Glomaline

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La glomaline est une glycoprotéine produite en abondance sur les hyphes et les spores des champignons mycorhiziens à arbuscules dans le sol et dans les racines.

Plusieurs études montrent que la glomaline influence la structure du sol[1],[2],[3]. Elle imprègne ce dernier, stabilisant les agrégats de particules fines à la manière d'une colle. Ceci jouerait un rôle fondamental dans la fertilité des sols[4].

Découverte[modifier | modifier le code]

La glomaline a été découverte en 1996 par Sara F. Wright[5], qui l'a nommée d'après l'ordre de champignons des Glomales.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La glomaline est une glycoprotéine hydrophobe[2] thermotolérante qui serait homologue à la protéine de choc thermique 60 (heat shock protein)[6]. En tant que glycoprotéine, la glomaline stocke du carbone sous forme de protéines et de glucides (en particulier le glucose)[7]. Elle porte aussi des ions métalliques, qui varient selon la composition du sol[6]. La glomaline est sécrétée par les champignons mycorhiziens arbusculaires associés aux racines de plusieurs espèces végétales.

Rôle écologique[modifier | modifier le code]

La glomaline se décompose lentement, ce qui fait en sorte qu'elle s'accumule dans le sol[4]. Sara Wright estime qu'elle contient le tiers du carbone séquestré dans les sols de la planète[4],[7]. Dans le sol, la glomaline stabilise les agrégats de particules fines comme celles de limon, de sable et d'argile. Les agrégats du sols, en plus de renfermer du carbone organique, contribuent à la rétention de l'eau et des minéraux, de même qu'à l'aération du sol. Comme la glomaline favorise ces qualités, elle est donc intimement liée à la fertilité des sols.

Aussi, des études tendent à démontrer que la glomaline aurait une influence sur les éléments toxiques contenus dans certains sols[8],[9], notamment en chélatant les métaux lourds[6]. Plus de recherche est nécessaire, mais l'on peut penser à des applications de cette glycoprotéine dans la décontamination des sols.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rillig, M. C., Wright, S. F. & Eviner, V. T. (2002) The role of arbuscular mycorrhizal fungi and glomalin in soil aggregation: comparing effects of five plant species. Plant and Soil, 238: 325-333
  2. a et b Wright, S. F., Rillig,M. C. & Nichols, K. A. (2000) Glomalin: A soil protein important in carbon sequestration, Abstracts of papers of the American Chemical Society, 220:721-725
  3. Rillig, M. C. (2004) Arbuscular mycorrhizae, glomalin, and soil aggregation, Can. J. Soil Sci., 84:355-363
  4. a b et c Fortin, J. A., Plenchette, C. & Piché, Y., Les mycorhizes, la nouvelle révolution verte (2008), Éditions MultiMondes, Québec, 131 p.
  5. (en) S. F. Wright, M. Franke-Snyder, J. B. Morton et A. Upadhyaya, « Time-course study and partial characterization of a protein on hyphae of arbuscular mycorrhizal fungi during active colonization of roots », Plant and Soil, vol. 181, no 2,‎ , p. 193–203 (ISSN 0032-079X et 1573-5036, DOI 10.1007/BF00012053, lire en ligne, consulté le 5 novembre 2017)
  6. a b et c Huang, Y., Wang, D.-W., Cai, J.-L. & Zheng, W.-S. (2011) Review of glomalin-related soil protein and its environmental function in the rhizosphere, Chinese Journal of Plant Ecology, 32(2): 232-236
  7. a et b Comis, D., Glomalin: Hiding Place for a Third of the World's Stored Soil Carbon, Agricultural Research, United States Department of Agriculture, septembre 2002
  8. Chern, E. C., Tsai, D. W., Ogunseitan, O. A. (2007) Deposition of glomalin-related soil protein and sequestered toxic metals into watersheds, Environmental Science & Technology, 41 (10): 3566-3572.
  9. González-Chávez, M. C., Carrillo-González, Wright, S. F. & Nichols, K. A. (2004) The role of glomalin, a protein produced by arbuscular mycorrhizal fungi, in sequestrating potentially toxic elements, Environmental Pollution 130: 317-323.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]