Go fast

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les homonymes, voir Go fast (homonymie). Pour le groupe d'entreprises français de transport de fret, voir GoFast.

Le go fast (« aller vite ») est une technique utilisée par les trafiquants pour importer des produits stupéfiants ou de contrebande. Par extension, le terme désigne aussi le véhicule utilisé.

Origines[modifier | modifier le code]

Le terme go fast, un anglicisme, vient d'une technique appliquée par des embarcations très puissantes et rapides appelées go-fast boats aux États-Unis, souvent équipées de plusieurs moteurs, pour acheminer vite et discrètement la cocaïne d'Amérique du Sud vers les États-Unis (mer des Caraïbes)[1].

La technique s'est aujourd'hui développée en Méditerranée pour acheminer vers l'Europe la résine de cannabis en provenance d'Afrique du Nord[2], mais aussi des cigarettes de contrebande, voire du trafic d'êtres humains.

Le go fast routier[modifier | modifier le code]

En Europe, depuis le début des années 1990[3], la pratique du go fast s'est développée sur route. Les trafiquants utilisent alors deux véhicules : l'un servant à transporter les marchandises, l’autre servant d’éclaireur. Le trajet se fait par l'autoroute, avec des voitures de grosse cylindrée, souvent volées.

La tactique ne consiste cependant pas à rouler le plus rapidement possible, comme pourrait le laisser présumer le mot « fast ». En effet, les trafiquants s'appliquent à conduire à la vitesse autorisée pour éveiller le moins possible les soupçons. La vitesse ne joue un rôle primordial seulement qu'en cas de problème avec les forces de l'ordre. Le but est de déjouer les tentatives d'interception des douaniers ou de trafiquants rivaux : la voiture « ouvreuse », qui précède la voiture transporteuse, prévient sa complice des éventuels barrages ou contrôles. Parfois, les convois comprennent une ou plusieurs voitures « suiveuses », prêtes à intervenir en cas de problème[3].

Le trafiquant de stupéfiants français Bernard André, dit « Le Baron », est cité dans un documentaire de 2016[4] comme étant l'inventeur de cette technique à la fin des années 1980, servant au trafic de cannabis entre l'Espagne et la France.

Originalité : le go slow[modifier | modifier le code]

Les enquêtes menées dans les années 2010 ont mis au jour une nouvelle technique qui a été surnommée « go slow » par la presse[5]. Le transport des produits stupéfiants s'effectue alors par des routes secondaires. Ici, le temps n'est pas primordial, l'important étant d'éviter les contrôles.

Cette technique, cependant, semble avoir été mise au point bien avant que la presse ne s'y intéresse. Éviter les forces de l'ordre est une technique primordiale du commerce interlope.[réf. souhaitée]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Drogue. Le Ventôse chasse les trafiquants en mer des Caraïbes », RFO Martinique.fr, 27 septembre 2010.
  2. « Drogue : coup d'arrêt au trafic rapide », Dominique Rizet et Simon Vidal, Le Figaro.fr, 15 octobre 2007.
  3. a et b « Les "Go fast", des bolides bourrés de drogue », La Dépêche.fr, 1er octobre 2008.
  4. Cité dans le documentaire Les gangsters et la République (3/3) « La loi de la drogue », de Frédéric Ploquin et Julien Johande, diffusé en 2016 sur France 5 ; présentation en ligne, Isabelle Poitte, Télérama.fr, 5 octobre 2016.
  5. « Trafic : après le go-fast, place au go-slow », Stéphane Place, Europe 1.fr, 6 janvier 2011.