Gitans

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Gitans
Gitanos
Kalés
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Gitane en tenue traditionnelle à Prague.

Populations significatives par région
Drapeau de la France France entre 200 000 et 300 000[1]
Drapeau de l'Espagne Espagne 750 000 (2011)[2] (sources françaises)
entre 650 000 et 1,5 million[3],[4],[5] (sources espagnoles)
Drapeau de la Belgique Belgique 10 000 (2017)[6]
Drapeau du Portugal Portugal 40 000[7]
Autres
Régions d’origine Péninsule ibérique
Sud de la France
Langues Espagnol, Catalan, Caló
Religions Catholicisme
Évangélisme
Ethnies liées Tziganes

Les Gitans ou Kalés (Gitanos en espagnol) sont un groupe ethnique tzigane.

Origines[modifier | modifier le code]

Longtemps restée floue, l'origine des Tziganes est peu à peu révélée par les chercheurs comme étant le nord-ouest de l'Inde[8],[9]. Au XVe siècle, ils quittent leur région d'origine pour se retrouver en Grèce (Péloponnèse). Les voyageurs italiens ont ensuite donné comme nom à cet endroit « La Petite Égypte » et leurs habitants Egyptiano, qui donnera Gitano en espagnol, puis « Gitans » en français,[10] puis Cigano en portugais. En Grande-Bretagne, ils sont appelés Gypsy.

Les gitans sont également présents dans le sud de la France depuis le Moyen Âge, notamment à Perpignan où ils se sont sédentarisés[11]. Selon plusieurs sources, les premiers Gitans seraient apparus en France dans l'Ain en 1419[12],[13]. Il existe aussi de nombreuses autres communautés gitanes à travers l'Hexagone, dont la grande majorité est également sédentaire[13].

Localisation des groupes tziganes[modifier | modifier le code]

Les différents peuples Tziganes et leurs localisations dans le monde :
  • Gitans
  • Sinté/Manouches
  • Roms
  • Doms

Les Gitans sont un groupe ethnique tzigane. L'appellation « Gitan » désigne les Tziganes de la péninsule ibérique et du sud de la France.

Les Tziganes, après avoir quitté leur région d'origine, l'Asie du Sud, vont se séparer en plusieurs groupes dans plusieurs régions d'Europe, notamment :

  • Les Tziganes qui vont s'installer en Espagne et dans le Sud de la France vont être appelés « Gitans »,
  • les Tziganes d'Europe de l'Ouest vont être appelés « Manouches » ou « Sinté »,
  • les Tziganes d'Europe centrale vont être appelés « Bohémiens »,
  • les Tziganes d'Europe de l'Est, deviendront les « Roms »,
  • les Doms peuple indo-aryen du Moyen-Orient constituent la branche orientale des Roms d'Europe, frères des Loms du Caucase. Ils sont parfois appelés « Dummi », « Nawar », « Kurbat » ou « Zott ».

Culture[modifier | modifier le code]

Les Gitans ont acquis une certaine autonomie culturelle, malgré une forte pression d'adaptation subie depuis des siècles.

Traditionnellement, la vie des Gitans est réglée par une loi stricte : les plus âgés de chaque clan (famille) portent le rôle de chef (patriarche) et les anciens ont un poids très important et reconnu[14].

Généralement, les Gitans se marient jeunes, autour de 18 ans pour les garçons[15] et entre 14 et 16 ans pour les filles[16].

Les jeunes filles qui se marient sont soumises à une coutume gitane ancestrale, « le test du Mouchoir » ou « la cérémonie du Mouchoir ». Il s'agit de vérifier la virginité de la jeune fille[17].

Langues[modifier | modifier le code]

Gitane, Aurel Băeșu (en), Roumanie, 1919

La langue des Gitans, appelée caló, ou calo (orthographe rectifiée de 1990), est une langue mixte des langues romanes et du romani parlée en Espagne, au Portugal, dans le sud de la France, en Amérique latine et durant une période en Afrique du Nord, par des Gitans ibériques. Elle serait parlée par 65 000 à 170 000 locuteurs.

Elle est également appelée en castillan romaní español. Langue indo-européenne, fortement influencée par les langues romanes mais aussi le basque, elle comprend de nombreux dialectes : caló español, calão português (portugais), caló catalán, caló vasco ou erromintxela (basque), caló occitan (quasiment éteint, extrême sud de la France), et le calão brasileiro (brésilien).

Les Gitans y ont développé des sabirs tels que l’ibéroromani (caló), qui utilise le vocabulaire rom, la grammaire espagnole, présente de nombreux emprunts lexicaux à l'andalou et parfois aussi au catalan et est la source de nombreux mots en argot espagnol.

Les Gitans au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

L'Espagne est le pays de l'Europe du Sud qui accueille la plus grande communauté de Gitans. Au début du XXIe siècle, on y compterait environ 800 000 Gitans. L’Espagne est l'un des rares pays à avoir donné a cette communauté le statut de minorité nationale[18]. Le gouvernement catalan a adopté depuis 2009 un plan d'action pour le développement de la population gitane[19],[20]. Un tiers de la population gitane active serait salariée[21].

France[modifier | modifier le code]

La plupart des Gitans de France sont sédentaires, salariés, même si une « minorité visible » restée semi-nomade pratique le travail à la journée (par exemple dans les vergers à l'époque de la cueillette, dans le bâtiment, ou la ferraille)[22],[23],[24]. Cependant, une partie de la classe politique les accuse, dans leur totalité ou en en désignant une partie, de pratiquer la mendicité ou la délinquance, de façon forcée par des réseaux mafieux ou de manière volontaire.

Dans le sud de la France, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, se déroule chaque année les 24 et 25 mai un pèlerinage, appelé pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer ou pèlerinage des Gitans[25].

Portugal[modifier | modifier le code]

Les statistiques ethniques sont interdites au Portugal mais selon les estimations, il y a entre 40 000 et 60 000 Gitans (ciganos en portugais) dans le pays[26]. Cependant les relations entre Gitans et Portugais seraient tendues malgré plusieurs siècles de cohabitation. Les Gitans ne se seraient jamais intégrés au reste de la société portugaise et vivraient de petites activités dans le commerce ou le spectacle.

Le est le jour national des Gitans au Portugal[27].

Gastronomie gitane[modifier | modifier le code]

  • Glaizy, plat typique de la cuisine gitane.
  • Fricot, un ragout de lapin.
  • Sibet, un bourguignon revisité à la gitane.

Personnalités gitanes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Pueblo Gitano », sur unionromani.org (consulté le )
  2. « Espagne. Des Gitans de plus en plus Espagnols », sur courrierinternational.com (consulté le )
  3. (en) « osce », sur osce.org (consulté le )
  4. (en) « The situation of Roma in Spain » (version du 1 décembre 2007 sur l'Internet Archive), sur www.eumap.org
  5. (es) « Diagnostic social de la communauté Gitane en Espagne », sur mscbs.gob.es (consulté le )
  6. « Gens du Voyage et habitants de caravanes résidentielles », sur habiter-autrement.org (consulté le )
  7. (pt) « Portugal », sur vatican.va (consulté le )
  8. « Roms, Tsiganes, Gitans: qui sont-ils vraiment ? », sur linternaute.com (consulté le )
  9. « Tsiganes, Gitans, Manouches,Roms, Yéniches, », sur mayvon.chez-alice.fr (consulté le )
  10. http://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/tsiganes.htm[réf. non conforme]
  11. https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/gens-du-voyage-notre-dossier[réf. non conforme]
  12. Jean-Paul Coudeyrette, « Les Roms », sur compilhistoire.pagesperso-orange.fr,
  13. a et b https://www.lepelerin.com/archives/archives-a-la-une/la-verite-sur-les-roms/gens-du-voyage-depassons-les-prejuges/[réf. non conforme]
  14. « Gens du voyage : dépassons les préjugés », sur lepelerin.com (consulté le )
  15. « La vie secrète des Gitans », sur ww2.ac-poitiers.fr (consulté le )
  16. « Approche d'une autre culture », sur mayvon.chez.alice.fr (consulté le )
  17. « Mariage, le côté obscur », sur respectmag.com (consulté le )
  18. (en) « Political recognition of Roma People in Spain [Social Impact]. WORKALÓ. The creation of new occupational patterns for cultural minorities: the Gypsy Case (2001-2004). Framework Programme 5 (FP5). », sur SIOR, Social Impact Open Repository..
  19. (en) « Promotion of Roma’s access to Education [Social Impact]. WORKALÓ. The creation of new occupational patterns for cultural minorities: the Gypsy Case (2001-2004). Framework Programme 5 (FP5). », sur SIOR, Social Impact Open Repository.
  20. (en) « Promotion of Roma’s access to Higher Education [Social Impact]. WORKALÓ. The creation of new occupational patterns for cultural minorities: the Gypsy Case (2001-2004). Framework Programme 5 (FP5). », sur SIOR, Social Impact Open Repository.
  21. « Les Gitans d'Espagne, hier et aujourd'hui », sur lepetitjournal.com (consulté le )
  22. « De quoi vivent les Roms et les gens du voyage », sur Capital.fr, (consulté le )
  23. Olivier Douard, « Jeunes gitans voyageurs », Agora débats/jeunesses, vol. 62, no 3,‎ , p. 111 (ISSN 1268-5666 et 1968-3758, DOI 10.3917/agora.062.0111, lire en ligne, consulté le )
  24. Marie Paule Logie, « L’Accès au logement des Gens du voyage » dans le Pas-de-Calais, CAFERUIS (Certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale), Aréas du Pôle Inclusion Sociale de la Sauvegarde du Nord, 2012-2014
  25. « Le pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer », sur lepelerin.com (consulté le )
  26. (pt) « Segundo Relatório Sobre Portugal » (version du 18 décembre 2008 sur l'Internet Archive), sur www.gddc.pt,
  27. « Jour national du Cigano, gitan portugais », sur portugalenfrancais.com (consulté le )
  28. « Euro 2016 : Quaresma (Portugal), le Gitan fait son œuvre », sur francefootball.fr (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]