Gnimdéwa Atakpama

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Gnimdéwa Atakpama
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (45 ans)
LoméVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Gnimdéwa Atakpama, né le 19 avril 1977 à Lomé (Togo), est expert médias et communication, entrepreneur, écrivain, enseignant, artiste-conteur et homme politique franco-togolais.

De 2003 à 2006, Gnimdéwa Atakpama a collaboré au magazine satirique panafricain Le Gri-Gri International (rédacteur-en-chef adjoint) et au magazine féminin francophone Amina. De retour au Togo en 2006, il se consacre à l’enseignement. Parallèlement, il crée et dirige Le Festival des contes solidaires dans le but de mettre la tradition orale au service du développement humain et durable.

En 2014, il s’engage en politique aux côtés d’Alberto et Nathaniel Olympio du Parti des Togolais. Il occupe le poste de délégué national aux affaires intérieures de ce parti.

Formation et vie privée[modifier | modifier le code]

Gnimdéwa Atakpama est né à Lomé d’un père, Toyou-Blim Atakpama, inspecteur des Chemins de Fer du Togo (CFT) et d’une mère, Abby Akoua Mazignada, commerçante. Au gré des affectations de son père, il grandit à Lomé, Assahoun, Tabligbo et Kara. Il se définit de cultures kabyè et éwé. En effet, si ses grands-parents sont originaires du pays kabyè, ses deux parents eux naissent et grandissent à Agou-Attigbé dans la région des plateaux.

Il fait des études de Géographie à l’Université de Lomé (UL) et de Journalisme à l’ESIET au Bénin puis à l’Institut Européen de Journalisme de Paris.  Il est père de quatre enfants et a plusieurs frères et sœurs.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Expert médias et communication[modifier | modifier le code]

À la fin de sa formation à l’Institut européen de journalisme (IEJ-Paris), Gnimdéwa Atakpama rejoint la rédaction parisienne du magazine féminin francophone Amina[1] tout en collaborant avec le journal satirique panafricain Le Gri-Gri International[2] dont il devient le rédacteur en chef adjoint.

De retour au Togo en 2006, il bifurque un moment dans l’enseignement (2006-2013) avant de revenir à la pratique journalistique comme éditeur web, consultant pour la télévision, directeur de publication (magazine Togo Couleurs) et manager d’une agence médias et communication.

Enseignant[modifier | modifier le code]

De 2006 à 2013, Gnimdéwa Atakpama est successivement professeur d’Histoire-Géographie et Education civique à l’Ecole internationale Arc-en-Ciel de Lomé, professeur d’Histoire de l’art à Cours Lumière et professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Français de Lomé.

Parallèlement, il est chargé de cours de style et pratiques journalistiques et Techniques de base rédactionnelles à l’ESIET- Bénin et dernièrement à l’Ecole supérieure des techniques et arts de la communication (ESTAC).

Entrepreneur[modifier | modifier le code]

Gnimdéwa Atakpama a fondé et dirigé plusieurs entreprises dans les domaines des arts créatifs et des médias. En 2014, à la suite d'une émission politique sur une radio de la place, il est contraint de fermer son entreprise. Il rebondira deux ans plus tard par la création avec de nouveaux associés d’une agence médias et communication spécialisée notamment dans la livraison clé en main de contenus. Malgré les tracasseries et autres répressions financières, son engagement pour un Togo démocratique et prospère reste intact.

Conteur[modifier | modifier le code]

Gnimdéwa Atakpama est arrivé au conte par sa mère[3], Abby Akoua Mazignada. Il complètera plus tard son apprentissage traditionnel par des stages avec Sylvain Mehoun, Béno Sanvee (Togo), Hassane Kassi Kouyaté (Burkina-Faso) et Jihad Darwiche (Liban). Il a participé à de nombreux ateliers, veillées et spectacles de contes au Ghana[4], en Côte d’Ivoire[5], au Burkina-Faso, au Niger, en France et bien entendu au Togo[6]. Il intervient dans les bibliothèques, écoles, festivals, radios[7] ou à la maison pour des séances de contes, des ateliers d’écriture ainsi que des stages à l’art du conte. Il forme également les enseignants à l’utilisation du conte à l’école pour enseigner notamment les langues, les mathématiques ou les sciences naturelles.

Il est l’initiateur et le directeur du Festival des contes solidaires (initialement Le Gain du conteur) dont la 7e édition[8] a eu lieu en novembre 2015.

Auteur[9][modifier | modifier le code]

Littérature pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • La désillusion[10], L'harmattan, Paris, 2003.
  • Tolo-Tolo[11], L’école des Loisirs, Paris, 2004.
  • Sauve-souris[12] !, L’école des Loisirs, 2011. Traduit en Coréen (2012). Réédition poche (2013).
  • Surtout n'entrez pas dans le sac[13] !, (2012). Traduit en Italien (2013). Réédition poche (2014).

Théâtre et spectacles de conte[modifier | modifier le code]

  • Encre indélébile ou comment dire les silences de l’Afrique. Inédit. Mise en scène par l’auteur en 2011 à Lomé[14].
  • Les miroirs du Sé. Inédit. Mise en scène Kristell Le Cunff[15] en 2012 à Lomé.
  • Les Dieux (aussi) sont fragiles. Inédit. Mise en scène de l’auteur en 2016 à Lomé[16].

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Toi qui ne dis jamais rien. Interprété par Eustache K’mouna au Festival des contes solidaires 2015.
  • La liberté, personne ne la donne, on la prend !  Interprété par Eustache K’mouna au Festival des contes solidaires 2015.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Souffles d’écriture[17], Collectif, Les ateliers d’écriture de la maison verte, Cancots, 2004

Éditeur[modifier | modifier le code]

  • Les mémoires de madame Dovi (confessions d’une sorcière vodu) de Adri Nyakpekpe, Editions Anibwe, 2008[18].
  • Thibault et l’autre monde de Florian[19] George et Loïc Akakpo, Editions Anibwe, 2009.
  • Les mythes créateurs du Vodu[20] de Basile Goudabla Kligueh, Editions Anibwe, 2011.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Dans Bolando, Roi des Gitans[21], le dramaturge togolais Gustave Akakpo[22] fait dire à un personnage inspiré de la vie de Gnimdéwa Atakpama : « Maintenant je sais combien mon engagement au monde, à ma société, tient à ce fil : mon père. Alors mon combat pour le pays des hommes chiens et chats, pour une réelle démocratie, est nourri de la plus tumultueuse des fêlures, une fêlure d’enfance […] »

Où commence la fiction et où finit la réalité ? On sait que son père, employé intègre des Chemins de Fer du Togo (CFT), a lutté, impuissant, dans les années 1980, contre la destruction inexorable de cette entreprise d’État minée par la mauvaise gestion et la corruption. Mais l’héroïsme de son père a tourné au tragique. Il a été broyé par la machine infernale. « Des années plus tard, continue le personnage, j’ai appris que les ministres des transports avaient tout intérêt à tuer le chemin de fer, ils avaient tous investi dans les transports routiers. »

Gnimdéwa Atakpama a rejoint le Parti des Togolais en juillet 2014 (crée en mars 2014) dont l’idéologie tranche radicalement avec l’offre politique de l’époque : un Togo unitaire et pour tous, la non-violence, le refus de toute chasse aux sorcières et l’écologie politique. Rapporteur au Congrès constitutive des 1er et 2 août 2014, il est nommé à l’issue du Congrès Délégué national aux affaires intérieures[23], poste qu’il occupe jusqu’à ce jour. Il sera l’une des chevilles ouvrières d’une tournée nationale du Parti des Togolais qui a définitivement brisé le mythe d’un prétendu bastion du régime au Nord du pays notamment dans les régions centrale, de la Kara et des Savanes.

En juillet 2017, la gendarmerie et la police sous les ordres du préfet de la Kozah (nord du pays) l’empêche d’animer un séminaire prévu par le Parti des Togolais au Centre des affaires sociales de Kara sous le thème « Comprendre la pauvreté pour mieux en sortir »[24].

Pendant près de 2 ans, il représente, avec Nathaniel Olympio, le Parti des Togolais à la Conférence des présidents, l’organe de décision et d’administration de la C14 (Coalition des 14 partis politiques de l’opposition)[25]. La C14 a organisé pendant près de deux ans un grand mouvement de contestation[26] du régime cinquantenaire dirigé par Faure Gnassingbé qui a succédé à son père le 5 février 2005 dans un bain de sang qui a couté la vie à un millier de Togolais.

Dans la nuit du 21 avril 2018, Gnimdéwa Atakpama est victime d’une agression par un détachement de la gendarmerie sous le fallacieux prétexte d’un contrôle d’identité[27].

Binational (franco-togolais), Gnimdéwa Atakpama est également engagé dans la vie politique française. Proche du Parti de la Nature, il a été candidat aux élections consulaires 2021[28] sur la liste des Français de l’étranger pour l’environnement et le développement au Togo. La liste a obtenu 17, 05% des suffrages exprimés. Une première participation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les interviews d'Amina », sur aflit.arts.uwa.edu.au
  2. « Journalistes africains en France : « Les plumes de la galère » (Le Gri-Gri International) », sur Acrimed (consulté le ).
  3. Larissa Agbenou, « Gnimdéwa Atakpama, un parolier aux multiples facettes », sur tootogo.tv (consulté le )
  4. (en) « 2017 Francophonie Festival 11Tth », sur modernghana.com, (consulté le )
  5. « Afreekan », sur afreekan.net (consulté le )
  6. « Pour la vie du conte au Togo », sur takamtikou.bnf.fr, (consulté le )
  7. Yvan Amar, « Voyage en Afrique de l'Ouest avec notre invité, Gnim Atakpama que nous avions rencontré lors de notre dernier reportage à Lomé... », sur rfi.fr, (consulté le )
  8. Courrier d'Afrique, « Togo: le conte retrouve le goût à travers le Festival des «contes solidaires» », sur news.alome.com, (consulté le )
  9. « Gnimdéwa Atakpama », sur data.bnf.fr (consulté le )
  10. Gnimdéwa Atakpama, La désillusion, Paris, Harmattan, , 24 p. (ISBN 2-7475-3237-2, lire en ligne)
  11. Gnimdéwa Atakpama, Michel Gay, Tolo Tolo, Paris, Ecole des Loisirs, (ISBN 9782211075718, lire en ligne)
  12. Gnimdéwa Atakpama, Nicolas Hubesch, Sauve-souris!, Paris, Ecole des Loisirs, (ISBN 9782211205023, lire en ligne)
  13. Gnimdéwa Atakpama, Nicolas Hubesch, Surtout n'entrez pas dans le sac!, Paris, Ecole des Loisirs, (ISBN 9782211211659, lire en ligne)
  14. Mamanette, « « Encre indélébile » de Gnimdéwa Atakpama », sur http://mamanette.centerblog.net/,
  15. « Equipe », sur lesyndromeabascule (consulté le )
  16. Institut Français du Togo, « Programme, Théâtre, Les dieux (aussi) sont fragiles », sur http://institutfrancais-togo.com/
  17. PMB Group, « Catalogue en ligne Médiathèque de l'Institut français du Togo », sur 156.38.74.82 (consulté le )
  18. Adri Nyakpekpe, Les mémoires de madame Dovi, Paris, Anibwé, , 72 p. (ISBN 97829161210-79)
  19. « Catalogue BNF », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
  20. « Basile Goudabla KLIGUEH - » (consulté le )
  21. Gustave Akakpo, Bolando, Roi des Gitans, Lansman Editeur, (ISBN 2807101755)
  22. « Lansman Editeur », sur www.lansman.be (consulté le )
  23. « Alberto Olympio condamné à 60 mois de prison », sur jeuneafrique.com (consulté le )
  24. « A Kara, la gendarmerie empêche une activité du Parti des togolais - Togo Breaking News », sur togobreakingnews.info (consulté le )
  25. newworldtvofficiel, « Togo - C14 : Seule contre tous ? », sur New World Tv, (consulté le )
  26. « Manifestations au Togo : 44 partisans de l’opposition libérés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. « PARTI DES TOGOLAIS : Communiqué relatif à l'arrestation de Mr Gnimdewa Atakpama », sur m.icilome.com (consulté le )
  28. Ministère de l'Europe et des affaires étrangères - France, « Elections consulaires 2021- Circulaire », sur https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/