Glénic

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Glénic
Le bourg de Glénic. Sur la gauche, le viaduc enjambant la Grande Creuse.
Le bourg de Glénic. Sur la gauche, le viaduc enjambant la Grande Creuse.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Arrondissement Guéret
Canton Saint-Vaury
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Guéret
Maire
Mandat
Roland Brunaud
2014-2020
Code postal 23380
Code commune 23092
Démographie
Gentilé Glénicois
Population
municipale
649 hab. (2014)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 13′ 27″ nord, 1° 55′ 25″ est
Altitude Min. 293 m
Max. 521 m
Superficie 27,60 km2
Localisation

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Glénic (Glenic en occitan) est une commune française située dans le département de la Creuse en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Glénicois(es).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Situé sur la D 940, à 8 kilomètres de Guéret, le bourg de Glénic est perché à 342 mètres d'altitude. Il domine la vallée de la Grande Creuse, qu'enjambe un viaduc construit en 1905-1906 pour permettre le passage de la voie ferrée qui reliait La Châtre à Guéret. Cette ligne a été désaffectée en 1952. Le territoire communal est arrosé par la rivière Creuse.

Les communes limitrophes de Glénic sont Champsanglard, Saint-Fiel, Ajain et Jouillat.

La commune s'étend sur 2760 hectares et ne comprend pas moins de 29 hameaux, écarts ou lieux-dits. On y dénombrait 1360 Glénicois et Glénicoises en 1901[1], mais seulement 592 en 2007 (620 en population légale)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il fait peu de doute que les origines de Glénic sont au moins gallo-romaines. Au XIXe siècle, on a en effet retrouvé dans le bourg une pièce en or à l'effigie de Faustine (décédée en 141), épouse d'Antonin le Pieux, et, dans le hameau de Villelot, une urne funéraire ainsi qu'une autre pièce en or à l'effigie de Néron adolescent (pièce datée vers 50-54)[3].

Au demeurant, les plus anciens textes faisant mention de Glénic ne remontent qu'au XIIe siècle : en 1150, on écrit Glanic, au XIVe siècle, on cite le prieur et le chapelain de Glenico, et, enfin, la paroisse de Glénic en 1417[4].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
 ? en cours Roland Brunaud SE Retraité

La commune de Glénic appartient à la Communauté d'Aglomération du Grand Guéret. .

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Glénic reste stable depuis une trentaine d'années si l'on s'en tient aux chiffres de la population municipale (et non pas légale). Son éloignement relatif de Guéret et son relief ne lui permet pas, contrairement à d'autres communes, de développer des zones d'habitat pavillonnaire. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 649 habitants, en augmentation de 8,17 % par rapport à 2009 (Creuse : -2,49 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 350 1 167 1 269 1 268 1 241 1 308 1 339 1 360 1 360
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 406 1 331 1 323 1 341 1 377 1 350 1 337 1 250 1 203
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 230 1 181 1 158 1 023 1 007 943 929 801 684
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
617 574 531 581 605 593 592 631 649
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Commune rurale, proche de Guéret, Glénic est essentiellement peuplée d’employés ou de fonctionnaires travaillant à Guéret, de retraités, de quelques artisans et d’agriculteurs. Bien que d’une moyenne d’âge élevée, la population a désormais tendance à se stabiliser et même à progresser. Historiquement, la première vocation économique de la Commune est agricole, principalement basée sur l’élevage. Le tourisme « vert » apparaît peu à peu comme un enjeu économiquement important sur le territoire. La commune offre de ce point de vue de nombreux atouts tels que : une nature préservée et authentique, un patrimoine historique riche et diversifié, une richesse humaine basée sur les valeurs traditionnelles de solidarité du monde rural.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Les attraits patrimoniaux de la commune sont nombreux avec, surtout, ses beaux paysages constitués de collines, traversés de rivières et ponctués de forêts et d’étangs. De nombreux chemins de randonnée permettent d’aller à la rencontre d’un patrimoine bâti typique où prédomine la pierre, construit par des hommes à la fois agriculteurs et maçons : fermes anciennes érigées sur des sites gallo-romains, moulins sur la Creuse…etc. Le « petit patrimoine » est particulièrement abondant dans les 27 villages que compte la commune : croix, fontaines, lavoirs, abreuvoirs. Son viaduc enjambant la Creuse, construit en 1904 (Voie ferrée Guéret–La Châtre), s’offre à l’intérêt du promeneur. Mais, ce qui fait principalement la notoriété de Glénic c’est son église, remarquable ouvrage du XIIe siècle.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

Dédiée à la nativité de la Vierge, l’église de Glénic a été bâtie de la fin du XIe siècle au début du XIIe siècle à l’emplacement d’un temple gallo-romain. Elle fut ensuite remaniée et fortifiée au XVe siècle pendant la Guerre de Cent Ans. Dépourvue de clocher, c’est un exemple remarquable d’architecture religieuse et militaire de facture romane et gothique. L’église a été classée au titre des Monuments Historiques le 18 décembre 1989.

Cette église faisait partie d’un ancien prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Augustin de Limoges. Elle aurait été acquise par Raymond de Beinac, abbé de Saint-Augustin à Limoges, mort en 1182. En 1612, le prieuré de Glénic fut uni à perpétuité à la mense* conventuelle de cette abbaye. L’abbé de Saint Augustin prit alors le titre de prieur de Glénic.

L’église actuelle est composée d’une nef de quatre travées voûtées d’ogives, terminée par une abside à 5 pans qui constitue le chœur. Deux chapelles latérales se font face dans la seconde travée de la nef.

Les récentes découvertes archéologiques ont permis de préciser la chronologie du site avec:

- D’abord, une occupation antique du site dès la période du Haut Empire (IIe siècle ap. J.-C.) à l’époque gallo-romaine. À l’emplacement de l’église ou très proche, la présence d’un mausolée imposant a été confirmée par la découverte d’un linteau épitaphe exposé au fond de l’église et portant notamment le nom de PACATUS déjà identifié sur une inscription funéraire à Limoges. Les nombreux blocs de granite, vestiges architecturaux ou funéraires présents dans la construction actuelle en attestent l’origine.

- une nécropole mérovingienne aurait ensuite succédé au monument gallo-romain, hypothèse validée par les découvertes mobilières effectuées à l’intérieur de l’église. Deux sarcophages dont un en coffre de briques (du VIIe siècle) témoins de cette époque sont exposés sous vitre à droite en entrant. Un couvercle de sarcophage gravé d’une épée se trouve dressé chapelle Sud.

- enfin, la construction d’une église. Elle fut d’abord limitée au chœur et à deux travées (XIe siècle). C’est à partir du XVe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, que sa vocation militaire apparaît, probablement due à sa situation stratégique. L’église fut alors fortifiée et agrandie. La nef primitive fut allongée de deux travées (voûtes à croisées d’ogives). Le chœur surélevé et flanqué de deux tourelles comportait un chemin de ronde aujourd’hui disparu. Deux échauguettes furent également ajoutées. En 1973, des travaux intérieurs ont permis la découverte d’un exceptionnel ensemble de peintures du XVe siècle. Les décors sont originaux avec notamment une interprétation de La Chute d’Adam et Eve.

Les fouilles archéologiques et les travaux de restauration extérieurs et intérieurs entrepris depuis 1995 ont permis de consolider l’édifice, de mettre en valeur le décor intérieur, de restaurer le mobilier et les statues et enfin de présenter au public les découvertes les plus remarquables.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1989[9].

Le viaduc[modifier | modifier le code]

Inauguré le 15 juillet 1906, le viaduc de Glénic a nécessité trois années d’efforts pour sa construction : de mars 1902 à octobre 1904. Franchissant La Creuse, il permettait de relier Guéret à La Chattre par le chemin de fer (train à vapeur). La ligne, d’une longueur de 75,5 km, ne put être construite que grâce à une subvention du Conseil Général de la Creuse de 4 000 francs par kilomètre. Exploitée par La Compagnie d’Orléans, les trains de voyageurs circulèrent sur le viaduc jusqu’en 1939 et les convois de marchandises jusqu'‘en 1952 année de la fermeture définitive de la ligne.

Les travaux du viaduc furent confiés aux entrepreneurs « Patissier-Gouvernaire » dirigé par Jean-Baptiste Patissier sous le contrôle de M. Chaillaud Conducteur des Ponts et Chaussées. Sa construction a été réalisée en moellons de pierres granitiques provenant de la carrière de Villegondry, village de la commune de Glénic où travaillaient 70 ouvriers sans moyens mécaniques. L’acheminement des blocs se faisait par des charrettes tractées par des bœufs. Les fondations des piles de rivière ont nécessité la construction de deux barrages et la dérivation de la rivière pour l’assèchement du lit. Terrassiers, carriers, maçons, bûcherons, menuisiers, charpentiers… de nombreux corps de métiers ont participé à cet ouvrage. Les ouvriers de la ligne au nombre de plusieurs centaines travaillaient 12 heures par jour la semaine et 6 heures le dimanche excepté le premier dimanche du mois qui était le jour de paye (0,50 franc de l’heure pour un maçon). La ligne comprenait trois ouvrages de ce type : le viaduc de Saint-Fiel qui franchit la vallée de La Naute (152,2 m et 12 arches), le viaduc de Glénic (202,10 m et 16 arches) sur La Creuse et celui de Genouillat (208,60 m et 16 arches) qui enjambe La Petite Creuse.

Le viaduc en chiffres :

  • longueur totale 202,10 m
  • Largeur : 4,50 entre parapets
  • Hauteur : 20 m
  • 16 arches
  • Volume de maçonnerie estimé : 7 331 m3
  • Rayon de courbure : 300 m
  • Coût de la construction 295 300 francs (environ 965 631 €)
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

René Bugeaud dit René Villelot (1903-1981)

Né en 1903, René Bugeaud, ancien militaire qui plus tard prendra comme nom d’écrivain René Villelot voit son destin basculer en 1946 le jour de l’ouverture de la chasse. Ce jour-là, un malencontreux accident le prive de la vue. Réfugié à jamais dans les ténèbres, c’est désormais par l’écriture poétique qu’il portera son regard sur le monde qui l’entoure en particulier ces paysages, traditions et coutumes de la Creuse qu’il aimait tant. Certains d’entre nous se souviennent de lui et du bruit de ses sabots qui lui permettait de se repérer, lorsqu’il allait chez « Dudule » à côté du viaduc faire les courses, chercher le lait à Villelot ou encore promener sa petite fille Josette. Pour que l’écriture lui soit plus facile, son fils Jean, lui avait confectionné un ingénieux guide ligne, tandis que Josette l’aidait dans sa rédaction en lui relisant ses textes, les corrigeant et les dactylographiant. Plusieurs de ses textes ont d’ailleurs été publiés dans la revue : « Nous, pour vous ! », ainsi qu’un recueil de poésies : « Souvenir et clapotis des bords de Creuse. » que vous pouvez consulter à la mairie. C’est avec beaucoup d’humilité et de talent qu’il y consigne ses souvenirs et pensées dans un langage simple mais très émouvant. Témoin de notre histoire, amoureux des paysages et de la nature, René Bugeaud s’est éteint en 1981 nous laissant une œuvre poétique très personnelle et typique de notre commune.

« C’est sans illusion ni prétention que j’ai écrit ces poèmes, mais à la recherche d’occupations et distractions, afin de meubler cette nuit sans fin dans laquelle je me débats. » René Bugeaud, Bonnavaud, 1979.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Amédée Carriat, Almanach pittoresque et historique de la Creuse pour 2001, Guéret, Lecante, 2000, p. 67.
  2. Source INSEE
  3. Abbé André Lecler, Dictionnaire topographique, archéologique et historique de la Creuse, Limoges, Vve Ducourtieux, 1902 (Laffite reprints, 2000), pp. 302-305. La pièce figurant Néron porte l'inscription NERONI CLAVDIO DRVSO GERM. COS. DESIG., ce qui signifie qu'il était consul "désigné"...
  4. Lecler, Ibid., p. 302.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Notice no PA00100082, base Mérimée, ministère français de la Culture

Souvenirs et clapotis des bords de Creuse, René Bugeaud dit René Villelot, 1979

Liens externes[modifier | modifier le code]

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