Gnomes de Zurich

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Illustration de deux gnomes.
Coffres individuels dans une banque en Suisse.

Les Gnomes de Zurich sont des banquiers suisses en langage argotique. Ceux-ci sont associés dans l'imaginaire populaire au principe du secret bancaire poussé à l'extrême, comme les gnomes des contes de fées qui sous terre, comptent leurs richesses en secret. Zurich est la capitale financière de la Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, les politiciens du Parti travailliste s'inquiétaient de la spéculation pesant sur l'économie britannique [1],[2]. Une des premières traces de l'expression remonte à une réunion de crise du Parti travailliste en novembre 1964[3] et est attribuée à Harold Wilson[4]. Les personnalités politiques accusaient les banques suisses de spéculer contre la livre sterling[5]. Durant cette réunion, George Brown déclara : « The gnomes of Zürich are at work again » (les gnomes de Zurich sont à nouveau au travail). Le terme « Gnomes de Zurich » fut également utilisé à l'époque par d'autres personnalités politiques[1]: le Premier ministre britannique d'alors, Harold Wilson, s'engagea à résister au sinistre pouvoir des gnomes[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

Rapidement l'expression se propagea, certaines personnalités du monde bancaire suisses commencèrent à répondre au téléphone : « allo, gnome à l'appareil »[1]. Un banquier suisse audacieux alla jusqu'à s'installer à Londres sous l'enseigne « Gnome of Notting Hill »[1]. Depuis les années soixante, les banques de Zurich ont cependant perdu de l'influence qu'elles avaient dans la finance mondialisée au profit de Londres, New York, Dubaï et Hong Kong[1]. Le musée de la monnaie de Zurich présente une sculpture de gnome. Jurg Conzett du musée de Zurich indique que de nos jours les banquiers et banquières considèrent l'appellation gnome pratiquement comme un titre de noblesse. Les banques actuellement implantées à Londres qui craignent une augmentation de la fiscalité, des réglementations plus contraignantes et une animosité grandissante du public à l'égard de la banque d'affaires envisagent de déménager massivement à Zurich où la banque est « une religion d'État »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) Chris Bowlby, « Why are Swiss bankers called gnomes? », BBC News Magazine,
  2. (en) William Norris, One from Seven Hundred: A Year in the Life of Parliament, Elsevier Science, , 10– p. (ISBN 978-1-4831-3712-4, lire en ligne) :

    « ... The gnomes of Zurich, as international money speculators had been labelled by the Labour Party, were being given a hard fight. But for some ... »

  3. (en) Daniel Fasnacht, Open Innovation in the Financial Services: Growing Through Openness, Flexibility and Customer Integration, Springer Science & Business Media, , 76– p. (ISBN 978-3-540-88231-2, lire en ligne) :

    « So, he snapped after a meeting “the gnomes of Zurich are at work again.” T.R. Fehrenbach published 2 years later his bestseller “The Gnomes of Zurich.”7 His book provided the first searching look behind the geranium-boxed barred windows ... »

  4. Les Echos, « Gnomes de Zurich », sur lesechos.fr (consulté le 10 avril 2016)
  5. (en) New York Media, LLC, New York Magazine, New York Media, LLC, , 17– p. (lire en ligne) :

    « You will recall that the phrase "the Gnomes of Zurich" came from George Brown, Deputy Prime Minister of Great Britain, in 1964. When the pound was under attack, Mr. Brown said it was "the Gnomes of ... »

  6. (en) Diccon Bewes, Swiss Watching: Inside the Land of Milk and Money, Nicholas Brealey Publishing, , 108– p. (ISBN 978-1-85788-991-8, lire en ligne) :

    « ... pocket was still worth twenty shillings, Harold Wilson damned them to be known for ever more as the gnomes of Zurich. ... where Gringotts Bank is run by goblins, the gnomes' uglier cousins, also traditionally cast as the bad guys in fairytales. »