

Après des années de recherches infructueuses, alors que ni son ADN, ni celui d'un membre de sa famille n'avaient été retrouvés dans les fichiers ADN des polices américaines, un ADN d'un cousin éloigné est finalement identifié dans une base de données d'une société proposant des services de santé et de généalogie par ADN aux particuliers, première fois au monde où une telle recherche est entreprise[3], permettant ensuite par d'autres recherches de remonter jusqu'à lui. Le , la police procède à l'arrestation dans la banlieue de Sacramento de Joseph DeAngelo, âgé alors de 72 ans[3] et il est inculpé de meurtres.

Le , il plaide coupable pour 13 meurtres et reconnait des dizaines de viols, prescrits, notamment sur des mineures de 13 ans[4][5],[6]. À la suite de cet accord avec le procureur, il échappe à la peine de mort[7]. Le , il est condamné à onze peines de prison à perpétuité consécutives sans possibilité de libération[8].

Les faits[modifier | modifier le code]

Portraits-robots du suspect dans les années 1970.

Les crimes du tueur en série se situent entre 1976 et 1986[9]. Le premier viol date du , et les deux premiers meurtres de [10]. Mais il se peut également que les viols et le meurtre commis par le « Visalia Ransacker » un peu plus tôt, en 1974-1975, lui soient imputables : la police poursuit ses investigations sur ce point[11].

La plupart de ces crimes se produisent dans les environs de Sacramento, la capitale de l'État, mais quelques-uns ont lieu dans la région de la baie de San Francisco et plus au sud, jusque dans le comté d'Orange[10]. Pendant de nombreuses années, peu d'éléments permettent de relier les viols et les meurtres de l'« East Area Rapist », qui prennent place avant 1979, et ceux de l'« Original Night Stalker », en 1979-1981 puis une dernière fois en 1986[11]. Le modus operandi, cependant, ne varie pas : l'homme s'introduit par effraction chez ses victimes, en pleine nuit, les traits dissimulés par un passe-montagne, puis il les aveugle en braquant une lampe de poche sur leur visage, avant de les ligoter[11].

L'enquête[modifier | modifier le code]

Avis de recherche lancé par le FBI, avec une récompense de 50 000 dollars.

Recherches infructueuses[modifier | modifier le code]

Le Golden State Killer disparaît après ses derniers agissements, en 1986. En 2001, des traces contenant son ADN sont analysées. Ces dernières démontrent que les tueurs surnommés le « premier harceleur nocturne » et le « violeur du secteur est » sont la même personne. La police n’est cependant pas en mesure d'établir un lien avec le « saccageur de Visalia », manquant de traces. À ce stade, les policiers envisagent que la fin des crimes coïncide possiblement avec la mort de l'hypothétique tueur en série. Toutefois, les enquêteurs reçoivent le témoignage d'une ancienne victime, qui signale avoir reçu un coup de fil du criminel, lui demandant si elle se souvenait de son agression. À partir de 2016, le FBI promet 50 000 $ pour qui aurait des informations menant à l'arrestation du tueur.

Document autographe du tueur comportant le mot punishment (« châtiment ») en travers de la page.

Analyses ADN[modifier | modifier le code]

Le « plus froid des cold cases », selon la formule de Michelle McNamara[11], est rouvert en 2016 par la procureure du comté de Sacramento Anne Marie Schubert[12] après 40 ans de recherches infructueuses[13].

Les enquêteurs utilisent des échantillons d'ADN recueillis sur les lieux des crimes pour déterminer le profil génétique du tueur, puis entrent ce profil dans une base de données généalogiques en ligne, GEDmatch[12]. Ils examinent ensuite les arbres généalogiques afin de trouver des correspondances avec ce profil[12]. Si le tueur n'a pas transmis son ADN sur Internet, au moins un membre de sa famille l'a fait[12].

Le , les recherches se concentrent sur un ancien policier californien, Joseph James DeAngelo, 72 ans[12]. Selon le Los Angeles Times, les investigations ont permis de retracer un ADN qui correspond à des cousins éloignés du suspect, aux troisième, quatrième ou même cinquième degrés, en remontant les arbres généalogiques jusqu'à ses arrière-arrière-arrière-grands-parents[14].

Les services du shérif le placent alors sous surveillance et récoltent un nouvel échantillon d'ADN, prélevé sur la portière de sa voiture : ils constatent qu'il est identique à celui découvert sur une dizaine de lieux de crime[12]. Pour plus de sûreté, un deuxième échantillon est prélevé (sur un mouchoir ramassé dans la poubelle du suspect devant son domicile), apportant confirmation du premier[12],[15].

Joseph DeAngelo est arrêté devant son domicile de Citrus Heights dans la banlieue nord de Sacramento en Californie le [13],[16].

Le suspect[modifier | modifier le code]

Joseph DeAngelo, né le dans l'État de New York, a servi dans l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam avant de devenir policier en Californie, d'abord à Exeter de 1973 à 1976 puis à Auburn de 1976 à 1979, date à laquelle il est renvoyé de la police pour avoir volé du matériel[17]. Il travaille ensuite comme mécanicien dans un entrepôt de Roseville, près de Sacramento, entre 1990 et 2017, puis prend sa retraite[17]. Divorcé, père de trois filles[17], il vit avec l'une de ses filles et une petite-fille lors de son arrestation.

DeAngelo fait l'objet de nombreux chefs d'accusation dans plusieurs comtés californiens, dont ceux d'Orange et de Ventura[14]. Les enquêteurs le soupçonnent d'être l'auteur de 12 meurtres, d'une cinquantaine de viols, parfois avec circonstances aggravantes, et d'environ 120 cambriolages[14]. Il a été placé en détention à la prison du comté de Sacramento[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La rédaction de LCI, « Treize assassinats et des dizaines de viols : qui est Joseph DeAngelo, "le tueur du Golden State" ? », sur Lci.fr, (consulté le ).
  2. Élise Costa, « Ce fut long et difficile, mais l'ADN a permis d'identifier le tueur que l'Amérique cherchait depuis quarante ans », sur Slate.fr, (consulté le )
  3. a et b Laurent Borredon, « Le « tueur du Golden State » identifié grâce à l’ADN familial », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en-US) « Walnut Creek teen rape survivor recalls crime, community’s help », sur The Mercury News, (consulté le )
  5. (en-US) « 'This Is Not Our Secret Anymore': Who Were The Victims And Survivors Of The Golden State Killer? », sur Oxygen Official Site, (consulté le )
  6. (en) « Les crimes pour lesquels DeAngelo a plaidé coupable dans l’affaire Golden State Killer »
  7. Californie : Le « Golden State killer » reconnaît 13 meurtres et des dizaines de viols, 20 Minutes, .
  8. (en) Madeline Holcombe and Cheri Mossburg CNN, « Golden State Killer Joseph DeAngelo sentenced to life in prison », sur CNN (consulté le )
  9. Michelle McNamara, « In the Footsteps of a Killer », Los Angeles Magazine, février 2013.
  10. a b et c AFP, « Californie : un homme suspecté d'avoir commis 12 meurtres et 50 viols inculpé », Le Figaro, .
  11. a b c et d Louis Boy, « Qui est le Tueur du Golden State qui a terrorisé l'Amérique à la fin des seventies ? », francetvinfo.fr, .
  12. a b c d e f et g AFP, « Comment le Golden State Killer a été rattrapé par son ADN », Radio Canada, .
  13. a et b AFP, « Qui est le tueur en série du Golden State écroué après 40 ans d'enquête ? », L'Obs, .
  14. a b et c AFP, « Golden State : le tueur en série présumé officiellement inculpé pour meurtre », France 24, .
  15. Laurent Borredon, « Le « tueur du Golden State » identifié grâce à l’ADN familial », Le Monde, .
  16. « "Golden State" : le tueur en série présumé officiellement inculpé pour meurtre », BFM TV, .
  17. a b et c Matthew Haag, What We Know About Joseph DeAngelo, the Golden State Killer Suspect, The New York Times, 26 avril 2018.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michelle McNamara, Et je disparaîtrai dans la nuit : la traque obstinée d'une femme à la recherche du Golden State Killer, éd. Kero, 2018 (ISBN 978-2-36658-433-2), 400 p. Édition originale : I'll Be Gone in the Dark : One Woman's Obsessive Search for the Golden State Killer, préface de Gillian Flynn, postface de Patton Oswalt, HarperCollins, 2018 (ISBN 978-0062319784)
  • Richard Shelby, Hunting a Psychopath : The East Area Rapist / Original Night Stalker Investigation - The Original Investigator Speaks Out, Booklocker, 2015 (ISBN 9781632635099)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :