Giusto Gervasutti
| Nationalité | Italie |
|---|---|
| Naissance |
, Cervignano del Friuli |
| Décès |
(à 37 ans), pilier nord-est du mont Blanc du Tacul |
| Surnom | Il Fortissimo |
| Disciplines | alpinisme |
|---|---|
| Ascensions notables | première ascension du pilier nord-ouest de l'Ailefroide Occidentale |
Giusto Gervasutti, né le à Cervignano del Friuli et mort le au mont Blanc du Tacul, est un alpiniste italien qui a ouvert de nombreux itinéraires dans les Alpes telles que la face nord-ouest de l'Ailefroide ou celle de l'Olan (considérée à l'époque comme le plus grand problème des Alpes après les Grandes Jorasses).
Biographie
[modifier | modifier le code]Né dans le Frioul, il fréquente à partir de 1925 les Alpes carniques et les Dolomites. En 1931, il s'installe à Turin, prenant contact avec les Alpes occidentales. En 1932, il découvre la haute montagne hivernale au Nordend et au Cervin. Par la suite, considéré comme l'alpiniste le plus complet de son époque, Gervasutti devient l'une des personnalités les plus marquantes de l'histoire alpine de l'entre-deux-guerres.
Gervasutti s'intéresse rapidement aux innovations technologiques du matériel d'escalade : connaissant Bramani, il essaye ses prototypes de semelles dans la voie Mayer-Dibona à la dent du Requin et au Petit Dru ; la cordée Gervasutti - Devies est emballée par les qualités de la Vibram. Alors que le « glaciairiste » Willo Welzenbach s'acharne à tailler des milliers de marches dans la face nord du Grosshorn en 1932, la cordée Gervasutti - Chabod en 1934 utilise les crampons Grivel à 12 pointes lors de leur première au couloir Gervasutti du mont Blanc du Tacul. Avec également la diminution progressive de la taille du piolet, une autre ère de l'alpinisme débute[1].
Le , Giusto Gervasutti et Giuseppe Gagliardone[2] sont en pleine ascension du pilier nord-est du mont Blanc du Tacul[3]. En cours, le mauvais temps arrive, ils décident de rebrousser chemin et commencent la descente en rappel. La corde se bloque, Gervasutti remonte pour la détacher et demande à son compagnon de préparer les pitons pour accélérer la descente. En se penchant sur le sac, Gagliardone le voit glisser sur les dalles ; celui que l'on surnomme « Il Fortissimo » (« le plus fort ») vient de perdre la vie à l'âge de 37 ans[4].

En 1948, le Club alpin italien baptise en son honneur le refuge-bivouac Gervasutti dans le massif du Mont-Blanc, dans le val Ferret, en vallée d'Aoste ; il est reconstruit dans un style moderne en 2011.
Ascensions
[modifier | modifier le code]- 1930 - Face sud de la Marmolada, Dolomites
- 1930 - Première du Monte Siera, au-dessus de Sappada
- 1934 - Participation à l'expédition italienne dans les Andes
- 1934 - Première du couloir nord-est du mont Blanc du Tacul (55°) avec Renato Chabod
- 1934 - Première de la face nord-ouest de l'Olan, sommet central (TD, 1 100 m, 7 à 9 h) dans le massif des Écrins avec Lucien Devies
- 1935 - Première de la pointe Adolphe-Rey (Grand Capucin, 3 535 m) avec Renato Chabod et Gabriele Boccalatte
- 1935 - Face sud-sud-est du pic Gaspard et voie Solleder à la Civetta
- 1936 - Première du pilier nord-ouest de l'Ailefroide Occidentale dans le massif des Écrins avec Lucien Devies
- 1938 - Face sud-ouest de la pointe Gugliermina (TD+, V/VI, A1, 600 m de dénivelé, 11 à 16 h), massif du Mont-Blanc, avec Gabriele Boccalatte
- 1940 - Première du pilier nord du Frêney (pilier de droite : TD/VI, A1, mixte, 800 m de dénivelé, 8 à 12 h) au mont Blanc avec P. Bollini di Pedrosa
- 1942 - Face est des Grandes Jorasses (ED, V/VI, A1, 12 à 14 h), massif du Mont-Blanc
Filmographie
[modifier | modifier le code]- 1935 : Maratona Bianca d'Alessandro Previtera[5]
- 2009 : Giusto Gervasutti - Il Solitario Signore delle Pareti de Giorgio Gregorio
- 2013 : Berwelten - Selig, wer in Träumen stirbt - Die Grandes Jorasses-Nordwand (épisode 17) de Hans Peter Stauber[6]
- 2018 : Itaca Nel Sole - Cercando Gian Piero Motti de Fabio Mancari et Tiziano Gaia
Publications
[modifier | modifier le code]- Montagnes, ma vie, éd. Arthaud, 1949[7]
- Scalate nelle Alpi, éd. Il Verdone , 1945, (ASIN : B00SRQZK04)[8]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Gilles Modica, Alpinisme - la saga des inventions, éd. du Mont Blanc, 2013, 254 p.
- ↑ (it) « Gervasutti, 75 anni fa l’addio » (consulté le )
- ↑ (it) « Giusto Gervasutti, 75 anni dopo », sur GognaBlog, (consulté le )
- ↑ « Pointe Gugliermina : voie Gervasutti », magazine, (lire en ligne)
- ↑ « Giusto Gervasutti - Filmography - MNTNFILM », sur www.mntnfilm.com (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Selig, wer in Träumen stirbt - Die Grandes Jorasses-Nordwand », Otto Clemens, Felix Berg, Armand Charlet, dans Bergwelten, (consulté le )
- ↑ « Montagnes, ma vie – GERVASUTTI Giusto – 1949 – Librairie des Alpes » (consulté le )
- ↑ (it) « Scalate nelle Alpi da Giusto Gervasutti: Good rilegato Copertina rigida (1945) | librisaggi », sur www.abebooks.it (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 5, Paris, Atlas, , 2400 p.
- Gaston Rebuffat, Le massif des Ecrins - les 100 plus belles courses et randonnées, éd. Denoël 2001, 248 p.[réf. incomplète]
- Richard Goedeke, 4000 des Alpes, éd. Libris 2003, 224 p.[réf. incomplète]
- Jean-Jacques Petitti, Jennifer Trican, Alpinistes de légende - Sur les sommets du monde, éd. du Mont, 2008, 95 p.
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :