Giulio Caccini

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Giulio Roberto Caccini

Naissance
Tivoli (Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux)
Décès (à 67 ans)
Florence (Drapeau du Grand-duché de Toscane Grand-duché de Toscane)
Activité principale Compositeur
Descendants Pompeo (enfant naturel), Francesca Caccini et Settima Caccini
Famille Giovanni Battista Caccini (frère)

Giulio Caccini (né le à Tivoli et mort le à Florence) est un compositeur italien de la fin de la Renaissance et du début de la période baroque. Il est le frère du sculpteur et architecte Giovanni Battista Caccini.

Biographie[modifier | modifier le code]

Page de titre de l'ouvrage Le nuove musiche (1601).

Giulio Caccini entre au service des Médicis en 1565. Il compose des madrigaux, sonnets et airs de style polyphonique, puis s'oriente vers un style monodique dans lequel l'intelligibilité du texte prime : une seule voix chante le texte, les autres voix sont confiées à des instruments. Il introduit dans ses compositions des ornements à l'origine de la virtuosité vocale et du bel canto.

Ses travaux musicaux sont en liens avec la Camerata fiorentina, un cénacle d'artistes actif à la fin du XVIe siècle, dont il est membre avec son collègue Jacopo Peri. Le mot d'ordre de ce cénacle est de faire revivre le modèle antique grec, en s'appuyant sur des traités antiques. L'objectif de la musique ainsi composée est de représenter l'âme humaine, de transformer et d'élever l'homme.

C'est dans ce contexte qu'il publie en 1601 un recueil de madrigaux intitulé Le nuove musiche. Un recueil caractéristique de l'esprit révolutionnaire de Caccini puisque les madrigaux qu'il propose sont des monodies accompagnées alors qu'à l'époque un madrigal est par définition polyphonique. De plus ce recueil structure deux genres piliers de l'époque baroque : le récitatif et l'aria.

Les recherches de la Camerata vont amener la création de l'opéra. Euridice de Caccini, sur un livret d'Ottavio Rinuccini, est publiée en 1600 ; la première représentation eut lieu le 5 décembre 1602 à Florence[1]. En 1607 Monteverdi compose son Orfeo. Peri compose lui aussi, deux ans auparavant, un Euridice.

Il épousa une chanteuse, Lucia di Filippo Gagnolandi, puis après la mort de celle-ci (le 8 janvier 1593) une jeune chanteuse de dix-huit ans issue d'une famille très pauvre, Margherita di Agostina della Scala[2].

Ses trois enfants, Pompeo (enfant naturel), Francesca et Settimia (1591-v. 1640) sont également de remarquables chanteurs au service du Concerto Caccini, ensemble vocal qui organise des représentations à Paris au cours de l'hiver 1604/05.

Giulio Caccini compose Il rapimento di Cefalo, certainement en collaboration avec d'autres compositeurs de l'école florentine, œuvre qui sera donnée trois jours après l’Euridice de Peri.

Le grand public connaît Caccini par une œuvre[3] qui lui serait probablement étrangère : ce que l'on nomme couramment L'Ave Maria de Caccini . Les musicologues continuent de débattre sur l'éventuelle identité du compositeur demeurée inconnue. Différentes hypothèses ont été émises. La première hypothèse serait que l'Ave Maria aurait été écrit par Caccini à la fin de sa vie, souhaitant un renouveau musical. La deuxième hypothèses est que l'Ave Maria aurait été composé par l'un des élèves de Caccini. Comme il fut enregistré en 1970 par Vladimir Vavilov comme « Ave Maria – auteur inconnu du XVIe siècle », une troisième hypothèse émergea : non celle de la redécouverte d'une pièce oubliée par un musicien faisant un travail de mémoire, mais celle d'un pastiche, d'une supercherie musicale, venant de Vladimir Vavilov lui-même, ayant subi l'influence de compositeurs italiens. Enfin, l'Ave Maria aurait pu être écrit par n'importe quel compositeur demeuré soit dans un anonymat volontaire, soit ayant eu peu de renommée de son époque, soit oublié de l'Histoire musicale. D'autre part, beaucoup de compositeurs habitués à travailler toujours avec les mêmes éditeurs, ne signaient alors plus leurs pièces dans les partitions. C'est ainsi que de très nombreuses pièces demeurent encore officiellement écrites par des "auteurs inconnus" qui font toujours l'objet de recherches. Cet Ave Maria possèdent des harmonies très proches de celles pratiquées par Luigi Cherubini ou d'autres auteurs italiens entre 1780 et 1830. L'auteur aurait aussi put être une femme, obligée, à travers la misogynie des siècles, de demeurer anonyme, pour ne pas se voir refuser d'être publiée. Les musicologues ont émis cette hypothèse après la redécouverte des morceaux de Robert Schumann écrits en réalité par Clara Schumann et sa fille ainée, ou des morceaux de Richard Wagner composés par son épouse Cosima Wagner.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Euridice, opéra (1600), Composta in Musica in Stile rappresentativo
  • Dafne, opéra (1598) — perdu
  • Le nuove musiche, madrigaux et airs pour voix et basse continue (1601)
  • Il Rapimento di Cefalo, Intermezzo pour voix et basse continue (1601)

Enregistrements[modifier | modifier le code]

  • Le Nuove Musiche - Montserrat Figueras soprano ; Hopkinson Smith, luth ; Jordi Savall, viole de gambe (27-29 janvier 1983, DHM) (OCLC 435456351)
  • Amor che fai, Le Nuove Musiche 1601 & 1614, madrigaux et arias - Stephan Van Dyck, Christina Pluhar (2004, Pavane Records / Musica Ficta MF8003) (OCLC 873049982)
  • Le Nuovo Musiche - Johannette Zomer, Fred Jacobs (novembre 2004, SACD Channel Classics CCS SA 21305) (OCLC 658530123) — avec des œuvres pour théorbe de Piccinini.
  • L'Euridice - Celine Vieslet, soprano ; Magid El-Bushra, contre-ténor ; Marie de Roy, soprano ; Laurence Renson, mezzo-soprano ; Reinoud van Mechelen, ténor ; Ensemble Scherzi Musicali, dir. Nicolas Achten et baryton (23-25 janvier 2008, Ricercar RIC 269) (OCLC 658657528)
  • L'Euridice - Silvia Frigato et Monica Piccinini, sopranos ; Sara Mingardo, contralto ; Gianpaolo Fagotto et Luca Dordolo, ténor ; Concerto italiano, dir. Rinaldo Alessandrini (concert, août 2013, Naïve) (OCLC 900598214)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Giulio Caccini, Le nuove Musiche (1602), Nuove Musiche e nuova maniera di scriverle (1614). Introduction, texte original intégral, traduction et notes par Jean-Philippe Navarre, Les Presses du Collège Musical, 2016. (ISBN 978-2-9558076-1-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dr Christian Zentner, Claudia Richter, Musik, Ottus Verlag, Saint-Gall 2005.
  2. Chapitre un de Francesca Caccini at the Medici court de Suzanne G.Cusick, University of Chicago Press.
  3. L'Ave Maria, attribué à G. Cuccini, est notamment interprété par la soprano [vidéo] Inessa Galante sur YouTube ou encore par le [vidéo] soprano colorature sur YouTube (masculin) André Vasary.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]