Goguette de la Lice chansonnière

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L’Écho de la Lice, première année, 2e livraison, 1845[1].

La Lice chansonnière est une des plus célèbres goguettes parisiennes. Ses membres portent le nom de licéens ou lycéens. Créée en 1831, son existence dure 136 ans. Elle disparaît en 1967[2]. Dans son héritage sont toujours connues deux célèbres chansons française : Ma Normandie de Frédéric Bérat et L'Internationale d'Eugène Pottier Mais la Lice chansonnière elle-même est aujourd'hui oubliée du grand public qui connait encore ces chansons.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le marteau du président de la goguette de la Lice chansonnière[3].

Au départ, la Lice chansonnière devait être fondée par deux goguettiers : Charles Le Page et Émile Debraux. La mort prématurée de ce dernier, le 12 février 1831 dans sa 35e année[4], modifie le projet. La Lice chansonnière est fondée en 1831 par Charles Le Page seul.

Au nombre de ceux qui se groupent avec lui à cette occasion, se trouve Louis Festeau, qui, dès cette année, remporte un premier prix dans cette société avec la chanson Le Défi, musique de l'auteur[5].

En 1832, le poète et chansonnier Édouard Hachin devient membre de la Lice chansonnière. Avec le temps, il en deviendra le plus ancien membre. Président d'honneur en 1878[6], il est toujours alerte et actif une dizaine d'années après. Et, octogénaire, chante une chanson nouvelle à chaque banquet mensuel[7]. Il meurt en mai 1891 après 59 ans de participation à la Lice chansonnière[8].

De 1832 à 1856, les tracasseries policières conduisent la Lice chansonnière à de nombreux déménagements forcés de son lieu de réunion. Ces déménagements inspirent en 1881 à Édouard Hachin une chanson comique : Voyages de la Lice[9].

Le règlement de la Lice chansonnière est édité en 1833[10]. Le premier volume de ses chansons paraît en 1834[11]. Ce qui explique qu'il est souvent écrit que la Lice chansonnière a été fondée « vers 1834 ».

La Lice chansonnière refuse l'adhésion des femmes, excepté en 1834 où elle intègre dans ses membres la poétesse Élisa Fleury.

Eugène Baillet dans une biographie de la poétesse publiée en 1898 a fait le récit de son admission[12] :

...En 1834 elle (Élisa Fleury) se présenta à la Lice chansonnière, une société littéraire et chantante qui venait de se former[13] et comptait parmi ses membres les plus joyeux et les meilleurs chansonniers de ce temps.
Mais une femme, une seule, dans une société d'hommes ! Les sociétaires étaient fort embarrassés. Le règlement n'avait pas prévu ce cas. Mme Fleury vint un soir à une réunion et dit : « Messieurs, acceptez-moi, je suis un bon garçon et il n'y aura qu'un camarade de plus parmi vous. » Elle fut admise par acclamation et, pendant vingt-huit ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, le 28 décembre 1862, elle a tenu parole. Élisa Fleury n'était ni jolie ni coquette : elle avait des traits masculins ; seuls ses yeux étaient beaux d'expression et d'intelligence. Quant à sa toilette, c'était la grande simplicité des ouvrières de 1840. Elle figure au milieu du groupe de la Lice chansonnière de 1862, coiffée de son beau bonnet des dimanches.

En 1835 est écrit et adopté le Chœur d'ouverture de la Lice chansonnière appelé couramment le Chant de la Lice, paroles de Blondel et Germain, musique de Blondel seul.

En 1836 au sein de la goguette est lancée la chanson Ma Normandie souvent évoquée aujourd'hui en France sous le nom de J'irai revoir ma Normandie. Elle est écrite et mise en musique par Frédéric Bérat. Laurent Quevilly écrit à propos de lui : « Il est un pur produit de la Lice chansonnière, fondée en 1834[13] par Charles Le Page, sorte d'académie populaire se réunissant chaque jeudi pour chanter en public. Sa devise: "Fumer, boire et chanter" [14]. »

En 1842 la Lice chansonnière accueille dans ses membres le fameux goguettier lyonnais puis parisien François Barrillot.

En 1845 paraît une publication : L'Écho de la lice[1].

En 1846 la société lyrique des Templiers publie une chanson de Charles Gille et Christian Sailer : Nos démissions à la Lyce Chansonnière où les deux goguettiers rejettent la Lice chansonnière, l'accusant de manquer de générosité, sincérité et refuser l'adhésion des femmes.

En 1849, la Lice chansonnière reçoit la visite de Gustave Courbet :

Un jour, en 1849, nous avons conduit Courbet au dîner mensuel de la Lice chansonnière où il chanta une pièce de son genre, il obtint naturellement un médiocre succès dans ce temple des admirateurs de la rime et du timbre et m'exprima en sortant son désappointement dans ces termes : « Dans quelle société de bourgeoisiers m'avez-vous emmené-là ? » Jugement immérité où se peint la mauvaise humeur d'un incompris, car la Lice chansonnière a compté et compte encore dans son sein de véritables artistes poètes, comme aussi des chansonniers très réalistes ou naturalistes, comme on dit à présent, qui n'ont pas cru devoir sacrifier et dédaigner la rime dans leurs œuvres, partageant à ce sujet l'opinion de Voltaire qui, tout en se plaignant de l'esclavage de la rime, finit par convenir que sans elle les vers français seraient insipides[15].

En 1856, la Lice chansonnière voit se clore son cycle de déménagements forcés. Elle établit ses réunions dans l'établissement nommé Aux Vendanges de Bourgogne, 14 rue de Jessaint et y restera au moins vingt-cinq années.

En 1863, La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous est fondée par Imbert et Marchal. Elle indique au nombre de ses collaborateurs l'ensemble des membres du Caveau et du Dîner des Vendanges, nom porté à l'époque par la Lice chansonnière[16]. On lit dans son premier numéro :

Les convives du Dîner des Vendanges, ancienne Lice Chansonnière, ont tenu leur banquet mensuel, le onzième, depuis la réorganisation de la société. La soirée a été des plus brillantes par le nombre et le choix des assistants et surtout par l'espèce d'invasion amicale de nombreux membres du Caveau, président en tête.
On ne s'attend pas à une revue détaillée de toutes les pièces chantées ou lues à ce banquet. Un coup d'œil rapide vaut mieux qu'une monotone énumération.
Deux membres du Caveau, MM. Lagarde et Van Cleemputte, ont payé leur bienvenue par des couplets en l'honneur de la Lice. Avec des talents divers, ils ont fait preuve d'une indulgente sympathie pour la société qu'ils daignaient visiter. Cette sympathie est vivement partagée[17].

La Lice chansonnière a donc changé de nom à cette époque. Par la suite elle a repris son nom d'origine, sous lequel on la retrouve à nouveau.

La goguette, à la suite de la mort d'Élisa Fleury survenue en décembre 1862, annule son banquet de janvier 1863 en signe de deuil :

Le banquet du mois de janvier n'a pas eu lieu. La société s'est fait un devoir de témoigner, en suspendant ses joyeux flon-flons, le regret que lui inspire la perte de madame Fleury, l'ouvrière-poëte, décédée le 28 décembre dernier. Peu de femmes ont réuni à un degré égal la bienveillance du caractère et l'élévation du talent. C'était pour le public un auteur, et pour nous un camarade[18].

Le 15 avril 1863 les licéens sont rassemblés à une soirée au bénéfice d'un des leurs : le poète, éditeur, chansonnier, goguettier et mécène des goguettes Charles Durand. Gravement malade, il meurt le lendemain. Il avait vécu et était mort pauvre, car il avait fait le choix de vendre ses éditions à des prix abordables pour les bourses modestes[19].

En février 1872 Henri Nadot crée à la Lice chansonnière sa chanson pacifiste Les canons[20].

Le 16 novembre 1874 à la cérémonie d'inauguration du monument funéraire du chansonnier Desforges de Vassens au cimetière du Père-Lachaise à Paris sont représentées la Lice chansonnière, le Caveau et les Sociétés chorales de Paris[21].

Vers 1876 le poète et chansonnier montmartrois Jules Jouy fréquente la Lice chansonnière[22].

Ernest Chebroux : portrait-charge de Hippolyte Leboullenger, président de la Lice chansonnière en 1876[23].

Le 4 juillet 1878 il inaugure sa propre goguette : Le Rire gaulois. Elle est essentiellement composée de membres de la Lice chansonnière dont il est à présent adhérent[24].

En mai 1880 survient la brouille entre la revue La Chanson et la Lice chansonnière. Cette revue fait part de l'événement à ses lecteurs :

Quelques lecteurs se sont étonnés de ne pas voir le compte-rendu du dernier banquet de la Lice Chansonnière accompagner, comme d'habitude, l'article consacré mensuellement au Caveau. La lettre suivante donnera la raison de cette lacune... volontaire.
Paris, le 28 mai 1880.
Mon cher Patay, .
Les membres de la Lice Chansonnière, réunis en séance administrative le 26 mai, sur la proposition de leur camarade Adeline, m'ont chargé de vous prier de ne plus faire de compte-rendu de banquets de la société dans le journal La Chanson dont vous êtes directeur.
Recevez, mon cher Patay, mes sincères salutations,
Le secrétaire, CH. PÉAN.
Nous regrettons — pour la Lice — la décision votée par quelques Licéens, dont le nombre ne représente pas la majorité des membres de cette société.
MM. Hippolyte Ryon et Ernest Chebroux ont donné leur démission de Président et de Vice-Président de la Lice Chansonnière[25].

Par la suite La Chanson ne rend plus compte des activités de la Lice chansonnière.

À l'époque de la rupture entre la revue et la Lice chansonnière, dont aucune des deux parties ne donnent les motifs, La Chanson mène campagne pour rassembler les goguettes en les fédérant sous la bannière politique de la République. Vouloir créer un syndicat des goguettes avec une direction, réduire les fiers licéens à ne plus être qu'une fraction d'un groupe de sociétés et introduire une orientation politique précise et générale pour toutes les goguettes adhérentes sont les raisons très vraisemblables de cette brouille[26].

L'année suivante, le 6 avril 1881, la Lice chansonnière fête joyeusement son cinquantenaire avec un banquet de 143 couverts. Les convives sont tous masculins, chantent et improvisent des chansons. Eugène Baillet, qui préside, chante Le Rondeau de la Lice chansonnière qu'il a composé pour cette occasion[27]. La fête est clôturée par une tombola[28].

Un journaliste du journal Le Temps, dans son compte-rendu de la fête relève que[29] : « Les braves gens réunis hier ne sont point des auteurs vivant de leurs productions, mais simplement des amateurs que rassemble le plaisir de chanter. Le président est horloger, tel autre marchand drapier, tel autre un ouvrier aisé qui a quelques loisirs. »

Parmi ces chansonniers amateurs il mentionne un homme politique : « Leconte, député de l'Indre, rimeur intarissable ».

Au nombre des distractions il y a ce soir-là le tour de marotte[29] :

Pour faire honneur aux fondateurs de la Lice, on a chanté hier huit de leurs chansons. Puis a eu lieu ce qu'on appelle le tour de marotte. Un refrain est donné aux membres titulaires, et chacun d'eux, sans prévenir les autres, fait un couplet dessus. ― Que les sociétaires qui ont fait un couplet veuillent bien se lever, s'écrie le président. Et quarante-sept sociétaires se sont levés. J'avoue que je n'ai pu voir ce nombre formidable sans pâlir. Mais il y avait dans ces couplets
Pour fêter notre cinquantaine
une telle variété, tant d'esprit qu'au quarante-septième on a été tout surpris de les trouver finis.

En 1883 Eugène Pottier présente une chanson au concours de la Lice chansonnière et remporte la médaille d'argent.

Il retrouve à cette occasion le chansonnier Gustave Nadaud qui l'a croisé en 1848 et à qui il a alors fait une forte impression[30].

Grâce à ces retrouvailles une cinquantaine de chansons de l'auteur de l'Internationale sont publiées pour la première fois en 1884 et sauvées de l'oubli par Nadaud qui admire beaucoup le talent poétique de Pottier tout en étant très loin de partager ses opinions politiques.

Nadaud qui a financé l'impression du recueil de Pottier termine sa préface élogieuse par un distique :

La politique nous sépare
Et la chanson nous réunit.
Le Rappel, 17 août 1885[31].

L'initiative de Nadaud en faveur de Pottier incite ses amis politiques à publier en 1887 ses Chants révolutionnaires avec une préface de Henri Rochefort[32].

Sans Nadaud et la Lice chansonnière nous ne connaîtrions ni l'Internationale ni les autres œuvres de Pottier.

La Lice chansonnière est elle-même l'objet d'une chanson du licéen Charles Vincent intitulée Ma rentrée à la Lice[33].

Durant l'année 1893 la Lice chansonnière édite son propre périodique. Il est exclusivement réservé à ses membres et aux Visiteurs et porte le nom de La Lice chansonnière, sous-titré Société littéraire fondée en 1831[36].

Comme il apparaît dans un ouvrage publié en 1890 le règlement de la Lice chansonnière fait qu'elle a connu de nombreux présidents[37] :

Eugène Baillet est membre titulaire de la Lice Chansonnière. – Il a été président de cette société chantante en 1880. La présidence ne dure qu'une année, et le président sortant n'est rééligible qu'à un an d'intervalle. C'est une façon de faire passer le pouvoir dans le plus de mains possible. La Lice est démocratique.

On voit ses activités rapportées dans la presse non seulement à Paris, mais aussi en province. Ainsi en 1893 dans le numéro de février de sa revue on lit :

La « Lice Chansonnière » remercie chaleureusement : l'Événement, Le Matin, le Jour, Paris, le Journal, le Temps, la Marseillaise, la Revue européenne, le Mot d'Ordre, l'Électeur républicain, les Petites Nouvelles, l'Alliance nationale, la Loire républicaine, etc., etc., qui ont bien voulu constater, dans les termes les plus flatteurs et les plus élogieux, le succès de notre banquet du 1er février dernier.
Ex-libris sorti en 1931 pour le centenaire de la Lice chansonnière.

Il existe des liens entre la Lice chansonnière et des sociétés chantantes dans les provinces. En 1879 le goguettier lillois Alexandre Desrousseaux auteur du célèbre P'tit Quinquin est fait membre d'honneur de la Lice chansonnière. En 1892 c'est Gustave Nadaud de la Lice chansonnière qui rédigera l'épitaphe du chansonnier lillois. En 1893 en hommage à la Lice chansonnière le Temple de la chanson de Saint-Étienne donne à sa revue le nom de La Lice chansonnière du Forez[40]. En 1900 Le chansonnier et poète Ernest Chebroux est président de la Lice Chansonnière parisienne[11]. On le retrouve également par ailleurs membre d'honneur du Temple de la chanson de Saint-Étienne et président d'honneur du Caveau Lyonnais[41].

Le 59e volume de la Lice chansonnière paraît en 1900[11].

La Lice chansonnière est toujours active 80 ans après sa fondation.

On lit dans La Presse du 11 avril 1911 :

La Lice Chansonnière
La Lice Chansonnière donnera sa Soirée-Goguette mensuelle demain mardi 11 avril, à huit heures et demie très précises, dans les Salons du Café Corrazza, 12, rue Montpensier (Palais-Royal), sous la présidence de M. Edmond Teulet[38].

Après l’interruption causée par la Grande Guerre elle reprend ses activités en 1920[42]. En 1921, le poète Edmond Teulet est élu président[3].

En 1922 elle atteint sa 91e année d’existence.

À son concours annuel de chansons inédites, au côté du sujet libre figure en qualité de sujet imposé un thème résolument d'actualité : l'Aviation[39].

Le dimanche 1er février 1931, La Lice chansonnière célèbre son centième anniversaire par un banquet[43], comme elle l'avait déjà fait pour fêter son cinquantenaire en 1881[28]. En 1932, un article du magazine Les Dimanches de la femme rapporte le déroulement détaillé, riche, animé et vivant d'une de ses réunions[3].

Edmond Teulet est à l'époque président de la Lice chansonnière depuis 1921, soit onze années[3]. Ce qui indique peut-être de la difficulté pour renouveler les cadres de l'association.

La Lice chansonnière disparaît finalement en 1967 au bout de 136 ans d'existence[2].

L'élitisme de la Lice chansonnière[modifier | modifier le code]

La Lice chansonnière paraît avoir pratiqué à partir d'un moment donné une sorte d'élitisme. Elle se présente alors comme en dehors et au-dessus des autres goguettes. En 1889 le licéen Henri Avenel cherchant à brosser un tableau du Paris chantant de l'époque établit une différence entre les « deux sociétés chantantes » : la Lice chansonnière et le Caveau d'une part et les centaines de goguettes d'autre part dont il ne donne aucun nom :

En résumé, il n'y a donc à Paris (en 1889) que deux sociétés chantantes : la Lice chansonnière[44] et le Caveau.
Des goguettes nouvelles, nous n'en parlons pas, il y en a par centaines[37].

Pourtant les goguettes ne sont pas autre chose que des sociétés chantantes. Il semble apparaître ici qu'elles ne sont que des goguettes.

En 1893, La Lice chansonnière se donne en sous-titre dans sa revue interne Société littéraire ce qui est probablement une forme de différenciation supplémentaire d'avec les autres goguettes[36]. Dans cette revue figurent en couverture les portraits photographiques des sociétaires.

La Lice chansonnière refuse dans ses rangs les femmes, une exception cependant étant faite au cours de son histoire pour Élisa Fleury.

Le licéen Ernest Chebroux compose le numéro 99 de la Revue La Plume qui paraît le 1er juin 1893. On y trouve avec une introduction d'Armand Sylvestre des œuvres de Fernand Fau, Francis Magnard, Armand Sylvestre, Ernest Chebroux, Panard, Désaugiers, Béranger, Émile Debraux, Frédéric Bérat, Charles Gille, Pierre Dupont, Charles Colmance, Léon Deschamps, Eugène Pottier, Charles Vincent. Ces auteurs parmi lesquels se trouvent des goguettiers fameux étant censés être les représentants de la chanson classique. Se présenter y compris soi-même comme classique témoigne bien d'une volonté élitiste. Elle n'a pas empêché la Lice chansonnière de sombrer dans l'oubli. En 2010 seuls des spécialistes, curieux ou historiens la connaissent encore.

Présidents de la Lice chansonnière[modifier | modifier le code]

Liste à compléter des présidents de la Lice chansonnière :

Cinq textes sur la Lice chansonnière[modifier | modifier le code]

1843 : la Lice chansonnière vue par L’Écho lyrique[modifier | modifier le code]

L'Écho lyrique, 27 août 1843, annonce les réunions de La Lice chansonnière[46].

L'Écho lyrique écrit[47] :

La Lice chansonnière, au contraire (de l'Institut lyrique, une autre goguette), tout en occupant le rang distingué que lui a conquis le mérite incontestable du plus grand nombre de ses membres, est restée néanmoins le type original de la vieille goguette, l'ombre des Collé, des Panard, des Debraux y plane indubitablement ; aussi voyez comme du haut de l'Hélicon ils versent à pleines mains des trésors sur leur fille chérie ; le signal est donné :

Voici le punch qui bout et siffle dans la coupe,
Que la bande joyeuse autour du bol se groupe ;
En avant, les viveurs, usons bien nos beaux ans,
Faisons les lord Byron et les petits don Juans.

En avant les refrains bruyants et de frénétiques applaudissements, en avant les glous-glous et les tictocs que poétise une atmosphère nébuleuse et fantastique, vive un sol volcanisé qui menace d'engloutir le chanteur malencontreux ou le rimeur malappris, vive une mer en courroux sur laquelle un Iatus soulève d'effroyables tempêtes, car au milieu de tout cela il y a de la verve, de l'esprit, de l'entrain, presque du délire... on sent fondre sa vie dans un creuset ardent.
De nos jours Virgile ajouterait une églogue à ses bucoliques en faveur de l'Institut lyrique. Hoffmann léguerait à la postérité la physiologie de la Lice chansonnière.

1866 : la Lice chansonnière vue par Théophile Marion Dumersan[modifier | modifier le code]

Théophile Marion Dumersan écrit[48] :

... entre les sociétés régulièrement constituées, formant académie, banquetant à jour fixe, et publiant leurs annales... c'est-à-dire leurs chansons ; entre ces sociétés, disons-nous, et les quatre ou cinq cents autres qui pullulaient à Paris, chantaient, ne publiaient rien et se désaltéraient avec du vin douteux, il y avait une distance incommensurable, presque tout un monde. Pour chanter et banqueter à la fois, comme le Caveau moderne ou le Gymnase lyrique, il fallait avoir du loisir et la bourse bien garnie. Faute de quoi le plus spirituel chansonnier était obligé de se taire ou de se rabattre sur les guinguettes. Cette lacune, un de nos plus spirituels chansonniers, Charles Lepage, entreprit de la combler en fondant, vers 1834, sous le nom de la Lice chansonnière, une sorte de société mixte. ... avec le concours de plusieurs autres chansonniers qui avaient déjà acquis une certaine réputation, tels que Germain, Blondel, Perchelet, Chance, E. Dugas, E. Hachin, Jules Leroy. Au nombre des fondateurs de cette société était aussi Piton du Roqueray, qui en devint le président honoraire (...)
En créant la Lice chansonnière, ses fondateurs décidèrent que cette société se réunirait le jeudi de chaque semaine ; que les séances seraient publiques; que chaque membre de la réunion aurait le droit de chanter sa chanson, et que, chaque année, la société publierait le recueil des chansons produites par ses membres. On établit aussi des prix destinés aux auteurs des chansons qui seraient jugées les meilleures.
Grâce à ces sages dispositions des statuts de la Lice chansonnière, cette académie populaire devint promptement la plus célèbre de toutes ; les jeunes talents pouvant s'y produire sans difficulté, il en résulta une noble émulation qui fit merveille, et de cette pépinière de l'esprit sortirent bientôt de véritables talents qui acquirent en peu de temps une popularité immense. C'est là que firent en quelque sorte leurs premières armes Charles Gille, Charles Colmance, madame Élisa Fleury, Pierre Lachambeaudie, dont les chansons et surtout les fables sont dans la mémoire de tout le monde.
C'est de là que sont sorties :

C'est ma Lison, ma Lisette,
La grisette.

que toute la France a chantée, chante et chantera longtemps encore ;
J'irai revoir ma Normandie,
dont on a tiré plus d'un million d'exemplaires, et qu'on réimprime encore tous les jours, et une quantité d'autres productions véritablement hors ligne, qui expliquent le succès obtenu par les treize volumes que la Lice chansonnière a publiés jusqu'à ce jour, et dont il ne reste plus un seul exemplaire complet dans le commerce de la librairie.
Mais ce n'est pas là seulement que l'on a chanté beaucoup et bien depuis 1834, témoin :
Mire dans mes yeux tes yeux.....
le Rocher de Saint-Malo, la Dot d'Auvergne, de mademoiselle Loïsa Puget, et un grand nombre d'autres chansons et romances qui ont fait les délices du peuple après avoir retenti dans tous les salons.

1894 : la Lice chansonnière vue par Paul Avenel[modifier | modifier le code]

Paul Avenel écrit[49] :

Après les trois journées de 1830, il se fonda une nouvelle société chantante libérale et patriotique. Charles Le Page en fut le promoteur et l'appela la Lice chansonnière.
Aujourd'hui, elle est encore guidée par le même esprit. Elle diffère donc essentiellement du Caveau, qui est né sous la monarchie et qui est resté monarchique.
La Lice subit toutes les tracasseries de la police avec philosophie. Ne pouvant lutter victorieusement avec le pouvoir, elle fuyait à la façon des Parthes, tout en restant laborieuse, active et turbulente. On supprimait son banquet, elle changeait de lieu de réunion et se remettait à table.
En soixante ans, elle déménagea quinze fois; voilà pourquoi, étant née chez le traiteur Louche, renommé pour sa cuisine et son bon vin, en 1831, nous la retrouvons aux Vendanges de Bourgogne, rue de Jessaint, à la Chapelle, de 1856 à 1881, et que nous la voyons à présent, toujours chantant et toujours jeune d’esprit en 1894, chez le restaurateur Tavernier aîné, galerie de Valois, au Palais-Royal.
Les fervents disciples de la poésie légère qui s’étaient groupés autour de Charles Le Page pour la fondation de la Lice étaient Chanu, Piton du Roqueray, fils d'un avoué de Coutances, Festeau, Fosset, Blondel, Germain et Édouard Hachin, et tous ces couplettiers avaient un véritable talent de chansonniers.
Émile Debraux était le collaborateur et l'ami de Charles Le Page, mais il mourut quelques jours seulement avant la séance d'installation de la Lice. L'auteur de Fanfan la Tulipe aurait pourtant bien tenu sa place dans cette nouvelle association chansonnière.
(...)
Gustave Nadaud fut un membre assidu de la Lice chansonnière et du Caveau.
(...)
Parmi les licéens, comme ils s'appellent, qui ont fait partie de cette société chantante, nous nommerons : Charles Gille, Louis Festeau, Charles Colmance, Mahiet de La Chesneraye, Lachambeaudie, Desforges de Vassens, Charles Vincent, Antoine Clesse, Desrousseaux (de Lille), Gustave Nadaud, Raullot, Adrien Decourcelle, Lucien Cardoze, etc., etc.
La Lice publie chaque année un volume composé des chansons inédites que l'on chante à sa table.

1931 : le centenaire de la Lice chansonnière[modifier | modifier le code]

Le samedi 7 février 1931, l'hebdomadaire Ric et Rac célèbre le centenaire de la bien vivante Lice chansonnière, dans un article documenté qui accrédite au moins deux fables sur les goguettes : le caractère inévitablement politique de celles-ci et la participation assidue de Béranger aux séances de la Société du Caveau. Les membres de cette dernière sont également qualifiés ici par erreur de « professionnels », alors qu'à l'époque la chanson était une spécialité et n'était pas une profession. Les goguettiers exerçaient tous une profession en plus de leur activité chansonnière[43] :

La Lice chansonnière.

La chanson est un genre très français qu'on a raison de remettre en honneur ! Approuvons ceux qui essayent de lui rendre un peu de sa vogue d'autrefois.

« Amis je viens d'avoir cent ans[50] », a pu fredonner à cette occasion la Lice chansonnière, qui vient d'atteindre son siècle d'existence, et qui l'a fêté dimanche dernier en de joyeuses agapes. Cette aimable société lyrique s'attache à perpétuer la tradition des anciennes goguettes qui pullulèrent sous la Restauration. On appelait ainsi de petits groupements de chansonniers amateurs qui, le soir après le travail, se réunissaient au cabaret pour chanter, sur des airs connus leurs modestes élucubrations sentimentales, bachiques, grivoises et surtout politiques, car on y daubait fort le gouvernement... Ces goguettes portaient des noms pompeux ou humoristiques, les Amis de la gloire, les Bergers.de.Syracuse, les Enfants de la Lyre, les Grognards, les Braillards, les Gamins, les Frileux, les Infernaux, les Lapins, etc. Dans chaque, quartier de Paris on en comptait au' moins une douzaine, sans parler de la fameuse société du Caveau, qui, fondée en 1729 par l'épicier-poète Gallet avec Piron, Panard, Collé et Crébillon fils, monopolisait les « as » professionnels de la chanson, Béranger en tête.

Beaucoup plus jeune, la Lice chansonnière prit naissance au début de 1831. Elle eut pour pères trois chansonniers en renom, Charles Lepage, qui lui trouva son titre, Piton du Roqueray qui fut professeur, et le populaire Émile Debraux qu'une mort prématurée emporta à 33 ans, le 12 février 1831, sans lui laisser le temps d'assister seulement à la première séance de sa Lice chansonnière.

Émile Debraux est l'auteur de ces chansons à jamais célèbres qui, sous le règne des Bourbons, le firent emprisonner à Sainte-Pélagie pour avoir, glorifié Napoléon, « l'usurpateur » : Te souviens-tu ? écrite en 1817 :

Te souviens-tu ? disait un capitaine
Au vétéran qui mendiait son pain...
... Malgré les vents, malgré la terre et l'onde
On vit flotter, après l'avoir vaincu, ....
Notre étendard sur le berceau du monde :
Dis-moi soldat, dis-moi t'en souviens-tu ?


Puis la Colonne (1818), avec ce quatrain resté légendaire :

... De quelle gloire t'environne
Le tableau de tant de hauts faits.
Ah ! qu'on est fier d'être Français
Quand on regarde la Colonne !

Depuis sa création, la Lice chansonnière publia chaque année un recueil des meilleures œuvres de ses membres ; on y trouve les noms de Gustave Nadaud, Édouard Hachin, Jules Leroy, Chebroux, Avenel, Octave Pradels et Pierre Lachambeaudie, doux poète révolutionnaire de 1848, auteur d'une étonnante chanson intitulée « Ne criez plus ; A bas les communistes ! » dont nous citerons par curiosité le premier couplet :

Quoi ! désormais tout penseur est suspect !
Pourquoi ces cris et cette rage impie ?
N'avons-nous pas chacun notre utopie
Qui de chacun mérite le respect ?
Ah ! combattez vos penchants égoïstes
Par les élans de la fraternité
Au nom de l'ordre et de la liberté,
Ne criez plus : A bas les communistes !

Voilà de quoi réjouir le camarade Cachin.

Une réunion de la Lice chansonnière en 1932[modifier | modifier le code]

Charles de Bussy écrit dans Les Dimanches de la femme, le 29 mai 1932[3] :

Les goguettes de la lice

Le bon vieux mot goguette, par sa consonance même, est gai, guilleret. Il évoque, non pas tout à fait la guinguette, mais le repas joyeux, le vin léger qui dans les verres pétille, les couplets qui s'envolent, les applaudissements et les rires, les réunions un tantinet libres, mais de bonne compagnie. Aussi bien oublions l'expression « être en goguette », où il ne faut voir qu'un malin dérivé des chansons à boire.

Quant à l'autre bon vieux mot lice, nous n'ignorons pas qu'il désigne le terrain servant à des joutes, à des tournois.

Lorsque, voilà de cela juste cent un ans, Charles Lepage eut l'idée de composer un petit groupement, où les dames seraient conviées pour s'y entraîner par émulation à composer et chanter de fines chansons, il en choisit donc fort bien le nom en lui donnant celui de Lice chansonnière. Et la trouvaille était très bonne aussi d'appeler ces assemblées des goguettes.

C'est dans un restaurant situé sous les piliers de l'ancienne halle aux poissons que la Lice chansonnière tint ses premières agapes. Au dessert, presque chacune et chacun y allait de sa chanson ou de son poème, et le président eut tout de suite pour accessoire remarquable un petit maillet, lequel lui servait pour rappeler à l'ordre l'interrupteur ou... la convive trop bavarde, afin de lui faire entendre par un bruit sec que l'on n'était venu que pour écouter et pour, chacun à son tour, être écouté.

L'attrait apporté par les dames était si justement apprécié que l'un des membres de l'association — donc un lycéen — rima pour les lycéennes et les visiteuses des goguettes d'alors ce quatrain madrigal :

Les ris et les plaisirs voltigent sur vos traces.
Par vos attraits charmants vous subjuguez les cœurs ;
Assemblage parfait de douceur et de grâce.
Une fête sans vous est un printemps sans fleurs.

En mars 1838, la Lice faisait suivre son banquet d'un bal où, d'après le rapport conservé dans les archives, l'on fut 52 personnes, qui prouvèrent, par leur amabilité et leur décence, que le vrai plaisir cl la franche gaieté s'y trouvaient toujours réunis. Et dans le style de l'époque l'analyste ajouta que toutes les grâces embellissaient cette fête de famille qui dura jusqu'au jour. Un autre écrit nous révèle que, après discussion, on avait admis qu'il serait permis de fumer aux séances publiques, malgré la présence des dames.

À cette époque faisait déjà partie de la Lice la chansonnière Élisa Fleury, qui, entrée dans l'association en 1834[51], y prit une place prépondérante. On a prétendu qu'elle était petite fille de J.-J. Vadé, créateur sous Louis XV du genre hardi et pittoresque dont Aristide Bruant devait, à la fin du siècle suivant, se souvenir. Ce qui, beaucoup plus, est important pour la mémoire d’Élisa Fleury, c'est que, brodeuse de son état, elle a laissé quelques pages d'un esprit très vif, notamment le Réveille-malin, chanson dont la vogue fut considérable et qui se chante encore.

Puis, comme une compagnie de cigales voltigeantes, la Lice changea souvent de terrain. Du Rocher de Cancale, elle passa rue Montorgueil, s'arrêta longtemps à la Goutte d'Or, se fit entendre au Palais-Royal, rue de Jessaint dans les salons des Vendanges de Bourgogne, ici, là, suivant la disponibilité des lieux et le bon vouloir des règlements. Or, il faut qu'elle ait, certes, la vie saine et dure, puisque ni les renversements de régimes, ni les bouleversements dans les mœurs, ni les émeutes, ni les guerres, rien n'a pu l'étouffer. Après que, l'an dernier, fut célébré son centenaire par un grand festin, aussi jeune qu'à son premier printemps, la Lice chansonnière tient à présent ses goguettes en plein cœur de Paris, exactement pendant la soirée du dernier lundi de chaque mois, au 1er étage du café de la Gaieté, 47, rue Réaumur.

Montons un petit escalier tournant, et nous voici dans la grande salle où, tout au fond, à côté d'un piano, est installée une longue table derrière laquelle prend place l'aréopage.

Le premier arrivant est presque toujours le bon poète Edmond Teulet, président de la Lice depuis 1921, donc détenteur du fameux maillet. Ses qualités pour cette haute charge étaient indiscutables. Enfant de la balle, dès sa quatrième année, en 1866, il assistait à des goguettes dirigées par son père, où, raconte-t-il, des cordonniers, aussi bons artistes qu'artisans, prouvaient triomphalement aux auditoires leur aptitude à ne pas faire... de cuirs ! A dix-huit ans, en compagnie de son ami Paul Delmet, il composait ses premiers couplets intitulés la Jeune Fille au jupon bleu. Alors que Salis fondait le Chat Noir, lui créait l'Épi d'or, puis des feuilles frémissant au vent de la poésie et de l'humour ; puis ce furent d'autres cabarets où, grâce à lui, débutèrent Fursy, Fallot, Botrel. Est-il besoin de rappeler Son amant, la plus célèbre de ses chansons, où si pathétiquement je t'aime rime avec chrysanthème[52] ?...

Il est vingt heures quarante-cinq. Le bureau se complète avec ses vice-présidents, son trésorier, son secrétaire général Henri Le Pointe, ses membres d'honneur, cependant que peu à peu toutes les tables se sont garnies de consommateurs et de consommatrices, auprès desquels circulent de petits bulletins où l'on inscrit individuellement les titres, noms d'auteurs et d'interprètes des œuvres qui vont être dites ou chantées. Remise entre les mains du président, cette liasse de fiches compose donc le programme de la soirée. Et, après une allocution formant une chronique particulière du mois écoulé, dans un ordre avantageusement établi qui fait alterner chansonniers, chanteuses, poètes et poétesses, chaque numéro est annoncé de façon plaisante.

Les vers, écrits aujourd'hui même par une blonde modiste qui met non moins joliment en valeur les fleurs artificielles que les rimes, éclosent dans la fraîche émotion, dans l'étonnement où tremble son auteur d'en entendre lès sons frapper ses oreilles.

Et c'est une romance restée inédite et pourtant délicieuse qu'une chanteuse exhuma, ce soir, pour juger de l'accueil qu'on va lui faire.

C'est Francine Lorée, modulant soit une de ses douces ariettes, soit un chef-d'œuvre de son cher disparu Xavier Privas.

Auréolée de gloire, la belle artiste Anna Thibaut[53], reine de la chanson, heureuse d'être venue ici ce soir, en interprétant de sa voix tendre et spirituelle l'Étoile d'amour, Ce qu'une femme n'oublie pas, et les Cinq heures du matin de Desaugiers offre aux néophytes, avec la plus exquise modestie, l'exemple salutaire du grand art.

Ce soir, on arme chevalière une jeune fille, ou plutôt on la titularise lycéenne, suivant le rite de la société. Elle a dû fournir la preuve de sa valeur, et devant l'assemblée de ses jugés elle donne la primeur d'une chanson composée par elle pour cette épreuve ? Fêtée par les applaudissements, elle s'approche d'Edmond Teulet, qui,debout, lui adresse, un speech finement tourné avec cette petite pointe d'esprit académique qu'il n'abandonne jamais. Puis elle reçoit de lui l'accolade et, sur une épaule, le coup de maillet nécessaire à la consécration de son titre. N'est-ce pas un peu le geste décisif accompagnant l'adjugé du commissaire-priseur ?

Ainsi sont maintenues ici toutes les traditions. Telle cette autre qui veut que, à la fin de la première partie, le trésorier fasse gaiement pendant l'entracte la quête dans un chapeau pour les besoins du culte de la Chanson.

Puis Mlles Fernande Ruze et Marie Bernadou occupant, tantôt l'une, tantôt l'autre, le clavier pour les accompagnements, le concert reprend. Voici Mme Gabrielle Drouin, lyriquement mélodieuse dans Chanson désespérée, dont Massenet écrivit la musique sur des strophes de l'actuel président de la Lice; voici Mlle Charlotte Mutel, vibrante interprète des poètes, Mlle Jane Fériés, visiteuse, faisant un parallèle élégiaque entre le rêve et la réalité sur les bords du Rhin, et les poétesses A. Lauris, secrétaire, Jane Guy, la Toulousaine Bertrande Rouzès, Luisa Roche, Marie-Louise Vert, Marie-Amélie Vivier, chacune avec sa sincérité, son observation, ses trouvailles, ses progrès développés par l'exercice artistique et le souci d'être jugée par ses pairs, dans une sorte de cénacle ouvert à toutes les bonnes volontés.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Consultable sur la base Gallica : L'Écho de la Lice.
  2. a et b Grande Encyclopédie Larousse, Paris 1973, volume V, page 2302, 2e colonne. Cet article affirme que les goguettes étaient des lieux de contestation politique. Qui ont disparu en 1852, interdits par Napoléon III et n'ont pas reparu ensuite. Alors que les goguettes ont continué à exister bien au delà de 1852. Et que la plupart d'entre elles n'étaient pas politiques.
  3. a, b, c, d, e et f Les goguettes de la lice, Les Dimanches de la femme, 29 mai 1932, page 4.
  4. Un oublié : le chansonnier Émile Debraux, roi de la goguette (1796-1831), par Albert Cim, in Le Ménestrel, page 284, 4 septembre 1909. Cet hebdomadaire a publié du 3 juillet au 9 octobre 1909 une biographie d'Émile Debraux en 13 épisodes, tous disponibles sur Gallica.
  5. Biographie de Louis Festeau, par Henri Avenel, dans Chansons et chansonniers, C. Marpon et E. Flammarion éditeurs, Paris 1890, pages 185-194.
  6. Louis-Henry Lecomte, Galerie de chansonniers, Édouard Hachin, Président d'honneur de la Lice chansonnière, La Chanson, n°2, juin 1878, pp. 19-20-21.
  7. Henri Avenel, Chansons et chansonniers, éditeur : C. Marpon et E. Flammarion, Paris 1890, page 242.
  8. La nouvelle de sa disparition de Édouard Hachin est annoncée dans la rubrique Tablettes théâtrales, Le Matin, 21 mai 1891, page 3, 4e colonne.
  9. Henri Avenel Chansons et chansonniers, pages 233 à 235.
  10. Dans la Bibliographie de la France éditée par le Cercle de la librairie publiée en 1833 figurent 6 références concernant la Lice chansonnière dont page 255 celle du « Règlement de la Lice chansonnière ».
  11. a, b, c et d Le Passe-temps et Le Parterre réunis journal paraissant tous les dimanches, numéro 22, 3 juin 1900, Causerie, La Lice chansonnière.
  12. De quelques ouvriers-poètes, biographies et souvenirs par Eugène Baillet, Labbé éditeur, Paris 1898, pages 74-75.
  13. a et b La Lice chansonnière fut fondée en 1831. L'année de sortie de son premier recueil de poèmes est 1834, date souvent prise par erreur comme celle de la fondation de la société.
  14. Laurent Quevilly Petite histoire d'une grande chanson.
  15. Reflets poétiques et artistiques du XIe au XIXe siècle... (Gabriel de Gonet éditeur)
  16. La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous connait juste 31 numéros, dont 10 sont consultable sur le site Gallica.
  17. La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous., numéro 1, 1er mars 1863, page 7.
  18. La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous., numéro 1, 1er mars 1863, page 8.
  19. Eugène Imbert, Nécrologie - Louis-Charles Durand, La Muse gauloise. Journal de la chanson par tous et pour tous., numéro 5, 1er mai 1863, pages 38-39.
  20. Robert Brécy Florilège de la Chanson Révolutionnaire, De 1789 au Front Populaire, Éditions Ouvrières, Paris 1990, page 113.
  21. Le Petit Journal, 17 novembre 1874, page 3, 1re colonne.
  22. Source : page Internet sur Jules Jouy
  23. Portrait-charge fait par Ernest Chebroux, extrait de : Les Fredaines de la chanson. Souvenir de Pomponne-les-Bois, 20 août 1876, éditeur : imp. de Vve Ethiou-Pérou et A. Klein, Paris 1877.
  24. La Chanson, Revue mensuelle, Archives de la chanson, Écho des sociétés lyriques, août 1878, numéro 4, page 52.
  25. La Chanson 3e année, numéro 6, page 47, 19 juin 1880.
  26. La Lice chansonnière est neutre politiquement. Le licéen modéré politiquement Gustave Nadaud en fera la démonstration trois années après en soutenant financièrement l'édition des chansons révolutionnaires du communard Eugène Pottier.
  27. Eugène Baillet, Le Rondeau de la Lice chansonnière
  28. a et b Le compte-rendu de cet événement est fait par Alexandre Pothier dans la Chronique parisienne de La Presse, 7 mai 1881, page 1.
  29. a et b Rubrique Au jour le jour, La Lice Chansonnière, Le Temps, 8 avril 1881, page 2, 3e et 4e colonnes.
  30. Octave Pradels, Trente ans de café-concert : souvenirs de Paulus (recueillis par ; 300 illustrations, 60 chansons), Paris, Société d'édition et de publications, [1908], extrait du chapitre 5.
  31. Le Rappel, 17 août 1885, page 4, 6e colonne.
  32. Robert Brécy Florilège de la Chanson Révolutionnaire, De 1789 au Front Populaire, Éditions Ouvrières, Paris 1990, page 136.
  33. Charles Vincent Ma rentrée à la Lice
  34. Nos Échos, Informations, La Presse, 6 juin 1905, page 3, 5e colonne.
  35. Rubrique Petites informations, Le Petit Parisien, 7 février 1909, page 4, 5e colonne.
  36. a et b La Lice chansonnière
  37. a et b Henri Avenel Chansons et chansonniers, C. Marpon et E. Flammarion Éditeurs, Paris 1890, page 379.
  38. a et b Rubrique Convocations, La Presse, 11 avril 1911, page 3, 5e colonne.
  39. a et b Annonce du concours dans La Presse numéro 2629, 3 novembre 1922, page 2, 2e colonne, rubrique Petites Nouvelles.
  40. Cette revue parait de 1893 à 1897. Publication annuelle patoisante elle se trouve référencée page 40 du Guide des sources du patois forézien au parler gaga, Saint-Étienne, décembre 2008.
  41. À propos de Ernest Chebroux voir en ligne sur Internet la photo de Ernest Chebroux, prise à Lyon, et une biographie sommaire. Elle est à prendre avec réserve, car il y est dit notamment qu'en 1898 il préside la Lice chansonnière depuis 1873 ce qui ne peut pas être vrai, Henri Avenel indiquant page 379 de son ouvrage Chansons et chansonniers qu'on ne peut pas être président de la Lice chansonnière plus d'une année d'affilée (il précise aussi dans son livre que Jules Échalié est président en 1879 et Eugène Baillet est président en 1880). Il existe au moins un recueil illustré des œuvres de Chebroux avec les airs de ses chansons notées : Ernest Chebroux Chansons et Toasts., préface par Armand Silvestre, Ernest Flammarion éditeur, 240 pages, sans date (1899).
  42. Cette reprise est annoncée dans le quotidien La Presse du 17 février 1920, rubrique Communications, page 2, 3e colonne.
  43. a et b Hier et aujourd'hui, Ric et Rac, grand hebdomadaire pour tous, samedi 7 février 1931, page 2, 2e et 3e colonnes.
  44. La Lice chansonnière est généralement citée comme une goguette.
  45. Son nom apparaît dans une dédicace de Jules Ruel [1].
  46. L'Écho lyrique, feuille d'annonces, journal littéraire, artistique, théâtral et chantant, paraissant le dimanche, 27 août 1843, page 4, 3e colonne.
  47. Article L'Institut lyrique et la Lice chansonnière du numéro 2 Prospectus-Spécimen du 20 août 1843 de L'Écho lyrique, feuille d'annonces, journal littéraire, artistique, théâtral et chantant, paraissant le dimanche. Cet article précise que la Lice chansonnière se réunit tous les jeudis de 8 heures à 11 heures du soir au Café du Jardinet 21 rue du Faubourg-Saint-Denis.
  48. Théophile Marion Dumersan Chansons nationales et populaires de France, accompagnées de notes historiques et littéraires, Éditions Garnier frères, Paris 1866.
  49. Article La Chanson rédigé en 1894 et publié dans Le Monde moderne en 1895.
  50. Premières paroles du premier couplet d'une chanson patriotique française longtemps célèbre en France : Le Père la Victoire, musique de Louis Ganne inspirée d'une marche militaire, paroles de Lucien Delormel et Léon Garnier, créée par Paulus en 1888.
  51. La date indiquée dans l'article paru en 1932 était erronée. Elle a été corrigée dans cette transcription. Élisa Fleury est entrée à la Lice chansonnière en 1834 et dans cet article paru en 1932 il était indiqué 1836.
  52. 6e et dernier couplet de Son amant, chanson, paroles d'Edmond Teulet, musique de Gustave Goublier, 1893 :

    Je m'éteins petit à petit...
    Tu vois, je n'ai jamais menti,
    Alors que je disais: Je t'aime !
    Pardonne-moi... puis... promets-moi
    Que... là-bas, ce sera de toi
    Que me viendra le chrysanthème.

  53. Anna Thibaut née en 1867, a à l'époque 67 ans.

Articles connexes[modifier | modifier le code]